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01 août 2008

Enfants martyrs : le poids des mots

379440_5771dCes dernières semaines, les décès d'enfants par maltraitance se sont multipliés de façon horrible dans nos infos : drames de la séparation, un père pend ses fillettes, un autre étouffe ses garçons, puis fait brûler leurs corps ; drames de la négligence : plusieurs enfants sont morts "oubliés" dans des voitures en plein soleil ; d'autres ont été violemment assassinés, et d'autres encore enlevés et agressés.

Je viens d'entendre, sur les ondes, un animateur s'interroger sur la multiplication de ces terribles drames et, ce faisant, faire, involontairement un labsus très révélateur ; labsus qui, pour moi, est une des origines du traitement de ces enfants : il a parlé de "CHOSES fragiles".

Tant qu'on assimilera les enfants à des choses et non à des humains au même titre que les adultes, tant qu'on les considèrera comme une monnaie d'échanges, un moyen de pression, des êtres inférieurs, on les martyrisera comme ces choses que l'on utilise et jette une fois consommés.
Ces pères qui assassinent, ces adultes qui torturent et battent ne reconnaissent pas leurs enfants et les enfants en tant que tels, ni en tant qu'être humains égaux en droits à eux.

Chaque jour, ces derniers temps, je rencontre un adulte qui frappe ou qui trouve cela normal, une grande soeur, une grand frère qui n'hésite pas - et est implicitement autorisé, voire encouragé - à frapper son cadet.
Chaque jour, je répète inlassablement ma conviction : les enfants sont tapés parce-qu'ils sont petits et moins forts (le fait que l'on s'arrête quand ils nous dépassent en taille ou en force - même s'ils sont encore moins raisonnables à l'heure où ça arrive qu'à 3 ans - le prouve amplement), grandissant dans la conviction que l'on PEUT frapper plus petit que soi pour le contraindre à ce que l'on veut de lui.
Chaque fois, j'ai en face quelqu'un qui réfléchit quelques instants, les yeux dans le vague, à ce que je viens de dire...certainement, parce-qu'il ne l'a jamais entendu ! ensuite, j'ai généralement un "oui, mais je ne peux pas faire autrement, les enfants ça ne comprend vraiment que comme cela..." ; alors, j'explique que la colère, le désaccord, l'apprentissage, peuvent se dire, se vivre, s'intégrer, sans s'imposer par la violence, la peur, la force. Et je rappelle que cet enfant, en grandissant, va intégrer la certitude que c'est comme cela qu'on traite moins forts que soi, reproduire ce comportement sur d'autres, sur ses enfants, sur ceux qui lui opposeront un comportement qui lui déplaît et peut-être même sur leur premier agresseur quand ils étaient petits. Il n'est pas rare, alors, de voir fugacement passer un voile de peur dans les yeux de mon interlocuteur...car lui aussi sait ce que cela fait d'être frappé, puisqu'il ne fait que reproduire un comportement qu'il a aussi subi ou subit encore.

Si vous ne voyez pas le rapport entre Violence Educative Ordinaire et enfanticides, depuis que la loi interdisant tout châtiment corporel a été votée en 1979 en Suède, AUCUN ENFANT N'EST PLUS MORT À LA SUITE DE VIOLENCES FAMILIALES, le nombre de procès pour violences contre les parents a diminué, idem pour le nombre d'enfants enlevés à leurs parents après une intervention des services sociaux.

Source : OVEO.

Pascale,
maman de Théo (8 ans) et de Roxane (4 ans)

Posté par pascale_p_f à 10:22 - Education non violente - Commentaires [21] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

J'étais plongée, moi aussi, dans la tristesse, hier soir, d'entendre une fois de plus, une "nouvelle" aussi horrible que la mort d'un petit, par la faute d'un grand...

Merci. De te lire me fait du bien.

Très intéressante, l'info sur la Suède!

