08 juin 2008
"j'ai pas de copines..."
Hier, nous avons assisté à deux charmants spectacles de la maison de quartier de notre petite ville.
Le gala de danse des petites était chouette (si je passe sur la gêne que m'occasionne toujours la vision des danses orientales lassives à moitié nues, et des culottes montrées pour le french-cancan) ; surtout parce-que j'y voyais l'adorable minois de la fille d'une amie qui m'est chère.
Mais le spectacle des adultes du centre social m'a légèrement fait rire...jaune.
La scène : l'école des fans dédiée à Dalida, revue et corrigée par de grands bênets (comprenez adultes déguisés et mimant les enfants). L'animatrice pose des questions à la Jacques Martin : "quel âge tu as ?" "qui sont tes parents ?" "tu vas à l'école ?" "en quelle classe ?"....
Une des 4 répond "non, je vais pas à l'école". L'animatrice mime l'étonnement "ah, bon, tu as 5 ans, et tu ne vas pas à l'école, tu es sûuuuuuure ?" ; "vi, j'en suis sûre, j'apprends à la maison, c'est mon papa le précepteur". Là, se lève un acteur jouant le papa sensé être l'image du libidineux bizarre...
hum.
Une autre dit "non, je vais pas à l'école". L'animatrice "et tu as des copines ?"...."ben, non, pisque je vais pas à l'école".
Et là, mon sourire s'efface devant la niaiserie de leur évidence à eux : sans école, point de vie sociale, pas d'amis, pas de sorties. RIEN, NADA, NIENTE en dehors d'une structure soi-disant dédiée, le vide intégral de la vie, quoi...
Imaginons un tel discours servi aux adultes "ah, vous ne travaillez pas ? alors vous n'avez pas d'amis ni de vie sociale ?" parce-que, c'est bien connu, nos amis sont TOUS sur notre lieu de travail, ne sont QUE nos collègues de travail...pas de vie avant, pas de vie après...et ça se rentre dans le crâne dès le plus jeune âge.
Remarquez que beaucoup le croient puisque c'est une peur très courante servie comme rempart à l'arrêt du travail et un soupçon que l'on formule facilement (les parents au foyer y sont régulièrement exposés). Et ils sont nombreux à déprimer sévèrement à la mise à la retraite, ou en cas de maladie empêchant le travail pour quelques temps, ou encore lors d'un congé X ou Y (parental par exemple). Parce-que cette croyance qui nous permet de nous réjouir d'aller à l'école ou au travail parmi nos collègues durant les années où nous nous y sentons obligés, nous empêche aussi d'envisager la vie sous un autre angle que celle de ces rails artificiels. Et quand l'école et le travail s'arrêtent, combien sont perdus devant leur disparition soudaine, combien ne savent plus VIVRE tout simplement ?
Avec une pensée spéciale pour mes enfants qui ont un agenda bien rempli pour rencontrer tous leurs amis (ben oui, quand on ne va à l'école que 3h par jour, on a plus de temps...) et à tous les travailleurs indépendants et artisans de ce pays, qui travaillent VOLONTAIREMENT seuls chaque jour et n'ont pas besoin d'un bataillon de collègues pour survivre....pauves associaux qui n'ont pas d'amis...hahaha.
Meuh...ce spectacle, c'était que pour faire rire, hein ? entre ça, et la conversation des mamans-pro-fessées réunies qui vantaient les mérites du martinet (je vous assure que j'ai cru tomber parterre)...j'ai été servie ! heureusement que des amis (eh oui, j'en ai ! même si je travaille chez moi depuis 4 ans) et un groupe de musique très sympa m'ont changé les idées.
Pascale,
qui a vu son univers longtemps rétréci entre 4 murs de bureaux, largement s'élargir le jour où elle a décidé d'en sortir,
maman de Théo (05/07/00) et de Roxane (31/07/04)
06 juin 2008
L'école à la maison : une autre alternative à la rue ?
Témoignage et actions chocs de Farida Belghoul, professeur de français : l'article en ligne ou comment l'école à la maison peut être un projet social de belle envergure....
Pascale,
maman de Théo (05/07/00) et de Roxane (31/07/04) instruits en famille
02 juin 2008
Ce que l'on inculque ENCORE à nos enfants dans leurs livres de lecture
Extraits du manuel de lecture de cp bulle collection bordas :
Et ne me dites pas, en politisant le débat de façon ultra-simpliste comme d'habitude
("c'est la faute à Sarkozy, oui, oui"), que c'est le retour des
"vieilles méthodes" qui veut cela, SVP. L'année dernière, fiston avait
une méthode tout ce qu'il y a de plus moderne soi-disant (entendez
"globale") et qui véhiculait pas mal de poncifs qui me hérissaient (du
style "les bébés, ça pleure tout le temps", "on mérite une fessée quand
on a pas été sages"...si, si...). La méthode syllabique que nous avons
choisie quand nous avons opté pour l'instruction en famille ainsi que
la pédagogie Montessori ne contiennent aucunement cela...et d'ailleurs,
en quoi cela aurait une quelconque utilité pour la lecture, hein ?
hormis de faire passer des messages ?
Non, le problème est tout autre que politique ! il est trop simple, trop caricatural de le réduire à cette donne toute bénie et qui permet d'accuser l'autre sans jamais se remettre en cause (en prime, ça ne fait en rien avancer les choses !) . Non, le problème est sociétal : ce qui est en cause c'est que nous acceptons comme allant de soi, et encourageons toujours la violence sur les enfants, les discours sexistes, les oppositions inter-générationnelles, les moqueries, et que nous
fermons les yeux sur ce que contiennent les manuels, en acceptant que
de telles choses soient lues (et donc, apprises).
Pascale,
Maman de Théo (05/,07/00) et de Roxane (31/07/04)
30 avril 2008
Pétition pour Alexandre, et contre la violence éducative acceptée
N'0ubliez pas : http://petition.et-pourtant.org/php/index.php
Pascale
08 avril 2008
L'humour contre Aldo
Attention, préparez vos mouchoirs, j'en ai pleuré de rire ! : Alix (Gir0d de l'Ain) par0die Ald0
Alix est toujours aussi douée (elle me faisait bien rire dans une autre vie quand j'aimais lire "ELLE").
Ca fait du bien, tiens !
