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20 mars 2008

L'interview d'Aldo Naouri dans "ELLE"

C'est ici : http://www.elle.fr/elle/societe/interviews/frustrez-vos-enfants/

Comme je l'ai dit précédemment dans un commentaire, ce qui est dangereux dans le discours du Monsieur, c'est qu'on peut souvent trouver dans son discours des paroles qui nous semblent censées et fondées.
Pour vous en faire la démonstration, voici en bleu ce que j'approuve ; en rouge, ce que je déteste, en petit mes commentaires..quel méli-mélo ! de quoi vous embrouiller la cervelle et vous faire croire n'importe quoi...c'est rempli de poncifs et d'a priori vraiment indignes d'une intelligence aussi brillante.
Les phrases moitié rouge / moitié bleu indiquent que je suis en partie d'accord mais par pour les mêmes raisons et ni avec les mêmes modalités...de quoi jouer sur la corde de la confusion dans les esprits : si on n'approfondit pas le discours (et l'intervieweuse aurait dû le pousser à s'expliquer plus longuement sur ce qu'il assène), on va se sentir "globalement d'accord" et adhérer à son discours.

PS : je ne m'étalerai pas sur les questions bizarres et bien dans l'air du temps de "ELLE"...

"Frustrez vos enfants !

ELLE. Nous étions déjà traumatisés par le fameux : « Tout se joue avant 6 ans ». Aujourd’hui, vous nous dites que c’est avant 3 ans que tout se jouerait !

 

 

ALDO NAOURI. Je ne raconte pas du tout ça ! Je suis parti d’un état de fait : chaque année, 60 000 enfants quittent l’école avec moins de 500 mots de vocabulaire. Alors, je dis aux parents : « Eduquez vos enfants, et, ensuite, l’effort qu’ils auront à faire à l’école sera beaucoup moins difficile pour eux. » Comme, en France, l’école commence à 3 ans, il est fondamental de délivrer le plus gros de cette éducation avant la fin de la troisième année. (à double tranchant : si ça a le mérite de reconnaître que la famille est le premier lieu d'apprentissage et le plus important, en dénigrant tout de même l'apport des collectivités qui les accueille, elle lui met toute l'entière responsabilité de ce qui arrivera à l'enfant à l'école)

ELLE. Après, c’est trop tard ?
A.N. Un enfant arrive au monde avec une force pulsionnelle qui le traverse à tout moment. Si on pense que c’est sa nature et que cela va s’arranger comme par enchantement, je dis non, non et non ! (si nos actes étaient  en cohérence avec nos paroles, cela serait ainsi ; l'enfant prenant modèle deviendrait "comme nous" et apprendrait seulement en nous regardant. Mais comme ce n'est pas le cas et qu'on l'enjoint souvent à faire mieux que nous, nous devons "l'arranger"). Il est donc fondamental de gérer ses pulsions (de quelles pulsions parle-t-on exactement ?). Le plus tôt est le mieux (c'est à dire ? rappelons que le monsieur est pour les tétées "à heure fixe"...). Si l’éducation n’est pas délivrée avant la fin de la troisième année, elle pourra, bien entendu, l’être ultérieurement. Mais plus difficilement. Si on veut construire un barrage sur un cours d’eau, c’est plus facile près de la source que de l’embouchure.

 

ELLE. Alors, commençons à la base. Quand un enfant de 2 ans refuse de manger, doit-on le forcer ?
A.N. Jamais. Pour une raison simple : cela correspondrait à introduire de force quelque chose dans son corps. Or, l’intégrité du corps de l’enfant doit être toujours respectée.

 

ELLE. Là, il n’est pas dans la toute-puissance que vous dénoncez ?
A.N. Attention ! Si, au moment du repas, il balaie d’un revers de main son verre ou jette son assiette et sa cuillère par terre, il faut, bien sûr, impérativement agir. Mais, pour ce qui est de manger, j’insiste sur le fait qu’on ne peut pas intervenir sans conséquence importante sur le fonctionnement interne du corps.

 

ELLE. Et si l’enfant refuse un plat qu’il aime habituellement et demande son dessert ?
A.N. Là, on est dans le caprice et on refuse.

 

ELLE. On parle toujours des enfants qui refusent de manger, mais jamais de ceux qui mangent trop…
A.N. Les problèmes autour de la sphère orale sont toujours une problématique avec la mère. Je me bourre de nourriture = ma maman est à moi. Là encore, c’est de l’ordre de l’éducation. Il faut dire stop, ça suffit.

 

ELLE. Mais ne risque-t-on pas alors de voir l’enfant se jeter sur la nourriture dès que sa mère a le dos tourné ?
A.N. Non ! A moins qu’il n’ait pas compris à quel point l’interdit de sa mère est profondément pensé par elle. Douter ou culpabiliser au moment de dire non ruine l’interdit.

 

ELLE. C’est facile à dire ! En matière d’éducation, on reçoit tellement d’injonctions paradoxales qu’on est une génération qui doute…
A.N. Eh bien, remerciez-moi, car je vous dis de ne pas douter. Jamais (ne pas douter n'est il pas le signe d'une incapacité à réfléchir sur ses actes, à prendre du recul ? ne fait-on jamais d'erreurs "à corrirger" ?! on devrait se sentir  "parfait", alors ? contrairement à ce qui est dit plus bas....) Dans mon livre, j’explique combien, au contraire, les choses sont simples. L’éducation repose sur le respect de l’enfant. Mais sa position dans l’espace n’est pas dans l’égalité, l’horizontalité avec ses parents. Elle est dans la verticalité, il est dans la génération du dessous. Et pas question qu’il remonte (ce qui veut dire quoi exactement ? qu'il est inférieur ?). C’est vital pour lui.

