Faisons avancer les choses !

Site de mamans qui donnent leur avis, soulignent, pointent ce qui les hérisse et ce qu'elles préfèrent dans notre société, en accord avec leurs convictions de respect des êtres et de l'environnement.

30 octobre 2008

Pétition du Conseil de l'Europe contre la Fessée

imagesUne petite signature pour un grand combat : c'est ici.

Si vous doutez du bien-fondé de cette interdiction, rappelez-vous ce que je dis souvent ici : que depuis l'abolition des punitions corporelles au Danemark en 1979, plus aucun enfant n'est mort sous les coups de ses parents, et les procès pour maltraitance ont radicalement diminué. Quel rapport entre une "petite gifle" et un enfant battu à mort ? la possibilité de disposer de du corps de l'enfant et d'utiliser la violence pour le soumettre à la volonté des adultes. Certains sauront s'arrêter et d'autres iront toujours plus loin...les informations de cette semaine en sont un triste écho.
Que ce soit pour de "bons" motifs ou d'ignobles, la violence, elle, est la même.
Une amie, un jour, s'étonnait que sa fille de 3 ans la tape et commençait à la gronder durement avec des phrases du type "tu n'as pas le droit de faire ça !"...elle qui venait juste de lui donner une petite fessée. Je lui ai souligné que sa fille venait simplement de l'imiter  (mécontente, elle avait frappé au lieu d'utiliser des mots) ; avec une candeur absolue qui pourrait être mignonne si ce n'était aussi important, elle s'étonne, m'affirmant que sa fille "sait que ce n'est pas méchant quand je la tape" ! je lui ai alors demandé sur quoi sa fille pouvait-elle s'appuyer pour comprendre - à 3 ans ! - que les coups de maman ne sont pas méchants, quelles étaient les motivations de ces coups si ce n'était la contrainte physique, et pourquoi elle s'offusquait ainsi que sa fille lui rende sa tape car elle pouvait aussi lui concéder les mêmes intentions de non-méchanceté qu'à elle-même, non ? Ses grands yeux se sont arrondis, et elle s'est immédiatement rendu compte de l'incohérence de son propre comportement. Bon, il est vrai qu'on trouvera toujours des personnes prêtes à affirmer que les parents ont des droits que les enfants n'ont pas, mais bon...je leur laisse la responsabilité de cette excuse bien trouvée pour abuser des enfants, sorte de "sous-humains"... Je rappelle juste qu'il y a deux façons de réagir à la violence : se soumettre ou s'endurcir, courber les épaules ou se révolter. Lâches et hypocrites, ou petits caïds rebelles, lesquels vous préférez ?

Et c'est une ancienne partisane de la fessée (avant d'avoir des enfants, bien sûr) qui vous le dit... parce-que plus on a reçu de fessée, plus on est partisan de son utilisation, à moins d'être dans la capacité à remettre en cause ce schéma éducatif.

Pascale
maman de Théo (8 ans) et de Roxane (4 ans)

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29 octobre 2008

Aldo Naouri : la mauvaise nouvelle du jour

380597_d4a2d100 000 exemplaires de son dernier livre ont été vendus...

Il en sort un nouveau, résultat d'un dialogue avec Edwige Antier : "faut-il être plus sévère avec nos enfants ?". Je viens d'entendre sa promotion à la radio qui affirme clairement  ce qui relève d'un mensonge éhonté : "si vous suivez les conseils d'A. Naouri pour les enfants de 0 à 3 ans, l'adolescence se passera sans problèmes".

Mais comment peut-on affirmer que l'éducation est suffisante pour parer à tous les aléas de la vie ? comment peut-on prédire ainsi ce qui arrivera dans 12 ou 15 ans ? n'est-ce pas un exemple frappant de ce sentiment de "toute-puissance" qu'a souvent reproché ce cher Docteur aux mères forcément castratrices et dévoreuses d'enfants ?
Que l'on s'emploie à donner les meilleures bases possibles à un enfant est une chose. Que l'on affirme ce que ça donnera ensuite, comme si c'était un "kit" à réussir, une machine à programmer, c'est bien peu tenir compte de deux données essentielles du petit d'homme : son humanité et sa particularité ; et croire aussi que l'on peut tout maîtriser, tout prévoir, tout programmer de la vie qui va couler avec ses aléas...