Pascale,
maman de Théo (05.07.00) et de Roxane (31.07.04)
05 avril 2008
La version des médias
Depuis hier, la mort de l'enfant d'un couple de végétaliens secouent les médias et déchainent les commentaires fustigeant de criminels les choix alimentaires alternatifs : un c0uple de végétaliens écr0ué p0ur privati0n d'aliments
Si l'histoire est tragique, et qu'on ne peut avancer d'explications forcément foireuses sans avoir plus d'éléments, il est regrettable de constater comment les médias - encore une fois - présentent les faits, influençant inexorablement l'opinion.
En effet, l'enfant est présentée comme morte des suites d'une "privation d'aliments" alors qu'en réalité, elle était allaitée exclusivement...comme ma fille jusqu'à 9 mois (pas par conviction mais parce-qu'elle vomissait tout aliment solide).
Est présenté comme "preuve" son petit poids (5,7 kg) au moment de son décès ; pourtant l'enfant était malade et présentait une gastro-entérite dans les jours précédents...qui n'a pas connu un bébé, un enfant, qui perdait 20 ou 30 % de son poids en quelques j0urs à cause d'une gastro-entérite ? (je connais une petite fille - pas allaitée - passée de 10 à 7 kg en 3 jours).
0ui, certains enfants meurent de déshydratation lors de gastro-entérites carabinées, mais leurs parents ne sont pas tous écroués pour "privation d'aliments"...parce-qu'ils ne sont pas végétaliens ni allaitants exclusifs ! alors, en réalité, on juge qui et quoi : la mort de l'enfant, la privation (réelle ?) d'aliment, ou l'allaitement et le régime végétalien des parents (je rappelle que l'enfant étant allaitée, elle n'était donc pas végétalienne de fait) ? Le lait maternel ne serait donc plus un aliment ? et de surcroit le meilleur qui soit pour le bébé ? n'avons-nous jamais entendu parler de ces bébés sortis vivants et en bonne santé de la dernère guerre mondiale ?! la population qui a le moins souffert en terme de nutrition durant cette période sont les bébés qui étaient allaités !
Rappelons aussi que l'allaitent long et/ou exclusif n'est rare que dans notre pays adorateur du lait de vache, et qu'il est désormais recommandé jusqu'à 9 mois dans les pays du nord de l'Europe, mais aussi que l'0MS rec0mmande un allaitement (avec diversificati0n) de deux ans.
Le déchainement des ignorants de l'allaitement est à la hauteur de leur absence d'empathie pour l'enfant et sa famille.
Et ça fait mal au ventre.
En attendant, des milliers d'enfants bourrés de yaourts à boire, de chips et de coca, grossissent en se préparant un beau diabète ou une obésité...mais leurs parents ne seront jamais considérés comme les privant de "soins", ni écroués bien sûr ! à quand une interdiction de mal nourrir ses enfants et des mises en examen pour "malbouffe" ?
A ceux qui me liraient, sceptiques à l'idée de défendre l'allaitement long exclusif (qui, rappelons-le, n'est "extraordinaire" qu'en France), voici un petit panel de photos de ma fille à 9 mois allaitée exclusivement :
Je dirais même mieux, et qui ne surprendra pas ceux qui connaissent (et pratiquent !) l'allaitement, ma fille s'est "affinée" au passage à la diversification ! en effet, quand le lait maternel n'est plus l'alimentation exclusive, il n'est pas rare que les bébés prennent moins de poids, voire en perdent, car le lait maternel est l'aliment le plus gras et le plus riche en lactose (euh...des aliments naturels et non bourrés de graisses industrielles évidemment). Précision : nous ne sommes pas végétariens.
Cette histoire me rappelle celle d'une amie végétarienne, actuellement embêtée par un médecin qui lui reproche de ne pas donner de viande à sa fille de 2,5 ans alors qu'elle consomme lait, fromages et oeufs...aujourd'hui, à l'heure où la consommation excessive de viande fait des ravages tant dans la santé que sur la planète, il est étrange qu'on continue à proner la consommation EXCESSIVE et à tout prix de protéines animales... car oui, donner à un enfant oeufs + laits + laitages + fromages + viande quotidiennement, c'est le gaver en excès de protéines ! les nutritionnistes le clament à longueur de temps : c'est soit l'un, soit l'autre !
Souhaitons que ces parents, s'ils ne sont pas maltraitants comme on les accuse, puissent faire reconnaitre leurs droits, défendre leur allaitement, et...pleurer leur petite fille en paix.
Pascale,
maman de Théo (allaité 4 ans, 5 mois exclusivement), et Roxane (allaitée 3,5 ans, 9 mois exclusivement)
Soutenir Alexandre, l'élève frappé
Soutien à Alexandre : Contre-pétition contre la violence et en faveur de l'élève frappé du collège Gilles-de-Chin.
Rappel des faits :
En Janvier 2008, les médias font état d'un professeur du collège
Gilles-de-Chin à Berlaimont, monsieur José Laboureur, qui, ayant giflé
un élève l'ayant traîté de "connard", se retrouve mis en examen pour
violence aggravée.
C'est sur la foi de cette version que le professeur a reçu plus de 40
000 lettres de soutien, et que le SNALC et le SNES, deux syndicats
enseignants, ont diffusé une pétition de soutien le concernant, pendant
que l'élève était sanctionné, renvoyé, avant d'être forcé à changer
d'établissement scolaire, et conspué par la France entière, sous le
silence complice de son professeur.
Cette version, toutefois, n'est basée sur aucune source sérieuse. La
Justice de notre pays, par la voix du Procureur de la République
Bernard Beffy, donne de son côté la version suivante :
« Il ne s’agit pas du tout d’une simple gifle, mais bien d’une vraie
scène de violence longue de 1 minute qui dépasse largement les bornes.
La classe entière a été choquée par ce qui s’est passé, et ce sont deux
élèves traumatisées qui, à la fin du cours, se sont rendues à
l’infirmerie pour raconter ce à quoi elles venaient d’assister.
