Faisons avancer les choses !

Site de mamans qui donnent leur avis, soulignent, pointent ce qui les hérisse et ce qu'elles préfèrent dans notre société, en accord avec leurs convictions de respect des êtres et de l'environnement.

25 avril 2008

Vie de couple et allaitement dans une culture de biberons

IMG_0634Ros ESCOTT, bachelier en sciences appliquées, consultante en lactation IBCLC (International Board Certified Lactation Consultant)

7e Journée internationale de l'allaitement, 14 mars 2008, Paris

Votre santé n° 103 - mai 2008, page 6

Vie de couple et allaitement dans une culture de biberons

La façon dont une femme vivra sa sexualité subira d'énormes changements à partir de la conception, puis pendant la grossesse, lors de la naissance, à l'allaitement, les premiers jours du maternage et durant les nombreuses années de parentage. Michel Odent ne conçoit pas les rapports sexuels, l'accouchement et l'allaitement comme étant des domaines séparés, mais bien comme faisant tous partie de la vie sexuelle. Ces trois types d'actes donnent lieu à la sécrétion d'ocytocine, l'hormone de l'amour, qui fonctionne également comme un système de récompense qui agit chaque fois que nous accomplissons un de ces actes. Tous les trois sont nécessaires à la survie de notre espèce.

Spencer et ai., de l'université de Chicago, ont rapporté, en 2004, le fait que les femmes allaitantes et leurs bébés émettaient une phéromone qui augmentait le désir sexuel chez les autres femmes. Sur le plan biologique, il est compréhensible que les femmes allaitantes communiquent chimiquement avec d'autres femmes. Quel meilleur signal pourrait-on utiliser, pour montrerque les conditions sont bonnes, que la présence d'une autre femme qui a réussi à mener à bien une grossesse et qui est maintenant en train d'allaiter un bébé ?

Si on utilise une définition large de la sexualité, l'allaitement peut être une expérience très sexuelle et gratifiante. Une femme qui s'abandonne à la sensualité de cette relation intime peut éprouver beaucoup de plaisir et de joie avec son bébé. Certaines personnes sont choquées par l'idée que des femmes trouvent que l'allaitement est une expérience sensuelle et agréable. Elles veulent ignorer le double rôle des seins, les liens entre les seins et l'utérus. Cependant, les sensations sensuelles éprouvées par de nombreuses femmes pendant les tétées sont habituellement passablement différentes de ce qu'elles éprouvent pendant l'excitation et les relations sexuelles. La plupart des mères ressentent un sentiment sensuel de paix et de sérénité, ou un sentiment global de chaleur et de relaxation suite au réflexe d'éjection du lait. Il est possible de ressentir une stimulation sexuelle, voire un orgasme pendant les tétées, mais c'est plus rare. Et rien ne permet de penser que cela fait de l'allaitement une relation incestueuse entre une mère et son enfant. Il n'y a aucune évidence d'un lien entre l'allaitement et une quelconque déviance sexuelle. En fait, cette période d'intimité joue probablement un rôle important dans le bon développement psychologique de l'enfant.

Dans la relation de couple, les seins lactants peuvent être vécus par chaque partenaire comme étant attrayants, un signe de féminité, ou comme un tue l'amour. La plupart du temps, les seins sont plus volumineux et plus fermes, mais ils peuvent être sensibles, ou du lait peut s'écouler, en particulier pendant les rapports sexuels. La question "à qui appartiennent les seins" et à quel moment chaque "propriétaire" peut y accéder pourra être à l'origine de dilemmes intéressants. Si l'un des partenaires a l'impression que les seins sont "tabous", les jeux sexuels pourront être inhibés jusqu'à la mise en place d'ajustements. D'autres couples apprécient l'inclusion de seins qui dégoulinent de lait dans leurs jeux sexuels, et certains hommes aiment boire le lait de leur femme à cette occasion, ou la soulager en cas d'engorgement. Les femmes font souvent état de difficultés à passer de l'intimité avec leur nouveau bébé à l'intimité avec leur compagnon. Elles pourront ressentir le besoin de recevoir beaucoup de câlins plutôt que le désir de relations sexuelles. D'autres pourront ressentir un phénomène de saturation avec leur bébé très demandeur, et voudront un espace personnel. Certains hommes sont jaloux de voir le bébé accéder au sein à la demande.

