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12 juillet 2007

Cancer du col de l'utérus : vaccin jackpot ?

465909_effcbIl s'appelle Gardasil (http://www.doctissimo.fr/medicament-GARDASIL.htm). Il coûte cher, très cher : plus de 400 euros pour les 3 doses, et va être remboursé à 65 % par la Sécurité Sociale.
Voir ici.

Ce qui m'interpelle le plus, c'est qu'il est présenté dans un raccourci un peu court comme le vaccin "contre le cancer du col de l'utérus", alors qu'il ne protège pas de toutes les souches du Papillomavirus en cause.

Porteuse de ce virus et déja opérée pour cela, je me permets de souligner quelques données essentielles.
Il est nécessaire d'être très précis afin d'informer correctement d'une part, et rassurer d'autre part. J'ai longtemps été très angoissée par cette présence ennemie en moi jusqu'à ce qu'enfin on m'explique exactement de quoi il en retournait. Ma dernière conversation avec ma gynécologue a d'ailleurs fini sur ce vaccin-là qu'elle ne préconisera jamais d'elle-même...parce-que dixit "se vacciner c'est s'injecter la maladie tout de même".

"Le cancer du col de l'utérus se développe à partir de lésions dites précancéreuses induites par différents types de virus de la famille des papillomavirus humains (PVH ou HPV pour Human Papillomavirus). Chercheuse dans l'unité expression génétique et maladies de l'Institut Pasteur, Françoise Thierry nous en dit plus sur ces virus.

Le Dr Thierry nous précise que : "Globalement, ces virus se divisent en deux grandes familles. Les uns affectent la peau et les seconds les muqueuses. Certaines de ces infections sont bénignes (verrues de la main et de la voûte plantaire), tandis que d'autres peuvent évoluer vers le développement de cancer". Comme c'est parfois le cas pour le col de l'utérus.

Si ces infections sexuellement transmissibles restent le plus souvent bénignes, elles évoluent dans certains cas en lésions précancéreuses (dysplasies) qui elles même peuvent évoluer en cancer du col de l'utérus si elles ne sont pas traitées. On dénombre ainsi chaque année 258 000 décès dans le monde, dont 1 000 en France. Les papillomavirus sont présents dans 80 à 100 % des cancers du col de l'utérus. A contrario, le risque de cancer chez les femmes non infectées est quasi-nul.

Parmi les différents types de virus (on compte près de 120 génotypes), tous n'ont pas le même pouvoir cancérigène. En Europe, le plus nocif est sans conteste celui de type 16, impliqué dans plus d'un cancer du col sur deux1. Les autres types de ce virus oncogène sont HPV18 (20 % des cas) et moins souvent HPV31, HPV33 et HPV35. "On ne peut pas pour autant dire qu'ils sont moins dangereux, ils sont surtout moins présents dans notre environnement européen. En Colombie, le papillomavirus retrouvé dans plus de la moitié des lésions cancéreuses du col de l'utérus est le HPV45. Il existe ainsi de grandes variabilités géographiques" commente le Dr Thierry.

Enfin, il existe des variants asiatiques ou africains des papillomavirus rencontrés en Europe. Certaines études suggèrent qu'ils seraient plus persistants et donc moins facilement éliminés par l'organisme. Mais ce point reste controversé. Néanmoins, toutes les infections HPV n'évoluent pas vers un cancer, fort heureusement !

Toutes les infections n'évoluent pas vers un cancer

Les infections à papillomavirus sont très fréquentes chez la femme jeune et régressent le plus souvent spontanément. Ainsi, au moins une femme sexuellement active sur deux a été exposée à ces virus au cours de sa vie. Le virus est détecté chez 30 % des femmes de moins 30 ans et chez 10 % des femmes au-delà de cet âge. Le risque d'être infectée augmente pour atteindre 60 %, 5 ans après le début des relations sexuelles ; il diminue ensuite et tombe à 5-10 % après 40-45 ans2.