A aucun moment le professeur n’a demandé à l’élève de débarrasser son
bureau. L’enseignant a tout renversé sans un mot et c’est alors que
l’élève de 11 ans, qui en paraît 8 physiquement, lui a demandé pourquoi
il avait fait cela. Le professeur l’a saisi par le col et poussé contre
le mur, l’enfant l’a insulté, la gifle est partie. Le professeur a
ensuite traîné l’élève en larmes, qui ne touchait pas terre, jusqu’à
son bureau, puis dans une salle attenante où il a exigé des excuses
qu’il a obtenues avant de ramener l’enfant dans la classe en lançant
que la parenthèse était refermée et que personne ne devait parler de ce
qui s’était passé… »
Contrastant largement avec la version donnée usuellement dans les
médias, c'est là d'une scène de maltraitance sur enfant dont nous
informe Monsieur le Procureur.
Par conséquent :
Nous, citoyens de convictions et de professions diverses, souhaitons par la présente :
- Rappeller que loin d'une simple gifle, cette affaire en est une de
maltraitance inacceptable et injustifiable, qui ne peut en aucun cas
être réduite à une histoire de "professeur qui met une gifle parce
qu'il se fait traiter de connard", et renvoyer chacun à la version de
Monsieur le Procureur de la République.
- Affirmer que dans notre pays, la maltraîtance et plus généralement la
violence sur enfant n'est pas acceptable quelque forme qu'elle prenne
et quelle qu'en soit la raison, et surtout pas des actes de violence
injustifiée de la part d'un éducateur professionnel envers un enfant de
11 ans.
- Affirmer notre foi en la justice de ce pays, exiger que toute la
vérité soit faite et publiquement connue sur cette affaire, et faire
savoir notre désir de voir le professeur effectivement renvoyé devant
le tribunal correctionnel pour y être jugé et, le cas échéant, condamné
comme il se doit, en fonction des actes réels et non de ceux rapportés
dans la presse.
- Nous élever contre une certaine conception de l'éducation (témoigné
par les français en de nombreux endroits) et contre un certain
corporatisme (exposé par les pétitions du SNES et du SNALC) qui
consiste à blanchir un homme violent, lui attribuant le statut de
victime, et à conspuer un enfant victime de violences.
- Dire à Monsieur Laboureur notre regret qu'il ne veuille pas assumer
son erreur en la reconnaissant, et sinon en présentant des excuses à
son élève, au moins en sortant de son silence pour que ce dernier cesse
d'être insulté par des milliers d'individus.
- Enfin et surtout, nous voulons affirmer notre soutien et notre
solidarité à Alexandre, l'élève de 6ème du collège Gilles-de-Chin à
Berlaimont frappé par son professeur, et victime d'une violence
injustifiée et disproportionnée, ainsi que d'insultes scandaleuses et
inacceptables de la part de courageux anonymes de la France entière.
Nous souhaitons lui faire savoir que des citoyens sont avec lui, et lui
souhaitent bon courage pour la suite de ses études.
Jeune homme, nous sommes à tes côtés, courage Alexandre !
Les Signataires.
http://petition.et-pourtant.org/php/index.php
Pascale,
maman de Théo (05/07/00) et Roxane (31/07/04)
23 mars 2008
A. Naouri encore...
Promis, c'est le dernier message consacré au Monsieur.
Mais il est important de connaître les "dessous" de son discours, paru dans un article du "Point".
Parents maternants, adeptes de l'éducation respectueuse et de la simplicité volontaire, accrochez-vous...Chaque jour, je vérifie avec mes enfants à quel point il se trompe, dans ses conclusions comme dans ses recommandations.
Comme je ne veux pas être complètement injuste, je surligne en bleu ce avec quoi je ne suis pas totalement en désaccord (sans pour autant partager forcément les raisons ni les conclusions)...Mais je ne commente pas, j'ai assez perdu de temps ces derniers jours avec lui.
Tout ce qu'il ne faut pas faire avec son bébé
Alimentation à la demande
Dès le début du troisième mois, elle devrait faire place à une alimentation réglée-au quart d'heure près.
Ne pas faire du sein de la maman-ou du biberon-une « station-service » à laquelle le bébé puise dès qu'il en a envie !
Le cadeau à l'aîné au moment de la naissance du deuxième
Catastrophique ! L'enfant sent notre crainte que cette naissance le fasse souffrir - ce qui ne sera pas forcément le cas - et devine qu'on l'achète. C'est la porte ouverte à la pire des jalousies.
Le doudou
Si tant est que le bébé en ait besoin, pas question de maintenir le fameux « objet transitionnel » cher à Donald Winnicott [pédiatre et psychanalyste anglais notamment connu pour son travail sur la relation d'attachement mère-enfant, NDLR] au-delà des 2 ans de l'enfant.
Le biberon du matin maintenu jusqu'à 5 ou 6 ans
Epouvantable ! Il doit être supprimé au plus tard à la fin de la deuxième année. Idem pour la sucette. Mieux vaut un enfant qui ne boit pas de lait le matin qu'un enfant qui continue de téter alors qu'il sait boire au bol.
Parler au nourrisson
Quand on a quelque chose à lui dire, oui ! Mais le soûler de paroles et commenter vainement le moindre de ses gestes, « je t'enlève ton chausson, je te fais un baiser », non !
Justifier un ordre
Un ordre justifié n'est plus un ordre. On peut éventuellement donner une explication si l'enfant la demande, mais seulement une fois que l'ordre a été exécuté, et elle doit être rapide.
Marchander : « Si tu fais ça, tu auras ça »
Dramatique ! C'est montrer à l'enfant que l'on ne se sent pas dans son droit, c'est le placer à égalité et l'inviter à négocier en permanence.
Nourrir l'enfant à tout prix
Mieux vaut sortir gentiment un enfant de sa chaise haute s'il n'aime pas sa purée, quitte à ce qu'il attende le repas suivant pour se nourrir. S'il est trop tard et que l'on a accoutumé l'enfant à choisir son menu dès son plus jeune âge, alors tant pis. Qu'il se nourrisse exclusivement de jambon-purée pendant des années, jusqu'à ce qu'il se lasse... On ne doit pas introduire de rapport de forces dans l'alimentation.
