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12 septembre 2006

« Allaiter, ça fatigue »

picassomaternite

Il y a bien longtemps que je ne rétorque rien à cette assertion.
Je l’ai tellement entendue depuis 6 ans que j’allaite en continu, que j’ai arrêté d’y répondre et de me « battre » contre des convictions qui ne supportent pas la contradiction tant elles s’enracinent dans le besoin de croire qu’arrêter d’allaiter « c’est le mieux ». Et ll me semble que l’exemple de ma forme devrait suffire à ce qu’on ne me l’oppose plus.

Pourtant, le quotidien partagé pendant quelques jours avec un bébé de 1 an, sevré à 9 mois, me donne l’envie de m’y attarder de nouveau.
Souvent, j’ai répondu que l’allaitement ne fatiguait pas, que c’était le quotidien avec un nouveau-né qui l’était, les suites de la grossesse et de l’accouchement. J’arguais d’ailleurs, assez judicieusement je crois, que les mamans de bébés non allaités étaient AUSSI fatiguées ! Ce à quoi on convenait toujours.
Mais on revenait à la charge en me disant « oui, mais quand j’allaitais, j’avais des coups de barre »….halala ! comment faire entendre à une maman qui n’a jamais cherché à acquérir aucune notion sur la physiologie de l’allaitement que les hormones de l’allaitement intervenaient justement pour qu’elle arrive à se détendre et savourer la tétée, qu’elle se repose…justement pour récupérer plus vite à l’aide de cette multitude quotidienne de « pauses parking » ? peine perdue dans cette société qui a besoin d’une vie trépidante et remplie à 150 % pour se sentir exister.

Aujourd’hui, j’affirme que ce qui est fatiguant, c’est de NE PAS allaiter. Oui, j’en suis sûre.

Mon adorable copine, venue nous rejoindre pour partager quelques jours auprès de la Grande Bleue, a dû, chaque jour, aller acheter le litre de lait quotidien pour sa poupette (2,32 euros quand même !)…Et puis, laver les biberons, faire chauffer le lait, laver la casserole….y penser avant de partir en promenade, y penser avant d’aller se coucher, y penser en se levant…y penser tout le temps !

Et puis, se lever la nuit aussi…Réveillée en sursaut par de gros pleurs plusieurs fois dans la nuit, j’ai sincèrement plaint mon amie de ne pas pouvoir calmer son bébé en quelques secondes, de devoir se lever embrûmée et se cognant partout, de devoir faire rapidement chauffer du lait, bercer, consoler, calmer les pleurs, tout cela au milieu de la nuit.
Situation que je n’ai JAMAIS vécue en 6 ans !
Mes bébés ont dormi ou dorment contre moi, prenant rapidement le sein, quel que soit le besoin qui s’exprimait : soif, faim, réconfort, besoin de succion pour ressombrer dans les bras de Morphée. Hormis une nuit de vomissements intempestifs lors d’une gastro ou les nuits de souffrances dentaires ou de fièvre importante pour mon aîné (conséquence indirecte de son intolérance au lactose contenu dans les produits laitiers introduits après sa diversification) qui nécessitaient une tétée tous les ¾ d’h à chaque fin de cycle de sommeil, je connais la joie des rendormissements rapides, des tétées données à demi-consciente (parfois sans m’en rappeler le matin), du calme des nuits et du silence enveloppant malgré les besoins d’un nouveau-né.
Je connais le bonheur d’arriver à rendormir son tout-petit après la première tétée précocement matinale, et de s’embarquer pour une grasse matinée bienheureuse. Je connais la satisfaction, aussi, de pas être entrée en guerre, d’avoir laissé ma toute petite téter autant qu’elle le voulait la nuit, sans rien forcer, consciente que ses besoins s’exprimaient pour de bonnes raisons et pas pour m’embêter uniquement…et de la voir acquérir tout doucement un sommeil de qualité, beau et profond pour 11 ou 12 h d’affilée, à l’aube de ses 18 mois( bon, je vous l’accorde, il y a parfois le besoin de boire ou de faire pipi, vite contentés).

Ainsi, j’ai sincèrement plaint mon amie de tout ce trafic la nuit, comme le jour, en me disant que c’était vraiment fatiguant…de ne pas allaiter ! et lui en ai parlé alors qu’elle m’affirmait en souriant « eh oui, c’est comme ça avec les enfants »….j’ai doucement indiqué que ces séances de pleurs la nuit m’étaient étrangères malgré mes 2 enfants.
Manière, peut-être, de la faire réfléchir pour l’enfant suivant à ce qu’elle pensait « inéluctable » ?