Les infections HPV même par un virus de type oncogène sont le plus souvent banales car l'organisme l'élimine dans les 6 à 13 mois suivant la contamination. "On ne connaît pas bien les facteurs qui font que l'infection va disparaître spontanément ou induire un cancer. On estime aujourd'hui que c'est l'ancienneté de cette infection qui va lancer le processus cancéreux" déclare le Dr Thierry. C'est bien la persistance de l'infection par ce virus oncogène, qui entraîne des anomalies cellulaires - marqueur le plus important de tumeur."

http://www.doctissimo.fr/html/dossiers/cancer_col_uterus/sa_7379_cancer_col_uterus_papillomavirus.htm

Donc, vous avez bien lu...l'infection par ce virus est le plus souvent banale et le corps l'élimine la plupart du temps de lui-même. C'est pour celles pour qui ce n'est pas le cas (et dont je fais partie) que cela nécessite une surveillance rigoureuse....et 1000 en meurent chaque année.
Ce chiffre est élevé, c'est vrai. En tant que femme, je sais la peur que génère ce type de cancer...celui qui touche le plus profond de soi-même, et la fibre vitale de certaines : le coeur battant de la sexualité et de la maternité, la vie dans ses replis secrets.
Oui, je sais, je connais cette peur...et la dernière fois que je l'ai éprouvée très fortement, après un résultat de frottis que je n'ai pas pu relativiser en l'absence de ma gynécologue, a peut-être été un des facteurs de l'arrêt de ma dernière grossesse.

Et c'est sur cette peur que l'on va sans doute jouer pour vacciner à prix d'or des centaines de milliers de jeunes filles.

Il me semble donc important de souligner qu'il y a des moyens d'éviter la maladie, en dehors du vaccin.

La première est bien sûr, la protection par préservatif ! essentiel, non, par les temps qui courent ?

La deuxième est le dépistage :  "Le cancer du col utérin demeure un problème de santé mondial. Mais les frottis de dépistage ont réduit la mortalité de 70 % dans les pays industrialisés. On estime même que 90 % des décès liés au cancer du col de l’utérus pourraient être évités grâce à un meilleur dépistage" (http://www.doctissimo.fr/html/dossiers/cancer_uterus.htm).
Le dépistage est ainsi essentiel : 1 frottis tous les 3 ans pour les femmes non porteuses, 1 frottis tous les ans pour les femmes porteuses permettent de détecter sa présence et / ou son activation qui provoque les lésions (dysplasies du col).
Comme me l'a indiqué ma gynécologue, un suivi régulier détecte une lésion à son début, et permet de l'éliminer sans problèmes ni risques par la conisation. Une femme porteuse régulièrement suivie ne développera donc pas de cancer puisque la dysplasie sera traitée à temps, permettra de l'éliminer (par conisation) et d'enrayer un possible cancer quelques années plus tard ("en l'absence de traitement, ces lésions peuvent évoluer après plusieurs années vers un véritable cancer du col de l'utérus, ce qui justifie l'ablation d'une portion de celui-ci").
NB : ne pas espacer les frottis de plus d'1 an est par contre indispensable, et ne pas hésiter à en refaire un en cas de coup dur physique ou moral car  il peut rester silencieux et bénin des années durant ; la fatigue, les épreuves de la vie, les maladies, sont des moments de "faiblesse" du corps et du psychisme propices à son développement.

C'est ainsi que j'ai été opérée, en 1998, du col de l'utérus quelques mois après mon opération du foie (http://avancer.canalblog.com/archives/2006/03/15/1522616.html), après que le frottis ait détecté une attaque du virus durant les mois de faiblesse générée par mon hépatectomie. J'ai bénéficié d'une conisation (http://www.cngof.asso.fr/D_PAGES/PUFIC_05.HTM).
Depuis, les frottis n'ont pas montré de nouvelle attaque.

Présenter le Gardasil comme un vaccin "contre le cancer de l'utérus" ne va-t-il pas inciter les mamans, naturellement inquiètes pour leurs filles, à les faire vacciner dès le plus jeune âge (ici, on parle d'une vaccination dès 9 ans !) en oubliant la transmission des élémentaires précautions (préservatif et dépistage) alors même que le Gardasil "ne protège pas de toutes les souches de virus" (et c'est la Ministre qui le dit elle-même) ?. Le danger n'est-il pas de se sentir à l'abri de ce risque finalement banal et potentiellement grave et d'en oublier le dépistage en se sentant protégée par le vaccin ?

