23 mars 2008
A. Naouri encore...
Promis, c'est le dernier message consacré au Monsieur.
Mais il est important de connaître les "dessous" de son discours, paru dans un article du "Point".
Parents maternants, adeptes de l'éducation respectueuse et de la simplicité volontaire, accrochez-vous...Chaque jour, je vérifie avec mes enfants à quel point il se trompe, dans ses conclusions comme dans ses recommandations.
Comme je ne veux pas être complètement injuste, je surligne en bleu ce avec quoi je ne suis pas totalement en désaccord (sans pour autant partager forcément les raisons ni les conclusions)...Mais je ne commente pas, j'ai assez perdu de temps ces derniers jours avec lui.
Tout ce qu'il ne faut pas faire avec son bébé
Alimentation à la demande
Dès le début du troisième mois, elle devrait faire place à une alimentation réglée-au quart d'heure près.
Ne pas faire du sein de la maman-ou du biberon-une « station-service » à laquelle le bébé puise dès qu'il en a envie !
Le cadeau à l'aîné au moment de la naissance du deuxième
Catastrophique ! L'enfant sent notre crainte que cette naissance le fasse souffrir - ce qui ne sera pas forcément le cas - et devine qu'on l'achète. C'est la porte ouverte à la pire des jalousies.
Le doudou
Si tant est que le bébé en ait besoin, pas question de maintenir le fameux « objet transitionnel » cher à Donald Winnicott [pédiatre et psychanalyste anglais notamment connu pour son travail sur la relation d'attachement mère-enfant, NDLR] au-delà des 2 ans de l'enfant.
Le biberon du matin maintenu jusqu'à 5 ou 6 ans
Epouvantable ! Il doit être supprimé au plus tard à la fin de la deuxième année. Idem pour la sucette. Mieux vaut un enfant qui ne boit pas de lait le matin qu'un enfant qui continue de téter alors qu'il sait boire au bol.
Parler au nourrisson
Quand on a quelque chose à lui dire, oui ! Mais le soûler de paroles et commenter vainement le moindre de ses gestes, « je t'enlève ton chausson, je te fais un baiser », non !
Justifier un ordre
Un ordre justifié n'est plus un ordre. On peut éventuellement donner une explication si l'enfant la demande, mais seulement une fois que l'ordre a été exécuté, et elle doit être rapide.
Marchander : « Si tu fais ça, tu auras ça »
Dramatique ! C'est montrer à l'enfant que l'on ne se sent pas dans son droit, c'est le placer à égalité et l'inviter à négocier en permanence.
Nourrir l'enfant à tout prix
Mieux vaut sortir gentiment un enfant de sa chaise haute s'il n'aime pas sa purée, quitte à ce qu'il attende le repas suivant pour se nourrir. S'il est trop tard et que l'on a accoutumé l'enfant à choisir son menu dès son plus jeune âge, alors tant pis. Qu'il se nourrisse exclusivement de jambon-purée pendant des années, jusqu'à ce qu'il se lasse... On ne doit pas introduire de rapport de forces dans l'alimentation.
Ritualiser le coucher
Le brossage des dents, le pyjama, la chanson, l'histoire, le câlin, la petite lumière pour dormir, etc. Erreur ! Ces rituels qui colonisent aujourd'hui les chambres d'enfants pour les rassurer au moment du coucher en font de vrais obsessionnels. Et donnent un statut à leur peur ! Mieux vaut le soir fermer la porte de l'enfant et le laisser gérer son temps comme il le souhaite-à condition qu'il ne revienne pas au salon-jusqu'à ce qu'il s'endorme
Tout ce qu'il ne faut pas faire avec son enfant
Le câlin du matin dans le lit des parents
Les psychologues sont unanimes pour l'interdire. C'est plus facile à dire qu'à faire. J'estime qu'on peut l'autoriser à une condition : être habillé décemment. L'enfant ne doit jamais, même à cet âge, avoir accès à l'intimité de ses parents. On ne se rend pas compte à quel point un corps nu d'adulte, qui plus est de parent, peut être troublant, déstabilisant pour un enfant.