Pascale
maman de Théo (05/07/00) et de Roxane (31/07/04)

Posté par pascale_p_f à 09:25 - allaitement - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Mon ostéo m'a expliqué un jour qu'il y a au niveau du mamelon un point d'acupunture qui, si il est stimulé, stimule à son tour la rate. Hors, la rate stimulée de cette manière donne un "coup de fouet" à tout l'organisme. Il semblerait que ce processus intervienne lors de la succion du mamelon par le bébé durant la tétée ! La nature est bien faite ! Je suis d'accord avec toi quand tu parles de la société et de la vie menée à 150 à l'heure, les fameux coups de barre n'arrivent pas par hasard, il suffit de s'y laisser aller pour se sentir en pleine forme !
Je n'ai jamais eu autant la pêche que lorsque j'allaitais mes enfants, le VRAI coup de pompe arrivait TOUJOURS avec le sevrage !
Aujourd'hui, je n'allaite plus mon petit 5° depuis cinq mois (il en a dix) car une "grossesse surprise" a fait se tarir mon lait, nous avons donc été contraints de passer aux biberons et je peux le dire : c'est vrai! C'est pénible et fatiguant d'avoir à penser, préparer, nettoyer, trimbaler tout cet attirail biberon-lait, l'allaitement c'est tellement plus simple et si gratifiant pour bébé et maman.
J'accouche vers fin novembre et je ne rêve que d'une chose : qu'Eliott se remette au sein avec le petit dernier, qu'il reprenne sa part de bonheur et que je me débarrasse de ces maudits biberons !
L'allaitement : ça donne la patate !

Posté par Angèle, 12 septembre 2006 à 10:23

merci, Angèle

un peu de joie en cette matinée :-)
et tous mes souhaits pour ce petit 6ème :-))

Posté par Pascale, 12 septembre 2006 à 11:22

Entièrement d'accord avec toi, c'est amusant, j'ai écrit à peu près la même chose, sur mon blog, en très condensé !

Posté par Sophie (Sofye)e, 12 septembre 2006 à 13:41

Pour ma part j'ai une expérience mitigée: J'ai allaité "exclusivement" durant 9 moisma seconde malgrès ma reprise du boulot, en tirant mon lait. Au quotidien cela ne me semblait pas dur j'avais continué à faire des siestes dè que nécessaire et à manger sans restriction aucune à la moindre fringale seulement au bout des 9 mois j'ai eu un sérieux coups de fatigue au point de tomber malade comme cela ne m'était que rarement arrivé: fièvre et forte somnolence la journée. J'avais par ailleurs perdu plus de 5 kg par rapport à mon poids d'avant grossesse pour arriver à 49,5kg pour 1,60m et si certains manequins se targuent de pouvoir maintenir un tel poids voir pire pour moi cette chute pondérale qui ne s'arrétait plus n'avait rien d'enviable.
J'ai arréter de tirer mon lait et me suis remise de cette grosse fatigue et mon poids s'est très vite stabilisé à un meilleur niveau.
Ma conclusion: allaitement complet + reprise du boulot ne sont pas forcément compatible. Je suis convaincu que l'allaitement consomme tout de même énergie et calorie dans des proportions qui ne sont pas complètement anodines aussi je ne peux pas laisser dire que l'allaitement ne fatigue pas. Par contre l'allaitement permet d'économiser tout de même pas mal de forces et de stress et j'en voudrais toujours à celles qui m'ont fait croire qu'arréter complètement l'allaitement ferait faire ses nuits à mon ainé à 9 mois à l'époque.

Posté par Cleanettte, 13 septembre 2006 à 05:45

cleanette

merci pour ton commentaire :-)
si tu n'étais pas retournée travailler, aurais-tu dit que "allaiter, ça fatigue " ?
si non, peut-on dire que c'est le cumul travail + bébé en bas âge allaité qui le soit rééllement ?

Pour ma part, j'ai allaité mon fils 4 ans tout en ayant repris le travail à ces 7 mois. Ce qui m'a été insupportable en terme de fatigue, ce n'était pas de l'allaiter....c'était de me lever toutes les 2/3h pour l'allaiter :-( à ses 11 mois, j'étais une loque, et je l'ai laissé pleurer pour qu'il fasse ses nuits :-( j'avais installé un matelas pour moi dans sa chambre mais jamais je n'ai pensé à arrêter de faire ses AR exténuants après ma double journée de travail en installant son lit près du mien (j'étais pleine de principes à l'époque). Une fois que je ne me suis plus levée la nuit, j'ai retrouvé ma forme.

qu'en penses-tu ?

si tu avais mangé plus "gras" et consistant aussi, peut-être ? des amandes, des fruits secs par ex ?