Posté par Gayanée, 01 août 2008 à 15:05

Tu as toujours l'art de tomber pile poil... Chez nous ça a dérapé, et je suis même contente que Léo soit parti en vacances, se ressourcer ailleurs, loin de nous, et que nous puissions profiter de ce temps-là nous aussi pour réviser nos bases d'éducation sans violence!
N'oublies pas les mères, qui tuent elles aussi leurs enfants... :O(

Posté par Sicile, 02 août 2008 à 08:57

Je n'oublie pas que les mères tuent aussi ; mais pas dans les mêmes circonstances que celles qui nous attristent ces derniers temps.
Ce sont les pères qui tuent dans les drames de la séparation, parce-que tuer l'enfant de la femme qui veut les quitter est la punition suprême :-( ce sont aussi les pères qui "oublient" leurs enfants dans la voiture, qui vont travailler en oubliant que bébé est à l'arrière ; et les hommes sont beaucoup plus souvent incriminés dans les violences sexuelles et agressions graves de l'enfant en pédophilie par ex (le rapport est de 80 % d'hommes et 20 % de femmes). Les mères vont plus généralement tuer à la naissance, ou par suite de coups et maltraitances répétées. On trouve un autre cas de figure très particulier de meurtre chez la mère : celui qu'on assimile à l'euthanasie d'un enfant gravement malade dont elle ne supporte plus la souffrance ou le poids. Là où les femmes sont à "égalité" je pense, c'est dans la maltraitance ordinaire, celle qu'on utilise toujours et encore pour éduquer :-/

Je vous souhaite de bien vous ressourcer et de pouvoir ensuite repartir sur de meilleures bases.

bisous

Posté par Pascale, 02 août 2008 à 09:29

Merci pour ces mots. J'ai encore entendu un "les fessées ça ne fait de mal à personne, moi je remercie encore mon père de m'en avoir donné" cette semaine, et comme toujours ça me tord les tripes. Mais cette fois j'ai noté mon propre petit mouvement de recul quand elle a levé la main pour faire le geste de l'adulte qui donne une fessée... et je me dis que c'est dans mes fibres et que j'en aurai toujours peur. C'est sûrement "grâce" à cette peur que je ne frapperai jamais mon fils cependant ; mais quel poids à porter encore. Bonne continuation, c'est toujours un plaisir de te lire.

Posté par Pascale (aussi!), 02 août 2008 à 12:40

Le plus douloureux, je trouve, c'est que quand on chemine vers plus de respect envers nos enfants (et nous-mêmes !), il y a beaucoup d'écueils à dépasser après ce "dressage". Ainsi, on a beau se dire "jamais, je ne frapperai", parfois, cela arrive malheureusement :-/ car l'ex-enfant frappé et dressé a besoin d'énormément de contrôle sur lui pour canaliser ces gestes / ces mots qui se sont inscrits dans sa mémoire comme étant ceux de la réponse aux petits :-( et quand on est fatigués, mal, qu'on se sent seul ou violenté, il arrive que le contrôle soit très difficile. Mais chez moi, chaque dérapage m'a permis d'avancer d'un cran. Ils ne s'excusent pas, ne sont pas à minimiser...et c'est en tant que tels qu'ils me font justement progresser. Si la carapace n'est pas trop dure, les yeux d'un enfant qui a peur de vous, c'est terrible et ça ne s'oublie pas.

Posté par Pascale, 02 août 2008 à 13:35

Fin juin, je suis allée chercher un copain de Malo à l'école. En repartant, une grand-mère qui marchait juste devant nous ne cessait de tarabuster le plus jeune de ses trois petits-enfants. Il n'obtempérait pas et je voyais dans les yeux de l'aîné une colère monstrueuse qu'il n'osait pas laisser sortir. Il a comme même dit en serrant les dents : laisse-le tranquille !
Et la grand-mère a continué de plus belle a traîner le plus jeune par le bras. Le petit s'est rebiffé et elle l'a tapé devant moi.
Je lui ai demandé d'arrêter mais elle m'a répondu qu'elle avait encore le droit de "dresser" ses petits-enfants si elle le voulait. J'étais retournée. Je lui ai dit qu'on ne dressait pas les enfants, que ce n'était pas des "choses." Je lui ai demandé si elle n'avait pas honte de taper sur plus petit qu'elle.
Mais non, elle n'avait pas honte et furieuse et me répondait des horreurs.
Il m'a fallu du temps pour retrouver mon calme.
Et c'est justement là que j'ai eu honte. Mais d'ailleurs comment intervenir efficacement ?