 

ELLE. Vous dites : « Un ordre, c’est un ordre. Point. On ne l’explique pas. » Mais c’est l’armée !
A.N. Et alors ! Le système militaire n’est pas que négatif. En quoi il consiste ? A faire marcher des individus dans le même sens quand il est question de défendre un territoire. Pour ce faire, on a besoin d’ordres intangibles (ben oui, y a qu'à voir les tortures et les sévices faits "sous les ordres de l'autorité" pour se persuader que c'est "juste"...mais de quel "territoire" parle-t-on concernant l'enfant ?! est-on en guerre ??)

 

ELLE. Donc, on n’explique pas à un enfant pourquoi on lui demande quelque chose, et on ne s’excuse pas si on a été injuste ?
A.N. Jamais ! Ou trois mois plus tard. (et pourquoi ? on se rend bien compte ici que ce sont des "vérités" assénées mais non expliquées !)

ELLE. Mais c’est un peu réac, non ?
A.N. Pas du tout. On donne ainsi à l’enfant des repères de sécurité. On monte des parapets de chaque côté d’un pont, et on lui dit : « Vas-y, mon vieux. Tu me détestes, ce n’est pas grave, j’encaisse. » Chercher à plaire à ses enfants, c’est de la séduction, pas de l’éducation. De toute façon, quoi que vous fassiez, vos enfants sont condamnés à vous aimer. Ils n’ont pas le choix. (non, les enfants ne sont pas condamnés à aimer leurs parents, et d'ailleurs, il y a des enfants qui ne les aiment pas et vice-versa ! ils sont dépendants d'eux jusqu'à un certain âge, c'est différent. Rien à voir avec l'amour)

 

ELLE. Sur le fond, on peut être d’accord avec vous, mais, dans la pratique, c’est plus compliqué. Vous préconisez une fermeté très douce. Or, parfois, pour dire non, on est bien obligé de crier ou, sans parler de fessée, de donner une petite tape sur le derrière. Non ?
A.N. Non. Manifester du respect à l’enfant fait que, en retour, il va apprendre le respect de l’autre. Vous le prenez dans vos bras et vous le mettez dans un endroit sécurisé et fermé, en disant : « Quand tu seras calmé, on en reparlera. »

 

ELLE. Vous donnez des lettres de noblesse à la « frustration », qui serait nécessaire dans l’éducation. Pourquoi est-ce si important de devenir les parents d’enfants frustrés ?
A.N. Parce que c’est la frustration qui fait percevoir que l’on est vivant…(et c'est tout ? je pensais aux émotions, aux sensations, à la conscience...)

 

ELLE. Et pas le plaisir ?
A.N. Non, car dès l’instant où vous accordez tout à un enfant, où vous le laissez s’installer dans le plaisir, eh bien, dès que ce plaisir sera suspendu, l’angoisse de la mort va surgir. (parce-que nous ne sommes que des êtres "de plaisir" ???) Aujourd’hui, l’expression : « Dans la vie, on ne peut pas tout avoir » a été remplacée par : « Tu as droit à tout ». Or, justement, le fait de ne pas tout avoir permet d’essayer d’avoir le maximum de ce que l’on ne peut avoir. C’est le manque qui est le moteur du désir.

 

ELLE. Quand, après la naissance d’une petite soeur ou d’un petit frère, un enfant de 3 ans demande comment on fait un bébé, on répond quoi ? A part que c’est parce que ses parents s’aiment beaucoup…
A.N. Vous l’avez dit : on lui parle d’amour. Pour le reste, et quel que soit l’âge de l’enfant, un parent doit éluder la question. C’est de l’ordre du privé. L’enfant se débrouillera seul. (c'est vrai qu'avec internet, les films pornos dispos très tôt, c'est chouette :-/)

 

ELLE. On peut parler à un bébé à partir de quel âge ?
A.N. Quand vous en avez envie. Et, d’ailleurs, vous avez commencé avant même sa naissance (ah bon ? et qu'est ce qui lui permet d'affirmer que c'est pour toutes les mères ainsi ?) Mais, par pitié, ne le saoulez pas de paroles inutiles (c'est à dire ? Monsieur aurait-il une compagne qui le "soûle" ? !)

 

ELLE. Jusqu’à quel âge peut-on baigner un frère et une soeur ensemble ?
A.N. Jusqu’à ce que l’aîné ait 4 ans. (et pourquoi ?)

ELLE. Que faire face à des enfants qui jouent à « touche pipi » ?
A.N. On leur dit d’arrêter et de faire autre chose.
(et pourquoi ?)

ELLE. Et avec un enfant qui se masturbe ?
A.N. La première fois, on fait comme si on n’avait rien vu. Après, on intervient.
(et pourquoi ?)

ELLE. Est-ce qu’on lui dit que c’est une activité qui se pratique dans l’intimité de sa chambre ?
A.N. Se masturber, c’est véritablement être soi avec soi, l’autre n’existant pas. Lui demander d’aller dans sa chambre, c’est l’encourager à être « toi avec toi hors du monde ». Donc, on dit : « Je t’interdis de faire ce genre de choses. »
(et pourquoi ?)


 

LLE. C’est un retour au passé !

A.N. Je récuse ces termes. Ils contiennent quelque chose de régressif qui serait de l’ordre de la nostalgie. Ce qui n’est pas mon propos. Le bon sens n’est pas nostalgique. (mais le bon sens, est ce vraiment cela ?)

