14 septembre 2006
L’endormissement en question
Ma mère accompagnait notre
endormissement. J’accompagne l’endormissement de mes enfants : je lis
une histoire au plus grand, après la douche et le lavage des dents,
avec sa soeur sur les genoux ou s’amusant à quelques centimètres.
Câlins, paroles d’amour, promesses, réassurance, souhaits de bonne
nuit. Puis je couche la plus petite : histoire et tétée, puis dépôt
dans son lit encore éveillée. Et je reste auprès d’elle pour
l’accompagner alors qu’elle glisse dans le sommeil.
Malgré la
fatigue ou la tension certains soirs (que j’explique alors), je n’ai
pas envie de faire autrement. Pas envie d’apprendre à mon enfant à
s’endormir dans la solitude d’une chambre noire et totalement
silencieuse, alors qu’il n’est pas encore prêt. Pas envie de lutter
s’il ne peut s’y résoudre, de fermer la chambre en le laissant pleurer.
Pas envie de l’obliger à utiliser un substitut à ma présence : doudou,
sucette ou biberon de lait longuement tété aux dépens de ses dents (car
le lait est naturellement sucré, vous le saviez ?).
Ces
substituts qui font dire fièrement aux parents « moi, le mien, il
s’endort seul », dans une inexacte vérité : leurs bébés s’endorment en
se passant d’une présence humaine, mais pas seuls, puisqu’ils ont
besoin, à l’instar des miens, d’un rituel qu’ils vont trouver tant bien
que mal, de sucer ou de tripoter quelque chose ! expliquez-moi la
différence entre prendre une tétée et sucer un biberon ou une sucette ?
le besoin exprimé est le même : celui du réconfort de la succion….mais
l’un est comblé par un être humain, l’autre par un objet. Le premier
savoure que maman reste auprès de lui, le deuxième s’en passe, il
s’habitue.
Je ne sais pas faire autrement d’ailleurs. Il m’est
inconcevable de poser un bébé sans l’accompagner dans son sommeil.
Probablement, parce-que je sens, je sais, que s’endormir dans les bras
de maman, contre son corps doux et odorant, et plus tard, empli de
l’assurance de sa présence après un bon moment passé avec elle,
peut-être avec sa main qui tient la nôtre ou effleure notre front, est
un des bonheurs les plus doux de la vie. Et des plus simples… c’est
pourtant si difficile à accorder dans nos contrées, où l’endormissement
et le sommeil solitaires sont les baromètres de l’aptitude parentale à
« bien élever son enfant »...
Aujourd’hui, j’ai le recul
nécessaire, grâce à mon expérience parentale, pour dire que je ne me
trompe pas. J’en ai entendu des conseils divers, éculés et ridicules
(pour ne pas dire criminels lorsqu’il s’agit de bébés de quelques
heures) sur le nécessaire apprentissage de la solitude ! je n’oublierai
pas cette amie éducatrice qui m’a affirmé avoir appris pendant ses
études que les enfants devaient dormir loin des parents parce-que «
c’était nécessaire pour l’apprentissage de la séparation
parents-enfants »…ce à quoi j’ai répondu que s’endormir, c’était déjà
se séparer ! et s’endormir paisiblement, c’est accepter la séparation.
Je sais que je ne me trompe pas. Mes enfants s’endorment facilement et paisiblement.
Mon
aîné s’endort seul (entendez : après notre moment ensemble) depuis ses
3 ans à sa demande (il arrive qu'il me renvoie de sa chambre en me
disant "bon, allez maman, je vais dormir") et ma fille glisse dans le
sommeil en quelques minutes, après sa tétée.
Ce sont des enfants
gais, et contrairement à ce qu’il m'est habituellement avancé comme
argument à la "nécessaire frustration de présence" , non dépendants de
moi, ni scotchés, ni indifférents…vivant leur vie d’enfant quoi.
Bien
sûr, cela nécessite que j’y consacre du temps chaque soir. Mais aussi,
que je ne les couche pas avant qu’ils ne montrent les signes
annonciateurs de sommeil évidents (ma fille commence même à réclamer «
dodo » depuis quelques semaines), sinon, c’est la bagarre assurée dont
témoigne tant de parents épuisés par des enfants qui ne « veulent
jamais se coucher ».