Posté par mamansursaplanet, 02 août 2008 à 15:16

Je ne sais pas si on peut intervenir "efficacement", dans le sens "pour être entendus", "pour que ça ait un impact".
Il me semble qu'affronter l'adulte, lui faire honte, est un des moyens de réactions que nous avons. Mais en face, on obtient une réaction aussi forte que la nôtre...ça m'est souvent arrivé :-/ Ce qui m'a semblé plus adapté parfois, c'est de parler à mes enfants de ce qui se passe sous nos yeux, et / ou de manifester de la compassion envers l'enfant malmené, soit par le regard, soit en lui parlant directement. Pas facile et pas toujours possible, surtout quand la colère nous submerge :-( Mes enfants, maintenant, réagissent toujours en disant haut et fort "oh, t'as vu maman, la dame elle a frappé le petit enfant" ou "oh, le pauvre !...." ; ça m'aide pas mal :-) parce-qu'en leur répondant, en leur expliquant qu'effectivement, ce n'est pas comme cela qu'on éduque les enfants, j'ai la possibilité de dire ce que je pense. Il est rare que ça ne fasse pas réagir en face, et j'obtiens la plupart du temps beaucoup d'agressivité aussi. La différence avec cette solution, c'est que ce n'est pas moi qui ai agressé :-)

Posté par Pascale, 02 août 2008 à 16:08

j'avais en effet lu ce que tu dis sur la suede... peut-etre bien sur ton site déjà pascale!? ;-)

dans mon cas je n'ai jamais frappé ma fille (mais elle n'a que 20 mois, alors encore heureux!!) et entend bien ne jamais la frapper!! deja quand il m'est arrivé de hurler et de voir du coup sa petite mimique de peur, j'en aurais pleurer!! une telle impression de la decevoir, elle qui a tant confiance en moi!! des fois comme tu le dis c'est dur, les habitudes sont vraiment une seconde nature... il m'est arrivé de devoir fermer les yeux et respirer un grand coup pour etre sûre de garder le contrôle...

j'en parle autant que possible autour de moi car quand ma fille est née je pensais aussi qu'il etait normal de taper un enfant et que meme "il le fallait pour son bien"!!! je me dis que puisque j'ai reussi à ouvrir les yeux (enfin surtout à faire marcher mes neurones!), alors les autres peuvent en faire autant, il suffit de provoquer la reflection.. Finalement le soucis vient du fait que beaucoup ne remettent pas du tout en question ce qu'ils ont subit, ce que tout les enfants ont subit depuis si longtemps...

j'avoue que des fois, souvent même, mon message passe très mal et on m'accuse d'etre laxiste ou de "vouloir à tout prix être aimer de mon enfant" (???)mais j'espere qu'apres la colère et les reproches, l'idée fait son chemin...

Posté par swinka, 03 août 2008 à 20:45

Oui, Swinka, j'avais déjà parlé de la Suède :-) mais j'aime à le rappeler, tellement ça me semble parlant qu'éducation violente ordinaire est lié à la maltraitance...parce-que, souvent, les parents qui tapent "pour éduquer" ou "juste un peu au besoin" se défendent d'être maltraitants. Le problème n'est pas tant que ses parents pousseront trop loin les atteintes physiques et morales, mais la relative bénédiction voire l'encouragement de ce système éducatif ; encouragement qui donne un sentiment d'impunité et de droit à ceux qui maltraitent pour maltraiter.

Moi aussi, il y a quelques années (et surtout avant d'avoir des enfants !), j'avais la bouche pleine de ce qu'il faut faire avec et aux enfants pour qu'ils écoutent. En fait, je n'avais pas eu la possibilité de remettre totalement en cause ce que j'avais entendu autour de moi toute ma vie. Mais quand mon fils est né, quand il a plongé ses immenses yeux noirs dans les miens, si sages et si profonds, je lui ai juré, sentant sa sensibilité extrême, que je ferais de mon mieux. Et mon mieux a été de me laisser porter et toucher par sa sensibilité, son caractère, la beauté de sa personnalité pour ne pas les heurter au plus possible. Ce faisant, j'ai cheminé de toutes mes forces pour essayer de ne pas reproduire une brutalité vécue maintes fois. Parfois, j'ai dérapé et souvent, j'ai progressé. Chacun de mes enfants me fait travailler à une allure folle, même si ce n'est vraiment pas facile tous les jours de se remettre en cause, d'accepter le déconditionnement pour répondre à leurs besoins A EUX, d'accèder à la souplesse pour s'adapter à chacun d'eux, tellement différents l'un de l'autre et pourtant si complémentaires...ça en est même arrivé ce que j'assume la décision de la descolarisation pour mon fils et l'Instruction en Famille pour mes enfants.