ELLE. Mais là, avec l’interdit de la masturbation, on est à la limite de la morale…
A.N. Ce n’est pas un problème de morale mais d’éducation. Il s’agit de donner à l’enfant conscience de l’existence des autres. Sinon, vous le confortez dans sa tentative d’être tout-puissant et vous le renforcez dans son sentiment de solitude extrême. Il s’agit de lui dire que l’autre existe et qu’il devra vivre avec. Quand il aura 18 ans et qu’il sera bombardé par les hormones, il fera ce qu’il veut ! (18 ans ?? pas avant ? je croyais que le taux d'hormones des garçons était multiplié par 4 vers 11 ans...)

ELLE. Un père câlin avec ses enfants, maternant, nourrissant, féminin comme beaucoup de pères le sont aujourd’hui, est-ce grave ?
A.N. Non, s’il reste l’amant de la mère. (un peu réducteur...si le couple est un vrai couple, non ?)

ELLE. Est-ce bien de dire souvent à son enfant qu’on l’aime ?
A.N. C’est une importation regrettable des feuilletons américains. Trop de « Je t’aime » tue le « Je t’aime ». (ben voyons, toujours la faute aux ricains...ceux qui ne l'ont jamais entendu savent pourtant combien c'est douloureux)

ELLE. Vous dites qu’un père est comme une pile : plus on s’en sert, plus il s’use.
A.N. Pourquoi devrait-il toujours être celui qui dit non ? (lui demande-t-on cela ?) Il vaut mieux le garder pour les grandes occasions (c'est à dire ???) En revanche, il a une fonction fondamentale à l’intérieur de la famille, qui fait toute sa force. Il est responsable du rappel constant de la mère à sa féminité (ben oui, la pauvre nunuche risque de ne plus s'en rappeler, sinon). C’est à lui de réduire la propension de la mère à être mère à 100 % (parce-qu'elle ne peut pas être mère à 100 % et femme à 100 % ? encore un qui compartimente, saucissonne, coupe en tranches, au lieu d'envisager l'être avec de multiples facettes...la schizophrénie n'est pas loin. Le père, comme la mère, s'occupe des enfants ET de son conjoint...s'ils s'aiment).

ELLE. Mais, alors, est-ce grave d’élever un enfant sans père, dans le cadre de l’adoption par une femme célibataire ou d’une famille monoparentale dans laquelle l’enfant ne voit plus son père ?
A.N. La fonction paternelle est atomisable et peut être exercée par une série d’instances, simultanément ou les unes après les autres. Le gardien de square qui interdit à un enfant de jouer sur la pelouse fait fonction de père. Comme l’institutrice d’école maternelle qui dit : « Il n’ira pas dans ce groupe, il ira dans celui-là. » (et pourquoi décrèterait-elle cela d'abord ?). En fait, tous ceux qui disent à un enfant que sa mère n’a pas tous les pouvoirs font, bout à bout, fonction de pères (ah ces pouvoirs de la mère que le père vient entraver !).

ELLE. Un doudou à l’âge de 6 ans, c’est grave ?
A.N. Arrêtez d’employer le mot « grave » ! Ça n’a pas de sens. En gros, la seule chose grave est du côté de la mort. Sinon, plus de doudou à l’âge de 6 ans. (et pourquoi 6 ans ?)

ELLE. Afin d’encourager l’autonomie ?
A.N. Absolument. Le doudou, à 2 ans et demi maximum, c’est fini. Comme la tétine.
(et pourquoi 2 ans et demi ?)

ELLE. On dit quoi à l’enfant ?
A.N. Rien. On les prend, on les jette.

ELLE. Le biberon, le matin, c’est fini à quel âge ?
A.N. A 2 ans et demi, terminé ! Il vaut mieux qu’il ne boive pas de lait du tout que de prendre un biberon.

ELLE. Pourquoi ?
A.N. D’abord, parce que ça freine le développement du mécanisme de la déglutition – et cela a une énorme importance pour la prononciation, (sachant que l'enfant commence à parler bien avant, pourquoi ne pas demander leur suppression dès la formation de premiers sons ?!) les articulations dentaires et la durée de la dentition. Ensuite, parce que ça maintient l’enfant à un stade qui ne correspond plus à son âge. Une fois encore, on encourage ainsi sa non-volonté à évoluer (je suis d'accord pour les "grands" de 4, 5, 6 voire 7 ans qui continuent à biberonner, et surtout quand ils ne sont jamais incités à prendre autrement leurs liquides, qu'ils ne s'assoient jamais à une table de petite déjeuner..mais avant ?)

ELLE. Donc, un soir, on rentre à la maison et on dit : « Demain, plus de biberon » ?
A.N. On ne dit rien du tout, et, le lendemain matin, terminé. (Olé !)

ELLE. Mais l’enfant va hurler !
A.N. Un jour, deux jours, et alors ? Attention, il ne hurlera que s’il sait qu’il va pouvoir négocier. (parce-que pleurer quand on a un chagrin ou d'incompréhension, dire ses émotions, communiquer, c'est "négocier" ?)

ELLE. A quel âge commencent les caprices ?
A.N. Le caprice, à proprement parler, commence au début de la deuxième année quand, mettant en place sa stratégie de toute-puissance, l’enfant va faire des choses qui sont destinées à désarçonner le parent (du Freud tout craché...ou quand l'enfant n'agit pas pour lui,pour découvrir le monde, ses contours et ses limites, mais pour emm***** le monde autour de lui !)

ELLE. Un bébé qui pleure alors qu’il a bu son biberon et qu’il est propre, ce n’est pas un caprice ?
A.N. Non. C’est l’expression de quelque chose qui nous est inconnu, mais ce n’est pas un caprice.