Ritualiser le coucher
Le brossage des dents, le pyjama, la chanson, l'histoire, le câlin, la petite lumière pour dormir, etc. Erreur ! Ces rituels qui colonisent aujourd'hui les chambres d'enfants pour les rassurer au moment du coucher en font de vrais obsessionnels. Et donnent un statut à leur peur ! Mieux vaut le soir fermer la porte de l'enfant et le laisser gérer son temps comme il le souhaite-à condition qu'il ne revienne pas au salon-jusqu'à ce qu'il s'endorme
Tout ce qu'il ne faut pas faire avec son enfant
Le câlin du matin dans le lit des parents
Les psychologues sont unanimes pour l'interdire. C'est plus facile à dire qu'à faire. J'estime qu'on peut l'autoriser à une condition : être habillé décemment. L'enfant ne doit jamais, même à cet âge, avoir accès à l'intimité de ses parents. On ne se rend pas compte à quel point un corps nu d'adulte, qui plus est de parent, peut être troublant, déstabilisant pour un enfant.
Frapper un enfant qui frappe
Fréquemment adoptée par les parents, elle n'est pas la solution. De même que mordre un enfant qui mord pour lui montrer ce que ça fait. L'enfant qui se comporte ainsi est un timide inhibé qui découvre son intérêt pour l'autre et essaie d'entrer en contact. Il faut lui expliquer qu'il a raison de chercher à se faire des amis, mais qu'il s'y prend mal, et lui proposer une autre approche, la caresse, par exemple. Il corrigera de lui-même son comportement.
Sacraliser le premier jour à l'école
Un matin comme un autre. Et le soir il suffit de lui demander comment sa journée s'est passée. A trop vouloir en faire on prend le risque de communiquer sa propre anxiété à son enfant. La crainte du parent peut à elle seule traumatiser l'enfant.
Dédramatiser les mauvaises notes
Une mauvaise note ne doit pas passer pour quelque chose d'anodin. Au minimum, elle doit faire l'objet de commentaires. Au pis, d'une punition s'il y a accumulations et que l'enfant ne fait aucun effort.
Lui donner raison contre l'enseignant
Les professeurs sont là pour enseigner et l'enfant pour être enseigné. Cette hiérarchie n'a pas à être remise en question au prétexte que la maîtresse donne trop de travail ou qu'elle est trop sévère. La meilleure attitude en toutes circonstances est de défendre l'enseignant auprès de l'enfant, dès la première année à l'école. Faute de quoi on ne le prépare pas à la réalité du monde du travail.
Intervenir dans les conflits entre frères et soeurs
Au contraire. Il ne faut surtout pas se mêler de régler les disputes à propos des jouets, par exemple, car elles sont formatrices. L'enfant prend conscience de son environnement, de la place qu'il y occupe et apprend à créer des alliances. On les laisse se disputer à leur guise, sauf si cela devient intolérable. A ce moment-là le parent doit intervenir. Quitte à les punir tous, sans avoir à le justifier autrement qu'au nom de son propre confort. Réagir en tant que parent égoïste rétablit la saine hiérarchie parent/enfant.
L'anniversaire avec toute la classe
Il ne faut pas que l'anniversaire ressemble à une noce. Sinon vous le mettez dans une position intenable, au centre de tout, dans un sentiment vertigineux de toute-puissance. Mieux vaut une petite fête avec trois copains qu'avec vingt gamins. Mais les parents veulent souvent renvoyer une image positive de leur enfant et d'eux-mêmes vis-à-vis des autres parents
Tout ce qu'il ne faut pas faire avec son préadolescent
Lui interdire de grignoter toute la journée
Tout dépend. Si le jeune adolescent a des dépenses énergétiques importantes qui lui permettent de manger plus, tout en n'ayant aucun problème de poids ou de santé, pourquoi interdire ? Sinon, il faut l'empêcher de grignoter et d'acheter des produits de grignotage. Car se contenter de lui dire d'arrêter le chocolat et en avoir plein les placards est totalement inutile.
L'autoriser à ne pas prendre tous ses repas en famille
Absolument pas. Quel que soit son âge. Cela paraît dictatorial, mais peu importe. J'ai assez vu des personnalités se déliter chez des adolescents qui manquaient de repères. Le repas de famille en est un. En outre, il est une formidable occasion d'échanges.
Lui interdire de choisir lui-même ses vêtements
Ce qu'un enfant déteste par-dessus tout, c'est être différent des autres. Il voudra donc être lui aussi « à la mode ». Pourquoi l'en empêcher ? Ce qui n'interdit pas d'avoir un discours critique sur la pression publicitaire qui transforme les petites filles et les petits garçons en « déjà adultes »...
Il lui faut un téléphone portable
Aucun intérêt avant l'adolescence. Le parent ne doit pas céder. Eduquer, ce n'est pas séduire. C'est le contraire. Les parents sont condamnés à être aimés et haïs par leurs enfants, quand ils les punissent ou qu'ils leur interdisent quelque chose. Et ils ne peuvent éviter ni l'un ni l'autre.
Ne pas donner d'argent de poche
Pourquoi ? Ce n'est pas inutile pour aborder avec lui la question de l'argent en général. A condition que ce ne soit pas avant 9-10 ans. A lui de décider ce qu'il veut en faire.
Libre accès à la télé ou à l'ordinateur
Là encore, ne pas avoir peur de se montrer autoritaire. C'est au parent de décider combien de temps l'enfant peut regarder la télé. Il faut des règles : trois heures par jour, uniquement le week-end, ou forcément avec l'un des parents. On dose en fonction de l'âge et des résultats à l'école. En revanche, ne jamais oublier que la télé, comme l'ordinateur, est une distraction à laquelle l'enfant a droit s'il a fait tout ce qui devait être fait : le bain, les devoirs...
Parler avec lui de sexualité
C'est devenu courant, et c'est à éviter. Il s'est créé tout un marché de livres pour enfants sur le sujet. A un préado qui vous demande conseil : « Trouve-toi une copine ou un copain pour en parler » est la seule bonne réponse. Pas question de devenir le confident des amours de son enfant, pas plus qu'il ne doit l'être pour ses parents. Il faut que la barrière soit la plus étanche possible. Et ne jamais recevoir le petit flirt à la maison, ou alors pas en tant que tel. Si vous commencez à intervenir dans les amours de votre préado, vous serez avec lui dans son lit quand il aura sa première relation sexuelle.
