15 juin 2007
Ce qui se passe dans certaines crêches...
et qui doit être fermement dénoncé, afin que cesse la maltraitance des enfants et alors même que le mode d'accueil collectif pour les tout-petits est bien souvent présenté comme le must du must de "la socialisation" faisant parfois douter les mamans d'être "suffisantes" à leur bébé :
"La semaine dernière j'ai fait un test d'adaptation avec mon fils dans
une crèche. Quand je suis arrivée un bébé de 4-5 mois pleurait seul dans
son transat. Déjà, ça c'était inacceptable pour moi d'autant qu'au moins
2 puéricultrices étaient occupées à bavarder. Je me suis installée juste à côté avec mon
fiston et nous avons tourné le transat vers nous. Son angoisse était
palpable, pauvre petit bout... Même mon loulou de 2 ans était
bouleversé. J'ai alerté une puéricultrice qui n'a pas réagi. Dès que nous avons
commencé à lui parler, le petit s'est agité, tendant les bras... Il
était évident qu'il avait faim. J'ai alerté une autre puer qui m'a dit
n'avoir eu aucune consigne de sa mère... Devant mon air choqué et mes
mouvements pour prendre le petit dans mes bras, elle s'est activée et a
effectivement trouvé 3 bib' dans les affaires du petit... pour couronner
le tout elle a pris le petit sur ses genoux le temps que le bib' chauffe
en lui disant "c'est juste pour cette fois, hein ? On va pas commencer
les caprices !"
J'étais mortifiée pour ce petit et j'ai déguerpi, mon loulou sous le
bras, le plus vite possible. je n'y remettrai jamais les pieds !"
ou quand la violence infligée, subie et intégrée, commence dès le plus jeune âge, avec l'aval et l'encouragement de toute une société.
Quand ce type de comportement aberrant cessera, quand les bébés seront accueillis avec douceur et respect dans un monde qui soi-disant "leur offre tout ce dont ils ont besoin", on pourra seulement s'énorgueillir d'être à leur hauteur.
Quand les bébés et les enfants seront traités avec plus d'humanité.
Mais pas avant....en attendant, continuons à blablater sur les gênes malheureux, les parents trop ceci ou pas assez cela, le pourquoi du comment de la violence ; continuons à faire semblant de ne pas savoir pourquoi nos enfants vont mal, pourquoi ils génèrent une violence qui nous stupéfient une fois qu'ils ont grandi alors "qu'ils ont tout pour être heureux" (soi-disant), pourquoi certains aussi la subissent sans broncher, et pourquoi adultes devenus, ils auront besoin de béquilles chimiques ou de longues thérapies "pour être bien". Oui, continuons à fermer les yeux et les coeurs. Eux, grandissent en attendant.
Il m'est déjà arrivé d'être choquée par un comportement dans une crêche (dans celle que fréquentait Théo, et dans celle où travaille un membre de ma famille). Chaque fois, j'ai été bouleversée.
Devant ce cas-là, je l'aurais été terriblement... devant ses pleurs, sa détresse, l’absence de réactivité, l’indifférence, les mots terribles prononcés face à trois besoins vitaux : manger, être pris/touché, communiquer :-( que de maltraitance.
Ca me révolte qu’une maman puisse déposer son petit sans savoir ce qu’il va subir dans la journée.
Pascale
maman de Théo (7 ans bientôt) et de Roxane (3 ans bientôt)
12 avril 2007
Chroniques de la violence ordinaire
"Enfants en déroute" : à ne pas rater, ce soir sur France 2.
http://programmes.france2.fr/evenements/7059540-fr.php
Pascale
maman de Théo (6,5 ans) et de Roxane (2,5 ans)
09 janvier 2007
Sujet tabou : les différences entre les sexes existent !
J'ai souvent lu ou entendu les réactions de parents, d'hommes, de femmes, choqués par le "sexisme" des jouets ou de l'éducation, taxés et accusés de "conditionneurs".
Je n'y ai que rarement réagi, préférant peaufiner les arguments propres à mon ressenti (qui démentait cette position) et étudier la question plus en détail.
La lecture du livre "élever un garçon" de Steve Biddulph, dont je vous livre un extrait ci-dessous résume finalement très bien ce que je pense, et m'explique pourquoi j'étais tantôt contrariée par cette hypothèse de conditionnement, tantôt amusée...ce, d'autant plus qu'elle provient souvent (vous le noterez en pensant à moi la prochaine fois que vous l'entendrez) de parents n'ayant qu'un seul enfant ou une fratrie du même sexe (et donc, ne pouvant "comparer", expériences et preuves à l'appui).
Maman d'enfants de deux sexes différents, j'ai bien noté avec beaucoup de joie et d'amusement, les différences innées entre les petites filles et les petits garçons, indépendamment des jouets offerts ! (notons que mon fils a eu une poupée tout petit qu'il s'amusait à lancer en l'air alors que sa soeur materne et berce, et que ma fille dispose des jouets de son frère...dont elle se fiche pas mal quand il est à l'école, seuls l'étal de marchande / marchand, les jeux de ballons et danser sur la musique trouvent leurs faveurs conjointes).
Entendons-nous bien cependant : il ne s'agit pas de déterminer quel sexe est supérieur à l'autre, dérive millénaire qui a mené à l'absolutisme du féminisme des trente dernières années, mais bien de ne pas nier la réalité physiologique et biologique de chaque sexe, afin d'offrir respect et adéquation de l'éducation à chacun (notons que, à l'inverse de la France, le féminisme des pays nordiques s'est battu pour le respect des spécificités et droits féminins plutôt
que les nier et d'encourager à ressembler aux hommes tant honnis).
Le sujet est toujours tabou, je le sais, car prompt à être utilisé à des fins discriminatoires, mais suffit-il de nier la réalité de chacun pour trouver l'égalité ? non, à mon avis. C'est en étant admiratif, reconnaissant et en encourageant les particularités de chacun qu'on ne fait violence à aucun. Il me semble que l'angoisse, les peurs, l'ambivalence, l'impossibilité de positionnement clair et assumé, relèvent de cette négation des différences entre les sexes, différences qui loin d'être discriminatoires se révèlent au contraire valorisantes.
"Selon la théorie en vogue pendant ces 30 dernières années, il n'existe pas d'autres différences entre les garçons et les filles que celles que nous leur donnons par le biais du conditionnement. Toutes les différences de comportement entre les sexes proviennent donc des vêtements, des jouets, etc. attribués dès leur plus jeune âge aux enfants. Des parents et des instituteurs bien intentionnés ont cru à cette théorie avec ferveur et fait de grands efforts pour amener les garçons à jouer avec des poupées et les filles à se lancer dans les assemblages de Légo. Ils pensaient qu'en faisant disparaitre les différences et les inégalités entre les sexes.