ELLE. Donc, il ne faut pas le laisser pleurer ?
A.N. Ça dépend des modalités de ses pleurs, de leur intensité, de leur tonalité. Une mère sait vite faire la différence

ELLE. Un bébé a-t-il besoin d’un train-train quotidien ?
A.N. Ce que la mère sent bien pour elle sera bien pour l’enfant (même une reprise du travail quand bébé a 3 semaines, par ex ?) C’est pour ça que j’ai commencé mon livre par le retour à la maison, en disant : « Pensez à vous, puis à vous, et encore à vous. » (même quand elle le met au garage pour le laisser hurler sans que ça gêne sa séance tv le soir ? quand elle le laisser à 1 mois chez la mamie pour partir en stage ? où est la limite de ce type de postulat ?)

ELLE. Mais on a du mal à être égoïste. On a toujours peur de devenir une mère monstrueuse…
A.N. Une leçon m’a été donnée un jour par un luthier. Il m’a expliqué que si un artiste devait choisir entre son archet et son violon, il choisirait le premier parce qu’un archet a toujours un défaut. Et que tout l’apprentissage a tenu compte de ce défaut. « Pourtant, a-t-il continué, personne ne voudrait d’un archet parfait. » Comme je ne comprenais pas, il s’est exclamé : « Vous vous rendez compte de l’enfer que serait un couple dans lequel l’un des deux serait parfait ? » Magnifique ! C’est un résumé parfait de la relation du parent à l’enfant. (et des relations tout court entre être humains...)

Ah, cette toute-puissance de la mère....quel fantasme ! Visiblement, nous n'avons pas la même notion du "bon sens". Je suis certaine qu'il y a un juste milieu et un équilibre possible entre le "tout négocier" et le "rien expliquer"...mais pour cela, il faudrait déjà tenir compte des besoins de l'enfant à comprendre son environnement et ce qui lui arrive, et savoir que cela fait partie intégrante de l'accroissement de son intelligence (émotionnelle y compris) et de sa sensibilité au monde.
Dommage que cela se pare des habits du respect de l'enfant, ce qui en fait malheureusement un discours totalement contradictoire "pour le bien de vos enfants"...encore un.


Vous avez dit "réac" ? non, pensez donc !!

Pascale

Posté par pascale_p_f à 10:24 - Education non violente - Commentaires [17] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Je ne partage pas tous tes "rouges", mais je suis globalement moi aussi embrouillée. Je ne vois pas en quoi on respecte l'enfant quand on retire du jour au lendemain le doudou ou le biberon, sans aucune explication...

Posté par petit_scarabée, 20 mars 2008 à 11:52

Tiens coucou pti scarabée! ;o)
Salut Pascale!
heu, mais il a bouffé quoi de traviole le vieil Aldo là?! Je crois qu'il est temps de le ranger au placard! Allez ouste Aldo! et c'est un ORDRE!
pfff, non mais je vous jure! Quelle régression, quelle noirceur d'avenir, nous propose là ce donneur d'ordres qui pense à l'envers! L'éducation à la Naouri, NON MERCI!!!

Posté par Sicile, 20 mars 2008 à 12:45

il est fantastique cet homme!
tellement imbu de sa personne et de son savoir tout-puissant, un ego si démesuré qu'il ne voit pas le bout de son nez, suffisamment cultivé pour paraitre crédible et terriblement dirigiste voir dictateur...
je suis émerveillée de tant de compassion de sa part. Donc le parent fait, sans rien dire, et l'enfant peut pleurer autant de temps qu'il veut. L'impact que cela aura plus tard? il est condamné à nous aimer donc il nous remerciera de l'avoir poussé sur ce pont sécurisé sur la voie unique qu'on lui désigne...
je dis bravo! que rajouter d'autre?

Faites-le taire!!!!

Posté par Laeti la Douce, 20 mars 2008 à 14:30

Je suis dans l'ensemble bien d'accord avec toi. Je suis choquée par cette interview, que de raccourcis...

Il assimile caprice et recherche de limite. Et comme tu dis il confond fermeté et autoritarisme.
Je vois tous les jours des personnes hurler sur les enfants sans réussir à se faire obéir, et moi j'arrive avec mon grand sourrire, je parle doucement mais fermement à l'enfant et il me suit m'écoute, répond à mes demandes. Ca ne me parait si compliqué que cela, encore faut-il e vouloir, être convaincu de ce que l'onf ait mais SURTOUT, surtout, se rappeler que l'enfant n'est pas fini, il est en construction, n'a pas les mêmes reflexes, vit dans le moment présent, bref c'est un enfant, pas un adulte...

Quant à retirer son doudou à l'enfant afin de favoriser l'autonomie, c'est du GRAND n'importe quoi!!!
Je l'invite ce monsieur à venir en crèche avec moi :
Ceci se passe hier : un loulou est en train de jouer et ressent d'un coup d'un seul le besoin de sa maman (dont il est séparé 8 à 10h). Comme il ne peut assouvir son besoin il demande avec sa bonne bouille "je veux faire un bisou à mon doudou" et que là on prend le loulou par la main on l'emméne à son doudou, il lui fais un bisou un petit câlin et voilà c'est reparti pour lui, il va rejouer, ça lui a suffit... Que se serait-il passé si on lui avait refusé cela?? Et surtout quel est l'interet? je n'en vois aucun!!
Nous nous sommes positionné la semaine derniére sur le doudou en crèche : doit/peut-il être autorisé toute la journée sans limite? Je ne ais aps encore. Ce que je sais c'est que lorsqu'un enfant a besoin/envie de son doudou JAMAIS je ne lui refuse, JAMAIS!