Des études ont constaté que, dans l'ensemble, les femmes qui allaitaient reprenaient plus rapidement une activité sexuelle après la naissance que les mères qui donnaient un lait industriel, et que l'allaitement et la sexualité étaient positivement corrélés. Mais la réalité reste que de nombreuses femmes ont besoin d'un bon moment avant de reprendre les relations sexuelles après l'accouchement. Cela pourrait d'ailleurs faire partie de la programmation favorisant la survie de l'enfant. Il est peu probable que la venue d'un bébé puisse améliorer une relation de couple en mauvais état, mais la plupart des couples trouvent de nouveaux modes de relations, qui sont épanouissants et gratifiants. Il existe une vie sexuelle après l'arrivée des enfants, mais elle est différente. Les couples qui peuvent communiquer avec franchise et sensibilité sur le sujet trouveront les moyens de faire les ajustements nécessaires.

Source : liste Re-Co-Naissances.

Voilà qui devrait tordre le cou à un a priori fortement ancré dans les crânes !

Pascale
maman de Théo (05.07.00) et de Roxane (31.07.04)

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20 avril 2008

Pétition pour le droit à l'allaitement des bébés en crêches

normal_Allaitement_photo_nb_Patricia1_0Voici le message reçu dans ma boîte :

"Serait-il possible que vous mettiez un article pour une pétition. Je pense que le sujet vous interpellera, c'est l'allaitement en crèche, qui est refusé par la mairie. Je vous copie-colle le mail de mon amie, qui a absolument de beaucoup de signatures.

Pour résumer la situation, à l'heure où l'OMS, la PMI, le Conseil général, les médecins prônent l'allaitement le plus long possible, je me bats contre ma mairie qui a décidé du jour au lendemain de refuser à compter du 5 mai le lait maternel que je fournis pour Elisa depuis le mois de novembre sans aucun soucis.
Cette interdiction est illégale et nous sommes 3 mamans dans cette situation à monter une action commune. Nous sommes soutenues par des médecins, des pédiatres, des juristes et des associations.
 
Pour ce faire et pour prouver notre DROIT, une pétition a été créée en ce sens, afin que toutes les mamans qui souhaitent allaiter en crèche puissent le faire et que le fait d'avoir la chance d'avoir eu une place en crèche ne soit pas un frein au sevrage rapide. C'est là que j'ai besoin de vous !!
 
Beaucoup de villes et/ou départements, mairies  crèches, ont d'ailleurs mis en place des protocoles qui fonctionnent très bien et qui permettent aux mamans de ramener leur lait : Paris, Lille, la Seine Saint-Denis...
 
J'aurai VRAIMENT besoin de votre signature, HOMMES et FEMMES pour que les mamans aient le droit de donner le meilleur pour leur bébé le plus longtemps possible ! Cette interdiction est vraiment une abérration !"

Pour signer la pétition : c'est ici.

Pascale

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04 mars 2008

"Donner la têtée, c'est....

picassomaternitedonner la Vie". Ainsi s'intitule un spot publicitaire de Puerto Rico sur...l'allaitement long !

Ici, sur Youtube.

Ce n'est pas demain la veille que l'on verra ça ici...meuh non, ma bonne dame, ici on a de l'argent pour se payer du lait.

Pascale
maman de Théo (allaité 4 ans) et de Roxane (allaitée 3 ans et demi)

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21 octobre 2007

Allaitement, féminisme, liberté et compagnie

473644_56cbdQuestions :

Pourquoi les mères allaitantes rencontrent-elles tant de difficultés ? De la part de qui ?
Paradoxalement, la promotion de l'allaitement maternel ne risque-t-il pas d'avoir des effets pervers : culpabiliser les femmes qui n'allaitent pas ? 
L'allaitement maternel rend-il plus difficile le partage des soins à l'enfant entre père et mère ?
Comment réagissez-vous face aux attaques contre les droits des femmes venant de milieux extrémistes, cette volonté réactionnaire (pour le coup) de ramener la femme à son rôle traditionnel, contrôlé par les hommes ?