Frapper un enfant qui frappe
Fréquemment adoptée par les parents, elle n'est pas la solution. De même que mordre un enfant qui mord pour lui montrer ce que ça fait. L'enfant qui se comporte ainsi est un timide inhibé qui découvre son intérêt pour l'autre et essaie d'entrer en contact. Il faut lui expliquer qu'il a raison de chercher à se faire des amis, mais qu'il s'y prend mal, et lui proposer une autre approche, la caresse, par exemple. Il corrigera de lui-même son comportement.
Sacraliser le premier jour à l'école
Un matin comme un autre. Et le soir il suffit de lui demander comment sa journée s'est passée. A trop vouloir en faire on prend le risque de communiquer sa propre anxiété à son enfant. La crainte du parent peut à elle seule traumatiser l'enfant.
Dédramatiser les mauvaises notes
Une mauvaise note ne doit pas passer pour quelque chose d'anodin. Au minimum, elle doit faire l'objet de commentaires. Au pis, d'une punition s'il y a accumulations et que l'enfant ne fait aucun effort.
Lui donner raison contre l'enseignant
Les professeurs sont là pour enseigner et l'enfant pour être enseigné. Cette hiérarchie n'a pas à être remise en question au prétexte que la maîtresse donne trop de travail ou qu'elle est trop sévère. La meilleure attitude en toutes circonstances est de défendre l'enseignant auprès de l'enfant, dès la première année à l'école. Faute de quoi on ne le prépare pas à la réalité du monde du travail.
Intervenir dans les conflits entre frères et soeurs
Au contraire. Il ne faut surtout pas se mêler de régler les disputes à propos des jouets, par exemple, car elles sont formatrices. L'enfant prend conscience de son environnement, de la place qu'il y occupe et apprend à créer des alliances. On les laisse se disputer à leur guise, sauf si cela devient intolérable. A ce moment-là le parent doit intervenir. Quitte à les punir tous, sans avoir à le justifier autrement qu'au nom de son propre confort. Réagir en tant que parent égoïste rétablit la saine hiérarchie parent/enfant.
L'anniversaire avec toute la classe
Il ne faut pas que l'anniversaire ressemble à une noce. Sinon vous le mettez dans une position intenable, au centre de tout, dans un sentiment vertigineux de toute-puissance. Mieux vaut une petite fête avec trois copains qu'avec vingt gamins. Mais les parents veulent souvent renvoyer une image positive de leur enfant et d'eux-mêmes vis-à-vis des autres parents
Tout ce qu'il ne faut pas faire avec son préadolescent
Lui interdire de grignoter toute la journée
Tout dépend. Si le jeune adolescent a des dépenses énergétiques importantes qui lui permettent de manger plus, tout en n'ayant aucun problème de poids ou de santé, pourquoi interdire ? Sinon, il faut l'empêcher de grignoter et d'acheter des produits de grignotage. Car se contenter de lui dire d'arrêter le chocolat et en avoir plein les placards est totalement inutile.
L'autoriser à ne pas prendre tous ses repas en famille
Absolument pas. Quel que soit son âge. Cela paraît dictatorial, mais peu importe. J'ai assez vu des personnalités se déliter chez des adolescents qui manquaient de repères. Le repas de famille en est un. En outre, il est une formidable occasion d'échanges.
Lui interdire de choisir lui-même ses vêtements
Ce qu'un enfant déteste par-dessus tout, c'est être différent des autres. Il voudra donc être lui aussi « à la mode ». Pourquoi l'en empêcher ? Ce qui n'interdit pas d'avoir un discours critique sur la pression publicitaire qui transforme les petites filles et les petits garçons en « déjà adultes »...
Il lui faut un téléphone portable
Aucun intérêt avant l'adolescence. Le parent ne doit pas céder. Eduquer, ce n'est pas séduire. C'est le contraire. Les parents sont condamnés à être aimés et haïs par leurs enfants, quand ils les punissent ou qu'ils leur interdisent quelque chose. Et ils ne peuvent éviter ni l'un ni l'autre.