Le rôle du père : je pense que 'est grace au pére que la mère devient mère, c'est aussi grâce au père que la mère est amante, mais femme??? Je ne comprends pas, je suis femme et pourtant ni mère, ni épouse, ni amante... Y'a un truc qui m'échappe. Et comme tu le dis, pourquoi partioner? Je suis 100% la fille de ma mère, je suis 100% femme

Mais alors ce qui me ferait carrément hurler de rire si ce n'était aussi "débile" c'est son avis sur la masturbation. Selon de nombreux psy, la masturbation ne s'arrête jamais. Le bébé qui tête est déjà à se faire plaisr. Et puis m... alors si on ne peut plus se faire plaisir simplement.
Et puis ça ne sert à rien de dire à un enfant de ne pas se masturber, car il le fera de toutes façons, sauf que si c'est sous l'interdit, il culpabilsera, point.

Bref, c'est affligeant. Et donc j'arrête, surtout que je suis intarissable sur le sujet.

Posté par kila, 20 mars 2008 à 15:27

Salut Sicile :-) certainement un ras-le-bol des femmes et "mères"....on remarquera que cela s'adresse plus particulièrement aux femmes :-/

L'impact que ça aura plus tard ? oh sans être visionnaire..des enfants qui se comporteront de la même manière avec leur entourage (à commencer par leurs parents) ? et qui alimenteront longtemps les cabinets des psys ou des coachs "pour apprendre à communiquer" :-( génial un monde où on s'aboiera tous des ordres aux uns et aux autres !

Posté par Pascale, 20 mars 2008 à 15:27

Caprices et enfants... ces mots n'ont rien à faire ensemble :-(

Posté par mamansursaplanet, 20 mars 2008 à 16:33

Tu sais quoi ? il y a peu, j'ai entendu à la radio quelqu'un dire que les "caprices" sortent de l'imagination de l'homme qui ne sait pas comment agir face à une demande qui le dépasse. C'est aussi un mot dévalorisant qui est utilisé pour désigner le comportement des enfants et des...femmes ! jamais des hommes...le "caprice" est étiqueté sur le front de ceux qu'on croit "faibles" et donc manipulateurs, par celui qui se sent manipulé et en danger dans sa "supériorité" (comment un être aussi faible et méprisable se permet-il d'essayer de m'avoir, moi, l'être fort ?).

Posté par Pascale, 20 mars 2008 à 18:51

Commentaires éclairés mais n'oubliez pas l'essentiel !

Je suis d'accord avec tous vos commentaires : le monsieur est en effet assez extrémiste dans ses idées, encore que certaines de ses phrases aient été prises au pied de la lettre par certaines d'entre vous...
Cela dit, ne perdez pas de vue le propos général : il a raison de pointer les dérives de l'éducation actuelle, celle de l'enfant-roi qui donne des leçons à ses parents dans les spots de pubs. Heureusement que tout le monde n'est pas comme cela, mais c'est quand même une grosse tendance. Moi par exemple, je lutte presque tous les jours avec ma femme contre son laxisme, même si je reconnait qu'elle tempère également mon autorité naturelle. Nous sommes dans une société "d'envie" de l'enfant, à tous les niveaux. Il faut lui laisser manger ce qu'il veut, lui laisser prendre ce qu'il veut, lui laisser regarder la télé, lui acheter ce qu'il veut au supermarché, etc. Je le répète : tout le monde n'est pas comme ça, mais c'est une observation fréquente. De plus, on confond autorité et sévérité. J'ai vite compris qu'élever la voix sur ma fille (et je ne parle même pas des coups) avait de très facheuses conséquences sur elle (elle fait pareil > CQFD). Combien de fois vois-je donc des mamans crier sur leurs enfants au supermarché sans résultats ? C'est non seulement contre-productif mais aussi souvent le résultat d'un laxisme préalable.

Donc ce psy a au moins le mérité de remettre des choses à leur place, même s'il se trompe gravement sur beaucoup d'aspects malheureusement (son opinion sur la masturbation ou le bain, c'est limite moyen-âge !). Sur l'alimentation, il suit hélas l'angélisme ambiant qui prétend qu'un enfant qui ne mange que des pâtes et de la viande parce qu'il ne veut rien d'autre mangera de tout plus tard ! Quelle énorme erreur ! Apprendre à nos enfant à manger est une part ESSENTIELLE de l'éducation, de la même façon qu'elle l'est chez les animaux. Après, on s'étonne de faire des obèses... qu'elle hypocrisie. Il ne s'agit pas de "forcer" un enfant à avaler ce qu'il ne veut pas. Il suffit simplement de le faire sortir de table, de lui faire sauter le repas et de lui servir la même chose au repas suivant. Pas de bagarre, pas de conflit, pas de cris. J'ai appliqué cette méthode sur ma fille, en 1 jour c'était plié. Elle a bien réessayé après, mais le fait de ranger le tout au frigo une ou deux fois a été radical. Un enfant ne se laissera jamais mourir de faim, il finira par manger et trouver ça bon. Quand on a faim, on trouve tout bon. Il n'y a qu'à voir les gens pauvres qui n'ont rien à manger dans leur pays. Ils font pas la fine bouche, EUX. Moi-même j'ai jeûné 48h. Quand j'ai repris l'alimentation, je me suis jeté sur des carottes rapées comme si c'était du caviar. J'ai un peu dévié du sujet, mais j'espère que mes conseils pourront aider certains qui galèrent à ce niveau. Le plus dur c'est de le faire sans culpabiliser. Car on est dans une société d'abondance, donc "priver" son enfant est un "crime" pour de nombreuses maman. De quoi passer pour un monstre. Mais quand on compare les enfants quelques années après, les moralisatrices ne rigolent plus du tout.