Il est un proverbe qui dit "il n'y a pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre". Suggérant ainsi que toutes les prêches ont peu de valeur si l'interlocuteur n'est pas prêt à réfléchir. Mais on peut ajouter aussi "mais on est rarement sourd et aveugle à la fois" ! de telle sorte que l'exemple est en lui-même la meilleure façon d'indiquer le chemin :-) j'y vois un double avantage : on montre la voie mais on cesse de perdre beaucoup d'énergie à vouloir convaincre :-) et cette énergie, on peut la mettre au service de notre quotidien. L'important est surtout de se protéger et de protéger ses enfants des innombrables prédictions sombres que nous adressent ceux qui n'ont pas su faire autrement.

Face à ceux qui me les adressent, j'ai communément deux réactions : la colère (qui me pousse à me défendre et ne sert finalement à pas grand chose) ; et quand je vais bien et que j'arrive à ne pas me sentir personnellement visée, la compassion...parce-que ces personnes qui n'ont pas pu faire ce chemin ont très certainement une carapace plus dure que la mienne, une sensibilité verrouillée pour ne pas souffrir, dieu seul sait après quelle souffrance. Alors, j'arrive à plaider la cause de l'enfant rationnellement, sans m'embrouiller dans la justification de mes actes. Quant à ceux qui confondent éducation non violente et laxisme, une phrase suffit en général : "pensez-vous que les coups soit le seul moyen d'éduquer ?" ; en général, on obtient un "non, bien sûr". Et là, tu rétorques "ben vous voyez qu'on peut faire autrement, alors". La dernière fois que je l'ai dit, le papa de 4 garçons que j'avais en face (qui sortait de mes toilettes avec tous mes textes sur la non violence placardés au murs, un sourire légèrement moqueur aux lèvres) m'a avoué "oui, mais c'est plus difficile" ; et là, j'ai pu entamer la discussion sur la difficulté d'éduquer, de se remettre en cause etc. :-)

Posté par Pascale, 04 août 2008 à 10:23

ça m'interpelle que tu parles ici de la descolarisation car je suis en pleine recherche sur le sujet. je l'envisage en effet dans le cadre de l'education non violente car je trouve que l'ecole classique est justement une forme de violence, une tentative de formatage plus que de l'instruction... je pense que l'ecole contribue a continuer à disseminer le message selon lequel il "faut" soumettre l'enfant. et ces enfants soumis deviendront des adultes qui ne se remettront pas en questions, ou difficilement.... bref je devie là!!

je me sers egalement de cette phrase "pensez-vous que les coups soit le seul moyen d'éduquer ?" et j'ai eu des reponses des fois bien consternantes.. type "oh! "les coups" tout de suite du grand vocabulaire, une gifle ça n'est pas un coup! je ne bats pas mes enfants" (où commence la violence alors??) et "bien sur c'est la seule solution! un enfant ne comprend que comme ça!" et la pire "mais il faut lui apprendre a recevoir des coups, sinon c'est la société qui s'en chargera"...
mais malgré tout des fois, certains en reparlent des mois apres, de façon plus interessée et des fois ce sont ceux-là meme qui ont eu les reactions les plus farouches au depart.. alors gardons espoir!!

Posté par swinka, 04 août 2008 à 16:30

C'est beaucoup plus difficile effectivement...
J'essaye de faire moi aussi du mieux possible pour mes enfants, mais ces 2 derniers mois ont été très durs, ma fille aînée est devenue très exigeante & malgré tout mon désir de ne pas la toucher (elle va avoir 4 ans), de ne JAMAIS le faire, je lui est donnée une fessée...j'en étais malade pendant plusieurs jours...
Avec ma bibliothèque complète sur l'éducation non violente, sur le maternage proximal, sur l'écoute, etc, je m'en suis voulu...& je crois que c'est encore plus difficile lorsque l'on sait...lorsque l'on se dit JAMAIS...pas moi, pas chez nous...on se met une telle pression...que l'on est n'est plus "bon" envers soit...
Que c'est dur de rester vigilant tout le temps , que c'est dur d'être endurant aussi, d'être vrai, d'être patient...parce que toute la société n'est pas en marche dans le même sens, (contrairement à ceux qui vivent loin de chez nous, souvent nus (ils n'ont rien à cacher!) & qui nous font rêver par leur simplicité, leur bon sens, leur amour pour la nature, leur douceur de vivre en harmonie.) & que la fessée entre autre est vu comme étant bienveillante.
Je m'aperçois que ce chemin de la première fois est glissant, court, très rapide & qu'une fois que l'on a eu l'occasion de l'emprunté, c'est ardu de ne plus y glisser à nouveau...un peu comme lorsque l'on se met à crier: "arrête de crier tu vas reveiller ton frère...!", c'est l'escalade des petits sucres!
Tout comme toi je ne m'épuise pas à expliquer lorsque la demande ne se fait pas, je me dis que mes enfants sont la plus belle des vitrines...
Ah les enfants sont si puissants dans leur façon de vivre leur quotidien, des êtres tout en émotions, pas de retenu... ce qui est très dur pour nous autres adultes...
Merci Pascale, grâce à toi & tant d'autres parents ouvriers, je me sens plus forte!