Et dire qu'ils sont des centaines de milliers à le croire !
Même si je sais que bien des parents ont du mal à l'être, que j'en rencontre chaque jour qui me font frémir devant leur comportement, leur ignorance de l'enfant, leur violence parfois, leur désarroi souvent, je regrette vraiment que ce soit ce discours qui soit le plus plébiscité. Oui, il y a un besoin urgent de vivre AUTREMENT avec nos enfants, en étant plus exigeants (et non sévères) AVEC SOI-MÊME avant tout.

Pascale
maman de Théo (8 ans) et de Roxane (4 ans)

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La réalité de l'aide sociale en France

444364_sad_clownIl m'arrive parfois d'entendre d'amers râleurs s'insurger contre l'aide sociale. Il paraîtrait même que certains "se la coulent douce" sans bosser, vivant sur le dos de la société, de ceux qui travaillent.

J'ai, dans mon ancien emploi, eu maintes fois l'occasion de constater que rien n'était plus faux, et que les profiteurs ne sont pas là où on le croit volontiers, parce-que ça nous arrange bien. Ainsi, j'ai, à chaque fois que j'ai pu, souligné que non, on ne vivait pas "bien" ni "confortablement" avec les aides sociales, sachant pertinemment que les plafonds de ressources sont très bas et qu'on ne peut pas cumuler "plein d'aides" ; qu'il fallait soit,ne jamais avoir vécu ces situations-là, soit avoir "oublié" pour dire tant ces âneries.

Aujourd'hui, j'ai un exemple concret à partager qui illustrera bien mon coup de gueule contre cette croyance erronée, et indique pourquoi il y a tant de gens qui font la queue depuis hier pour s'inscrire aux Restos du Coeur.

C'est une amie ulcérée qui me raconte cette histoire : Ii vient d'arrêter son artisanat, après 22 ans de dur labeur à 15h par jour ; son activité périclitant d'année en année, il a dû déposer le bilan. Il n'a droit à rien, aucune allocation assédic, parce-qu'il était "à son compte". Sa compagne en reconversion professionnelle touche 32,03 par jour (soit 992 euros maxi les mois à 31 jours). Ils ont deux enfants en bas âge, ce qui leur ouvre droit à 120 euros d'allocations familiales et 350 euros d'aide au logement. Ils ont donc, en tout, pour vivre à quatre 1462 euros par mois.
Avant-hier, le papa accablé demande un RDV avec une assistante sociale...qui lui confirme qu'il n'a pas droit au RMI parce-que sa compagne "gagne trop", que 900 euros pour une famille de 4, c'est le plafond...

Le tout accompagné de trèèèès judicieux conseils : supprimer les mutuelles, supprimer la ligne de téléphone et internet (29,90 euros tout compris - super pour trouver du boulot, hein ?), vendre sa voiture  pourtant payée entièrement depuis 5 ans (re !), vendre sa maison (parce-qu'elle estime que le couple peut trouver des loyers moins chers que leur crédit de 600 euros par mois à l'heure actuelle  et que vendre une maison en ce moment est le mieux à faire ?). Le papa souligne qu'il y a la cuve de fioul à remplir pour l'hiver, l'alimentaire chaque mois, des habits, des chaussures pour les enfants de temps en temps....rien, rien à faire, les textes et barêmes sont sous les yeux. L'assistante sociale est très jeune et sans enfants....peut-elle vraiment comprendre la réalité du budget d'une famille, la douleur de ne pas avoir de quoi nourrir et habiller ses enfants (remarquez, "z'ont qu'à pas en faire", hein ?). Il repart perplexe, en se demandant comment c'est possible, lui qui a parfois cru les râleurs dont je parle plus haut, et en comprenant pourquoi tant de gens, en France, vont aux Restos du Coeur pour manger, et pourquoi, de plus en plus, ils ne vont pas se soigner après avoir renoncé à leur mutuelle...

Pascale
maman de Théo (8 ans) et de Roxane (4 ans)

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24 octobre 2008

La fessée scandalise la France depuis deux jours !