Et pour finir, une bien basse réflexion mise dans la balance de la santé des femmes : imaginez-vous le coût pour la sécurité sociale de cette vaccination si elle est massive ? ben oui, je sais, c'est trivial et sacrilège et c'est bien sur cela que mise Sanofi-Pasteur pour que notre société accepte ce nouveau vaccin...et qu'il soit remboursé.

En espérant qu'on continue à travailler sur la cause de ce virus autant qu'à sa (non)transmission...et à encourager les messieurs à se couvrir, se protéger et protéger leurs compagnes...

Pascale
maman de Théo (05/07/00) et de Roxane (31/07/04)

Posté par pascale_p_f à 01:14 - Santé - Commentaires [13] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

J'espérais cet article

Merci Pascale.

Disons que je connais qqn qui travaille chez ce fameux labo (je devrais plutôt dire énorme entreprise commerciale.)

Disons que cette personne me recommande subtilement ou fortement selon le moment de me faire vacciner

Disons que je rentre pile dans la cible

Disons que pour moi le vaccin sera gratuit (et vu le prix prohibitif je n'aurais pas envisager de me faire vacciner)

Disons que cette personne m'a fait son petit topo sur les avantages de ce vaccin

Disons que cette personne étant un proche, il m'a été longtemps difficile de réfléchir par-moi même

Disons que cette personne n'a aucun recul sur ce qu'elle cherche à vendre
Oui oui c'est bien de la vente. Et c'est d'un triste

Disons que cet entreprise fait très bien son job, tout est bien rôdé

Disons que depuis quelques temps je ne suis pas forcément convaincue de l'utilité de certains vaccins (merci les sites un peu alternatif et l'exemple des autres pays)

Disons que le message relayé est suffisament effrayant pour se faire vacciner sans se renseigner

Disons que finalement la santé est une affaire de gros sous ...

Posté par Olaf, 13 juillet 2007 à 23:26

Pascale, merci de cet article, qui remet bien certaines choses en perspectives et qui ajoute des lumières sur un sujet bien sombre... Merci de nous éclairer.
Est-ce que je peux mettre ton article sur mon blog? Je trouve que ce sujet est absolument à partager et à faire connaître...
(comme bcp de ceux que tu abordes)

Posté par Gayanée, 14 juillet 2007 à 13:54

Merci et bravo pour ce billet clair et informatif Pascale.

Je suis assez atterrée de voir qu'une fois de plus, il doit y avoir certains accords en coulisses qui pèseront lourd, très lourd sur les finances publiques pour le profit de quelques financiers privés. :o((
Et tout ça au détriment de la santé des simples citoyens.

Posté par KaMaïa, 15 juillet 2007 à 00:22

Et bien je souhaite aussi applaudir à cet article.
J'avais entendu parler de ce vaccin et je me suis renseignée pour mes filles (et oui, la peur que l'on avait su insuffler dans mon coeur de maman..) et découvrir qu'il n'y avait au final pas de véritable recul et probablement pas de protection assurée.
Selon mon médecin il s'agissait d'un vaccin bien inutile, destiné à "engraisser" les labos.
Tu as repris le petit topo qu'il m'a présenté pour m'expliquer de quoi il retournait.
Tout ça avec des mots qui complétaient ce que j'avais appris, avec les mots d'une femme plus concernée qu'une autre et qui pourtant se soucie encore des autres femmes.
Alors merci.

Posté par lysalys, 15 juillet 2007 à 21:34

Merci les filles :-) je me devais bien de faire cet article, étant directement concernée :-)

Posté par Pascale, 16 juillet 2007 à 09:40

ça y'est! Ils en ont parlé ce matin à la radio belge : toutes les filles de 12 à 15 ans auront le droit de se faire vacciner (Gardasil remboursé intégralement).

"Grâce à ce remboursement, la patiente ne payera plus que 10,60 euros par injection (trois au total) au lieu de 130,22 euros par dose."

Alors pourquoi s'en priver, puisque "après la vaccination, vous êtes totalement protégée contre les formes les plus redoutables du virus HPV incriminées!"

Je me demande s'ils ont pris en compte les remarques de 'TestAchat' (http://www.test-achats.be/map/src/416863.htm)?