Ne pas donner d'argent de poche
Pourquoi ? Ce n'est pas inutile pour aborder avec lui la question de l'argent en général. A condition que ce ne soit pas avant 9-10 ans. A lui de décider ce qu'il veut en faire.
Libre accès à la télé ou à l'ordinateur
Là encore, ne pas avoir peur de se montrer autoritaire. C'est au parent de décider combien de temps l'enfant peut regarder la télé. Il faut des règles : trois heures par jour, uniquement le week-end, ou forcément avec l'un des parents. On dose en fonction de l'âge et des résultats à l'école. En revanche, ne jamais oublier que la télé, comme l'ordinateur, est une distraction à laquelle l'enfant a droit s'il a fait tout ce qui devait être fait : le bain, les devoirs...
Parler avec lui de sexualité
C'est devenu courant, et c'est à éviter. Il s'est créé tout un marché de livres pour enfants sur le sujet. A un préado qui vous demande conseil : « Trouve-toi une copine ou un copain pour en parler » est la seule bonne réponse. Pas question de devenir le confident des amours de son enfant, pas plus qu'il ne doit l'être pour ses parents. Il faut que la barrière soit la plus étanche possible. Et ne jamais recevoir le petit flirt à la maison, ou alors pas en tant que tel. Si vous commencez à intervenir dans les amours de votre préado, vous serez avec lui dans son lit quand il aura sa première relation sexuelle.
L'autorisation de minuit
Pas question, même avec un préadolescent. Il va à une boum avec ses copains, il doit être rentré à une heure précise-22 heures, par exemple. S'il va au cinéma, et que la séance finit à 19 heures, c'est 19 h 15 à la maison. Et ce n'est pas négociable. Ce qui caractérise le préadolescent, c'est un sentiment de profonde insécurité, il a donc besoin de parents responsables. Le brider le sécurise.
Le psychiatre et psychanalyste, JD. Nasio indique que s'il fait le même constat de mal-être chez les enfants, il trouve les paroles trop dures et ne recommande nullement les "méthodes" du Dr Naouri...et je suis bien d'accord.
Un discours très, très éloigné des "papes" de l'éducation respectueuse et de ce que préconisait, il y a presque 100 ans Maria Montessori qui en a aidé et rééduqué plus d'un !
Je rappelle qu'il ne suffit pas de ne pas frapper son enfant pour l'éduquer de façon respectueuse : "La cruauté parentale ne se manifeste pas toujours par des coups (même si une très grosse majorité de la population a été battue dans son enfance). Elle s'exprime aussi et surtout par le manque d'attention et de communication, par l'ignorance des besoins de l'enfant et de ses souffrances psychiques, par des punitions dénuées de sens et perverses, par des abus sexuels, par le chantage émotionnel, par l'exploitation de l'amour inconditionnel de l'enfant, par la destruction de sa confiance en ses capacités propres et par des formes innombrables de prise de pouvoir. La liste est infinie. Et le pire, c'est que l'enfant doit apprendre à considérer tout cela comme un comportement normal, parce qu'il ne connaît rien d'autre." (Alice Miller, "Notre corps ne ment jamais", Flammarion, 2004.)
Pascale,
Maman de Théo (05/07/00) et de Roxane (31/07/04)
Commentaires
Obsolète
Ce qui m'épate c'est qu'on puisse encore prendre au sérieux un homme, qui est surement déjà grand père, il représente une génération qui a fait son temps. Une femme de 30 ans serait-elle prise autant au sérieux si elle nous parlait d'andropose ? Pourquoi un homme, blanc, qui a passé l'age d'être père, peut asséner aux mères de la France multicolore ce qu'elles doivent être et faire pour le bien de leurs enfants ?