PA2Vous en rêviez n'est-ce-pas ?

et pourtant, ce n'est toujours pas celles destinées aux enfants qui choque les esprits, mais celle dont est menacé un vieillard "qui n'obeit pas" dans une maison de retraite filmée en caméra cachée dans la nouvelle émission de France 2

Sur les ondes, et dans les médias, de nombreuses voix s'élèvent pour dénoncer la maltraitance des personnes âgés que l'on a pu constater (et confirmer), avec horreur, dans l'émission. J'entendais un animateur sensibilisé s'écrier, ce midi, "vous vous rendez compte, on les menace d'une fessée ! mais ce ne sont pas des sous-humains, quand même !".

On notera, à l'occasion, qu'il est clair dans ce reportage que la maltraitance commence dès qu'il y a absence de bien-traitance...quand aucun regard n'est porté, quand les questions n'ont pas de réponses, quand les contacts et les soins sont a minima voire absents ; là, il est évident qu'il y a déjà maltraitance même s'il n'y a pas de coup.
Voilà qui va peut-être arriver à remettre en question les fameuses assertions telles que "l'indifférence apprend la vie" (rappelons-nous de cette belle phrase sortie de la bouche d'un de nos philosophes les plus médiatiques à ce sujet) ou le "il est nourri et propre, il n'a besoin de rien d'autre" qui sont servis régulièrement pour témoigner que ces comportements ne sont pas encore de la maltraitance sur les enfants. Rêvons un peu qu'il en sera de même pour les "petites fessées qui ne font pas de mal", les "gifles et les réflexions qui éduquent"...

Un électrochoc contre la violence, contre la maltraitance, contre la fessée me direz-vous ? on pourrait l'espérer ...et pourtant rien n'est moins sûr, car d'une part, les excuses sont trouvées facilement à leurs auteurs ("trop de fatigue, pas assez de moyens etc...") et que d'autre part, "les enfants, c'est pas pareil, eux ils en ont besoin pour comprendre". BIEN SUR.  Pourtant, début et fin de vie présentent les mêmes caractéristiques : fragilité et dépendance à des tiers. Et ils nécessitent le même combat pour le respect et la dignité contre ceux qui en perdent (ou n'ont jamais appris) les notions élémentaires. Tiens, au fait, que dirait-on si ce vieillard, révolté de son traitement, avait traité cette infirmière de "conn****" ? défendrait-on l'infirmière si elle l'empoignait par le col, le plaquait au mur, et le giflait ? lui trouverait-on des tas de circonstances atténuantes, la première étant "le comportement du vieiilard" et son manque de respect ! s'insurgerait-on qu'elle aille en garde à vue ? hein ? je vous laisse vous interroger...

Pascale
maman de Théo (8 ans) et de Roxane (4 ans)

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09 octobre 2008

Philippe Meirieu rend hommage à Maria Montessori

J'ai trouvé ici ce bel hommage du pédagogue et brillant universitaire Philippe Meirieu (son site), qui résume en quelques phrases (et pourtant, c'est très difficile !) toute l'importance du travail fourni par cette grande dame au siècle dernier :

HOMMAGE A MARIA MONTESSORI

Par d’étranges ruses de l’histoire, il arrive que des apports pédagogiques, déjà décisifs au moment où ils ont été formulés, deviennent particulièrement d’actualité. Non par nostalgie ou culte d’un passé mythique, mais parce que le présent et la construction de l’avenir requièrent justement que l’on se ressource et retrouve l’essentiel.        

Ainsi en est-il, à mes yeux, de l’apport de Maria Montessori. Elle a profondément marqué l’histoire de la pédagogie et beaucoup de ses apports sont devenus, aujourd’hui, des acquis. De nombreux professeurs, avec plus ou moins de discernement, se réclament d’elle. Et son fameux oxymore « Aide moi à faire tout seul » pourrait, au moment où la majorité des chercheurs en matière d’apprentissage s’inspirent de Vygotsky, être considéré comme le principe fondateur de la modernité pédagogique.