Leur intention était louable. Il s'agissait de briser les vieux stéréotypes tels que "une fille ne peut devenir qu'une femme au foyer, une infirmière ou une secrétaire alors qu'un garçon sera médecin, avocat ou homme d'affaires". La lutte pour l'égalité des femmes a provoqué une grande transformation sociale, sans doute la plus importante du XXème siècle. Mais ses plus ardents défenseurs contestaient l'existence de différences innées entre garçons et filles.
Des arguments basés sur la biologie ont servi à justifier de terribles injustices. Par exemple, on a longtemps affirmé que, puisque les femmes avaient des cerveaux en moyenne plus petits ('comme leur taille), elle étaient incapables de tâches plus complexes que le ménage et l'éducation des enfants - et quoi de plus simple que d'élever des enfants ! Pousser ce point de vue à l'extrême permettait de priver les femmes du droit de vote, de salaires, etc. Celles qui se sont battues pour obtenir des droits égaux à ceux des hommes dans les soixante-dix et quatre-vingt ont dû faire face à ces préjugés. La recherche devint un sujet tabou parce personne ne voulait donner l'impression d'aller contre leur cause.
Une image plus nuancées commence à se dessiner aujourd'hui. nous sommes prêts à accepter l'existence des différences d'origine biologique et le fait qu'il n'y a pas de raison de les refuser : elles ne signifient pas que les garçons sont supérieurs aux filles ou vice versa. Si le cerveau d'une fille se développe plus rapidement que celui d'un garçon, nous pouvons prendre des mesures pour que cet écart ne pose pas problème. Si, à l'école, un garçon préfère recevoir des instructions claires et individuelles et qu'une fille choisit le travail en équipe, nous pouvons les satisfaire tous les deux. Si un garçon aime s'exprimer avec son corps et une fllle utiliser les mots, nous pouvons leur apprendre à se comprendre mutuellement et à "parler le langage de l'autre". En bref, nous avons les moyens de limiter les occasions de conflit et d'augmenter la compréhension.
Connaître les différences
Certaines différences naturelles entre les sexes sont tellement évidentes qu'on se demande comment elles ont pu être ignorées aussi longtemps. Par exemple, un garçon a en moyenne 30 % de masse musculaire de plus qu'une fille. Il est plus fort et son corps le pousse davantage à l'action. Il possède aussi davantage de globules rouges. Et tout cela n'a rien à voir avec le conditionnement. Les enfants de sexe masculin ont un besoin physique de bouger et de se dépenser. En cas de conflit, ils auront tendance à utiliser leurs poings et c'est ce qu'ils doivent apprendre à contrôler. En revanche, les filles auront plutôt recours à la parole qu'elles maîtrisent mieux, mais qui peut se révéler une arme redoutable dont elles ne doivent pas abuser. Bien sûr, ces caractéristiques ne signifient pas que "tous les garçons doivent..." ou "toutes les filles doivent...". Après tout, certaines filles sont plus fortes et plus physiques que beaucoup de garçons. Les différences entre les sexes ne sont que des généralisations, mais ces généralisations se confirment suffisamment souvent pour se révéler utiles."
Steve Biddulph "élever un garçon"
Pascale,
maman de Théo (6 ans et demi) et Roxane (29 mois)
03 janvier 2007
Tu es bien naïve...
J'y crois chaque année, parce-que je veux continuer à y croire.
A l'heure où sonne Minuit, qu'on s'embrasse, se réjouit d'une nouvelle année qui commence, pleine de promesses utiles ou futiles, je veux y croire. Que plein de bonnes choses peuvent arriver, que peut-être les mauvaises vont s'éloigner.
Ceux qui restent de glace devant l'horloge qui suspend le temps, malheureux ou désabusés, pessimistes ou effondrés, sourient tristement de ma naïveté. Je m'insurge, je dis qu'il faut y croire, que la volonté et l'espoir se mêlent à la destinée pour fonder mon avenir.
Car jamais, je ne me résignerai.
Et pourtant, je suis consciente de ma naïveté affichée sous le gui.
Dès le lendemain, j'en avais des tonnes de confirmation, qui m'ont laissé un gout d'amertume et m'ont fait me sermonner "mais qu'est-ce que tu crois !? tu es bien naïve...".
Bien sûr que rien n'a changé entre le 31 décembre 2006 à 23h59 et le 1er janvier 2007 à 0h01.
Dès le bouton de la radio allumé, je tombe sur un Vincent Moscato qui regrette que les parents n'aient plus le courage de battre leurs enfants. Il argumente, dans un méli-mélo abracadabrant et pourtant tristement banal, la nécessité de moins gâter les enfants et de les frapper "quand ils en ont besoin"....sans jamais parler d'éducation ! il ajoute même que c'est plus facile de ne pas frapper, et de créer ainsi des délinquants...et mon coeur s'est serré, à nouveau, et dès les premières heures de ce nouveau mois de janvier, à la pensée de tous ces auditeurs qui opineront de la tête, bien contents, ou applaudiront à ce discours ferme d'un grand champion de rugby qui oppose la dureté du laxisme le plus lâche, celui qui n'offre QUE le superflu, à l'autoritarisme sans penser à la case "éducation, respect, guidance".
J'ai éteint la radio, pour me protéger en cette journée déjà bien pluvieuse, et suis retournée vers la joie de mes enfants pourtant non frappés.
Non, Monsieur Moscato, ce n'est pas facile de ne pas frapper ses enfants ; c'est au contraire si facile de se laisser aller à lever la main, de soumettre un petit par la force et la violence, de lui faire peur ; c'est si facile de "pêter les plombs", de ne pas se retenir, d'exploser, de se défouler, sur un enfant pétrifié. C'est si facile d'obtenir l'obéissance par la peur des coups, des insultes, des menaces, du chantage. Ou encore de ne jamais s'en occuper, et de remplacer présence, chaleur et guidance par des billets distribués, des fringues de marques, des cadeaux.
Mais c'est bien plus difficile de les éduquer sans les frapper, en maitrisant ses actes et ses paroles, conscients de la route empruntée et de ses travers, en étant soi-même un exemple à suivre en accord avec les principes que l'on souhaite pas uniquement inculquer, mais démontrer. Les enfants enregistrent bien plus sûrement les actes que les paroles !
Travailler sur soi à endiguer la violence apprise, et trouver comment éduquer ses enfants dans le calme, le respect, l'assurance et la sérénité, sont les deux plus difficiles missions que j'ai à affronter. Il me faudra certainement toute une vie d'ailleurs. Et l'ampleur de la tâche m'apparait chaque jour dans mes manques, mes absences et mes incohérences.