Il y a quelque chose d'irréel, en tout cas je ne lui accorde aucune compétence pour se poser en conseil des mères, l'éducation des enfants est une chose trop importante pour être confiée a des pédiatres bling-bling ;-)
je ne dis pas que ce que j'apprends en cours est parole d'evangile, loin de là... Mais ce brave Monsieur est en désaccord sur quasi tous les points avec ce qu'on nous apprend en école de travailleurs sociaux.
Je reste dubitative, voire très inquiéte... Vraiment, que de parents vont croire à la lettre ce qu'il dit....
C'est trop fort et completement inhumain. Je pense peut etre ainsi car je suis maman maternante.
Pour l'écoute de cet homme d'une génération précédente, c'est joué sur le fait justement qu'il a l'expérience (des vieux "Sages" meme si il ne l'est pas)
risible (cyniquement)
j'ai lu une interview de ce monsieur dans le magazine "elle", je me suis demandé si cela n'etait pas une blague! un sketch! c'est aberrant ce que l'on peut lire des fois.. d'ailleurs dans le magazine "elle", même ceux qui l'interviewait semblait choqués de ses propos.. il a sorti un livre en plus.. quand je pense que certain parents, pensant bien faire, risque d'appliquer de tels principes archaïques!! ça me donne envie d'écrire à ce pseudo professionnel...
Et dans Mme Figaro aussi
Une entrevue avec Aldo naouri et une autre intervenante.
C'est triste que cet homme soit si visible dans la presse...
Et avec le ministre de l'éducation que l'on a, vive le retour aux anciennes méthodes.
Si seulement on pouvait lire plus souvent des articles sur une éducation plus respectueuse des enfants.
0n va dire qu'il sait surfer sur la vague...heureusement qu'il est c0ntre les vi0lences physiques et le chantage, ça "rattrape" légèrement :-/ d0mmage que t0ut s0it amalgamé : 0ui, les enfants 0nt bes0in d'éducati0n mais de celle qui les respecte pas de celle qui les dresse à 0béir sans c0mprendre. C'est un n0n-sens en éducati0n d'ailleurs puisqu'elle a p0ur but la c0mpréhensi0n et l'acceptati0n de s0i et de s0n envir0nnement.
et bien heureusement que tu as dis de s'accrocher, car là je tombe vraiment à la renverse !!
Entre lui et RUFO je me dis que nous sommes bien servis en matière de caciques juchés sur des principes abscons .
C'est déplorable, et comme l'a souligné jaya, c'est à se demander pourquoi on lui demande encore son avis à celui là !!
beurk
voilà c'est beurk,
il prend les gens pour des imbéciles. Tout ce qu'il dit me beurke. Peut-être n'a -t-il pas d'enfant lui-même quoi q'il en soit ce qu'il dit, est à lafgois hors du temps et dangereux ....
Le pire c'est que ma belle mère m'offre ses bouquins. J'ai envie de vomir
E G M
Revends-les sur ebay :-/ il a 2 enfants et est grand-père : http://fr.wikipedia.org/wiki/Aldo_Naouri
pas mal
eh bien moi je rejoins ce monsieur et me régale de ses écrits...Il n'y aurait pas tant de problèmes et d'enfants stressés et trop gârtés si on suivait mieux ses conseils.
Alléluiah ! vous en avez le droit, et c'est très exactement ce que je pensais avant d'avoir des enfants :-)
Vous avez aussi apprécié ses écrits sur les relations mères-filles et ceux sur l'adultère ?
mise en garde
Non pas d'accord"Parler au nourrisson
Quand on a quelque chose à lui dire, oui ! Mais le soûler de paroles et commenter vainement le moindre de ses gestes, « je t'enlève ton chausson, je te fais un baiser »"
IL FAUT PARLER AUX BEBES ET ENFANTS ET SURTOUT LES ECOUTER.
D 'ACCORD POUR PAS DONNER DE BIBERONS APRES 2 ANS.
J'avoue, mouliette, ne pas avoir compris contre quoi vous mettez en garde exactement et contre quoi vous n'êtes pas d'accord. Vous pouvez expliquer, SVP ?
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