L'autorisation de minuit
Pas question, même avec un préadolescent. Il va à une boum avec ses copains, il doit être rentré à une heure précise-22 heures, par exemple. S'il va au cinéma, et que la séance finit à 19 heures, c'est 19 h 15 à la maison. Et ce n'est pas négociable. Ce qui caractérise le préadolescent, c'est un sentiment de profonde insécurité, il a donc besoin de parents responsables. Le brider le sécurise.
Le psychiatre et psychanalyste, JD. Nasio indique que s'il fait le même constat de mal-être chez les enfants, il trouve les paroles trop dures et ne recommande nullement les "méthodes" du Dr Naouri...et je suis bien d'accord.
Un discours très, très éloigné des "papes" de l'éducation respectueuse et de ce que préconisait, il y a presque 100 ans Maria Montessori qui en a aidé et rééduqué plus d'un !
Je rappelle qu'il ne suffit pas de ne pas frapper son enfant pour l'éduquer de façon respectueuse : "La cruauté parentale ne se manifeste pas toujours par des coups (même si une très grosse majorité de la population a été battue dans son enfance). Elle s'exprime aussi et surtout par le manque d'attention et de communication, par l'ignorance des besoins de l'enfant et de ses souffrances psychiques, par des punitions dénuées de sens et perverses, par des abus sexuels, par le chantage émotionnel, par l'exploitation de l'amour inconditionnel de l'enfant, par la destruction de sa confiance en ses capacités propres et par des formes innombrables de prise de pouvoir. La liste est infinie. Et le pire, c'est que l'enfant doit apprendre à considérer tout cela comme un comportement normal, parce qu'il ne connaît rien d'autre." (Alice Miller, "Notre corps ne ment jamais", Flammarion, 2004.)
Pascale,
Maman de Théo (05/07/00) et de Roxane (31/07/04)
20 mars 2008
L'interview d'Aldo Naouri dans "ELLE"
C'est ici : http://www.elle.fr/elle/societe/interviews/frustrez-vos-enfants/
Comme je l'ai dit précédemment dans un commentaire, ce qui est dangereux dans le discours du Monsieur, c'est qu'on peut souvent trouver dans son discours des paroles qui nous semblent censées et fondées.
Pour vous en faire la démonstration, voici en bleu ce que j'approuve ; en rouge, ce que je déteste, en petit mes commentaires..quel méli-mélo ! de quoi vous embrouiller la cervelle et vous faire croire n'importe quoi...c'est rempli de poncifs et d'a priori vraiment indignes d'une intelligence aussi brillante.
Les phrases moitié rouge / moitié bleu indiquent que je suis en partie d'accord mais par pour les mêmes raisons et ni avec les mêmes modalités...de quoi jouer sur la corde de la confusion dans les esprits : si on n'approfondit pas le discours (et l'intervieweuse aurait dû le pousser à s'expliquer plus longuement sur ce qu'il assène), on va se sentir "globalement d'accord" et adhérer à son discours.
PS : je ne m'étalerai pas sur les questions bizarres et bien dans l'air du temps de "ELLE"...
"Frustrez vos enfants !
ELLE. Nous étions déjà traumatisés par le fameux : « Tout se
joue avant 6 ans ». Aujourd’hui, vous nous dites que c’est avant 3 ans
que tout se jouerait !
ALDO NAOURI. Je ne raconte pas du tout
ça ! Je suis parti d’un état de fait : chaque année, 60 000 enfants
quittent l’école avec moins de 500 mots de vocabulaire. Alors, je dis
aux parents : « Eduquez vos enfants, et, ensuite, l’effort qu’ils
auront à faire à l’école sera beaucoup moins difficile pour eux. »
Comme, en France, l’école commence à 3 ans, il est fondamental de
délivrer le plus gros de cette éducation avant la fin de la troisième
année. (à double tranchant : si ça a le mérite de reconnaître que la famille est le premier lieu d'apprentissage et le plus important, en dénigrant tout de même l'apport des collectivités qui les accueille, elle lui met toute l'entière responsabilité de ce qui arrivera à l'enfant à l'école)
ELLE. Après, c’est trop tard ?
A.N. Un enfant arrive
au monde avec une force pulsionnelle qui le traverse à tout moment. Si
on pense que c’est sa nature et que cela va s’arranger comme par
enchantement, je dis non, non et non ! (si nos actes étaient en cohérence avec nos paroles, cela serait ainsi ; l'enfant prenant modèle deviendrait "comme nous" et apprendrait seulement en nous regardant. Mais comme ce n'est pas le cas et qu'on l'enjoint souvent à faire mieux que nous, nous devons "l'arranger"). Il est donc fondamental de gérer
ses pulsions (de quelles pulsions parle-t-on exactement ?). Le plus tôt est le mieux (c'est à dire ? rappelons que le monsieur est pour les tétées "à heure fixe"...). Si l’éducation n’est pas
délivrée avant la fin de la troisième année, elle pourra, bien entendu,
l’être ultérieurement. Mais plus difficilement. Si on veut construire
un barrage sur un cours d’eau, c’est plus facile près de la source que
de l’embouchure.
ELLE. Alors, commençons à la base. Quand un enfant de 2 ans refuse de manger, doit-on le forcer ?
A.N.
Jamais. Pour une raison simple : cela correspondrait à introduire de
force quelque chose dans son corps. Or, l’intégrité du corps de
l’enfant doit être toujours respectée.
ELLE. Là, il n’est pas dans la toute-puissance que vous dénoncez ?
A.N.
Attention ! Si, au moment du repas, il balaie d’un revers de main son
verre ou jette son assiette et sa cuillère par terre, il faut, bien
sûr, impérativement agir. Mais, pour ce qui est de manger, j’insiste
sur le fait qu’on ne peut pas intervenir sans conséquence importante
sur le fonctionnement interne du corps.
ELLE. Et si l’enfant refuse un plat qu’il aime habituellement et demande son dessert ?
A.N. Là, on est dans le caprice et on refuse.
ELLE. On parle toujours des enfants qui refusent de manger, mais jamais de ceux qui mangent trop…
A.N.
Les problèmes autour de la sphère orale sont toujours une problématique
avec la mère. Je me bourre de nourriture = ma maman est à moi. Là
encore, c’est de l’ordre de l’éducation. Il faut dire stop, ça suffit.
ELLE. Mais ne risque-t-on pas alors de voir l’enfant se jeter sur la nourriture dès que sa mère a le dos tourné ?