Posté par Gayanée, 06 septembre 2007 à 10:21

Demande d'informations

Bonjour,

ma mère est parti se faire 'dépister' le col de l'utérus chez sa gynéco, et ma mere a recu une lettre disant que le frottis du dépistage du col de l'utérus a rapporter quelques anomalies, mamère n'est pas encore aller consulter sa gynéco, mais j'aimerais avoir des informations selon vos avis, est-ce plutot rave ou y a t il une possibilité qu'elle n'ait rien ?

Merci d'avance

Posté par Mykael, 12 octobre 2007 à 17:41

Mykael,
je ne crois pas pouvoir beaucoup vous aider en vous disant que ça peut être banal (une simple modification des cellules ou une attaque virale pas méchante), comme un peu moins (dans le cas d'une attaque du papillomavirus, virus dont je suis moi-même porteuse et qui peut se "réveiller") mais sans gravité si dépisté à temps (un simple connisation qui consiste à enlever la partie atteinte (je l'ai déjà vécu) suffit généralement, (c'est néanmoins à surveiller très régulièrement au moins un frottis par an), comme plus grave avec un cancer (sachant qu'il y a plusieurs degrés de gravité même dans un cancer et que ça peut tout à fait être pris à temps.
Si votre maman se fait suivre régulièrement, avec un frottis par an, il n'y a pas de raisons de vous angoisser, car si gravité il y a, ça peut être pris largement à temps. Si ça fait longtemps qu'elle n'avait pas eu de frottis, je lui conseille de ne pas attendre pour retourner voir son gynéco, et puis de ne pas hésiter à avoir deux diagnostics au minimum.

Essayez de la rassurer du mieux possible, car cela fait très peur, et atteint l'intimité et la féminité, je sais de quoi je parle.
Bon courage à vous et votre maman.

Posté par Pascale, 12 octobre 2007 à 20:39

OMG...:S

Et je fais quoi moi maintenant?
J'ai fait la première injection il y a presque deux mois et je dois faire la deuxième bientôt.
Serait-il mieux de tout arrêter tout de suite? Est-ce qu'il y a un risque (j'en ai entendu parler et je m'inquiète)?
Pour ma part, mes parents n'ont rien payé, ils ont entièrement été remboursés par leur mutuelle.

Posté par Célia, 21 novembre 2007 à 21:11

Je ne peux pas vous répondre, Célia, sur l'intérêt d'arrêter ou de continuer cette vaccination. Votre docteur devrait, par contre, pouvoir vous répondre. Sachez que votre droit de patiente fait qu'il ne doit absolument poser aucun acte médical sans votre entier consentement, et que, pour cela, il doit vous amener les preuves médicales de ce qu'il avance (en positif ou négatif). A lui de vous présenter les arguments - de façon neutre autant que possible, car il s'agit de santé et non de commerce - et à vous de les accepter, ou de les refuser, en pleine conscience. Si ses réponses ne vous conviennent pas ou semblent trop évasives, prenez d'autres avis médicaux pour vous faire une opinion libre et éclairée.

Posté par Pascale, 21 novembre 2007 à 21:27

coucou Pascale,
tu as vu que chez Martin Winckler il y a un super édito "contre" le gardasil (enfin, plutôt, un texte éclairé de sa part, pour que les patientes puissent choisir en connaissance de cause), la réaction choquée d'une gynéco qui se fait scientifiquement remettre à sa place ensuite par Winckler? Cela apporte de l'eau à ton moulin...

Posté par stéphanie, 04 janvier 2008 à 12:35

arf, non! merci de me prévenir :-) je cours le lire.

Posté par Pascale, 04 janvier 2008 à 15:42

Controverse

Je crois que cette campagne n'a pas fini de faire parler d'elle. Je trouve dangereux qu'on impose cette vaccination. Mon ami Raymond Viger, rédacteur du magazine Reflet de société, a écrit sur le danger de cette imposition : http://journaldelarue.wordpress.com/2008/05/16/contreverse-sur-une-campagne-de-vaccination-au-gardasil-pour-proteger-du-virus-du-papillome-humain-vph/

Posté par seccus, 19 août 2008 à 15:52

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