Posté par virginie, 04 août 2008 à 22:53

Swinka, au départ, je n'ai rien contre l'école...mais le vécu de mon fils lorsqu'il a changé d'école pour le CP m'a obligée à remettre en question bien des choses. Maintenant, je dis que je suis contre certaines écoles et un certain type d'enseignement. Et comme je n'ai pas, dans mon environnement, une école qui me convient pour lui (mais aussi maintenant pour ma fille), je me suis mis en tête de la leur créer :-) avec un double objectif : en faire profiter d'autres, lors de cours de soutien :-)

Virginie,
de tout mon coeur, je compatis. Oui, c'est difficile, et terriblement douloureux quand on "sait". Prendre conscience que le chemin peut glisser aide à mon avis à rester encore plus vigilant ; il s'agit plus sûrement de trouver des balises auxquelles se retenir plutot que d'éviter le conflit : souffler, se détourner, se reposer, évacuer, se défouler sur un objet etc.
Sais-tu pourquoi ta fille est plus exigeante ces derniers temps ? et toi, plus fatiguée peut-être ? quelle circonstance découle de l'autre ? je dois, régulièrement, me "réajuster" à ma fille...elle a néanmoins toujours une longueur d'avance ! alors, avant que je réagisse, je rame :-/ je suis un peu perdue, puis je m'ajuste :-)
je te souhaite bon courage pour passer ce moment difficile.

Posté par Pascale, 04 août 2008 à 23:49

Je suis ton blog depuis bien longtemps déjà et te suis à 200 pour cent! Mais je troue juste un peu 'indélicat' (je ne sais pas trop comment dire) de mettre exactement au même niveau un mettre délibéré et conscient et un accident aussi dramatique et horrible soit-il. Je pense par exemple à se pharmacien qui a laisser consciemment son enfant dans sa voiture alors qu'il assistait a un accident avec délit de fuit. N'ayant pas l'habitude d'avoir son enfant à se moment avec lui, et étant pris complètement par son accident, il l'a oublier. Je ne sais pas comment c'est possible d'oublier son enfant, vraiment je ne sais pas , je ne peux même pas comprendre, mais de la a les mettre sur le même plan...
A l'heure qu'il est il est en hp après une tentative de suicide, sa femme ne veut plus le voir. C'est une famille brisée pour toujours.

Je t'embrasse bien fort toi et ta douce famille, et continu te article sont vraiment vraiment intéressant( d'ailleurs sur mon blog, le lien pour venir chez toi s'appelle "maman percutante" ;-)

Posté par maman d'hiver, 07 août 2008 à 11:55

Salut maman d'hiver, et merci pour ton commentaire et tes gentils mots :-)