Et si je souhaite réguler ou moduler leurs
heures de coucher, je veille à ce qu’ils aient suffisamment d’activité
énergétivore (condition sine qua none ici pour que mes enfants soient
calmes) et surveille leur temps de repos quotidiens : il est évident
que quand ma fille se lève d’une sieste à 17h parce-qu’elle a fait la
grasse matinée et n’a pas pu se recoucher avant 15h, je ne vais pas la
coucher à la même heure que la veille où sa sieste s’est terminée à 15h
! de même, les jours où mon fils ne mettra pas le nez dehors pour cause
de mauvais temps, je serais indulgente s’il a du mal à s’endormir et
modulerais son heure de coucher, contrairement aux jours où il va faire
plusieurs km à pied ou nager plusieurs heures. Il m’est ainsi arrivé de
coucher le plus grand à 20h, harassé par une sortie scolaire et une
journée caniculaire, mais de garder ma fille sur mon dos pour arroser
le jardin à la tombée de la nuit, jusqu’à ce qu’elle ait besoin de son
lit. Ou de faire faire une longue ballade « préméditée » à ma
fille pour qu’elle puisse être assez fatiguée pour une sieste ni trop
précoce ni trop tardive, une bonne sieste dont la qualité va préparer
celle de son sommeil nocturne (en cas d’absence de sieste – déjà testé
– c’est la catastrophe).
Comme dans l’allaitement, pas de
montre, mais le respect de leurs besoins présumés, pressentis, ou
affichés. Est ce que je me couche, moi, quand je n’ai pas sommeil juste
« parce-que c’est l’heure » ? non.
Par contre, rien n’empêche que
je leur procure une rythme adéquat (par là, j’entends « équilibrant »
en fonction de la personnalité et des besoins de chacun) par la
régularité de leurs activités quotidiennes ! j’y veille aussi car je
pense que les repères temporels, tout comme la chronobiologie, sont
importants pour structurer une existence et apaiser les possibles
angoisses et perturbations que génèrent de trop grands flottements.
Cerise
sur la gâteau, cet accompagnement se transmet : mon mari peut endormir
les enfants lui aussi, en mon absence. Roxane se passe de tétée si je
ne suis pas là, tout comme son frère l’avait fait avant elle.
Petite devinette : qu’est ce que j’adore au moment de me coucher ?
Me
glisser et me lover contre mon mari, pardi. M’endormir contre lui est
un des merveilleux moments qu’il m’est donné de vivre chaque jour.
Pourquoi refuserais-je à mes enfants ce que je m’accorde avec bonheur ?
Justesse, souplesse, équilibre dans la réponse aux besoins de présence.
Un exemple du discours "psy" qui
culpabilise l'accompagnement du
sommeil, et épingle les besoins de présence de l'enfant comme un
conditionnement donné par le parent, ou une "mauvaise habitude", dans
le dernier numéro de "Vies de famlle" de la caf à une
maman dont la petite fille de 13 mois "ne s'endort pas pas si elle
n'est pas à côté d'elle".
E. Rigon, psychologue, lui répond : "le
sommeil de votre petite fille est conditionné par votre présence. Il
faut donc casser ce conditionnement ! Couchez-là, mettez-lui une petite
musique, éventuellement une veilleuse, restez quelques minutes avec
elle mais n'attendez pas qu'elle s'endorme. Bien sûr, au début, elle va
protester et pleurer. Mais tenez bon, on peut changer des habitudes en
quelques jours seulement !"
Ou comment culpabiliser les parents de
répondre aux besoins de présence en les accusant, non d'être des
parents attentifs et accompagnants, mais de créer une dépendance...un
comble :-( et la base du fossé entre ce que sentent intimement les
parents (sans oser se l'avouer souvent) et les sirènes accusatrices de
la psychologie de bazar à qui malheureusement les parents font
confiance en l'absence de repères hérités, de confiance en leur
ressenti et capacités, de capacité à entendre leur coeur de parent
pourtant si doué, d'autorisation d'écouter leurs enfants sous peine
d'être "de mauvais parents" qui ne préparent pas assez leurs enfants à
cette vie terrible qui les attend...
