14 août 2008
"c'est maman qui va être contente..."
Mardi 12 août, 19h.
J'achète quelques affaires pour la reprise de notre instruction en famille. Cahiers, stylos, classeurs, feutres, tabliers de peinture et autres (ben oui, malgré le fait que nous n'ayions pas droit à l'ARS, nous avons beaucoup plus à acheter que les autres familles !) sont posés sur le tapis roulant de la caisse.
La dame qui nous accueille à son poste est très jeune, et sympathique. Elle nous salue, fait un grand sourire à ma loupiote qui s'amuse à lui faire coucou en se cachant derrière mon dos, et regardant les affaires qu'elle va compter, s'adresse à Roxane....
Récit de la conversation :
la caissière : "ah, on voit que c'est bientôt la rentrée...c'est maman qui va être contente !"
moi, lentement : "ah bon, et pourquoi cela ?" (sachant pertinnement pourquoi elle dit cela - je l'ai déjà tellement entendu ! - et voulant en discuter avec elle)
elle, étonnée : "parce-que c'est les vacances des mamans quand les enfants reprennent l'école ! elles sont ENFIN DEBARASSEES"
moi : "oooooooh, mais si je pensais cela des enfants, Mademoiselle, je n'en aurais pas fait !"
elle : "c'est pourtant ce que ma mère disait toujours à la rentrée...et même que les vacances scolaires, ça ne devrait pas exister"
moi : "eh bien, je vous plains sincèrement d'avoir entendu cela ; et je plains beaucoup votre maman d'avoir ce vécu de la maternité... c'est d'autant plus faux dans mon cas que c'est moi qui les instruis et que la rentrée signifie pour nous l'exact inverse des autres : nous allons être 24 / 24 h ensemble alors que durant les vacances, mes enfants sont à droite et à gauche sans moi. Et vous savez quoi ? je vais me régaler ! ma mère n'a jamais dit ça de nous, elle a toujours pensé que ses enfants étaient son bonheur, et je crois bien qu'elle nous a transmis cela"
elle : "c'est chouette, ça ! c'est possible d'instruire soi-même ?"
moi : "oui, complètement !"
elle : "ah ben, c'est pas ma mère qui aurait fait ça...pourtant, je suis sûre qu'elle nous aime"
moi : "je n'en doute pas...ces phrases-là font partie de l'arsenal de violence éducative qu'on utilise pour culpabiliser les enfants quand on ne sait pas faire autrement, mais ça ne veut pas dire qu'on ne les aime pas. Juste qu'on a reçu sûrement soi-même beaucoup de violence et qu'on ne s'est pas demandé comment faire autrement avec ses enfants.
elle : "oui, c'est sûr"
moi : "ce qui est dommage, c'est que l'amour qu'elle vous porte ait été entâché de ce type de phrases assassines qui font très mal aux enfants et les marquent indélébilement...je connais des gens qui ne veulent pas, et ne peuvent pas, avoir des enfants à cause d'elles, parce-qu'ils associent enfants et longue liste de corvées. Pourtant, c'est magique un enfant, ça vous apporte tellement de bonheur qu'il est vraiment dommage de ne parler que de l'aspect négatif !"
elle : "oh, si c'était que ça... j'ai aussi entendu que j'étais une râtée, que je n'aurais jamais mon Bac, mon permis etc. Mais je les ai eus du premier coup ! je leur ai montré qu'ils avaient tort... c'est de mon père que j'ai reçu le plus de violence. On a été éduqués à coups de baffes et de fessées. Il s'en vante d'ailleurs, il dit que si ces enfants ne sont pas devenus des voleurs, c'est parce-qu'il les a roustés"
moi : "vous n'êtes pas devenus des voleurs par peur de lui...pas parce-que vous aviez compris qu'on ne vole pas autrui et pourquoi. Ce qu'il vous a appris, c'est la peur, pas la valeur...."
elle : "je me demande si on peut faire autrement avec les enfants ? vous croyez ? parce-que, franchement, mon père, je suis loin de le porter dans mon coeur....d'ailleurs, je me suis toujours demandé s'il m'aimait..."
moi : "c'est le problème... c'est le mur que crée les coups et la violence éducative. Un mur invisible, et souvent infranchissable, créé par cette violence reçue. Comme, au fond de lui, l'enfant sait pertinnement qu'on ne traite pas un être que l'on aime de la sorte, il associe violence et manque d'amour...souvent aussi, il intègre qu'il n'est pas digne d'amour, et va faire un peu n'importe quoi pour se faire aimer des autres ; et ça peut durer toute une vie, une vie d'errance à la recherche de cet amour fondamental qu'il n'a pas ressenti petit"
elle, songeuse : "mais on peut faire autrement, non ? si un jour, j'ai des enfants, je voudrais faire autrement..."