Une chose est certaine, les enfants n'apprennent pas la dignité, le respect, et l'autonomie dans la peur et l'irrespect ! le dernier pendu d'Irak en savait quelque chose, lui...ex-petit enfant orphelin de père durant sa gestation, battu et humilié par un beau-père ultra-violent, qui s'est vengé toute sa vie sur un peuple qu'il a, à son tour, soumis par la violence. Bien sûr, vous me direz que vous ne préconisez pas de battre comme plâtre, mais d'envoyer une "bonne gifle" ou encore "une fessée bien méritée" de temps en temps, juste quand l'enfant vous semble aller trop loin. Je vous rétorquerai alors qu'il n'y a aucune violence sans conséquence dommageable et vous poserai ma question favorite pour démontrer l'absurdité d'un raisonnement ("taper pour faire comprendre") que l'on ne réserve qu'aux enfants : "quand vous voulez convaincre votre femme ou votre patron, le frappez-vous ?".
Non, rien n'a changé, malheureusement.
Pascale,
maman de Théo (6 ans) et de Roxane (28 mois)
29 décembre 2006
Communiqué
Je vous informe de la création du Collectif pour la liberté d'instruction : http://fr.cpli.eu/
Si vous êtes un tant soit peu contre la pensée unique, l'uniformisation obligatoire ; que vous avez toujours eu du mal ou de plus en plus avec les petites cases, je vous encourage à signer la pétition en ligne pour le respect de l'article 19 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, laissant le choix aux parents du mode d'instruction de leurs enfants : http://fr.cpli.eu/petitions/index.php
Communiqué du Collectif Pour la Liberté d'Instruction
suite au rapport de la commission parlementaire sur les sectes mardi 19 décembre 2006
Le Collectif Pour la Liberté d’Instruction (CPLI), composé d’associations et de parents favorables à l’instruction à domicile, s’indigne de certaines des propositions du rapport de la commission d’enquête parlementaire relative à l’influence des mouvements à caractère sectaire et aux conséquences de leurs pratiques sur la santé physique et mentale des mineurs qui vient d’être rendu le 19 décembre 2006.
S’appuyant sur le seul cas particulier de l’« école de fait », de la communauté de Tabitha’s Place, la commission propose des mesures qui portent atteinte à la liberté de choix et à la liberté pédagogique de toutes les familles qui instruisent leurs enfants à domicile.
La commission propose de soumettre le choix de l'instruction en famille à l’autorisation de l’inspecteur d’académie, les raisons de ce choix pouvant se justifier « dans l’hypothèse de la maladie, d’un handicap de l’enfant, d’un déplacement de la famille et de tout autre motif réel et sérieux des parents » (p. 160 du rapport). La commission préconise en outre d’imposer aux familles une inscription dans un établissement à distance public ou privé reconnu par l'état.
Ces deux mesures ne sont nullement indispensables pour lutter contre les écoles de fait qui sont déjà interdites en France depuis plus d’un siècle. Elles auraient pour effet de restreindre le droit à l’instruction en famille. Elles bafouent le droit constitutionnel à la liberté d’enseignement et le droit des parents d’éduquer leurs enfants selon leurs convictions philosophiques prévu par la Convention Européenne de sauvegarde des droits de l’homme. Quelles raisons « réelles et sérieuses » donneront lieu à une autorisation ? L’inspecteur d’académie, représentant de l’Éducation Nationale, sera seul juge. Saura-t-il rester impartial ? Quelle sera la liberté pédagogique des familles à qui sera imposé le recours à un enseignement à distance ? Beaucoup de parents ont des méthodes pédagogiques différentes de celles proposées par les cours par correspondance et la législation actuelle autorise cette diversité.
Nous relevons enfin que la commission d’enquête n’a pu citer aucun chiffre témoignant de dérives sectaires dans l’instruction en famille pour justifier de telles restrictions.
Les associations qui réunissent les familles qui font ce choix n'ont pas été entendues par les membres de cette commission avant que ce rapport soit rendu, alors que des rendez-vous avaient été sollicités.
Elles s’opposeront à tout projet de loi comportant de telles mesures liberticides.
Collectif Pour la Liberté d’Instruction
Les Enfants D’Abord, LED’A
Libres d’Apprendre et d’Instruire Autrement, LAIA.
Communiqué à diffuser largement, au nom de notre liberté d'être, de faire et de penser.
"Les parents n'ont pas démissionné, ils ont été licenciés."
Alain Touraine (sociologue)
Pascale,
maman de Théo (6 ans) et de Roxane (28 mois)
16 décembre 2006
Question de rôles
Aujourd'hui, écoutant une émission radio qui s'interrogeait sur la difficulté d'être mère ET femme à la fois, je me suis rendue compte de l'injustice du propos...en effet, personne ne se se demande jamais si l'homme qui devient père, reste "homme", soit s'il a encore l'envie et l'énergie à consacrer à sa compagne (et en plus cru, s'll b**** encore)...pourtant des hommes qui délaissent leurs femmes, il y en a plus d'un...mais eux, c'est plutôt au profit du travail...est-ce réellement plus honorable ?
L'intervenante "experte" a, à un moment donné, applaudi le témoignage d'une maman de 3 enfants qui disait n'avoir éprouvé aucune difficulté à passer de la chambre de l'enfant qu'elle venait d'allaiter à la chambre conjugale où son mari l'attendait. Elle lui a dit "vous semblez très épanouie et heureuse. Vous avez de la chance de pouvoir passer d'une personnalité à l'autre sans problèmes".
Et là, je me suis arrêtée, médusée...mais de quoi parle-t-on exactement ? pourquoi parler de "plusieurs personnalités" ? je crois que là est le problème actuel de notre vision du positionnement de la femme devenue mère : considérer que chaque "rôle" qu'elle endosse nécessite une personnalité à part entière...distincte et non reliée à une autre ! considérer que la femme se compartimente en cases bien distinctes, à ne pas mélanger sous peine d'embrouillages psys machins...toujours les fameux petits tiroirs !
Dans un tiroir, notre personnalité de femme ; dans l'autre, celle de mère, dans un troisième, celle de fille...dans une quatrième, celle de soeur éventuellement, dans une autre, celle qu'on nous attribue en fonction de l'emploi - ou de non emploi - qu'on occupe, etc...
D'un coup, j'ai trouvé complètement folle un idée qui ne semble choquer personne à l'heure actuelle : la nécessité d'être plusieurs personnes à la fois, bien distinctes, dans le même corps, le même psychisme. Parce-que c'est tout bonnement impossible ! et d'ailleurs, ceux qui y arrivent sont rangés au rayon des "dérangés" : les schizophrènes, les personnalités "multiples"...
Alors, de quoi devrions-nous parler de préférence ?
n'est ce pas plutôt de personnes à "multiples facettes" ? ça, je préfère, et c'est comme cela que je me sens. Je suis Pascale, fille de XXXX, née à XXXX, soeur de XXXX, qui est née et a grandi de telle manière, à tel vécu, est passée de la petite fille, à l'adolescente, puis à l'amoureuse, l'adulte, la femme, l'épouse, la mère, la professionnelle...tous ces éléments imbriqués qui font de moi ce que je suis, la femme que je suis, l'épouse que je suis, la mère que je suis.