Mais il y a un domaine où le travail de Maria Montessori s’impose encore plus fortement… Parce que nous avons à faire face à une montée fantastique de la dispersion, parce que nos enfants et nos élèves sont soumis à un bombardement d’images et d’informations sans précédent, parce que la gesticulation, partout, a supplanté le geste, parce que les difficultés d’attention et de concentration représentent aujourd’hui le problème essentiel de bien des professeurs… il faut écouter Maria Montessori. Nul plus qu’elle n’a, en effet, montré l’importance de ce que le philosophe Gabriel Madinier nomme « l’inversion de la dispersion ». Ce travail de retour sur soi, cette formation à l’intériorité sans laquelle le sujet ne peut ni exister, ni se mettre en jeu avec les autres.        

Parce que notre modernité est trop souvent fascinée par l’agitation superficielle, nous avons encore beaucoup à apprendre de Maria Montessori, de sa démarche et de ses propositions. Puisse-t-elle être entendue !

      

Philippe Meirieu

Posté par pascale_p_f à 23:53 - Education non violente - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

08 octobre 2008

Apprendre autrement avec Montessori

Il est environ 15h30.

Il est sur le tapis rayé jaune et rose, et est en train de composer des mots qu'il doit apprendre pour sa dictée à l'école demain. Il sourit, puis se met à rire franchement. L'ambiance est certes bien détendue et informelle, mais je cherche à comprendre pourquoi il rit. Les yeux qui pétillent, il me dit : "Théo - mon fils - a bien raison !". Encore plus intriguée, je lui demande pourquoi ? "parce-que c'est GE-NIAL d'apprendre comme ça. Il me l'avait bien dit. Eh ben, il a raison ! c'est vraiment GE-NIAL".

Cette toute petite phrase m'a énormément émue...d'abord, parce-qu'elle m'apprend ce que dit  mon fils aux autres de la pédagogie Montessori et de ce qu'il vit en IEF, et surtout parce-que je sais, à travers ce sourire et ces mots, que j'ai ENFIN trouvé ma voie : aider les enfants à apprendre autrement. Savoir qu'ils aiment venir en cours de soutien et qu'ils se régalent à apprendre ainsi est une source de joie intense, un baume au coeur à partager.

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Pascale
maman de Théo (8 ans) et de Roxane (4 ans), en IEF

Posté par pascale_p_f à 17:21 - Education non violente - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

AAD : encore un bel article !

enceintePlus riche, il pousse l'information encore plus loin que l'article du Figaro de ce matin.

Bravo à Psychologies.com pour la rédaction d'un article (ENFIN) de qualité sur les sujets ! sommes-nous en train de vraiment sortir du cliché des-fous-furieux-néo-baba-qui-font-courir-des-risques-insensés-à-leur-bébé ?

Pincez-moi, je dois rêver !

Peut-on imaginer que la dramatique affaire de l'Ariège ait réveillé un réel intérêt pour ce sujet ? les bâtons dans les roues des sages-femmes libérales accompagnant les AAD et des parents, la stérile polémique, la pression sociétale pour que les brebis galeuses rentrent dans le rang du tout-médical feront-ils la place un jour à un débat digne de ce nom dans notre pays ?

Pascale
maman de Théo (8 ans) et de Roxane (4 ans)

Posté par pascale_p_f à 11:50 - Naissance - accouchement - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Une autre raison de se passer du lait de vache

Les Acides Gras Trans, vous connaissez ? si non, allez lire l'article de Wikipédia.

laitCela fait quelques temps que le sujet s'invite dans nos assiettes.

On accuse (à juste titre) la nourriture industrielle et notamment les graisses hydrogénées, mais ce qu'on crie un peu moins fort, c'est que la vache en produit  naturellement par le biais de son rumen et qu'on les retrouve dans les produits laitiers de vache et sa viande !

Et là, d'un coup, je viens ENFIN, de comprendre pourquoi on mesure le taux d'hydrogène exhalé (responsable de mauvaise haleine entre autres) pour vérifier une intolérance au lactose , mais aussi pourquoi c'est le lait des ruminants qui est le moins digeste alors que celui de brebis est mieux tolérés (à noter qu'il contient jusqu'à deux fois plus de minéraux tels que le calcium, le phosphore et le zinc et le groupe de vitamines B).