moi : "oui, on peut faire autrement, je vous l'assure et j'en ai la preuve. Mes enfants, pratiquement partout où ils passent, sont qualifiés d'enfants "très agréables", "un vrai régal", "un plaisir"... et pourtant, si j'ai parfois levé la main - toujours dans l'échec du contrôle de moi-même, parce-que la violence que j'ai reçue ressurgit et me dépasse parfois complètement - j'essaie de trouver d'autres solutions que de les violenter et les soumettre ; parce-que jamais je ne me dirais que les violenter est bon pour eux, les éduque, leur donne des valeurs...bien au contraire "
ma fille, qui écoute attentivement, se jette à mon cou et fait claquer un bisou sur ma joue...: "je t'aime maman"
moi, répondant à la tornade d'amour de ma fille : "n'oubliez pas vos sentiments d'aujourd'hui en tant qu'enfant...vous pourrez, à partir d'eux, chercher votre propre chemin pour faire autrement. Non, éduquer n'est pas frapper, et heureusement ! frapper, c'est violenter, c'est faire peur ! on éduque pas avec la peur mais avec des valeurs qu'on transmet pour leurs sens. La violence éducative abrutit les enfants, les rend malades, lâches ou hypocrites quand c'est seulement la peur qui les guide, violents envers eux-mêmes ou les autres à l'image de ce que leur ont fait leurs propres parents. Quand vous aurez le bonheur de serrer votre enfant dans vos bras, rappelez-vous qu'il est plus facile de grandir AVEC ses parents que CONTRE eux".
elle : "oui, c'est vrai, ça ! je n'oublierai pas, merci !"
ma fille : "au-revoir, bonne soirée Madame !"
Avec le recul, j'aurais aimé rajouter que sa maman n'avait sûrement trouvé que ce bien piètre moyen de faire reconnaître sa fatigue et son investissement pendant les vacances...
Merci à la pluie battante et au relatif calme de ce supermarché qui nous ont permis de discuter :-)
Pascale
maman de Théo (8 ans) et de Roxane (4 ans)
Maltraitance : dénoncer les horreurs subies par les femmes en travail
Relai d'information : source Re-Co-Naissances.
Ames sensibles s'abstenir : c'est la lettre qu'une sage-femme traditionnelle nord-américaine vient d'envoyer à la représentante de l'OMS en République Dominicaine pour dénoncer des pratiques qu'elle a observées dans un hôpital public...
Bernard Bel
Secrétaire de l'AFAR
To: Dr. Ana Cristina Nogueira
PAHO/WHO Representative
Edificio Cruz Roja y OPS/OMS
Calle Pepillo Salcedo - Recta Final
Plaza de la Salud
Ensanche La Fé
Santo Domingo, República Dominicana
My name is Stacy; I am a traditional Midwife in North America. I returned from a 1 week trip to Santo Domingo's Altagracia Hospital de los Partos. My intention of going there was to attend a few births which I could document for the purpose of receiving certification in the US.
I am still in shock from the horror of the behaviors I witnessed in this countries public hospital.
The standard of care for a laboring woman is this:
Laboring women, labor in one room with sixteen beds and sometimes three women to a bed at a time. There are no clean sheets or chux on these beds, they are in their street clothes, body fluids are expelled on the floor or on the bed, all waste products are released in the bed or on the floor by the side while they labor. The women are not given food or water to drink.
When the doctors find the woman is completely dilated (or not as I witnessed), she is walked down the hall to the delivery room. If she refuses to walk she is placed in a wheelchair soaked in blood and fluids of the women who sat in it before her, no cover.
In the delivery room, less than three minutes from full dilation, the woman is then instructed to climb up on the table with a plastic garbage bag on it and put her legs in the stirrups. The intern then sticks her fingers inside the woman's vagina and yells for her to push. She gets one push. Even though the baby's heart tones are WNL, and the baby's head is either -3, -2, or +1, or +2 station, the interns and doctors reach for a large needle and inject her with lidocaine and proceed to cut an enormous mediolateral "episiotomy" into the ladies bottom. The scissors they use are dull and they cut and cut and cut. I witnessed the doctor opening the scissors to find they had blood on them from another woman. She called for a nurse and none came; she used them anyway to cut this woman (What is the AIDS rate in this country neighboring Haiti?)
After the large incision is made, the doctor again puts her fingers in the vagina and orders her to push, if the baby does not fly out (which is rare), a nurse or another doctor pushes the baby out from the fundus.
One day I witnessed an intern cut a woman on both sides and a third time into the rectum; the head was not even visible and no one took a heart tone. This woman was left with a gaping hole in her pelvic floor which words cannot describe.
After the baby is forced out of the woman's severely compromised vagina, the doctors immediately clamp and cut the umbilical cord depriving the baby of its blood. The baby is whisked away to another room and the doctor immediately pulls on the cord of the still attached placenta until the woman hemorrhages and the placenta is expelled. Three times in one hour I witnessed projectile expression of copious amounts of blood at this pulling.