si tu regardes mon titre, il est dit "enfants martyrs" et pas "parents maltraitants" :-) ce qui veut dire que cet article vise la défenses des enfants plus qu'à l'accusation de culpabilité des parents (qui n'est pas non plus le sujet, je crois). Dès lors, si l'on se place du côté de l'enfant, un enfant mort par défaut de bientraitance de son parent est toujours un enfant mort...quelle que soit la volonté qui a amené l'évènement, l'enfant est mort. Bien sûr que l'on peut faire la différence de culpabilité entre le parent qui a "oublié", le parent qui "néglige", le parent qui maltraite involontairement et encore le parent qui maltraite volontairement....la justice ne s'y trompe pas d'ailleurs et fait son travail en ce sens. Mais quand l'enfant est mort, l'absence de volonté de son parent qui l'a oublié ne le fera pas revenir, n'atténuera pas la douleur de sa mort (la détresse du pharmacien nous le prouve). Les circonstances peuvent être atténuantes mais la conséquence est la même malheureusement. C'est dans ce sens-là que j'ai écrit ce billet et pour souligner que c'est un certain état d'esprit qui nous fait oublier un enfant dans une voiture, comme un sac posé à l'arrière ou laisser un petit en plein soleil durant les courses comme l'actualité nous l'a encore montré ces derniers jours par 3 fois. Je suis sûre que la plupart de ces parents-là ne veulent pas "tuer" leurs enfants, qu'ils vont être bouleversés si ça arrive et qu'ils n'auront même pas envisagé que ça puisse arriver aussi vite...et c'est bien là tout le problème d'ailleurs.

Posté par Pascale, 07 août 2008 à 19:22

Pascale :)
pour répondre en vrac à tes questions, je dirais que d'être la maman d'un petit enfant & d'être la maman d'une presque grande fille c'est faire le yoyo, car lorsque l'un est tout amour, douceur, dans un besoin de sécurité, une vraie pâte à modeler j'oserai dire, l'autre est plutôt dans un besoin puissant & légitime de liberté, de devenir plus grand encore avec toutefois des besoins de petit ce qui frustrent++, clamant bruyamment le respect de ses choix & de sa singularité par tout les pores...bref, sacré contraste...même si les 2 poussent sous le même soleil.
mais la chose qui fait que j'ai dérapé c'est mon seuil de tolérance à ras les pâquerettes, dû certainement à une carence notable dans ma barre d'endurance!
& tout comme toi, je m'aperçois que je suis à la traîne dans nos propres JO, lorsque ma fille est à son dernier saut de haie, je m'élance seulement des starting-bloc!
pour en revenir au sujet initial de façon un peu déviée, il m'arrive parfois de penser si un de mes enfants venaient à perde la vie pour X raisons, de me dire "& si c'était la dernière fois que je le voyais, n'y aurait-il pas des choses, des mots, des moments que je regretterai?": pour ma fille, maintenant, oui, de ne plus avoir été maîtresse de mes lieux, d'avoir succombé au coup de sang qui a fait que ma main s'est cabrée...

Posté par virginie, 08 août 2008 à 23:16

Je suis allée quelques jours chez des amis cet été. Elle est infirmiére, il est instit spécialisé pour enfants en difficultés.
Ils ont 3 enfants de 6, 4 et 2 ans.

J'ai été très très surprise de voir toute la violence qui émanait de leur éducation.
J'en ai été attristée.

Ils n'hésitent pas à fesser s'il "le faut", sans compter les paroles, cris et autres gestes qui m'ont semblé extrêmement agressifs. J'ai souhaité en parler avec eux, je me suis heurté à un mur. Ben oui je n'ai pas d'enfant je ne peux pas comprendre... Alors voilà j'ai stoppé la conversation, et me suis sentie très triste, notamment pour les deux grands.
Un climat de stress, de mal-être émanait de chez eux. Tout le monde mal à l'aise, sur le qui vive, excité, énervé sans cesse, et je suis presque sûre que ce climat ne venait pas des enfants en bas âge, mais plutôt de parents excédés de se laisser déborder.
Quand j'ai dit au papa : "mais quand ta femme t'excéde tu lui en mets une?", "ben non mais c'est pas pareil, eux ce sont des enfants", "moi : "des êtres humains d'abord"...il n'a rien dit, il n'était pas d'accord... Peut-être a-t-il néanmoins réfléchi, j'ose espérer. Ce que je n'ose pas c'est lui envoyer le lien vers ton blog.

Une attitude est dur à accepter pour moi : Le parent joue avec son enfant jusqu'à une grande excitation (chatouillis par ex) et ensuite LE parent décide, sans prévenir, qu'il FAUT arrêter. Bien souvent l'enfant lui est dans un tel état qu'il lui devient difficile d'arrêter, de se contrôler. Il sollicite alors le parent et encore et encore, lequel dit non, et souvent ça se termine par un punition...au mieux.
Ce que je veux dire, c'est que l'enfant n'est pas un adulte en miniature. Il n'a pas tout compris, il ne percute pas aussi vite, il ne déduit pas toujours, n'anticipe pas grand chose. D'un côté on lui demande de comprendre des choses pour lesquels il n'est pas mûr comme s'il était adulte, d'un autre parce qu'il n'est pas adulte on se permet de le gifler...