Chacune de mes facettes dépend des autres, est en interaction avec les autres. Elles sont imbriquées pour fabriquer ce que j'appelle ma personnalité :-) et nous y voilà : je n'ai pas plusieurs personnalités....j'ai une personnalité à multiples facettes.
Je comprends qu'il soit difficile (voire impossible) de passer d'une personnalité à l'autre (je rappelle que c'est un syndrome psychiatrique connu !)...et que se concevoir sous ce prisme de multiples personnalités distinctes l'une de l'autre, dont on doit abandonner l'une pour passer à l'autre, nous rende fou et désespéré d'y parvenir (parce-qu'en plus, y arriver est présenté comme le summum de la capacité à s'adapter). Mais quand on se conçoit comme une personnalité à multiples facettes, il est beaucoup plus facile d'actionner une facette, en interaction avec les autres, en fonction du moment, du besoin ou du souhait qui s'exprime. Car aucune facette nécessite d'abandonner les autres, de se départir d'une partie de soi...de se couper en petits morceaux, quoi.
Si j'ai toujours pratiqué le piano et que je souhaite apprendre le saxo, personne ne soupçonnera que je sois moins bonne pianiste...si je me lance dans le basket alors que j'ai toujours fait du tennis, on dira que j'ajoute des cordes à mon arc, mais pas que j'ai oublié le tennis...si je me passionne soudain pour les romans historiques alors que j'aimais jusqu'alors plutôt les essais philosophiques, on va m'admirer parce-que je me cultive, et personne ne pensera que j'ai "perdu" la culture apportée par mes précédentes lectures, ni n'envisagera que je n'y reviendrai jamais...si je deviens jardinière après avoir été secrétaire, personne ne se dira que je ne sais plus rédiger un rapport ou taper X mots à la minute...
La maternité est donc la seule facette soupçonnée d'effacer toutes les autres ! Pourquoi ?
parce-que justement on compartimente aujourd'hui l'individu non pas en "rôles", ni "en facettes", mais en "personnalités"...quand l'enfant paraît, ses besoins naturels et évidents font que la mère instinctivement (enfin, pour celles qui peuvent s'y adonner) se met au diapason, y consacrant la plupart de son temps...là où je vois, moi, une facette "active" de la femme /mère /épouse/fille/soeur/professionnelle durant une grande partie du temps, d'autres voient une "personnalité" émergeante et submergeant les autres, peut-être même les balayant et les faisant disparaître à jamais...la peur (décidément, j'ai une intense réflexion actuellement sur cette émotion qui, je me rends compte, mène le monde) de voir disparaître la femme, l'amante, voire la ménagère va alors pousser l'homme à faire pression sur la maman pour qu'elle consacre moins de temps à sa maternité, le plus rapidement possible (parce-que si cela dure trop longtemps, c'est risqué).
Des pressions, elle en subira ensuite...de ses parents, sa famille, ses amis, ses voisins, les gens bien intentionnés qui s'inquiètent de façon très impudique de son couple, qui ne la "reconnaissent plus"...de la société qui n'aime pas voir une femme se consacrer à sa facette "mère" avec bonheur, trop en contradiction avec le féminisme d'aujourd'hui, la parité de demain, la soi-disant civilité de progrés...une société qui déteste perdre une "travailleuse" aussi. Peut-être qu'elle se ralliera à leurs avis, n'écoutant ni son coeur ni son instinct, se demandant ce qui cloche chez elle pour qu'elle n'arrive pas à être mère et femme à la fois ; et peut-être même qu'elle s'excusera toute penaude d'avoir trop consacré de temps à sa maternité, d'être la seule coupable d'un couple dont l'homme dira qu'il bat de l'aile.
En amont, donc, une confusion des genres,
qui met la confusion dans la tête de mamans qui pourraient très bien s'en sortir sans ! Nous ne sommes pas des êtres à multiples personnalités, mais des femmes à multiples facettes, et nous pouvons à loisir, sous condition de liberté, de respect et de patience, faire jouer l'une ou l'autre...l'image qui me vient me fait sourire : celle d'un prisme mobile, dont tous les rouages, jeux de miroirs brillants, seraient liés.
"Comment être tout à la fois ?"
est la question que se posent souvent les mères. Elle soulève toujours une drôle d'impression en moi : celle de rôles divers à endosser et...à jouer. Comme une comédie, un scénario qu'on imagine...est-ce la vie, cela ? est-ce vivre que de passer d'un rôle à l'autre ?
Il s'agit surtout, pour moi, d'être soi...soi, avec ses multiples facettes. Mais pour cela, il faut d'abord se connaitre, s'écouter, se reconnaitre, savoir se respecter et se faire respecter, tout en étant dans le don de soi réel, et non dans l'abnégation - s'oublier au profit du besoin de ses enfants ou d'un tiers quel qu'il soit, c'est souffrir pour eux...le contraire, je crois, de l'amour, car dans toute souffrance, couve un feu qui finira par exploser avec violence...à retardement, peut-être mais il explosera bel et bien un jour. Et les enfants sentent bien le reproche sous-jacent : je m'oublie pour vous, je n'en peux plus (= vous êtes de trop dans ma vie) ?
Interrogeons-nous sur ce besoin de "sacrifice", d'abnégation, d'oubli de soi...
sur cette perte ou cette recherche constante de soi, celles qui font qu'on ne sait plus qui on est, qui on a été, qui on veut être...(si on l'a su un jour) ? car ce n'est souvent pas la mère, l'épouse, l'amante qui a "un problème" mais l'être humain qui tente d'endosser besogneusement tous les rôles, sans connaître ses capacités.
Il va alors chercher par l'accumulation d'actes à les faire reconnaître par les autres...mais tant qu'il ne se connaîtra pas lui-même, l'insatisfaction et la recherche "d'il ne sait pas quoi" plâneront comme une ombre. Peut-on en conclure que la non reconnaissance de l'être humain, de ses besoins, de sa personnalité, dans son enfance, est responsable de sa méconnaissance et de son abnégation ("fais plaisir à papa, maman, STP...oublie ce que tu es, ce que tu sens, ce n'est pas ce qu'on attend de notre enfant...change pour nous, pour que nous soyons fiers")...
En me lisant, peut-être vous direz-vous que ce n'est pourtant pas si
facile que ça...c'est vrai.
Pour mon premier enfant, avec qui j'ai tout
appris, j'avais du mal quand même, raison pour laquelle il était tenu
loin de moi la nuit, loin de notre chambre, raison pour laquelle je
cherchais à le déposer malgré ses protestations et que je m'énervais
parfois...de ne pas pouvoir faire autre chose.