 

Mes réponses :

La promotion de l'allaitement maternel sert la santé des bébés en premier lieu. Et n'est ce déjà pas suffisant comme but ?
Quant à la culpabilité de n'avoir pas allaité, n'est-elle pas intrinsèque à celui qui la ressent face à des choix non assumés ? peut-on accuser les autres de sa propre culpabilité, de ne pas se sentir à l'aise d'avoir fait son choix ?
Il est un fait évident : les mamans "biberons" culpabiliseraient, et les mères qui allaitent, rarement...pourquoi ? Est ce seulement à cause du discours ambiant, vraiment ?

Personnellement, j'ai tellement entendu de propos contre l'allaitement, tellement subi de menaces (de prendre mon fils en néo-nat parce-qu'il perdait du poids) et de suggestions insistantes de sevrer (par exemple, sous peine de désordre psychique grave chez mon fils, rions un peu), tellement subi d'incompréhension et de discours du même type que cet article du Lyon Capitale, de suspicions de névroses, voire d'inceste en allaitant jusqu'au sevrage naturel, que je suis TRÈS TRES loin de penser que les discours sont en faveur de l'allaitement !
De même, j'ai du mal avec l'idée que les quelques rares mamans allaitantes qui prolongent l'allaitement après quelques mois aient assez de puissance pour stigmatiser et faire culpabiliser l'immense majorité des mamans françaises, celles qui n'allaitent pas ou n'allaitent que quelques semaines...les chiffres dans mon département ? 48 % d'allaitement à la naissance, 20 % après 1 mois, 10 % à trois et après...on ne les compte pas. Oui, j'ai beaucoup de mal à croire à l'oppression de la majorité par une minuscule minorité...la souris qui ferait peur à l'éléphant, quoi.

Dans la pratique, l'existence des "tours de lait" toujours en vigueur dans les maternités est suffisante pour comprendre une partie des difficultés des mamans dans l'allaitement (l'allaitement à beau être naturel, il n'est pas inné et doit être transmis), pourquoi elles sont si peu informées (hormis un laconique - et obligatoire puisque un discours contraire serait mensonger - "allaiter, c'est mieux"), si peu soutenues même en accouchant d'un grand prématuré qui ne peut consommer autre chose que du lait maternel (vécu avec la fille d'une amie née à 29 SA).

Questions intéressantes...mais qui démontrent clairement une certaine orientation que je connais bien : l'allaitement pourrait empêcher le père de s'occuper de son enfant (comme si les soins à un petit se résumaient au nourrissage !), et serait réservé aux mères au foyer forcément rétrogrades et influencées par un courant "ultra" (je ne sais pas quoi...), en gros celles qui n'ont pas grand chose à faire d'autre, quoi. Pourtant, nous allaitons en travaillant à l'extérieur ou à la maison (pour ma part, j'estime travailler 18h sur 24h à plusieurs projets dont d'eux d'envergure, mais sans rémunération).
Nous n'avons pas toutes un emploi "salarié" mais nous avons toutes du travail...certaines confient leur enfant à un tiers et gagnent de quoi payer ce tiers, et d'autres s'en occupent elles (ou eux)-mêmes faisant le travail de plusieurs de ces tiers à la fois ! Il ne s'agit pas d'un "retour" au foyer, mais d'un choix voulu et assumé, pour un laps de temps plus ou moins long afin de profiter du temps restreint de l'enfance de ces petits que nous mettons au monde, temps magique où l'enfant comme le parent grandissent en même temps, où tout se construit...temps savoureux des bonbons, des jolis mots, des douceurs, des yeux qui pétillent et des rires aux éclats.
C'est drôle, en écrivant, je me rends compte qu'on admire les hommes "pères au foyer", les "nouveaux pères", mais qu'on dénigre toujours autant les mamans...toujours coupables, les mères. Prophétie adamesque oblige. Et ça perdure, malgré une société dite "moderne".
Pourtant, mon mari (artisan), dit volontiers que s'il embauchait, il prendrait une maman de plusieurs enfants, tant il faut d'énergie, d'endurance, de confiance en soi et en la vie...y a qu'à voir combien ont besoin de laisser leurs enfants pour "souffler" (y compris en allant travailler à l'extérieur !)...combien de personnes se sentent réellement "capables" de s'en occuper à temps plein, de vivre avec au long cours.