Posté par Pascale, 13 septembre 2006 à 08:23

moi aussi,

je trouve que c'est quand même bien pratique d'allaiter! Mon loulou a deux mois, il dort avec nous - certes, il "ne fait pas ses nuits", c'est à dire qu'il se réveille à minuit, trois heures, cinq heures ou six heures, avant le réveil définitif de huit heures, mais comme Pascale, je me réveille à peine, lui donne le sein quasient endormie, puis on se rendort tous les deux comme des bienheureux... et le papa lui ne se réveille pas du tout! Alors allaitement + cododo, c'est cela qui fait que je suis bien en forme aujord'hui contrairement à d'autres copines biberonnantes (parce qu'elles ont été vraiment découragées et désinformées en hôpital.... est-ce normal que des "professionnels" disent autant de c*****ies à de jeunes mamans????) qui sont réveillées par les pleurs des bébés (le mien ne pleure jamais la nuit! pas le temps, il a déjà le sein en bouche), doivent se lever, etc.... forcément il y a cernes le lendemain matin... Mais parmi ces copines-là il y a toutes les bien intentionnées qui trouvent que je gâte mon loulou parce que je ne le laisse jamais pleurer, qu'il est tout le temps dans mes bras, et q'en plus il dort avec nous alors ça non vraiment ce n'est pas sain...

Posté par stéphanie, 13 septembre 2006 à 13:25

J'avoue que je ne sais pas exactement dans quel mesure le cumul travail+allaitement à joué.
à 9 mois ma puce ne tétait plus la nuit qu'1 fois et elle dormait sur un matelas juste à coté de notre lit. malgrès le peu de dérangement et la rapidité de rendormissement ensuite ça commençait à m'être un peu pénible.
Je ne pourrais jamais dire si ce sont ces réveils nocturnes qui me fatiguait trop finalement puisque ces réveils n'ont cessés qu'au sevrage à ses 1an passé.
Quand à mon alimentation: elle me semblait largement suffisante: je mangeais plus qu'à m'a faim, avec p'tit dèj, encas de 10h, repas , gouter et diner sans aucune restriction sur les quantités et sur les matières riches,il m'est arrivé à cet époque de me régaler de frites dégustée avec du beurre.
Quand à mon travail, il est loin d'être considéré pénible: seulement 1/2h de route pour y aller et parceque je dois faire un détour pour déposer les enfants au passage chez la nounou, travail de bureau sans stress dans une bonne ambiance et 2h de pause possible le midi dont j'ai profité régulièrement pour faire des siestes. Bref des conditions pourtant idéales.

Posté par Cleanettte, 14 septembre 2006 à 06:11

j'ai fait les deux

Je n'ai allaité ma première fille qu'1 mois (à peine, mauvais conseils à la maternité et pédiatre culpabilisant) et ma deuxième de bientôt 16 mois est toujours allaitée.

Pour moi, y'a pas photo: allaiter réunit tous les bons côtés, outre le côté sécurisant et affectif, c'est beaucoup plus pratique. Je ne me lève plus la nuit (mon chéri non plus, il est super content :-D ) et un bobo est vite consolé avec une tétée. Allaiter a aussi contribué à me sentir vraiment mère, à prendre de l'assurance

Posté par je cherche l'or, 15 septembre 2006 à 14:24

Tellement d'accord !

J'ai allaité mes 2 premiers enfants 3 et 4 mois, (sevrés pour al reprise du travail, quelle bêtise j'ai faite !) et mon petit 3ème est actuellement toujours allaité à 11 mois. Quelle joie de connaître la simplicité de l'allaitement longue durée, débarassé des soucis du début (engorgements, montées de lait intempestives, fuites, etc)
Vraiment, pourquoi arrêter, c'est tellement simple, bon pour la santé, sécurisant, pratique, j'en passe et des meilleures.

Le seul argument que l'on m'oppose, actuellement, c'est sur la fameuse "fatigue"... je rétorque tout comme toi que la gestion des biberons est infernale, et que c'est d'avoir 3 enfants en bas âge qui me fatigue, pas d'allaiter ! ;-)

Vraiment, quel dommage qu'il y aient tant de préjugés et de désinformation au sujet de l'allaitement !!! Merci pour ton billet, il contribue à combattre tout celà !

Posté par Shalima, 17 septembre 2006 à 16:08

Oh oui!

Qu'elle me fait sourire cette remarque de l'allaitement qui fatigue!

Pourtant je me tue à répéter (et ça ça fatigue!) que j'allaite parce que je suis feignasse: je n'aime pas la vaisselle (des biberons), je n'aime pas la cuisine (du réchauffage du biberon), je n'aime pas faire les courses, je n'aime pas trimballer un sac de 10kgs quand je sors, je n'aime pas passer des heures debout la nuit...

Quand donc les gens comprendront-ils qu'allaiter est un truc de paresseuse?!

Posté par Kyra, 04 octobre 2006 à 10:42

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