A.N.
Non ! A moins qu’il n’ait pas compris à quel point l’interdit de sa mère
est profondément pensé par elle. Douter ou culpabiliser au moment de
dire non ruine l’interdit.
ELLE. C’est facile à dire ! En matière d’éducation, on reçoit tellement d’injonctions paradoxales qu’on est une génération qui doute…
A.N.
Eh bien, remerciez-moi, car je vous dis de ne pas douter. Jamais (ne pas douter n'est il pas le signe d'une incapacité à réfléchir sur ses actes, à prendre du recul ? ne fait-on jamais d'erreurs "à corrirger" ?! on devrait se sentir "parfait", alors ? contrairement à ce qui est dit plus bas....) Dans
mon livre, j’explique combien, au contraire, les choses sont simples.
L’éducation repose sur le respect de l’enfant. Mais sa position dans
l’espace n’est pas dans l’égalité, l’horizontalité avec ses parents.
Elle est dans la verticalité, il est dans la génération du dessous. Et
pas question qu’il remonte (ce qui veut dire quoi exactement ? qu'il est inférieur ?). C’est vital pour lui.
ELLE. Vous dites : « Un ordre, c’est un ordre. Point. On ne l’explique pas. » Mais c’est l’armée !
A.N.
Et alors ! Le système militaire n’est pas que négatif. En quoi il
consiste ? A faire marcher des individus dans le même sens quand il est
question de défendre un territoire. Pour ce faire, on a besoin d’ordres
intangibles (ben oui, y a qu'à voir les tortures et les sévices faits "sous les ordres de l'autorité" pour se persuader que c'est "juste"...mais de quel "territoire" parle-t-on concernant l'enfant ?! est-on en guerre ??)
ELLE. Donc, on n’explique pas à un enfant pourquoi on lui demande quelque chose, et on ne s’excuse pas si on a été injuste ?
A.N. Jamais ! Ou trois mois plus tard. (et pourquoi ? on se rend bien compte ici que ce sont des "vérités" assénées mais non expliquées !)
ELLE. Mais c’est un peu réac, non ?
A.N. Pas du tout.
On donne ainsi à l’enfant des repères de sécurité. On monte des
parapets de chaque côté d’un pont, et on lui dit : « Vas-y, mon vieux.
Tu me détestes, ce n’est pas grave, j’encaisse. » Chercher à plaire à
ses enfants, c’est de la séduction, pas de l’éducation. De toute façon,
quoi que vous fassiez, vos enfants sont condamnés à vous aimer. Ils
n’ont pas le choix. (non, les enfants ne sont pas condamnés à aimer leurs parents, et d'ailleurs, il y a des enfants qui ne les aiment pas et vice-versa ! ils sont dépendants d'eux jusqu'à un certain âge, c'est différent. Rien à voir avec l'amour)
ELLE. Sur le fond, on peut être d’accord avec vous, mais, dans
la pratique, c’est plus compliqué. Vous préconisez une fermeté très
douce. Or, parfois, pour dire non, on est bien obligé de crier ou, sans
parler de fessée, de donner une petite tape sur le derrière. Non ?
A.N.
Non. Manifester du respect à l’enfant fait que, en retour, il va
apprendre le respect de l’autre. Vous le prenez dans vos bras et vous
le mettez dans un endroit sécurisé et fermé, en disant : « Quand tu
seras calmé, on en reparlera. »
ELLE. Vous donnez des lettres de noblesse à la « frustration »,
qui serait nécessaire dans l’éducation. Pourquoi est-ce si important de
devenir les parents d’enfants frustrés ?
A.N. Parce que c’est la frustration qui fait percevoir que l’on est vivant…(et c'est tout ? je pensais aux émotions, aux sensations, à la conscience...)
ELLE. Et pas le plaisir ?
A.N. Non, car dès l’instant
où vous accordez tout à un enfant, où vous le laissez s’installer dans
le plaisir, eh bien, dès que ce plaisir sera suspendu, l’angoisse de la
mort va surgir. (parce-que nous ne sommes que des êtres "de plaisir" ???) Aujourd’hui, l’expression : « Dans la vie, on ne peut
pas tout avoir » a été remplacée par : « Tu as droit à tout ». Or,
justement, le fait de ne pas tout avoir permet d’essayer d’avoir le
maximum de ce que l’on ne peut avoir. C’est le manque qui est le moteur
du désir.
ELLE. Quand, après la naissance d’une petite soeur ou d’un petit
frère, un enfant de 3 ans demande comment on fait un bébé, on répond
quoi ? A part que c’est parce que ses parents s’aiment beaucoup…
A.N.
Vous l’avez dit : on lui parle d’amour. Pour le reste, et quel que soit
l’âge de l’enfant, un parent doit éluder la question. C’est de l’ordre
du privé. L’enfant se débrouillera seul. (c'est vrai qu'avec internet, les films pornos dispos très tôt, c'est chouette :-/)
ELLE. On peut parler à un bébé à partir de quel âge ?
A.N.
Quand vous en avez envie. Et, d’ailleurs, vous avez commencé avant même
sa naissance (ah bon ? et qu'est ce qui lui permet d'affirmer que c'est pour toutes les mères ainsi ?) Mais, par pitié, ne le saoulez pas de paroles inutiles (c'est à dire ? Monsieur aurait-il une compagne qui le "soûle" ? !)
ELLE. Jusqu’à quel âge peut-on baigner un frère et une soeur ensemble ?
A.N. Jusqu’à ce que l’aîné ait 4 ans. (et pourquoi ?)
ELLE. Que faire face à des enfants qui jouent à « touche pipi » ?
A.N. On leur dit d’arrêter et de faire autre chose. (et pourquoi ?)
ELLE. Et avec un enfant qui se masturbe ?
A.N. La première fois, on fait comme si on n’avait rien vu. Après, on intervient. (et pourquoi ?)
ELLE. Est-ce qu’on lui dit que c’est une activité qui se pratique dans l’intimité de sa chambre ?
A.N.
Se masturber, c’est véritablement être soi avec soi, l’autre n’existant
pas. Lui demander d’aller dans sa chambre, c’est l’encourager à être «
toi avec toi hors du monde ». Donc, on dit : « Je t’interdis de faire
ce genre de choses. » (et pourquoi ?)