J'ai cru pendant
quelques mois qu'il était nécessaire que je coupe physiquement le lien
avec lui, pour pourvoir revenir vers mon mari. J'avais du mal à
concevoir que je pouvais tout faire ou presque avec lui. Et puis, mes
verrous ont petit à petit sauté. J'ai pris confiance en moi, en ma
maternité...je n'ai, à un moment donné, plus eu besoin de me prouver
par des repères que je m'étais fixés, que j'étais une mère suffisamment
"bonne"...et j'ai pu relâcher la pression que je me mettais. En me
détendant, les facettes ont pu bouger tout doucement ensemble. J'avais
mis de l'huile dans mes rouages, quoi.
L'enfant et ses besoins
passent toujours en premier, mais ils n'effacent pas les miens,
il les
remet de quelques minutes simplement...la mère n'efface pas la femme,
car c'est la femme qui a ajouté une facette à sa personnalité...c'est
la femme, l'épouse qui accouche, qui allaite, qui cododote, et qui aime
son homme...et c'est elle qu'on appellera "mère" en réduisant sa
personnalité à une seule facette.
Pourtant, pour devenir mère, il
faut nécessairement être femme et amante d'abord... au passage, un
hommage particulier à l'homme qui m'accompagne et que j'ai choisi comme
père pour mes enfants : c'est ton amour, ton respect et ta patience qui
m'ont laissée libre de me sentir mère ET femme, tout à la fois. Patient
et attentif, jamais tu ne m'as bousculée, jamais tu n'as douté, jamais
tu ne t'es permis de critiquer ou de mettre en doute mes "capacités"
dans chacune de mes facettes...tu m'accompagnes, soutien sans faille
depuis 6 ans, 5 mois et 11 jours dans cette fabuleuse aventure qui fait
de nous un couple parental uni et amoureux, des parents amoureux.
A toi, merci.
Pascale, libre féministe qui danse avec son loup,
Maman de Théo (6 ans) et de Roxane (28 mois)
17 octobre 2006
On demande plus aux enfants qu'à nous-mêmes (bis)
Un audit de l'Education Nationale sur la charge de travail hebdomadaire des lycéens a révélé qu'ils travaillaient plus de 45 h par semaine (20 % de plus que leurs camarades européens)...bien plus que nos fameuses 35 h, n'est ce pas ?Ce qui leur laisse peu de temps pour des activités de loisirs, de détente, de culture, et sportives...de fait, les lycéens pratiquent très peu de sport et n'ont pas, non plus, le temps de lire.
Pour quelle utilité, vraiment ?
N'est ce pas plus du bachottage, de l'apprentissage "par coeur"... qu'un réel acquis de savoir et de compétences ?
Quand je repense aux tonnes de pages que j'ai apprises pour le Bac (et plus tard, en faculté), et dont je suis absolument incapable de me souvenir, je me le demande.
Discours ambiant autour : "oui, mais il faut leur donner le goût de l'effort", "les enfants ne savent plus travailler", "nous n'en sommes pas morts, pourquoi on le leur épargnerait ?" ou comment se venger de ce qu'on a subi d'absurde en le reportant sur les générations suivantes sans plus se poser de questions sur son utilité...parce-qu'avec un Bac, on trouve du travail de nos jours, et on est très bien préparé à affronter la vie professionnelle, hein ? oui, je sais, on parle de Culture, uniquement de Culture...mais au bout, il faut quand même trouver sa voie et son autonomie.
Au goût de l'effort", je préfère nettement le goût d'apprendre...parce-qu'avec lui, rien n'est insurmontable (ça rejoint le goût de l'effort....mais plutôt qu'imposé, il coule de source) et l'évolution est toujours possible voire constante.
Alors, oui à l'acquisition REELLE des bases (avec un bouquet de matières obligatoires mais avec un niveau d'approfondissement choisi), oui à l'ouverture à la culture, oui à l'envie autonome d'apprendre (avec un bouquet bien plus important et ouvert de matières optionnelles)...non, au bachottage...non, à la perte de ses années d'ouverture d'esprit essentielles au profit du bourrage de crâne.
Pascale
maman de Théo (6 ans) et de Roxane (2 ans)
06 octobre 2006
L'alimentation des enfants : théorie et pratique
Hier, lecture d'un message sur un forum "bio".
Une
des modératrices soumet un exemple de ce qui la scandalise et la choque
: l'encouragement à ne pas forcer les enfants à manger. Elle argumente
ensuite que "les enfants ne doivent pas faire ce qu'ils veulent", les
"parents doivent être fermes" et nia, nia, nia, et nia, nia, nia....
Je ne répondrais pas car comment expliquer ce qu'une maman sait dans la pratique, à une maman qui ne l'est pas encore et qui est convaincue par des principes théoriques qu'elle a sûrement subis elle-même enfant et dont elle est persuadée qu'ils sont les "meilleurs" (parce-que sinon...pourquoi ses parents les lui auraient-ils imposé, hein ?).
Vous savez ce qu'on dit ? : "avant d'avoir des enfants, j'avais des principes. Maintenant, j'ai des enfants".
De la théorie à la pratique, tout un monde effectivement. Et c'est dans la pratique que l'on apprend le plus.
Ce que j'ai appris avec mes deux rejetons ?
Que
l'on ne force pas à manger un enfant, comme l'on ne se force pas
soi-même : si je vous prépare un plat que vous détestez, que je vous
somme de le manger, vous dit que "c'est bien pour votre santé"....voire
vous oblige à rester jusqu'à ce que ce soit fini, et pire, vous oblige
à ouvrir la bouche et vous y fourre de force des aliments (vous n'avez
jamais vu des parents faire cela ?)...qu'allez-vous penser et ressentir
au fonds de vous ? que je vous manque de respect tant dans vos goûts
que dans votre faim ou satiété et que l'imposition de ma volonté semble
prédominer la vôtre.
Allez-vous vous résoudre à manger ?
peut-être...pour me faire plaisir ! manger pour me satisfaire,
moi...voilà comment entrer dans le chantage et les récompenses
affectives avec l'alimentation. Mais si vous êtes tenaces, vous allez
peut-être aussi engager une lutte féroce qui va laisser tout le monde
épuisé...euh..la faute à qui, au départ ?
Bien sûr, cela n'exclut pas d'expliquer les raisons pour laquelle vous proposez une alimentation variée, équilibrée et saine (hem...à condition qu'on puisse définir ce que vous servez à manger comme cela !), de continuer à proposer malgré les refus réitérés de votre enfant qui décidément ne comprend pas "pourquoi y a du vert là ?", de varier les plats et les stratégies, d'insister pour qu'il goûte, d'inciter à manger un peu plus, à rester à table un minimum de temps. Ne pas se décourager, toujours expliquer, jamais forcer...éduquer et non soumettre, quoi.
A
côté de cela, on peut trouver l'attitude opposée : ne préparer que ce
qu'aime l'enfant....et si, comme une majorité actuelle, cela se résume
à pâtes, frites, glaces, produits laitiers, sucreries en tous
genres...c'est quand même un sérieux problème, non ?