Not only did I witness this type of bleeding as they pulled on the cord of this one woman's uterus, it was then found that she had two large medio-lateral tears on her cervix and a mediolateral episiotomy which was (and averages) nearly three inches in length. Needless to say the woman lost more blood than one could imagine, I could not begin to estimate. After much suturing in in a non sterile environment, the woman was instructed to sit up, get off of the table and walk back to a post partum room (she could not and the wheelchair was used),where she received little to no post partum care or any pain medication.
The private hospitals in the D.R. supposedly are much safer and saner than the public hospitals. I witnessed the same behaviors on all of these women giving birth in 2 separate public hospitals.
Instead of coming home and filling out my paperwork that I had attended births in another country, I am writing to you as a plea to investigate the situation in the public hospitals in the Dominican Republic. I am at a loss as to what I could do alone. If you are unable to do anything perhaps you could advise me on what could be done and who could possibly teach these doctors and interns how to receive a baby safely. The practices in the DR. not only endanger the health of the babies, but the mothers as well. The cross contamination of blood is rampant, the infection rates must be through the roof, the integrity of the mothers vaginal tissue is severely compromised. What happens in the public hospitals of the Dominican Republic as I am witness is not birth but torture. We as an educated global society should not in good conscience turn a blind eye to these women and children of our world.
Thank you for your time and response.
With all my heart, -Stacy Sheer
01 août 2008
Enfants martyrs : le poids des mots
Ces dernières semaines, les décès d'enfants par maltraitance se sont multipliés de façon horrible dans nos infos : drames de la séparation, un père pend ses fillettes, un autre étouffe ses garçons, puis fait brûler leurs corps ; drames de la négligence : plusieurs enfants sont morts "oubliés" dans des voitures en plein soleil ; d'autres ont été violemment assassinés, et d'autres encore enlevés et agressés.
Je viens d'entendre, sur les ondes, un animateur s'interroger sur la multiplication de ces terribles drames et, ce faisant, faire, involontairement un labsus très révélateur ; labsus qui, pour moi, est une des origines du traitement de ces enfants : il a parlé de "CHOSES fragiles".
Tant qu'on assimilera les enfants à des choses et non à des humains au même titre que les adultes, tant qu'on les considèrera comme une monnaie d'échanges, un moyen de pression, des êtres inférieurs, on les martyrisera comme ces choses que l'on utilise et jette une fois consommés.
Ces pères qui assassinent, ces adultes qui torturent et battent ne reconnaissent pas leurs enfants et les enfants en tant que tels, ni en tant qu'être humains égaux en droits à eux.
Chaque jour, ces derniers temps, je rencontre un adulte qui frappe ou qui trouve cela normal, une grande soeur, une grand frère qui n'hésite pas - et est implicitement autorisé, voire encouragé - à frapper son cadet.
Chaque jour, je répète inlassablement ma conviction : les enfants sont tapés parce-qu'ils sont petits et moins forts (le fait que l'on s'arrête quand ils nous dépassent en taille ou en force - même s'ils sont encore moins raisonnables à l'heure où ça arrive qu'à 3 ans - le prouve amplement), grandissant dans la conviction que l'on PEUT frapper plus petit que soi pour le contraindre à ce que l'on veut de lui.
Chaque fois, j'ai en face quelqu'un qui réfléchit quelques instants, les yeux dans le vague, à ce que je viens de dire...certainement, parce-qu'il ne l'a jamais entendu ! ensuite, j'ai généralement un "oui, mais je ne peux pas faire autrement, les enfants ça ne comprend vraiment que comme cela..." ; alors, j'explique que la colère, le désaccord, l'apprentissage, peuvent se dire, se vivre, s'intégrer, sans s'imposer par la violence, la peur, la force. Et je rappelle que cet enfant, en grandissant, va intégrer la certitude que c'est comme cela qu'on traite moins forts que soi, reproduire ce comportement sur d'autres, sur ses enfants, sur ceux qui lui opposeront un comportement qui lui déplaît et peut-être même sur leur premier agresseur quand ils étaient petits. Il n'est pas rare, alors, de voir fugacement passer un voile de peur dans les yeux de mon interlocuteur...car lui aussi sait ce que cela fait d'être frappé, puisqu'il ne fait que reproduire un comportement qu'il a aussi subi ou subit encore.
Si vous ne voyez pas le rapport entre Violence Educative Ordinaire et enfanticides, depuis que la loi interdisant tout châtiment corporel a été votée en 1979 en Suède, AUCUN ENFANT N'EST PLUS MORT À LA SUITE DE VIOLENCES FAMILIALES,
le nombre de procès pour violences contre les parents a diminué, idem
pour le nombre d'enfants enlevés à leurs parents après une intervention
des services sociaux.
Source : OVEO.
Pascale,
maman de Théo (8 ans) et de Roxane (4 ans)