Je n'ai pas d'enfant ET je ne comprends pas. Le jour où j'en aurai, peut-être que je déraperai, mais jamais je ne comprendrai ;-)

Merci Pascale, encore et encore pour toute ta reflexion.

Posté par kila, 21 août 2008 à 12:12

Ces situations-là, tu en rencontreras beaucoup...Mieux vaut s'y préparer même si c'est toujours difficile. Car c'est le quotidien de la majorité des enfants et des parents de notre pays malheureusement :-( je ne te dis pas ce que j'ai vu en vacances... :-/ de toutes parts, j'étais cernée par les parents qui giflaient, se moquaient ("t'as vu c'te folle"), insultaient, brimaient...le pompon est pour le dernier jour de plage où un petit garçon d'environ 2,5 ans a pris 2 claques super fortes par un papa très visiblement "en haine" envers lui pour un peu de sable reçu sur sa serviette ! avec demande répétée de "pardon papa"...l'enfant était, comme son père, super dur et affichait le même air buté et renfrogné. Tout à côté une grand-mère a attrapé son petit-fils de 10-11 ans (intenable) et lui a fichu une fessée devant tout le monde en hurlant :-( beurk, beurk, beurk...et mes petits, tétanisés, qui demandaient "pourquoi ils les frappent maman ?".

Je veux croire que les graines semées par toi, par l'exemple, font et feront réfléchir. Et un jour, tu auras tes enfants, et tu pourras leur montrer que même si c'est plus difficile, et pas facile tous les jours, les enfants peuvent être éduqués sans être violentés, qu'ils ont droit au même respect que les adultes puisqu'on leur demande de se soumettre aux mêmes lois :-)

Posté par Pascale, 25 août 2008 à 18:12

c'est horrible ce que vous ecrivez...

On arrive sans probleme a imaginer les scenes que vous decrivez! Un sentiment de deja vu! Ma 1ere pensee a ete: Mais c'est horrible ce qu'elles ecrivent!

Merci de relater vos experiences... vous m'avez fait prendre encore plus de recul.

Posté par Lecolo, 27 août 2008 à 13:51

Oui, c'est horrible...J'imagine la dureté du quotidien de ces enfants :-/ malmenés, moqués, bousculés, pas entendus quotidiennement...à qui on offre sucreries et jouets pour "compenser" une dureté que l'on sent, au fond de soi, injustifiée...l'éducation douche écossaise, j'appelle ça :-( comment faire aimer la vie à ses enfants-là ? comment pourraient-ils avoir confiance ensuite ? quels adolescents / adultes vont-ils devenir après tant de violences "banales" ?
Tout aussi horrible est l'acceptation de ce type d'éducation, à mon avis. Il y a peu, j'ai demandé à une personne de faire attention aux mots employés quand elle s'adresse à mon fils, de manière à ce qu'ils soient un réel conseil et pas une moquerie-menace (il m'avait lui-même alertée sur les sentiments que lui donnaient ces mots choisis pour le faire réagir)...il m'a été répondu très vivement : "beuh...n'importe quoi ! les enfants grandissent quand même, tu sais..."....oh oui, bien sûr, ils grandissent...mais comment ? ai-je répondu. La discussion n'a pas pu continuer : trop de passifs dessus :-(