Et
comment font donc les peuples qui ne disposent pas de plusieurs
chambres par famille ? ceux qui dorment avec leurs enfants et les
allaitent sans se poser de questions nuit et jour jusqu’au sevrage
naturel ? ceux qui s'endorment avec eux et auprés d'eux à la nuit
tombée ? leurs enfants sont-ils plus déglingués que les nôtres ?
Oui,
j’y reviens toujours et encore, car il me semble essentiel de souligner
que nos normes ne sont pas « celles des humains » comme on voudrait
dogmatiquement nous le faire croire, mais celle de l’Occident
seulement…vous savez, ce monde où les enfants vont mieux qu’ailleurs.
Pascale,
maman de Théo (05/07/00) et de Roxane (31/07/04)
Commentaires
Bravo ! Quand crées-tu un magasine "alternatif" que l'on trouvera en kiosque ?!?
Ton blog... un bol d'air frais !
merci :-)
il y en a un qui paraît en septembre "grandir autrement" :-)
peut-être un bouquin un jour ? ;-)
Merci Pascale (tu y participes ?)
Mince!
J'ai accompagné le sommeil de mes loustics longtemps (par rapport à la moyenne des parents de mon entourage soit jusque vers 1 an)Mon mari a participé également. Mais ensuite j'ai enregistré le précepte selon quoi un enfant qui s'endort dans certaines conditions aura besoin des mêmes conditions pour se rendormir en cas de réveil nocturne et cela je n'étais plus en mesure de l'accepter au quotidien mais seulement exceptionnelement(fiston a fait des séjours réguliers dans notre chambre après ses réveils nocturnes entre 2et 3ans). Une des premières raisons qui m'a fait abandonner cet accompagnements c'est que très souvent fatiguée moi aussi je plongeais dans le sommeil en même temps que mes loustics alors que moi j'avais encore des tas de choses à terminer dans la maison(je sais le ménage n'est pas essentiel mais vous auriez vite compris en venant me voir à l'époque que je ne faisais déjà que le strict minimum). Autre problème d'importance mes loustics malgrès un rituel du couché apaisantet bien structuré une heure de couché tout a fait honorable(entre 20h et 20h30) et adapté à leur besoin(si on ne les couche pas à cet heure là: ils s'énnervent)ont besoin une fois couché de jouer encore un bon moment dans leur lit. C'était valable pour fiston de 1ans à 3 ans environ ensuite l'endormmissement est devenu plus rapide et c'est encore valable pour la puce 3ans passé qui s'endort entre 20h30 (exceptionnelement) et 22h. Elle n'a pas pour autant d'angoisse par rapport au sommeil: elle n'a pas peur du noir, s'endort rarement terrassé de fatigue mais m'appelle pour le dernier rituel quand elle est enfin prète: mise en place des coussins et de la couverture.
Chaque parent et chaque enfant est différent et nous nous adaptons aux uns et aux autres en respectant au mieux les besoins de chacun.
le sommeil, quel enjeu !
et pourtant c'est un besoin naturel le sommeil , ça devrait aller de soi. Mais comme pour tout le reste il y a eu des esprits tordus pour penser que le besoin des enfants d'être accompagnés pour s'endormir était une dépendance . Ces memes esprits tordus signent des articles dans des revues envoyées gratuitement aux familles , quel dommage! Quand on sait le nombre de familles dans lesquelles les "problèmes de sommeil" du petit dernier sont une souffrance quotidienne, on aimerait bien que des psys de l'acabit de celui que tu cites réflechissent un peu .
Ta réflexion sur les horaires de sommeil de tes enfants rejoint la mienne . Je suis toujours épatée quand j'entends des parents de petits lève tot se plaindre : et oui , quand on a 2 ans et d'on nous fait dormir 1h le matin , 2 h l'après midi , et qu'on nous couche à 8h , on est en pleine forme à 5h 30 le matin , c'est logique .
J'en aurai encore beaucoup à dire sur les pratiques vis à vis du sommeil des enfants , mais pour l'essentiel je crois notre civilisation se fourvoie complètement.
bises .
Merci de cet article, je m'y reconnais tout à fait...
J'aime te lire , y'a pas à dire ! Parce que ça sent la sincérité à plein nez , ce qui n'est pas si fréquent , et que c'est argumenté de façon vivante.