Quant au féminisme, je considère que le droit de vivre sa féminité comme on l'entend est une revendication qui en découle. La mienne comprend l'utilisation de toutes les possibilités de mon corps, en aucune façon "contrôlé par les hommes" qui sont au contraire parfois contre l'allaitement par méconnaissance, difficulté de positionnement et / ou jalousie (des amis ont obligé leurs compagnes au sevrage, quelques mois avant leur séparation...l'encouragement au sevrage étant un symptôme fort de difficultés dans le couple, d'un rapport conflictuel qui se focalise sur le sevrage qui ne résout rien pourtant).
Vivre la maternité sur le mode parental qui me correspond est la plus importante de mes libertés, ainsi que la plus fondamentale. L'homme que j'ai choisi pour partager ma vie n'a jamais eu besoin de donner un bib pour se sentir père, ni eu l'envie de me jalouser dans ma personnalité et ce que j'offre à mes enfants. Il lave, soigne, lange, berce, porte, rendort...à sa manière, selon sa personnalité et ce qu'il a à offrir ; tout ce qu'un papa peut faire, hormis nourrir les quelques premiers mois, tâche symbolique qui semble avoir tant d'importance que ça en devient ridicule.

Je répète que ce n'est pas pour rien que les pays les plus évolués en matière de féminisme sont aussi ceux qui ont un fort taux d'allaitement, qui plus est "long".
Le non allaitement ne serait-il pas au contraire, un dictat posé par l'Homme sur le corps des femmes pour qu'elles n'en disposent pas à leur guise ? (sans parler des considérations économiques sous-jacentes...).
Qui des femmes allaitantes de celles qui "n'osent pas" sont le plus libérées, d'après vous ? quels sont les vrais motifs au non allaitement ?
Ecoutez les parler ; entendez derrière les arguments du partage des biberons, de "l'égalité homme / femme" (position que j'avais adolescente, alors nourrie d'une certaine rancoeur envers le premier homme de ma vie), ceux qui viennent après : la gêne, la honte, la peur, la douleur, le dégout (certaines y voyant un acte sexuel - j'ai une collègue qui m'a, un jour de grande tolérance élégante, lancé qu'il était "hors de question qu'elle se fasse suc** les seins par son enfant"), la difficulté, l'ignorance, l'impossibilité du corps à corps avec leur bébé et d'envisager la proximité ainsi que sa prolongation au-delà de quelques jours ; tout un monde de souffrances et de peurs, de gêne, d'obligations et de soumission à une société soi-disant libératrice mais qui impose sa loi.
Souvent, les premières sont accusées d'être exhibitionnistes, de "montrer leurs seins", alors qu'en même temps, on leur reproche exactement le contraire : de prôner pour un retour en arrière, d'être anti-féministes ! alors exhibitionnistes s'assumant et libres ou enfermées chez elles et contrôlées par les hommes ? faudrait savoir !

L'évolution du féminisme ne serait-il pas d'être vraiment libres, libres et informées, pour faire des choix en pleine conscience, pour être et faire ce que nous voulons, en harmonie avec nos compagnons et nos enfants ?
Quand l'allaitement sera présenté sous l'angle de la santé, de l'écologie, de la liberté d'action (on peut aller partout avec un bébé allaité et porté contre soi !), de la liberté d'être (mère qui danse avec les loups ou contre), il perdra ses considérations pseudo-intellectuelles et philosophiques (très occidentales !) et redeviendra ce qu'il est et restera : la possibilité de nourrir son enfant avec le lait qui lui est le plus adapté (non, je ne fais pas culpabiliser, mais j'appelle un chat un chat) avec les organes nous disposons à cet effet.

On y trouvera peut-être au passage un regain d'énergie animale, et nous nous sentirons plus reliés à la Terre, à ce monde dont nous ne sommes que les mammifères les plus intelligents (à ce qu'on dit :-)) mais loin d'être les plus doués pour la vie. La "mammiféritude" a cela de magique : elle permet de ne pas être définies de l'extérieur par des concepts qui servent à nous enfermer dans des petites cases...."être femme", "être mère", "devenir femme / mère" se vit de l'intérieur, se ressent, se savoure. Ce ne sont plus des "rôles" mais des vécus...plus des définitions vides dont certain( e) chechent le sens toute leur vie mais un mode de vie adopté, intégré et assumé.