LLE. C’est un retour au passé !
A.N. Je récuse ces termes. Ils contiennent quelque chose de régressif qui serait de l’ordre de la nostalgie. Ce qui n’est pas mon propos. Le bon sens n’est pas nostalgique. (mais le bon sens, est ce vraiment cela ?)
ELLE. Mais là, avec l’interdit de la masturbation, on est à la limite de la morale…
A.N.
Ce n’est pas un problème de morale mais d’éducation. Il s’agit de
donner à l’enfant conscience de l’existence des autres. Sinon, vous le
confortez dans sa tentative d’être tout-puissant et vous le renforcez
dans son sentiment de solitude extrême. Il s’agit de lui dire que
l’autre existe et qu’il devra vivre avec. Quand il aura 18 ans et qu’il
sera bombardé par les hormones, il fera ce qu’il veut ! (18 ans ?? pas avant ? je croyais que le taux d'hormones des garçons était multiplié par 4 vers 11 ans...)
ELLE. Un père câlin avec ses enfants, maternant, nourrissant, féminin comme beaucoup de pères le sont aujourd’hui, est-ce grave ?
A.N. Non, s’il reste l’amant de la mère. (un peu réducteur...si le couple est un vrai couple, non ?)
ELLE. Est-ce bien de dire souvent à son enfant qu’on l’aime ?
A.N. C’est une importation regrettable des feuilletons américains. Trop de « Je t’aime » tue le « Je t’aime ». (ben voyons, toujours la faute aux ricains...ceux qui ne l'ont jamais entendu savent pourtant combien c'est douloureux)
ELLE. Vous dites qu’un père est comme une pile : plus on s’en sert, plus il s’use.
A.N.
Pourquoi devrait-il toujours être celui qui dit non ? (lui demande-t-on cela ?) Il vaut mieux le
garder pour les grandes occasions (c'est à dire ???) En revanche, il a une fonction
fondamentale à l’intérieur de la famille, qui fait toute sa force. Il
est responsable du rappel constant de la mère à sa féminité (ben oui, la pauvre nunuche risque de ne plus s'en rappeler, sinon). C’est à
lui de réduire la propension de la mère à être mère à 100 % (parce-qu'elle ne peut pas être mère à 100 % et femme à 100 % ? encore un qui compartimente, saucissonne, coupe en tranches, au lieu d'envisager l'être avec de multiples facettes...la schizophrénie n'est pas loin. Le père, comme la mère, s'occupe des enfants ET de son conjoint...s'ils s'aiment).
ELLE. Mais, alors, est-ce grave d’élever un enfant sans père,
dans le cadre de l’adoption par une femme célibataire ou d’une famille
monoparentale dans laquelle l’enfant ne voit plus son père ?
A.N.
La fonction paternelle est atomisable et peut être exercée par une
série d’instances, simultanément ou les unes après les autres. Le
gardien de square qui interdit à un enfant de jouer sur la pelouse fait
fonction de père. Comme l’institutrice d’école maternelle qui dit : «
Il n’ira pas dans ce groupe, il ira dans celui-là. » (et pourquoi décrèterait-elle cela d'abord ?). En fait, tous ceux
qui disent à un enfant que sa mère n’a pas tous les pouvoirs font, bout
à bout, fonction de pères (ah ces pouvoirs de la mère que le père vient entraver !).
ELLE. Un doudou à l’âge de 6 ans, c’est grave ?
A.N.
Arrêtez d’employer le mot « grave » ! Ça n’a pas de sens. En gros, la
seule chose grave est du côté de la mort. Sinon, plus de doudou à l’âge
de 6 ans. (et pourquoi 6 ans ?)
ELLE. Afin d’encourager l’autonomie ?
A.N. Absolument. Le doudou, à 2 ans et demi maximum, c’est fini. Comme la tétine. (et pourquoi 2 ans et demi ?)
ELLE. On dit quoi à l’enfant ?
A.N. Rien. On les prend, on les jette.
ELLE. Le biberon, le matin, c’est fini à quel âge ?
A.N. A 2 ans et demi, terminé ! Il vaut mieux qu’il ne boive pas de lait du tout que de prendre un biberon.
ELLE. Pourquoi ?
A.N. D’abord, parce que ça freine le
développement du mécanisme de la déglutition – et cela a une énorme
importance pour la prononciation, (sachant que l'enfant commence à parler bien avant, pourquoi ne pas demander leur suppression dès la formation de premiers sons ?!) les articulations dentaires et la
durée de la dentition. Ensuite, parce que ça maintient l’enfant à un
stade qui ne correspond plus à son âge. Une fois encore, on encourage
ainsi sa non-volonté à évoluer (je suis d'accord pour les "grands" de 4, 5, 6 voire 7 ans qui continuent à biberonner, et surtout quand ils ne sont jamais incités à prendre autrement leurs liquides, qu'ils ne s'assoient jamais à une table de petite déjeuner..mais avant ?)
ELLE. Donc, un soir, on rentre à la maison et on dit : « Demain, plus de biberon » ?
A.N. On ne dit rien du tout, et, le lendemain matin, terminé. (Olé !)
ELLE. Mais l’enfant va hurler !
A.N. Un jour, deux jours, et alors ? Attention, il ne hurlera que s’il sait qu’il va pouvoir négocier. (parce-que pleurer quand on a un chagrin ou d'incompréhension, dire ses émotions, communiquer, c'est "négocier" ?)
ELLE. A quel âge commencent les caprices ?
A.N. Le
caprice, à proprement parler, commence au début de la deuxième année
quand, mettant en place sa stratégie de toute-puissance, l’enfant va
faire des choses qui sont destinées à désarçonner le parent (du Freud tout craché...ou quand l'enfant n'agit pas pour lui,pour découvrir le monde, ses contours et ses limites, mais pour emm***** le monde autour de lui !)
ELLE. Un bébé qui pleure alors qu’il a bu son biberon et qu’il est propre, ce n’est pas un caprice ?
A.N. Non. C’est l’expression de quelque chose qui nous est inconnu, mais ce n’est pas un caprice.
ELLE. Donc, il ne faut pas le laisser pleurer ?
A.N. Ça dépend des modalités de ses pleurs, de leur intensité, de leur tonalité. Une mère sait vite faire la différence
ELLE. Un bébé a-t-il besoin d’un train-train quotidien ?