Ma fille n'a jamais eu de mal à s'endormir , et c'est vrai que je réalise à te lire que je l'ai toujours accompagné (et encore) dans le sommeil .Maintenant , juste les rituels , et elle dit d'elle -même depuis ses 3 ans environ , qu'elle veut aller se coucher.Donc , elle dort dans son lit , (7 ans pile poil aujourd'hui !) , sauf moment exceptionnel , qui sont rares , mais je constate que dès qu'elle est consolée , rassurée , elle préfère retourner dans sa chambre s'y recoucher.Tout ça n'a jamais nécessité de violence du type de conseils du psy que tu cites.Parce que , ce type de conseil , je trouve ça violent.
Maintenant, quand je lis (ailleurs !!!) , des gens qui ont besoin de leurs enfants pour dormir , et qui donc dont lit commun , jusqu'à des 8 , 9 ans , je me pose des questions : Pareil , bien-être de qui en 1er lieu? Adulte ou enfant ? Enfin, je suppose que ça reste dans ce sens plus rare , mais dans le fond , je me dis que ça revient un peu au même.
Merci pour ton billet , toujours est-il !
MERCI!!
Merci!!
Que de mal pour faire comprendre le bonheur d'avoir ce petit etre lové contre soi qui gloutonne le nichon goulement....Vive l'allaitement
Tom a 21 mois et j'avoue que maintenant je sature! le rituel de l'endormisssement me parait primordial pour une nuit sereine ; mais j'ai pris l'habitude de le prendre dans notre lit des qu'il se reveillait(on ne sait jamais peut-etre a t-il mal quelque part!?)Mais toutes les nuits,là je dis stop:je vais le voir en lui expliquant qu'il faut dormir...et ce soir je me suis fachée, mon pediatre me disait qu'il fallait le coucher aussitot apres manger pour ne pas l'exciter.des conseils...le j'ai pu le faire car il va bien,il est en parfaite sante et surtout que c'est bon pour lui.
je ne vais pas
beaucoup t'aider car nous avons opté pour le sommeil partagé avec Roxane (je m'étais épuisée à me lever X fois la nuit pour Théo). Son lit est accolé au nôtre.
Elle fait nos nuits depuis le mois de mars, soit depuis ses 19 mois, sauf de temps en temps, où elle a un besoin pipi ou soif urgent qui ne me choque pas puisque je suis pareille...suffit que le rendormissement soit rapide,et grâce à la tétée, ça prend quelques minutes seulement. Et notre proximité permet que je ne me lève pas et fasse pas tout cafouillage la nuit ;-)
le coucher juste après le repas...hem, éviter l'excitation, oui, c'est pas mal...mais mon expérience me montre qu'un enfant fatigué va s'endormir illico même après avoir couru dans la maison 5 minutes avant ! ce qu'il faut privilégier, c'est l'écoute des besoins physiologiques et affectifs de l'enfant :
- est-il assez fatigué (perso, je ne peux pas m'endormir si je n'ai pas sommeil !) ? si non, et que les parents ont vraiment besoin de le coucher parcequ'-ILS sont fatigués, veiller à lui procurer assez d'activité dans la journée pour qu'il soit bien fatigué ?
- repérer ses signes de fatigue SANS REGARDER la pendule, mais lui...on n'a pas sommeil en fonction d'une heure particulière mais de son besoin de dormir : l'enfant qui s'agite de plus belle, ou qui grogne vraiment beaucoup a sommeil...il ne faut pas râter le passage du train :-)
- a-t-il un ratio de sommeil logique à son âge ? il est évident qu'un enfant qu'on couche très tôt, et qui fait 3h de sieste par jour, n'est pas aussi fatigué que celui qui se couche un peu plus tard et fait 1h maxi de sieste (le cas de ma fille).
- voit-il suffisamment son papa et sa maman avant de se coucher ? bénéficie-t-il assez longuement de leur présence, de leurs câlins, de leur disponibilité ? si non, il risque de se "rattraper" la nuit.
- mange-t-il à sa faim le soir...ni trop (ça ballonne) ni pas assez ? supporte-t-il bien tout ce qu'il mange ? le chocolat (excitant car contenant de la théobromine, les sucreries et les produits laitiers de vache peuvent perturber le sommeil.