Comment je vis les critiques ? ça fait quelques années que je chausse mes oreilles de girafe et que j'ai appris à plaindre ceux qui les formulent, tant ce que j'ai découvert grâce à l'allaitement leur semble étranger. Tant l'agressivité subie parfois sert à masquer le manque de confiance et la culpabilité...des sentiments que, justement, j'ai vu s'éloigner petit à petit avec bonheur.
Oh, parfois, je me mets en colère, oui. Parce-que ça me révolte et que ne rien dire, ne pas lutter, c'est accepter. Alors je lutte, je n'accepte pas, et je continue...à allaiter.

Pascale
maman de Théo (7 ans) et de Roxane (3 ans)

PS : aujourd'hui, j'ai cantonné mon mari à son "rôle traditionnel"...fiston avait envie de jouer au rugby, ils ont fait des plaquages et des tirs pendant un long moment, aidés joyeusement d'une petite fille qui allait d'eux à moi...tranquillement assise (pour une fois) sur le bord du terrain en train de lire un merveilleux petit livre. Parce-que voyez-vous, moi les plaquages et les tirs entre les poteaux, c'est pas mon truc...quitte à passer pour une rétrograde qui cantonne son homme dans son "rôle traditionnel"...c'est chouette un papa qui s'occupe longuement de ses enfants, non ? (vu leurs sourires et leurs joues rosies du plaisir de jouer, ça avait l'air) ; alors pourquoi quand c'est la maman qui le fait dit-on d'elle qu'elle accepte d'être cantonnée dans son rôle traditionnel de femme ?
Et puis, d'abord, qu'est ce que c'est " le rôle traditionnel des femmes contrôlé par les hommes" aujourd'hui qu'une soumission a remplacé une autre ? moi, je connais seulement celui que j'ai choisi...

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La Grande tétée (suite bis)

b_b_quitete2L'article paru dans un journal lyonnais et dont il a été fait mention en commentaires m'a profondément écoeurée : ici

Il a d'ailleurs soulevé un nombre impressionnant de commentaires.

Je partage avec vous les miens, afin que l'OBSCURANTISME AUTOUR DE L'ALLAITEMENT RECULE EN FRANCE, que le regard change sur cet acte finalement libérateur de tellement d'entraves (en n'allaitant pas, on se soumet à bien plus de diktats qu'en allaitant ! ce n'est pas par hasard que les pays où on allaite le plus soient ceux les plus libérés, les plus démocratiques, les plus "responsables" et à la pointe de l'écologie),  parce-que nous devons refuser d'être ainsi salies :

Quelle honte que de lire de soi-disant "articles" tels que celui-ci ! (-)
Ca parle de sexe (pour parler poli) à tous les coins de rue, d'objets, de films, de "libertinage" en toute simplicité et dans tous les médias ; ça ne voit pas les comportements équivoques, et les strings (même sur des papas) sur la plage, mais ça se choque d'une maman qui allaite, soi-disant "exhibitionniste" et "montrant ses seins" (croyez-vous vraiment que ce soit le but ?) ?
Au passage, on n'a vraiment rien à envier à un certain puritanisme américain que pourtant on méprise ici allègrement. (-)

Je ne répèterai pas tous les arguments déjà dits (en faveur de l'allaitement) mais j'en ajoute un : à une heure où la pollution et la surconsommation deviennent un problème majeur dans notre société, allaiter mes deux enfants jusqu'au sevrage naturel (et en travaillant pour le premier s'il vous plaît !) m'a permis de n'avoir jamais acheté aucun lait artificiel. C'est donc un geste que j'intègre complètement dans l'écologie et la déconsommation.
Sans compter qu'à eux deux, mes enfants (7 et 3 ans) cumulent une vingtaine de visites chez le docteur (dont les obligatoires) et n'ont pris que très peu de médicaments. Toujours ça de gagné pour leur santé et la sécu. On peut s'en ficher complètement et faire d'autres choix, mais on assume et SURTOUT, on ne tire pas à boulets rouges sur ceux qui font autrement et...qui l'assument aussi sans se cacher (ce que vous appelez de l'exhibitionnisme, comme si on vivait dans un pays d'Ayatollah !) et sans "rester à la maison", parce-que au cas où vous ne le sauriez pas, allaiter permet aussi de nourrir son enfant partout.