Et pourtant,
l'enfant va dévorer avec appêtit...et c'est bien cela qui me dérange
dans l'idée qu'un enfant "doit manger"....il est facile de faire manger
un enfant sans l'éduquer et le guider vers une nourriture équilibrée,
tellement facile de servir 3 glaces ou d'ouvrir un paquet de chips en
lieu et place du repas !
Alors, qu'il mange en quantité suffisante doit-il primer sur la qualité de ce qu'il avale ? je ne le crois pas.
Pour qu'il mange varié et qualitatif, quelques pistes simples mais pas toujours évidentes pour les adultes que nous sommes (qui voudrions bien leur faire croire que nous ne mangeons jamais jamais de cochonneries, que nous ne craquons jamais sur des friandises, bref, nous qui sommes exemplaires, n'est ce pas ?) :
- allaiter : l'enfant en étant nourri à la demande est respecté dans ses besoins de faim et dans la reconnaissance de sa satiété. Il apprend ainsi (enfin, plutôt, on ne lui désapprend pas, parce-que c'est inné en fait) à faire confiance à ses sensations. C'est important pour le respect de sa morphologie mais aussi extrêmement important pour sa santé, par ex, en cas d'allergies : il n'est pas rare de voir un bébé spontanément refuser quelque chose qui ne lui convient pas, c'est "instinctif"...pour peu qu'on l'écoute et ne le force pas ! l'enfant allaité trouve, dans la continuité de la nourriture placentaire, le goût des différents aliments que consomme sa maman au travers du lait....ainsi, si elle mange varié...il aura un "avant-goût" de l'alimentation variée ! et s'il est exclusivement allaité de nombreux mois (mon fis l'a été 5 mois, et ma fille 9), c'est autant de riches expériences gustatives (nul besoin d'attendre la semaine du goût à l'école...)
- montrer l'exemple : comment apprendre à un enfant à manger et goûter de tout si vous le faîtes pas vous-même ? que vous voit-il manger ? n'exigez-vous pas plus de lui que de vous-même sous prétexte qu'il doit apprendre, dans la plus perfide injustice (celle qu'il perçoit très bien !) ?
- rester responsable : si vous ne voulez pas que vos enfants consomment certains aliments ou boissons...ne les achetez pas ! ça vous évitera de craquer parce-que à quoi sert un placard rempli de choses que vous leur refusez, sinon à vous / les torturer ? (essayez vous-même avec votre friandise préférée...disons..le chocolat pour moi). Si vous achetez des jus de fruits alors que vous êtes contre leur consommation trop sucrée, des bonbons alors que vous n'aimeriez pas qu'ils en consomment trop...assumez, ou engagez une lutte parento-enfanticide inutile si vous n'aviez pas craqué devant les rayons du supermarché
-
décider de ce qui est important pour eux et pour vous : manger, se
nourrir, ou se gaver ? de quel type de nourriture ? rassasiante, riche,
fine, variée, équilibrée ? est-il plus important de manger à tout prix
ou de s'alimenter correctement ...en exergue : quels sont les besoins
réels que nous satisfaisons en mangeant et faisant manger : est ce que
nous mangeons par faim, besoin, ou envie ? le refus que nous opposent
nos enfants ne remue-til pas le couteau bien enfoncé dans la plaie de notre
culpabilité de n'être jamais assez "bonne mère" ? quel est l'enjeu réel
derrière notre envie, voire notre besoin, que l'enfant mange ?
Et
enfin, n'oublions pas que les premières années vont marquer l'empreinte
de ses goûts à vie, et que la flore intestinale qu'il se compose dans
les premiers jours de vie (ça, c'est pour l'allaitement) est celle
qu'il gardera à vie.
Qu'il mange ou pas ce que vous amenez à
table, qu'il dévore ou picore, c'est la nourriture que vous lui servez
tout petit qui va le conditionner.
Bien sûr, en grandissant, il va
s'ouvrir à d'autres goûts, son palais pourra s'affiner et il fera ses
propres expériences peut-être très loin des vôtres...mais s'il a appris
à se forcer à manger en quantité, mieux vaux que ce soit de la
nourriture de bonne qualité, car en cas de stress important, une des
possibilités de compensation qui s'offriront à lui une fois plus grand,
outre l'alcool, les drogues et la cigarette, sera soit de s'arrêter de
manger tout court, soit de revenir à la nourriture qui le rassure
(celle qui faisait tant plaisir à papa / maman)...mieux vaut que
ce ne soit pas que des pâtes et des frites, du gras ou du sucre en tout
genre.
Vous me direz : comment faire ? servir de la nourriture équilibrée et variée, c'est bien, mais s'il se contente de la regarder ?
Soyez
souples alors : préparez ce qu'il aime combiné à un peu de ce qu'il
n'aime pas. Varier les plaisirs et les déplaisirs (apparents). Servez
plusieurs plats pour lui laisser le choix. Ne vous découragez pas,
resservez, mais ne forcez pas. Insister sagement et expliquer le
pourquoi de vos choix (les enfants, quand ils commencent à grandir,
sont friants d'explications sur le fonctionnement de leur corps).
Le
bébé allaité qui grandit a déjà, nous l'avons vu, fait connaissance
avec une palette de goûts variée. Il peut ensuite goûter dans votre
assiette ce que vous y mettez, c'est à mon avis la plus simple des
méthodes pour l'amener à manger ce que vous mêmes consommez.
Lui
préparer des plats "à part" ne sert qu'à différencier sa nourriture de
la vôtre...et comment ferez-vous pour l'y amener ensuite ? et si vous
êtes tentés par la facilité des petits pots (comme moi, pour mon
aîné...), faîtes-le en connaissance des risques : cette nourriture
toute prête est peut-être "saine" (on nous la vend à grands renforts
d'arguments comme "sans sel" et "sans graisse") mais elle est insipide
(goûtez !), mixée et n'offre pas un panel de goûts suffisants, surtout
si divers élément sont mixés ensemble : comment différencier les divers
goûts ?
Ma fille s'est diversifiée à 9 mois seulement. Elle en
avait envie un peu avant, mais vomissait tout, même les compotes et les
soupes. Je l'ai laissée faire. A 9 mois, elle a picoré des morceaux
dans mon assiette sur mes genoux, et a ainsi toujours maîtrisé ses
apports de nourriture...me croirez-vous si je vous dis que je ne lui ai
jamais donné à manger ? j'obtenais un refus total dès que je présentais
une cuillère ! mais ce n'était pas la nourriture qu'elle refusait, mais
le fait d'être nourrie.