Posté par Pascale, 27 août 2008 à 14:22

Passif

Il y a trois jours chez mes beaux-parents, j'étais en train de lire un article sur le site Internet d'Alice Miller, mon beau-père se montre curieux, je lui réponds "Ca dit qu'il ne faut pas taper les enfants", et c'est parti... mon beau-père n'est pas un "violent" (mon ami dit qu'il ne se souvient pas avoir été frappé une seule fois, sa mère qui a été battue petite se souvient lui avoir donné une seule gifle, et en avoir été malade pendant une semaine). Il est instituteur. Surtout, il adore parler, à tort et à travers, il ne se rend pas compte que sa légèreté, sa façon péremptoire de parler de ce qu'il ne connaît parfois, peuvent parfois blesser sérieusement ses interlocuteurs. Bref, je n'avais pas du tout envie d'entamer la discussion sur le sujet avec lui, alors je l'ai écouté déblatérer sur la "Petite tape qui ne fait pas mal, et puis les grandes théories hein, quand on a des enfants et puis..." en hochant la tête et en répétant "Si tu le dis" toutes les deux minutes (je n'ai pas pu m'empêcher de faire remarquer quand même qu'il refusait la claque "qui blesse" ou l'utilisation du martinet, donc il a bien une théorie sur la question lui aussi).
Hier, repas de famille chez mes parents à moi. Je ne sais pas pourquoi, je le sentais mal. Ma nièce (qui aura un an le moins prochain) a pleuré une bonne demi-heure avant de s'endormir et ma belle-soeur tendait l'oreille pour être sûre que "tout allait bien". Je ne peux pas croire que mes parents aient trouvé le moyen de se moquer de ça aussi. "Ça ne sert à rien de s'inquiéter, s'il se passe vraiment quelque chose de grave de toute façon tu ne l'entendras pas, elle pleure, ça veut dire qu'elle est en bonne santé, elle fait sa voix, il faut bien qu'elle s'habitue tu sais, et puis quand tu te seras fait avoir deux ou trois fois tu ne diras plus la même chose..." Et c'en est venu à parler des coups, des bonnes petites fessées "données avec le bon timing, c'est important le timing" "Oui mais non, je ne pense pas..." "Tu verras quand elle sera plus grande, quand elle t'aura eu deux ou trois fois, les gamins tu sais, ça teste jusqu'où ça peut aller, il faut bien mettre une limite ferme". Je les ai écoutés parler, les dents serrées. J'avais envie d'aller prendre ma nièce dans mes bras, de dire à ma belle-soeur qu'elle avait raison bien sûr, que si elle avait besoin j'essaierai de l'aider, dans son sens à elle, pas en giflant sa fille. J'ai même eu envie de vomir. C'est là que mon père s'est tourné vers moi : "Tu te souviens d'avoir pris des coups, toi ?" "Joker" "Tu ne veux pas répondre à ça ?" "Non". Mon ami et ma belle-soeur lui ont apporté la contradiction, moi je n'ai pas eu le courage, j'étais vidée, écoeurée, trop en colère pour qu'il en sorte quelque chose de "productif". Le poids des mots, oui. Ajouté à la petite fessée parfaitement adaptée, à une grosse raclée de temps en temps, pour assoir la trouille et la domination, j'entends encore mon frère pleurer et supplier, même si "les enfants oublient, tu sais". Hier soir, mon ami me dit : "Ce n'était pas une bonne après-midi, hein ?". Non, pas vraiment. Il m'a fait un bisou et des câlins. Il a compris. Et je sais que je veux, comme père de mes peut-être futurs enfants, un type capable de comprendre ces choses-là.
Pardon pour la tartine, c'est un peu décousu, mais la semaine a été dure.

Posté par Romane, 01 septembre 2008 à 11:45

Je comprends tout à fait, Romane, que tu aies eu besoin d'en parler. C'est toujours très éprouvant ce genre d'évènement familial...par expérience, je pense sincèrement qu'il y a deux sujets à éviter en famille : la politique et l'éducation. Ils sont tous deux très délicats : le premier parce-qu'il touche à la façon dont on se positionne dans la vie, le deuxième parce-qu'il touche (même sans le vouloir) à ce qu'ont fait nos parents pour nous. A fortiori si on n'est pas encore parents ; parce-que l'on peut s'entendre dire qu'on ne sait pas ce que c'est, qu'on verra bien quand tes enfants t'en feront voir aussi, ce qui remet sur le tapis les vieux reproches de nos parents sur notre comportement...et c'est le cercle vicieux ! papa / maman reproche en se sentant attaqué dans ce qu'ils ont fait, et l'enfant n'est pas d'accord, se défend. L'enfant cherche à être reconnu dans la douleur de ce qu'il a vécu (et que tu décris bien dans le souvenir de ton frère) et le parent ne veut surtout pas s'en rappeler, et minimise...ça lui fait mal, et en essayant de se protéger, il en remet une couche en matière de non respect et de non écoute des émotions de son enfant.

Il n'y a pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre...mais on est rarement sourd et aveugle à la fois :-) Alors, quand tu auras tes enfants, tu pourras leur montrer, sans rien dire, comment l'éducation peut se passer de violence.

Posté par Pascale, 03 septembre 2008 à 00:46

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