Tiens, on va faire un pari : celui ou celle qui a rédigé l'article n'a pas d'enfant allaité...et n'y connait rien. Pire, il ou elle n'a pas d'enfant tout court... Pourquoi en parler alors ? comment pondre un article digne de ce nom quand on ne connait rien au sujet ? "avant de juger ton frère, marches 7 lunes dans ses souliers"

Continuons en décryptant le titre de l'article...donc "montrer l'allaitement" c'est "montrer ses seins" ? n'est ce pas un peu réducteur ? et le terme "réac", que faut-il en penser ? Rappelons, de plus, que la Leche League n'est pour rien dans cette manifestation...et que les mamans (de tous horizons !) qui y trouvent du soutien sont bien contentes, car par défaut, il n'y a personne pour elles.
Merci de ne pas entâcher de considérations religieuses hors de propos le travail formidable que font les bénévoles reprenant un travail que personne ne veut faire ici. Merci pour le cours de français et de journalisme (-).
Personnellement (mais chacun son avis, hein ?), jamais je ne pourrais descendre ainsi un mouvement qui se veut rassembleur et voulant faire avancer les choses sur un sujet qui me tient à coeur...ce serait de l'auto-dénigrement ! et le "travail" pour faire accepter l'allaitement maternel en France (ce pays soi-disant si avancé, si libre !) est tellement dur, tellement entravé par les mentalités d'arrière-garde médicale, de gros sous (un bébé allaité ça ne rapporte à personne, hein ?) ou post-féministes ; il y a tellement de souffrances dans l'absence de soutien à l'allaitement maternel, tellement de mamans qui pleurent parce-qu'elles n'ont aucun aide et n'y connaissent rien, qu'écrire de tels articles ne peut qu'amener du grain à moudre à ceux qui déjà tapent dur sur ces mamans qui bien sûr sont accusées de toutes sortes de maux : "réac", "catholiques", "mères au foyer assignées à la maison", ou "exhibant leurs seins". Ajoutons-y une autre : "écolo" :-)
En tant que mère allaitante, jamais, je n'aurais pu taper sur mes "soeurs" d'allaitement, et sur leurs bébés ainsi. Je suis navrée que nous soyons si en retard sur bien des pays pour qui l'allaitement coule de source, si j'ose dire. Parfois, j'ai même honte d'être française, je vous l'avoue, tant les discours sont rétrogrades, dégradants, réactionnaires, limités, liberticides, et peu empathiques.
Plus grave à l'heure actuelle, ils sont anti-écologiques.

A une commentatrice qui m'accuse de vouloir rendre aveugle toout le monde
(Article médiocre sur le fond, peut-être, mais très bien rédigé. Faut arrêter deux secondes l'acharnement ! Là ça devient gratuit et bien plus méprisant, au final, que l'article lui même. Comme le disait si bien Gandhi "oeil pour oeil finira par rendre le monde aveugle". A bon entendeur...) : Sauf que pris au premier sens, le véritable, cette phrase biblique encourage à se défendre sans se venger...à rendre exactement ce qui a été fait, mais pas plus :-) en somme, ne pas être dans la surenchère, mais dans la justice. Et il est normal de se défendre, même pour Gandhi qui n'a pas été en reste, loin de là.
Ne pas accepter l'insulte et la salissure est le moins que l'on puisse faire pour justement éviter la soumission...terreau fertile des sujets "bien plus graves" comme vous dites dans notre chère France.
Au-delà, il y a un devoir de lutter contre une désinformation polluante, surtout quand elle émane du journalisme, sensé être informatif et neutre, et non l'énoncé subjectif d'avis personnel.

Pascale,
maman de Théo (7 ans) et de Roxane (3 ans)

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15 octobre 2007

La Grande tétée (suite)

Premières photos de la grande tétée, et article clair et concis (ça nous change des âneries lues l'année dernière) : http://afp.google.com/article/ALeqM5jiBhMm8bn_se05YMwVl1PYlY3UtQ

Pascale
maman de Théo (7 ans) et de Roxane (3 ans)
 

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11 octobre 2007

2ème édition de la "Grande têtée"

b_b_quitete2en France, le dimanche 14 octobre.