Posté par Nico, 20 mars 2008 à 19:36

Quand je vous lis, je me rends compte qu'on lit, tous, les sujets sous l'angle de ce qui nous importe...et des conflits intra-familiaux que nous vivons chez nous.

Par ex, quand AN dit qu'il ne faut pas forcer un enfant à manger, il ne dit pas (ou j'ai mal lu) qu'il faut qu'il ne mange que des pâtes ! Il me semble que vous interprêtez (est ce un sujet de discorde chez vous ?). Si je suis pour ne jamais forcer un enfant à manger car il a le droit de ne pas avoir faim (comme moi !!!), je ne prône absolument pas qu'il mange "ce qu'il veut, quand il veut". Mon rôle est de veiller à sa santé et son équilibre. Donc, s'il n'a pas faim...ok mais hors de question de céder au régime "pâtes/purée/jambon mouliné/ glaces" car seul cela lui plairait...par contre, je ne cède pas pour un dessert ou un gouter "à l'avance". Et ne peut-on arrondir les angles (la "fermeté douce") en préparant des choses qui satisfassent tout le monde ? (par ex, je comprends très bien que mes enfants n'aiment pas la vinaigrette hyper relevée que je fais, ou la grande quantité d'oignons que je mets partout dans mes currys etc.).
Si l'éducation au gout est très importante, je vous l'accorde, il faut aussi veiller à ce que les goûts de chacun soit respectés : combien d'adultes préfèrent le salé au sucré, n'aiment pas l'aïl ou l'oignon, le curry, le piment, les bettes, les concombres etc ? moi, si vous me servez des tripes, par ex, rien que l'odeur me donne envie de vomir ! je n'y peux rien, c'est physiologique ! idem pour le roquefort ! et si on me sort qu'en temps de guerre, je mangerais, je vous rirais au nez. Attention donc : l'éducation n'est pas dressage, et lissage de la personnalité au profit d'une seule manière d'être et de faire valable. Mes enfants ont tous deux des goûts très différents...si je veille à ce que leur bol alimentaire soit riche, varié et équilibré, je ne forcerais pas Roxane et Théo à manger ce que j'aime, moi, sous prétexte qu'ils le doivent parce que je l'ai décidé. Par contre, gouter, oui...et souvent, j'insiste (ce soir, ma fille ne voulait pas manger la soupe, seule source de légumes, sous prétexte qu'elle avait mal au ventre. Au cas où ce soit vrai, je lui ai dit qu'elle pouvait arrêter et sortir de table...mais comme elle voulait finalement l'escalope de dinde qui suivait, elle s'est ravisée et a fini sa soupe, sachant que je tiens à ce qu'ils mangent des légumes et que mes soupes sont bonnes, lol ! je n'ai pas forcée, je n'ai pas cédé, et elle s'est ravisée d'elle-même).
Ce n'est pas une question de culpabilité non assumée mais de respect du fait qu'ils n'aient pas les mêmes goûts que moi...et pour avoir passé mon enfance à me battre pour faire reconnaitre mon droit à l'individualité et à la différence, j'y suis extrêmement sensible...un parent qui vous oblige à aimer ce qu'il aime et à faire ce qu'il fait sous couvert que ça DOIT vous plaire et que d'autres n'ont pas cette chance (gnagnagna), c'est un parent dictatorial persuadé que seule sa manière de faire est valable, et que vous avez envie de fuir le plus vite possible pour enfin vivre comme vous l'entendez et de façon respectée. Entre les gaver de nourriture insipide et dégueulasse pour la santé, ne leur offrir que de la nourriture plaisir, et les forcer en les privant de nourriture (ce qui n'est pas éducatif, mais de l'ordre du rapport de force), il y a un juste milieu "souple" et réellement éducatif : les sensibiliser en leur offrant de la nourriture de bonne qualité (en la leur expliquant), en restant ferme sur la nourriture "plaisir" (cependant pas obtus complètement en oubliant que, nous aussi, nous apprécions de nous faire plaisir ! faut pas leur demander plus qu'à nous-mêmes, un non sens en éducation).

Quant à l'obésité, il serait simpliste de la relier à un vecteur ; c'est la convergence de plusieurs dont : la focalisation sur l'alimentation comme source de conflits, l'abondance, la mauvaise qualité des aliments, la mauvaise hygiène alimentaire (à commencer par le non allaitement), l'habitude de veiller à la quantité de ce qui est avalée, de "remplir", plutôt qu'à sa qualité (et votre discours va dans ce sens !).

Votre méthode vous appartient...je ne suis pas sûre de dire qu'il "suffise de..." pour obtenir les meilleurs résultats. Comment je le sais ? on a procédé ainsi avec moi quand j'étais enfant...et je suis en net surpoids depuis des années avec une impossibilité à cerner mon niveau de satiété, avec un besoin de me "remplir" évident...votre fille s'est soumise, et plié, après votre chantage. Vous lui avez clairement dit que si elle ne mangeait pas ce que vous lui servez, elle ne mangerait plus tout court.. Si c'est ce que vous cherchiez, soit. Vous avez gagné. Au chantage à un besoin aussi primordial et vital que manger (et vous avez tort quand vous dites qu'un enfant ne se laissera jamais mourir de faim puisque nous connaissons aujourd'hui des petits de 7 - 8 atteints d'anorexie mentale, et que je connais une petite fille de 5 ans qui a dû être hospitalisée ; même les bébés, s'ils sont dans la confusion et l'absence de réponse à leurs besoins fondamentaux peuvent dépérir et mourir), je préfère pour ma part que l'enfant comprenne, aime, accepte, assume son absence de faim...ou ait vraiment faim.
Si vous semblez avoir le recul pour dire que vos agissements sont les bons, qu'ils ne déclencheront ni boulimie, ni anorexie par excés de focalisation et de prise de pouvoir sur la nourriture, c'est sans doute que vos enfants sont grands et adultes ? Précisions : je n'agis pas par peur de ces dérives-là mais forte de mon expérience d'enfant et des conséquences aujourd'hui. Si j'ai vraiment envie d'offrir quelque chose à mes enfants, c'est un rapport sain et équilibré à une nourriture soigneusement choisie (la plus saine possible évidemment, y compris et surtout biologique)...pour moi, c'est ainsi qu'on lutte contre l'obésité. Je fournis, je veille, j'insiste parfois beaucoup, je rappelle les "règles" (on ne mange pas de dessert si on n'a pas faim pour le plat principal, on ne peut pas manger uniquement du sucré ou qu'un type d'aliment et qu'en tant que maman, c'est mon devoir d'y veiller), mais je ne force pas, par respect du gout et de la satiété...en enjoignant l'enfant à comprendre et assumer qu'il n'ait pas faim. S'il ne semble pas aimer, je lui demande de gouter au moins : c'est ainsi que Théo raffole des haricots verts et Roxane du gratin de brocolis :-)