Je l'ai donc laissée faire, lui faisant
confiance comme je lui fais confiance dans la gestion de son
allaitement. Je me suis contentée de ne jamais lui présenter de petits
pots, de limiter au maximum les aliments dont je réprouve la
consommation (et d'assumer de lui donner ponctuellement bonbons,
chocolats et glaces), de la faire participer à nos repas mais aussi à
leur préparation. Elle a des goûts affirmés mais mange avec bon appêtit
pratiquement de tout (sauf les fruits crus bizarrement, hormis les
fraise dont elle raffole et qu'elle peut manger par kilos !). Bien loin
du cas de son grand frère, grand petitpotisé, qui n'a jamais pu se
faire aux légumes en morceaux, qui traque tout le vert dans son
assiette parfois à en pleurer, et à ne pas vouloir venir à table
(heureusement qu'il aime les soupes ultra mixées, ouf !)...et qui a
probablementé été trop forcé par ses parents débutants bourrés de
principes qui voulaient faire au mieux, par les repas à la crêche et
ceux de la cantine.
Quels enjeux que ces repas alors que cela peut être si simple...avec bon sens, logique et empathie : exemple, participation, et compréhension.
On n'a jamais autant préparé de mets "spécial bébé"...et les enfants n'ont jamais aussi peu manger ou aussi mal manger...certains diront "la faute à l'éducation, il faut forcer un enfant", là où je dirais plutôt : exigence démesurée ou laxisme flagrant quant à la qualité, nourriture pour bébé trop spécialisée et insipide, méconnaissance des aptitudes naturelles des enfants, ainsi que trop grande différence entre pratique et réalité....tout et son contraire, l'inverse de l'équilibre si précieux pour nos petits.
Il y a quelques temps, j'ai été interpellée sur ma façon de faire : pourquoi est ce que je m'obstinais à servir à mon fils des mets qu'a priori il n'aime pas ? pourquoi est-ce que j'insistais (pour la personne en question : trop lourdement) ?
Parce-que, ai-je répondu, ce n'est pas parce-qu'il est victime de mes erreurs et non coupable de ses goûts que je dois éviter de regarder ma responsabilité dans son parcours alimentaire, et cautionner implicitement le prolongement volontaire d'une alimentation peu équilibrée trop simplistement nourrissante...ne pas forcer mais ne pas lâcher non plus.
Eviter de culpabiliser mais (se) responsabiliser. Accompagner et éduquer. Proposer toujours, insister sans jamais forcer. Fragile alchimie pas toujours évidente, n'est ce pas ?
Il est bien plus aisé de laisser l'enfant nous accompagner, en étant soi-même un exemple, que tenter de remonter la pente d'un chemin solitaire et caillouteux.
Pascale
maman de Théo (6 ans) et de Roxane (2 ans)
01 octobre 2006
le drame du méli-mélo psychanalytique occidental
Lors de ma première grossesse, bien influencée par le discours
ambiant "il faut / il ne faut pas" quant à la puériculture
(j'appelle cela volontairement ainsi, car ce type de conseils ne peut
s'apparenter à la périnatalité respectueuse, mais à une façon froide et
distante de manipuler les enfants...étrangers à soi), j'ai
amoureusement aménagé et décoré une belle chambre pour mon fils.
Cela me semblait indispensable pour bien l'accueillir...les jolis
draps, le lit repeint du bleu que j'aime, la frise avec les nounours.
J'avais besoin de lui faire une place dans ma vie, dans mon foyer, et
cette chambre l'a symbolisée. Soit.
Ma mère, pourtant très traditionnelle en éducation, s'en était
étonnée à l'époque, je m'en rappelle..."ah...le bébé ne dormira pas
avec toi ?" (comme, je l'apprendrais plus tard, elle l'avait fait avec
nous, pourtant non allaités...mais ça lui semblait logique, à elle qui
avait toujours partagé la chambre de quelqu'un pour cause de pauvreté).
Non, maman, il faut qu'il ait sa chambre à lui...nous, nous avons
les
"moyens" de lui en offrir une....pensant "oh, mais ça ne va pas,
non ? et notre intimité alors ?" sans réflexion sur ce qu'est
réellement le partage et le vécu de l'intimité (comme si elle ne
s'exprimait que dans notre chambre !) ; dans le même mouvement
clichéesque qui me faisait dire, bien avant d'envisager une maternité,
"je n'allaiterais pas parce-que le papa doit partager les
tâches"...comme si la parentalité se résumait aussi simplistement à ça,
comme si le positionnement hommes / femmes se résumait à un un partage
des tâches 50 / 50 et l'équilibre à compter scrupuleusement ce que
chacun fait (l'expérience me prouve même que ce type de couples est
constamment dans le conflit, insastisfait mutuellement de l'autre)
plutôt que dans le respect, l'amour et la confiance partagés...j'étais
alors gavée de paroles féministes, de ce féminisme qui encourage les
femmes à ne plus en être pour ressembler aux hommes, reconnaissant par
là-même qu'elle est "inférieure" puisque ne pouvant être égale à
l'homme si elle ne se renie pas ! (HS
: je reviens de loin n'est ce pas ? eh oui, et j'aime en parler pour
prouver que, oui, bien informée, on peut voir la vie différemment et
changer du tout au tout).
J'y avais néanmoins installé un
petit lit d'appoint pour moi, en prévision de l'allaitement que je
souhaitais. Très fière, je ramène mon petit ange de la maternité, et
l'installe...seul, après la tétée, pour la première nuit dans sa
chambre.
Et le cercle infernal a commencé. Il s'est révéillé très souvent
pendant 11 mois du besoin de nourriture mais aussi de ma présence (mais
ça, je ne le comprendrais que plus tard, en m'ouvrant à d'autres façons
d'accueillir avec respect l'enfant qui naît), et moi, je n'ai pas
pratiquement pas dormi pendant de longs mois...entre la surveillance au
baby-phone posé sur ma table de nuit (respire-t-il encore mon dieu ?),
ses appels réels, et mes réveils instinctifs un peu avant qu'il
n'appelle, les allers-retours, je me suis trainée d'une chambre à
l'autre, me transformant en zombie pendant 11 mois.
J'ai
repris le travail quand il avait 7 mois. La séparation n'aidant
pas, Théo, alors qu'il avait commencé à allonger sérieusement ses
phases
de sommeil et à pouvoir les enchaîner, a recommencé à se réveiller
toutes les deux heures. Mélange de sensations : plaisir de l'avoir
contre moi, plaisir de l'allaiter la nuit alors qu'il me manquait tant
la journée...et fatigue extrême.
J'ai tenu 4 mois, et puis...j'ai craqué. Je
l'ai laissé pleurer 3 nuits de suite, le ventre retourné, les larmes
coulant en même temps que les siennes, maman éplorée devant la porte de
la chambre de son si précieux petit qu'on lui avait dit de laisser
fermée pour qu'il "s'habitue" et se "déconditionne". Il a pleuré 7h
d'affilée la première nuit...si, si. A cette évocation, mes larmes
remontent d'ailleurs pour cette si grande violence infligée. 3h la
deuxième...et 1/4 d'h la 3ème. Il avait compris, intégré...que maman ne
lui répondait plus. Les clichés occidentaux avaient eu raison de la
volonté d'expression de ses besoins : il s'est tu, devant les
injonctions "il faut qu'il dorme", "il faut qu'il s'habitue" etc.