Pour connaître les modalités de cette manifestation dans votre ville : http://www.la-grande-tetee.com/

et de très belles photos de celle de Bruxelles, cette année : http://picasaweb.google.com/neonatstudio/GTT02

Alors, à dimanche !

Pascale,
maman de Théo (7 ans, 4 ans d'allaitement) et de Roxane (3 ans, toujours allaitée)

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08 octobre 2007

Quand l'hôpital pour enfants décourage l'allaitement...

b_b_quiteteun récit hallucinant, ici : http://allaiteretdroit.blogspot.com/

Le coup de Gallia doit rester en travers de la gorge pour longtemps.

Que dire des phrases "vous ne pouvez pas allaiter, il y a des hommes" ou "l'hôpital ne peut pas cautionner cette pratique" ...!!!

Euh, ôtez-moi d'un doute, c'est bien la France ici ? état de droit, de liberté, "en avance sur le plan de la santé" ? ahhhh, ouf, vous m'avez fait peur, je croyais avoir émigré dans un de ces pays régis par des Ayatollah et où les femmes doivent se cacher. Et je me mets ma main à couper que même chez eux, l'allaitement n'est pas vu sous l'angle d'une "pratique"...la décence m'oblige à ne pas dévoiler ce à quoi me fait penser ce terme.

Quelle honte : ouuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuh !!! (les deux mains en entonnoir, na !)
Ca voit des c*** partout, même pour vendre des yaourts ; ça ne bronche pas devant l'évocation sans équivoque d'une climat familial incestuel dans les deux dernières publicités qui personnellement m'ont écoeurée : la dernière publicité d'Orange où on voit des parents rentrer dans la chambre de leur fille à peine sortie d'une partie à 6 et qui en sourient (slogan évocateur vulgarissime "éclates-toi avant de te faire éclater"), ou encore la publicité Conforama où un pauvre grand garçon ne peut pas utiliser son nouveau matelas avec sa copine parce-que ses parents le squattent pour l'essayer sous ses yeux depuis plusieurs jours ; et ça se choque d'un bambin qui tête !!!
Au passage, on n'a vraiment rien à envier à un certain puritanisme américain que pourtant on méprise ici allègrement.
Regardes-toi dans la glace, petit français vaniteux.

A moins que...l'intéressement à l'achat en gros du lait anciennement appelé "maternisé" (appellation interdite, je rappelle) soit tellement important pour eux ? Ah, ces labos qui offrent des voyages à l'autre bout du monde...dommage que ce soit sur la santé de nos gamins, et au final de notre système de sécu.
Mais quand est ce qu'on va y mettre réellement le nez dans ce foutoir ?

Pascale, en colère

maman allaitante depuis 7 ans, pas "pour son confort" ni parce-qu'elle s'adonne à une pratique (argh, rien que de l'écrire, ça m'insulte !), mais pour donner le SEUL (faut-il encore le répéter ?) LAIT adapté à l'espèce humaine, lait ANTI-BACTÉRIEN BOURRÉ D'ANTICORPS (eh oui, et plus l'enfant grandit, plus il y en a, messieurs les docteurs), LAIT GRATUIT, constamment DISPONIBLE à bonne température et dont la production NE COUTE RIEN à personne et NE POLLUE PAS ; accessoirement, pour ne pas filer un centime à un labo ou une industrie pour qu'il nourrisse mes enfants alors que je peux parfaitement le faire, et d'une manière bien plus écologique et chaleureuse.

Quels nazes rétrogrades, quand même...J'espère que le Docteur Pilliot (http://avancer.canalblog.com/archives/2007/01/14/3693296.html) va réagir à cela.

Rappelons que le Programme National de Nutrition et Santé ainsi que l'OMS préconisent un allaitement exclusif minimum de 6 mois, et un allaitement de deux ans (mais oui, un enfant allaité ça mange autre chose ! exactement comme un bambin qui boit des bibs - jusqu'à quel âge certains, hein ? - et mange "solide" aux principaux repas).