hormis cesser d'acheter de la "malbouffe", la fermeté sur ce qu'ils ne doivent pas manger en trop grande quantité et l'équilibre alimentaire, le lâcher prise quand ils n'ont pas faim assortis de fermeté sur les sucreries et desserts si une envie survient inopinément ensuite, et "les discours" sur la faim dans le monde, je n'ai pas trouvé. Mes enfants ne mangent pas trop mal:-)

Ah...les cris des mamans :-) une façon toute féminine, et bien sûr imparfaite, de chercher à obtenir un résultat quand on n'en peut plus. Chose que les hommes/papas supportent trèès difficilement (comme nous, nous supportons trèèès difficilement les excès d'autorité typiquement masculines et souvent "soudains" rappelant l'armée du dr Naouri). Le reproche n'est jamais très loin alors...je suis d'accord que ce n'est pas du tout "à faire" mais peut-être que si elles avaient plus de relais, ça arriverait moins ? savez-vous que les pères au foyer finissent par agir de la même manière que les mères quand ils assurent le quotidien des enfants et de la maison ?

Je nous invite tous à un peu de compréhension, à aider plutôt que critiquer, tendre la main plutôt que toiser. Croire avoir les solutions que d'autres peinent à trouver, "conseiller", est aussi moralisateur que les moralisatrices que vous dénoncez...par ex, en comprenant que le parent qui n'offre que des pâtes à son enfant répond finalement au même désir que vous : le faire manger à tout prix...mais pas avec les mêmes finalités, ni raisons ! mais aussi que le laxisme est une forme de pouvoir sur l'enfant que l'on maintient dépendant, mais dans la séduction mêlée à de la faiblesse celui-là...tout comme le forcer sans se soucier de ses raisons. il ne faudrait pas voir que la paille dans les yeux de l'autre :-) "avant de juger ton frère, marches 7 lunes dans ses souliers" proverbe indien. Et je rajouterais : "sois sûr de faire mieux avant".

Les "Il faut" que vous décrivez de notre société sont le reflet de ce que vous ressentez qu'elle pourrait vous obliger à faire "pour être un bon parent" ; nullement le mien car nous sommes libres de les élever avec des valeurs différentes. En ce sens, vos "il faut" me sont étrangers :-) rappelons que ce sont les besoins qui sont importants à combler, pas les désirs ni les envies. Et nous sommes, en Occident, loin de répondre aux besoins de nos bébés...AN y ajoute sa pincée d'acide supplémentaire.
Quelque part, je suis d'accord avec vous sur le constat des dégâts causés par notre société de consommation et de "plaisirs" faciles, mais pas sur leur raisons, ni sur la façon dont on peut y remédier avec nos enfants. Le rapport de force n'est pas éducatif, il est soumission à l'autorité. L'enfant qui comprend, accepte, assume aura peut-être la chance de grandir en se sentant responsable de ses actes et de sa vie.
L'éducation a pour but l'autonomie et le libre arbitre dans la compréhension, la connaissance et l'acceptation (ou non) de son monde environnant ; ainsi, jamais, je ne pourrais préconiser la force et la soumission comme moyen d'arriver à ses fins éducatives, car elles sont contraires à ces buts en maintenant le pouvoir et en empêchant l'expression du libre arbitre ; et avec qui que ce soit d'ailleurs
(une question à laquelle je vous laisse répondre à votre for intérieur : quand vous avez remis l'assiette devant le nez de votre fille au repas d'après, et que vous avez vu sa surprise, cela vous a-t-il tiré de la satisfaction ? si oui, pourquoi et dans quel but ? et ne vous êtes-vous pas trouvé un peu dur et sournois au fond, tout au fond de vous ? pas un petit doute d'être dans la bonne direction ? Où s'arrête la fermeté et commence la dureté ?).

Posté par Pascale, 20 mars 2008 à 22:35

Nico, j'apprécierais beaucoup de lire votre définition de "l'enfant-roi." Qu'est-ce que c'est au juste ?

Posté par mamansursaplanet, 21 mars 2008 à 10:53

Pour alimenter la réflexion sur l'enfant roi et les propos d'AN, je rappelle deux précédents billets (vous verrez qu'AN n'a rien inventé) : http://avancer.canalblog.com/archives/2007/01/16/3706632
et le discours sensible et sensé d'une psychanalyste sur l'enfant roi : http://avancer.canalblog.com/archives/2006/11/17/3186262.html

Posté par Pascale, 21 mars 2008 à 12:24

juste merci Pascale.