Vous savez quoi ? eh bien, finalement, je suis très heureuse d'être malade quand j'en consomme et d'avoir pressenti qu'il fallait les éviter pour mes enfants (qui, après vérification, sont bien intolérants au lactose comme leur maman).

Pascale
maman de Théo (8 ans) et de Roxane (4 ans).

Posté par pascale_p_f à 10:10 - Santé - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

AAD : un excellent article dans le Figaro

livreAADA lire : "l'accouchement à domicile fait des adeptes".

Ca fait du bien de lire un article clair et objectif, qui dépeint vraiment la réalité des couples qui souhaitent un AAD.

Parce-qu'il y en a un peu marre de l'image "post-soixante-huitarde", "hippie" et "illuminé" à laquelle s'accrochent ceux qui ont peur, surtout de remettre en question leur modèle...

On notera un TOUT PETIT nombre : 90 % des naissances se font à domicile dans le monde !

Pascale
maman de Théo (8 ans né à l'hôpital) et de Roxane (4 ans née à la maison)

Posté par pascale_p_f à 09:51 - Naissance - accouchement - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

05 octobre 2008

La CAF fait fort encore....

normal_Allaitement_photo_nb_Patricia1_0Dernier magazine "Vies de famille de la CAF", page 6, article "allaiter ou pas : c'est mon choix".

Comme il était à prévoir, l'article finit par l'habituelle ritournelle : "Mieux vaut un biberon donné dans le plaisir qu'un allaitement au sein dans la contrainte".
Mais sacrebleu, pourquoi un allaitement au sein devrait-il être plus contraignant qu'un biberon ?
Et pourquoi ne lit-on jamais, ce que personnellement je pense vu en quelle estime je tiens le lait de vache (qui m'a toujours rendue malade) "mieux vaut un allaitement au sein donné avec plaisir qu'un biberon préparé et donné avec dégoût" !

Est ce que je vous parle de l'encart "dans quels cas ne pas allaiter" rempli d'inexactitudes qui montrent à quel point on peut rédiger un article sans connaître le sujet ni avoir les meilleures sources ?

Alors, d'après eux, les contre-indications à l'allaitement sont :
"la prise régulière de médicaments" : FAUX, la plupart des médicament sont compatibles avec l'allaitement, et il est toujours possible de trouver un médicament de remplacement compatible. Mais pour cela, il faut avoir un bon spécialiste en face de soi...
"l'abcès ou la lymphagite du sein" : FAUX ; les deux seins sont rarement atteints en même temps. L'allaitement peut parfaitement se faire avec un seul sein en attendant que celui atteint guérisse. Si les deux sont sont atteints, l'allaitement pourra être interrompu quelques jours et reprendre après la guérison.
"les maladies infectieuses aiguës (VIH, tuberculose) : FAUX. Je n'ai pas de référence pour la tuberculose (qui ne court pas les rues par chez nous, je pense !) mais pour le VIH, les dernières études commencent à démontrer le contraire.
"l'intolérance aux Protéines de Lait de Vache ou au lactose" : FAUX, archi FAUX et même complètement incompréhensible de préconiser le non allaitement au sein précisément dans ce cas-là !! depuis quand le lait humain est-il rempli de PLV et de lactose ? si la maman fait une éviction de PLV elle-même, aucun PLV ni lactose ne viendra perturber le système digestif et immunitaire de son enfant ! c'est quand même dingue d'inciter à préférer un lait de synthèse de substitution (hors de prix pour la Sécurité Sociale)  à l'allaitement maternel dans ces cas-là !! d'autant que, généralement, quand les enfants sont allergiques ou intolérants, la maman l'est aussi (c'est mon cas)...parfois, elle ne le sait pas elle-même et s'est habituée à ses troubles digestifs mis sur le compte "psy" et c'est l'intolérance de son petit qui va lui faire prendre conscience que non, ce n'est pas normal d'être "toujours dérangée" (hum...toujours mon cas).
"une consommation importante d'alcool ou de tabac de la maman" : Vrai pour le premier (quoiqu'on puisse légitimement se demander si les dégâts causés en amont, pendant la grossesse, et la construction du bébé, ne sont pas à ce stade-là déjà irréversibles et pourquoi cette maman n'a pas été détectée et aidée à se sevrer ?!) mais FAUX pour le second. En effet, un bébé allaité par une maman fumeuse aura de meilleurs chances de santé qu'un bébé pas allaité par une maman fumeuse. Pourquoi diable faudrait-il priver un bébé des merveilleux anti-corps de sa maman alors qu'il devra lutter contre les troubles que lui occasionneront peut-être fumée et composants chimiques divers de la cigarette de maman et/ou papa ? Un enfant allaité sera plus solide pour y résister, bien sûr. Là encore, si la maman n'a pas arrêté durant la grossesse, on peut se demander quels seront vraiment les avantages du non allaitement ?