- pas d'allergie aux acariens ? dort-il dans une pièce suffisammment aérée en journée ? n'a-t-il pas trop chaud ou trop froid ? pas de peur, d'angoisses, de cauchemars ?
- pas de papa/maman à consoler ? en effet, je pense que l'enfant, véritable éponge empathique, se sent obligé d'être auprès d'un parent tracassé pour X raisons et de veiller sur lui...peut-être lui suggérer qu'il peut dormir tranquille ?
Ensuite...attendre que le temps fasse son oeuvre :-) oui, je sais, ce n'est pas dans notre conception du "bon sommeil" en occident...mais les réveils nocturnes des enfants même grands ne sont pas du tout exceptionnels dans d'autres contrées. Ce sont nos conditions de vie (travail, chambre séparée) qui les rendent difficiles à supporter, ainsi que l'impossibilité de rendormir l'enfant s'il a été sevré.
En cas d'agitation excessive de nuit, il y a aussi la solution homéopathique, j'ai parfois utilisé "noctium" 2 ou 3 nuits consécutives quand Roxane semblait perturbée et angoissée de nuit.
Il y a néanmoins, je pense, des phases où le sommeil est naturellement perturbée comme lors de l'acquisition de grandes étapes : propreté, langage par ex.
Ma fille, depuis début septembre, se réveille pas mal à nouveau...mais j'ai été exceptionnellement stressée et elle est en pleine acquisition du langage et ça l'éclate comme une folle :-) un cocktail bien remué d'agitation ;-)
voilà..tu sais sûrement déjà tout ça, mais on ne sait jamais :-)
Je ne savais pas bien ou mettre mon commentaire... Mais voilà la nuit derniére et plus encore ce matin j'ai pensé à toi :
je garde actuellement la petite fille (bébé de 4 mois) d'une amie qui a dû retravailler 2 semaines entre son congés mat' et son congés parental.
Cet adorable bébé est en train de percer des dents, donc logique, elle a mal. Et, logique, la nuit elle pleure.
Or, elle dort dans la chambre de ses parents. Ho!! pas pour être prés d'eux, non, non, juste pour ne pas réveiller son grand frère dont les 2 chambres sont "jumelles" à l'autre bout de la maison.
Donc, du coup, imaginez (ce qui est facile pour vous les mamans) les nuits de la petite famille en ce moment. Cette nuit donc, 3h30, minette se reveille et pleure durant au moins 3/4 d'h. Maman essaie de la calmer et fini (je l'ai su ce matin) par la prendre dans son lit. "la seule chose qui a réussi à la calmer" selon ses dire. Tu m'étonnes, John!! "Mais il ne faut aps le faire trop souvent, elle va s'y habituer", ajoute-t-elle (ha!!! j'enrage!)
J'en viens au fait... Il se trouve que moi, nounou de passage je dors dans le salon, du coup ils sont, eux pauvres parents (je ris là... mais jaune!!) obligés de supporter les pleurs de la petite... Ben oui habituellement ils la "largue" dans le salon et hop, le tour est joué.
MAis moi petite maline que je suis, ça fait 1 semaine que j'insiste pour dormir au salon, comme ça je sais que la petite ne sera pas seule pour affronter ses douleurs gingivales.
MAis voilà, ce matin le couperet est tombé, mon amie m'a dit " bon, ce soir, tu dors dans la chambre de D...., sur un matelas pneumatique, comme ça nous on la largue dans le salon et on peut dormir"!!
Je suis dégoutée, le petit coeur dont je m'occupe avec amour toute la journée, n'aura plus la douce voix de maman pour la rassurer la nuit prochaine si elle pleure.
Du coup, je me demande si je ne vais aps me proposer pour dormir avec la petite, comme ça c'est moi qui ferai office de "maman".
Voilà, je voulais juste parler de ça. De ces parents qui ne se rendent pas compte que derriére leur bébé il y a un véritable être, complétement démuni face à ses problèmes, et que c'est à eux les parents de rassurer, cagoler, caliner, carresser... Et tant pis pour les mauvaises nuits.