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17 mai 2007

Nestlé épinglé

Relai d'information : Nestlé se fait épingler pour abus de publicité

"Allaiter au sein ou au biberon, pour certains le choix peut se révéler mortel. L'organisation non gouvernementale Save the Children a publié hier un rapport dénonçant les multinationales qui ne respectent pas certaines règles internationales. Principal accusé : le groupe suisse Nestlé, leader de l'industrie agroalimentaire mondiale.
L'OMS restreint la commercialisation des substituts du lait maternel depuis 1981. Or, Nestlé promeut ses produits pour nourrissons à grand renfort de publicité et de démarchage, ce qui a des conséquences catastrophiques dans certains pays pauvres.
Selon Save the Children, développer l'allaitement au sein permettrait au Bangladesh, par exemple, de diminuer le taux de mortalité infantile de près d'un tiers, sauvant ainsi 314 enfants par jour des diarrhées et pneumonies dues à la non-stérilisation des biberons et à l'eau contaminée utilisée avec le lait en poudre."

©2007 20 minutes

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10 mai 2007

Utopie ?

b_b_quitete2Je me suis faite avoir. En beauté.
Je me suis laissée convaincre, et pourtant, j'étais réticente.
Circonstances atténuantes : la multiplication des articles divers autour du sujet, voire les réactions indignées des mamans qui y auraient été "forcées", les discours alentour, le bain dans les groupes de parents et associations qui se sentent concernés.

La désillusion fut donc grande, ce midi.

Je sonne à sa porte, toute heureuse de faire la connaissance de son tout petit, nouveau et troisième enfant, et de la serrer dans mes bras. Impatiente aussi de savoir si elle est heureuse de son accouchement, et comment se passe son allaitement, à elle qui m'a posée des dizaines de questions pendant sa grossesse et qui m'a dit toute sa détermination à réussir l'allaitement de celui qui sera sans doute son dernier enfant, après deux tentatives qui ont rapidement tourné à ce qu'elle ressent comme des échecs très frustrants et dévalorisants.

Le papa m'accueille, visiblement ravi et j'entre dans le salon les yeux rivés sur la magnifique image d'une maman allaitante et d'un bébé qui tête, les yeux fermés de plaisir. Il tête bien, très bien, me dit-elle, et son sourire me le confirme. Son accouchement, elle en est contente aussi. Elle dit qu'il est sorti "comme une lettre à la poste, en 1h". Qu'elle a quand même été déclenchée parce-qu'elle a dépassé le terme d'un jour, et qu'elle a fini par demander la péridurale parce-que ses forces étaient toutes entières occupées à lutter contre la peur et l'angoisse des mots qui lui avaient été dits la veille : "le coeur de votre bébé ralentit". Et comme je la comprends.
Elle en est heureuse quand même, et voilà bien l'essentiel. Je souris, heureuse pour elle, pour eux, de cette nouvelle existence à 5...jusqu'à ce qu'elle me pose LA question qui tue : "ah au fait, il faut que je te demande : c'est vrai qu'on doit espacer les tétées d'au minimum deux heures, sous peine que le bébé ait des coliques ?".
Non de non, mon sang ne fait qu'un tour ! j'arrive à bafouiller dans mon indignation "n'importe quoi ! qui t'a dit ça ?"...."ben, les puéricultrices de la clinique...je me suis faite grondée parce-que je lui donne à la demande, elles l'ont vu sur le relevé des tétées" (re-Grrrrrrr). Et elle ajoute "elles m'ont dit que ça allait lui donner mal au ventre"...alors, j'ai repris mon souffle (légèrement coupé par tant d'ignorance et d'idiotie) et j'ai apporté les éléments de réponse nécessaires à la réussite de son allaitement, mais aussi plaidé la cause de ce petit bout de chou qui a besoin de boire, manger mais aussi de sucer pour voir ses besoins physiologiques et affectifs basiques comblés.

J'y ai cru, vraiment. Mais devant de telles inepties, une telle méconnaissance des bases (pourtant simples quand même !) de l'allaitement au sein (le lait maternel se digère en 20 min...c'est pour le lait artificiel qu'il faut attendre au minimum 2h car c'est son temps de digestion), il me semble désormais que c'est une utopie de croire au "retour de l'allaitement maternel" mais surtout à son soutien correct par les primo-accompagnants à la naissance en structure.

En espérant que la graine du doute plantée dans son coeur de maman ne germera pas.

Pascale,
maman de Théo (05/07/00) et de Roxane (31/07/04)

Posté par materner à 19:27 - allaitement - Commentaires [16] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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