Tout cela manque bien de sérieux, je trouve.

Et que dire de l'engagement pour la santé des bébés ?! c'est dramatique de voir que le journal de l'institution de la famille française est aussi "tiède" en matière d'allaitement maternel ? de quoi avons-nous vraiment peur chez nous pour se battre aussi peu pour cette cause de santé publique ? pourquoi un discours aussi peu incitatif, rappelant encore et toujours que "papa peut se sentir exclu" (le pauvre nia nia nia), qu'il peut "avoir besoin de ces moments d'intimité avec le bébé" (parce-que seul le nourrissage permet cela ?!), que "maman doit reprendre le travail à quoi bon continuer ?" (ben oui, hein ?), que "maman peut avoir besoin de se reposer pendant que papa donne le biberon" (pourtant, rien de tel qu'une bonne têtée pour une belle montée d'ocytocine et d'endorphines qui viendront endormir bébé et maman pour une belle sieste !), que "on peut ne pas allaiter par pudeur" (alors faudra aussi se voiler les yeux et les oreilles dans ces cas-là sur tout ce qui utilise le corps pour des motifs bien moins nobles...) ; alors que les exemples de nos soeurs nord-européennes nous démontrent à quel point la liberté de la femme, le maternage des mères et l'implication des pères sont parfaitement compatibles. Cela nécessite néanmoins de cesser de percevoir les fonctions hommes / femmes comme duelles et opposées...dès lors, nous pourrons peut-être rêver avoir de (vraies) femmes à la Présidence, en équité ou majorité au gouvernement, des femmes qui amènent leurs bébés et les allaitent devant leurs collègues qui ne considèrent pas cela comme dégradant mais comme légitime ; des femmes qui assument et qui ont cessé d'avoir peur du regard de l'Autre, et des hommes (des vrais) qui les estiment et les soutiennent vraiment. Des Hommes et des Femmes, devenus de vrais Adultes, qui oeuvrent ensemble à la santé des enfants qu'ils choisissent de mettre au monde ; des Hommes et des Femmes qui ont assez travaillé sur eux pour ne pas être pris au piège de l'enfant jaloux qui pleure au fonds d'eux quand papa / maman ne s'occupaient pas assez de lui à son goût ; des Hommes et des Femmes qui ne vivent pas le couple comme un champ de bataille. Dans un siècle peut-être ?

Je croyais le temps du "bébé-estomac-à-remplir" révolu ; mais vu les enjeux affectifs qui  semblent se jouer toujours autour du nourrissage, on dirait bien que non. Rabacher sans cesse que "l'intimité" et les "soins au bébé" se jouent à travers le don du biberon, c'est résumer un peu vite les liens qui  se tissent entre bébé et ses parents et considérer l'être humain comme un estomac avant tout ! Peut-être que simplifier l'alimentation, la rendre plus naturelle, cesser de se prendre la tête autour, de la considérer sous l'angle "je te nourris donc je te donne de l'amour"  (comme si compter les ml avalés pouvait quantifier l'intensité de l'amour et de l'implication) dont on nous abreuve en permanence sera la clé pour résoudre l'énorme problème qu'est devenu la sur-alimentation dans notre société ? 

Pascale
maman de Théo (8 ans, allaité 4 ans) et de Roxane (4 ans, allaitée 3,5 ans

Posté par pascale_p_f à 19:29 - allaitement - Commentaires [17] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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