Et puis surtout, moi j'ai pas d'enfant, alors ma parole, je peux vous dire qu'elle n'a aucune valeur, pire on me rabroue si je parle de tout cela. Alors je ne dis rien... et je suis triste pour la petite :-(
Alala... :-( comme cette petite fille de deux semaines à peine que j'ai vu ce soir à une fête de village, parquée contre un mur dans sa poussette...au milieu du bruit d'environ 100 personnes enfants compris :-/ les yeux exorbités, les membres tendus à l'affut de comprendre où elle était, quel était ce vacarme...seule.
Pour finir ma réflexion de ce message, j'ajouterais pour finir de te convaincre (toi qui n'as pas d'enfants encore :-)) que ma fille s'endort désormais toute seule après son histoire et un bisous, y compris à la sieste :-) et que je suis très émue du commentaire de la maitresse sur son cahier aujourd'hui (elle a intégré l'école en classe unique de notre hameau en mars) : "Roxane est une enfant très souriante et très agréable en classe ; elle est sociable et autonome"....pas mal pour une enfant "toujours collée à maman et non dressée, non ? ;-))
Il me fait du bien ton témoignage Pascale. Car je vois bien que les enfants de mon amie ont bien souvent principalement besoin "juste" d'être rassuré, conforté dans l'idée qu'on les aime, qu'on ne va pas les abandonner, d'être calinés, portés
J'expérimente discrétement sur eux, et y'a pas besoin d'une si grande expérience que ça pour s'en appercevoir.
haaa! comme ce serait plus simple pour les parents avec l'écharpe mais ils ne veulent pas, pourtant je leur en ai offert une! Surtout leur petit garçon de 2 ans 1/2, il a un très grand besoin de calin.
J'ajoute ici, mon petit bonheur de la semaine : je suis prise dans une école d'éducateur de jeunes enfants. Je retourne en septembre et pour 3 ans à l'école.
J'ai le secret espoir de monter à terme une crèche "à ma façon", où le respect de l'enfant, son rythme, ses besoins, sera la priorité!! Mais est-ce possible dans notre société? Quand je vois toutes tes difficultés avec l'école de ton village... Tant pis je veux y croire!
J'ai quand même un peu peur que dans cette école on n'aille pas tout a fait dans mon sens... Tant pis, ce ne sera qu'une fois de plus où je me sentirai à contre-courant, mais comme je sais que j'ai raison je supporterai!
Du coup ma lecture de l'été aprés Robinson Crusoé (recommandé par Aspen ou Cherry plum) sera le "Concept Continuum", autant débuté cette formation sur de bonnes bases, tu ne crois pas??? lol!!
Les enfants peuvent nous apprendre la patience et le "lâcher prise"...mais il faut vouloir donner, et c'est parfois au prix de faire voler en éclat des schémas habituels, ses convictions erronées, la carapace que l'on a sur le coeur et les émotions érigées depuis l'enfance...le commencement étant la prise en compte de sa propre souffrance d'enfant qui a mené à la construction de la carapace :-) malheureusement, ce chemin, personne ne peut le faire à la place de l'autre.
oh, toutes mes félicitations pour ta reconversion ! je te souhaite plein de bonnes choses alors :-)
tu sais, je crois qu'il y a d'autres solutions pour ne pas subir une société qui nous restreint trop dans nos choix...par exemple, en faire d'autres et choisir d'être autonomes :-) en créant soi-même son emploi. L'école de mes enfants m'a pris beaucoup d'énergie et elle va fermer...alors, pourquoi ne pas en créér une, hein ;-) et je m'y emploie, j'ai moi aussi commencé un cycle de formation Montessori en avril dernier :-)
un livre très chouette que je lis en ce moment "vivre et travailler autrement" de Paul Dewandre en plus du "Continuum Concept" :-)
Merci!
Bonjour, tu ne me connais pas mais j'ai découvert ton blog par hasard en cherchant comment apprendre à mon bébé à s'endormir sans téter. Je me mets à la méthode Pantley et je suis en train d'ouvrir un nouveau blog pour en parler. J'aime beaucoup ton texte sur le sommeil, est-ce que tu m'autoriserais à le citer en introduction dans mon blog? Merci d'avance de ta reponse!
Bien que je n'ai pas beaucoup "accroché" avec la méthode Pantley (justement parce-que ça a la rigidité d'une méthode pour moi), je ne vois aucun inconvénient à ce que tu utilises mon texte.
@ bientôt :-)
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