A.N.
Ce que la mère sent bien pour elle sera bien pour l’enfant (même une reprise du travail quand bébé a 3 semaines, par ex ?) C’est pour
ça que j’ai commencé mon livre par le retour à la maison, en disant : «
Pensez à vous, puis à vous, et encore à vous. » (même quand elle le met au garage pour le laisser hurler sans que ça gêne sa séance tv le soir ? quand elle le laisser à 1 mois chez la mamie pour partir en stage ? où est la limite de ce type de postulat ?)
ELLE. Mais on a du mal à être égoïste. On a toujours peur de devenir une mère monstrueuse…
A.N.
Une leçon m’a été donnée un jour par un luthier. Il m’a expliqué que si
un artiste devait choisir entre son archet et son violon, il choisirait
le premier parce qu’un archet a toujours un défaut. Et que tout
l’apprentissage a tenu compte de ce défaut. « Pourtant, a-t-il
continué, personne ne voudrait d’un archet parfait. » Comme je ne
comprenais pas, il s’est exclamé : « Vous vous rendez compte de l’enfer
que serait un couple dans lequel l’un des deux serait parfait ? »
Magnifique ! C’est un résumé parfait de la relation du parent à
l’enfant. (et des relations tout court entre être humains...)
Ah, cette toute-puissance de la mère....quel fantasme ! Visiblement, nous n'avons pas la même notion du "bon sens". Je suis certaine qu'il y a un juste milieu et un équilibre possible entre le "tout négocier" et le "rien expliquer"...mais pour cela, il faudrait déjà tenir compte des besoins de l'enfant à comprendre son environnement et ce qui lui arrive, et savoir que cela fait partie intégrante de l'accroissement de son intelligence (émotionnelle y compris) et de sa sensibilité au monde.
Dommage que cela se pare des habits du respect de l'enfant, ce qui en fait malheureusement un discours totalement contradictoire "pour le bien de vos enfants"...encore un.
Vous avez dit "réac" ? non, pensez donc !!
Pascale
19 mars 2008
Le succès peut-il m0nter à la tête ?
0n peut se le demander en lisant ceci :
"Les caprices, c'est fini !
Dans son livre à paraître demain, le pédopsychiatre Aldo Naouri ne fait pas de cadeau aux parents. Dans "Eduquer ses enfants, l'urgence aujourd'hui", il dénonce les parents trop permissifs qui provoquent la « toute-puissance infantile » comme il l'explique lors d'une interview parue dans Elle. Il explique à l'hebdomadaire que « le doudou, à 2 ans et demi, c'est fini. Comme la tétine (...). On les prend, on les jette. » Pour lui, « un ordre c'est un ordre, point ». Et à la question : « Donc, on n'explique pas à un enfant pourquoi on lui demande quelque chose (...) ? » Naouri répond : « Jamais ! Ou trois mois plus tard. » Des positions qui suscitent déjà de vives réactions de parents sur les forums Internet spécialisés.
Sophie Bouquet (20 minutes)
* Ed. Odile Jacob, 368 p, 22 EUR.*****
Si personne ne remettra en cause qu'il faille aider certains parents à la dérive, perdus dans la quantité de messages contradictoires et les difficultés de la vie dans notre société en manque de repères et de valeurs, si l'on sait que certains ne savent pas dire "non", comment peut-on croire que c'est en encourageant à l'autoritarisme, sans se pencher sur leurs "raisons" et les soigner, que l'on va arriver à tendre la main aux enfants "mal élevés" ?
J'invite M. Naouri à me suivre dans le quotidien pour constater le nombre incalculable de petites et grandes violences faites aux enfants...Ils n'ont pas besoin, et bien contraire, de violences supplémentaires, d'ordres aboyés, d'obéissance demandée sans condition, pour que l'autorité des adultes autour d'eux soit bien réelle. Confondre l'autorité et la fermeté avec l'autoritarisme, est aujourd'hui largement éculé. Encourager les "ordres" et "l'obéissance" aveugle ne donnera jamais des êtres libres, sains et apaisés, et fait offense à l'intelligence et à la sensibilité des enfants (rappelons que les enfants réagissent bien plus à l'exemple qu'on leur donne et aux émotions parentales refoulées qu'aux simples paroles !).
C'est toute une société et son regard sur l'enfant qu'il faut changer si l'on veut que les choses bougent réellement ; en sensibilisant les parents à la connaissance des besoins physiologiques et psychologiques des enfants (dont l'éducation fait partie). Et c'est le contraire que fait Aldo Naouri...chapeau pour un pédiatre ! C'est si simpl(ist)e de croire qu'il suffirait de (re)considérer l'enfant comme un être à dresser pour changer sa réalité éducative quotidienne.
Je déplore qu'encore une fois des consulations spécialisées de pédo-psychiatrie servent de terreau pour élaborer des concepts à distribuer à tous les parents...les relations pathologiques pour conseiller des relations saines ? alors que cela devrait être le contraire, non ? prendre l'exemple de ce qui "fonctionne" pour aider ceux qui vont mal ? c'est aussi aberrant que de préconiser à 60 millions de français un régime hypoglycémique parce-que quelques-uns sont obèses...(et on en voit d'ailleurs bien les limites).
J'invite, naturellement, chacun d'entre vous à boycotter le nouveau livre ainsi que les écrits que commet ce Monsieur, à en discuter autour de vous. Abaisser sa capacité à médiatisation injustement méritée ne serait que justice envers tous ceux qui se battent pour une éducation vraie, dans le respect de tous les acteurs en jeu.
Je rappelle que d'autres livres sur l'enfant sont disponibles :
- le concept du continuum
- au coeur des émotions de l'enfant
- il n'y a pas de parent parfait
- le courage d'éduquer
- élever un garçon
- élever une fille
- élever ses enfants autrement
- le secret des enfants heureux
Sans oublier tous les auteurs qui nous font travailler sur l'enfant que nous étions pour mieux accueillir l'enfant forcément différent, et pourtant tellement ressemblant : Alice Miller, Isabelle Filliozat, Jacques Salomé, Maryse Vaillant...
Pascale, qui a détesté "les filles et leurs mères"
maman de Théo (05.07.00) et de Roxane (31.07.04)