Posté par estelle, 21 mars 2008 à 23:33

de rien :-)

Posté par Pascale, 22 mars 2008 à 09:15

Je ne sais pas si Nico répondra à ma question seulement quand je vois que le peu de place fait aux enfants dans notre société, le nombre d'exigences et le peu de considération que nous avons pour eux, cette manière ignoble que nous avons de leur faire intégrer (inconsciemment ou pas) le pointage à l'école comme on pointe à l'usine comme quelque chose de tout à fait acceptable et naturel etc j'avoue que je suis sur le c... chaque fois que j'entends parler d'enfant-roi dans notre pays.
Merci pour tes liens pascale, je les avais déjà lus et appréciés lors de leur parution :-)

Posté par mamansursaplanet, 23 mars 2008 à 16:06

« Un ordre, c’est un ordre. Point. On ne l’explique pas. »
Effectivement, je nuancerais : ça dépend de l'âge de l'enfant, de l'ordre ("ne touche pas !"devant un fer à repasser, on gère l'urgence, on explique, mais après !)
J'aurais tendance à expliquer, à responsabiliser puis à poser une loi comprise. En revanche, une loi comprise ne doit subir aucune infraction sans sanction adaptée.

Si je suis les conseils de Naouri, ma fille de 15 ans ne devrait plus avoir de doudou depuis un pail ^^ Or, elle sait le recoudre toute seule lorsqu'il est usé, je n'ai donc pas tout raté...

A une mère qui lui demandait comment ne pas faire d'erreur dans l'éducation de ses enfants, Freud répondit que c'était impossible car elle était humaine.

L'interview de Naouri à ELLE est en effet dérangeante par moment, mais je l'ai entendu dire sur Europe 1 des choses qui m'ont intéressée, comme par exemple, que l'éducation imparfaite qu'on donne est à l'origine du désir d'enfant : on veut faire mieux que ses parents, donner ce qu'on n'a pas reçu... bien sûr, on n'y parvient pas toujours, on reproduit parfois les mêmes erreurs, on réagit avec ses tripes et d'après les modèles qu'on a eu sous les yeux.
Le problème de plein de jeunes parents de la génération des 20 à 30, c'est qu'ils n'ont pas véritablement de modèle ni de piste, beaucoup ont été élevés en friches, ou bien on a carrément disqualifié à leurs yeux les modèles d'éducation qui avaient cours... alors, ils sont sans réponses, et démunis, on est inconstant.

Je pense que, quelque soit le niveau d'autorité auquel on se situe, on doit s'y tenir, avoir des constantes, que l'enfant sache à quoi s'attendre clairement, et ne pas varier dans ses réponses. Si un jour je sanctionne telle ou telle chose et que je ne le fais plus le lendemain, l'enfant est perdu.

Voilà, il y aurait beaucoup à dire, mais il faut bien se taire un jour.
PS : J'ai bien aimé le principe des couleurs, c'était intéressant.

Posté par Ellie, 03 avril 2008 à 13:01

Ellie,
je ne nie pas du t0ut que le m0nsieur dise de très b0nnes ch0ses, parf0is...c'est ce qui le rend assez dangereux, car 0n a tendance à l'éc0uter sur t0ut.
Je suis entièrement d'acc0rd avec v0s dernières phrases sur la c0nstance...j'aj0uterais néanm0ins que la c0nstance n'exclue pas la s0uplesse et la p0ssibilité de se remettre en questi0n quand 0n fait fausse r0ute :-) mais aussi que dans "éducati0n respectueuse" et "éducati0n sans vi0lence", il y a bien le m0t "éducati0n".

C'est vrai que certains parents s0nt perdus et que leurs enfants en pâtissent, mais est-ce de disc0urs-là d0nt ils 0nt bes0in vraiment ?

Posté par Pascale, 03 avril 2008 à 16:48

donner ce que nous n'avons pas reçu

"...que l'éducation imparfaite qu'on donne est à l'origine du désir d'enfant : on veut faire mieux que ses parents, donner ce qu'on n'a pas reçu... "

Je me permets de rebondir sur cette phrase que j'entends souvent et qui me fait frémir

Beaucoup trop de parents, je trouve, se cache derrière cette phrase bien pratique "nous ne sommes pas parfaits" pour ne pas voir leur incapacité à répondre aux besoins de leurs enfants.
Pour ma part, l'éducation que j'ai reçu ne m'a pas donné le (fameux) "désir" de faire mieux : pour être honnête, je me serai volontier passé de ce type d'éducation (et je ne suis pas ce qu'on peut appeler un cas de "maltraitance avérée"). Ce n'est pas un désir de faire mieux que j'ai eu face à moi, c'était ou je reproduis les névroses familiales ou je regarde en face et je fais autrement.

Pour ce qui est de donner à son enfant ce que nous n'avons pas reçu, je trouve cette phrase un poil sybilline parce que certaines personnes vont vouloir donner à l'enfant ce que eux-même n'ont pas reçu sans se poser la question de savoir de quoi l'enfant à besoin (en dehors du respect et de l'affection, bien entendu. C'est pourquoi je trouve cette phrase sybilline)
Pour ce qui est de AN, pouah !
Je n'ai pas pu lire son livre en entier tellement ce type m'horripile : encore un qui voit tout de son piédestal et ne se place jamais réellement au coté de l'enfant !
Honnêtement j'ai eu l'impression - sur le peu que j'ai lu - que l'éducation était un vrai combat de boxe !
Merci pour ce blog que je trouve super. Découvert par "hasard" en recherchant des personnes contre la fessée dite éducative !

Posté par Muriel, 20 mai 2008 à 14:49

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