4
ans plus tard, l'entre-temps ponctué de nombreuses rencontres, des
tonnes de livres sur la parentalité respectueuse, de l'allaitement très
long de mon fils (qui m'a, soyons clairs, aidée à faire tomber mes
tabous occidentaux et à l'assumer), une prise de conscience nouvelle
des besoins du nouveau-né et du bébé, j'installe le petit lit de ma
Roxane contre le lit parental. Nous avons goûté aux joies des tétées à
peine réveillées, à la proximité rassurante, à la fatigue qui
s'éloigne, aux longues nuits certes entrecoupées mais pas "hâchées"
malgré les tétées et
les demandes de contacts et réassurance...elle a même fait nos nuits de
2 à 5 mois, avant que les poussées dentaires ne viennent la perturber.
Je
n'ai pas pour habitude d'en parler. Non que je le cache, mais que
je sache très exactement comment le sommeil partagé est vu et soupçonné
dans notre monde....d'autant plus que c'est une vision que j'avais pour
mon premier, rappelez-vous...donc, je connais de l'intérieur ce que
peut penser une personne remplie de ces clichés. Et je n'ai pas envie
d'être salie par leur regard, leurs pensées bizarres...à eux.
L'occasion m'est donnée, avec une réponse de Claude Halmos dans le
magazine "Psychologies" du mois d'octobre, à une lectrice qui relie son
anorexie et ses problèmes sexuels, au partage du sommeil des parents
jusqu'à 12 ans...(on notera que la lectrice parle de partage de
sommeil, et que Claude Halmos (que j'apprécie beaucoup par ailleurs
traduit évidemment par "partage du lit" et de ce qui s'y passe bien
sûr) de revenir un peu là-dessus et d'éclairer cette vision du sommeil
partagé d'autres points de vue.
La lectrice : "J'ai 40 ans et.
après de longues années de thérapie, j'ai pu enfin guérir de mes
angoisses, de mon anorexie et de mes problèmes sexuels. Je pense que
tout cela venait du fait que j'ai dormi de ma naissance à 12 ans dans
la chambre de mes parents. Pourquoi t-on si peu de ce problème?"
Claude
Halmos : "Vous avez raison, Anne-Marie. On ne dit pas assez et pas
assez clairement que la promiscuité entre les parents et leurs enfants
est destructrice pour ces derniers. Pourquoi le dit-on si peu alors que
tant d'adultes disent, comme vous, qu'ils en ont souffert ? Sans doute
parce que l'on a peur de paraître rétrograde, normatif, et même
répressif. Mais surtout parce que l'on continue, des années après
Freud, et quoi que l'on en dise, à nier l'existence de la sexualité
infantile. Car c'est elle qui rend dangereux
le partage des lits et des chambres, l'habitude de laisser les portes des salles de bains ou des toilettes ouvertes, etc.
La
sexualité infantile, en effet, est faite d'émotions, de sensations et
de fantasmes très différents de ceux des adultes. Elle est en
construction et, de ce fait, en perpétuel remaniement et elle est très
fragile. Elle ne peut donc supporter, sans en être gravement perturbée,
des interférences avec la sexualité adulte. Or l'enfant, dans la
chambre de ses parents, est mêlé à leur vie sexuelle. Car il est
traversé par les émotions qu'ils éprouvent. Elles se mêlent aux
siennes. Et ce mélange est pour lui une source d'excitation perturbante
parce que trop forte et trop différente de ses propres ressentis. Mais
aussi culpabilisante parce qu'elle est, de fait, incestueuse.
L'angoisse et la culpabilité restent donc associées pour l'enfant à la
sexualité. Et cette association peut produire à l'âge adulte des
symptômes comme ceux dont vous avez souffert."
Evidemment, dormir jusqu'à 12 ans avec
ses parents, ça m'interpelle.
J'aurais tendance à penser de prime abord
que c'est bizarre et malsain.
Mais....il y a 8 ans, si on m'avait dit
qu'un enfant pouvait têter jusqu'à 4 ans, ou que le sevrage naturel du
bébé humain intervenait normalement entre 3 et 7 ans, j'aurais crié au
scandale. Par méconnaissance, manque d'expérience et d'informations.
Alors,
il me semble que la prudence est de mise lorsqu'on veut parler de ce
type de pratique.
Et
je préfère ne pas juger, en l'absence de tous les
éléments qui me permettraient d'avoir un avis réellement objectif :
quelle était la situation financière des parents, par ex ? l'état de
leur couple, leur postionnement exact ? que se permettaient-ils en sa
présence (rien ne nous dit qu'ils faisaient l'amour devant leur
fille....on nous parle simplement de "dormir dans la chambre des
parents) ? bref, y avait-il des circonstances particulières pour que le
partage de la chambre se prolonge autant et perturbe l'enfant ? etc.
Je
ne nie pas que des enfants, trop d'enfants, subissent des abus divers
autant que variés qui me rendent terriblement triste et honteuse
d'appartenir à une espèce qui traite ses petits de la sorte, mais
je ne peux
pas affirmer que cette lectrice est dans ce cas-là...simplement à
l'énoncé de la chambre partagée.
Et
c'est cela que je déplore dans la réponse de CH qui, pour une fois, n'a
pas posé des questions en retour pour aider la lectrice à une analyse
critique de son vécu.
Non,
dormir avec ses parents se voit condamné, sans concession, comme
destructeur pour l'enfant, sans aucune nuance pour l'âge de
l'enfant...à quelques heures de vie comme à 12 ans, ce serait "destructeur".
Et
c'est ce discours-là mêlant tout et n'importe quoi, s'appuyant sur des abus malsains posés par des personnes malades et mal-construites pour imposer un interdit à tous, qui m'a influencée
lors de ma première maternité, qui influence des générations
entières de parents et que subissent des millions d'enfants qui dorment dans la solitude.
L'immense majorité de la population mondiale dort avec ses enfants, naturellement.
Par impossibilité économique, par mode de vie ancestral ensuite, par choix philosophique aussi (éducation "proximale").
Leurs
enfants sont-ils "détruits" par la promiscuité (définition : voisinage
désagréable que l'on subit...suis-je la "voisine" de mes enfants ? non
!) ? présentent-ils des troubles sexuels ou comportementaux graves ?
l'anorexie présentée ici comme résultant de la chambre parentale
partagée n'est-elle pas l'apanage de l'Occident (qui pourtant...ne
pratique peu voire presque pas le partage de la chambre depuis des
générations !).
L'Occident
lui-même, avant l'avènement des maisons à multiples chambres, ne
laissait pas dormir ses petits dans la solitude...et s'il a été, à
partir d'un moment, préconisé de faire dormir les enfants dans un
berceau, puis ensuite à l'autre bout de la maison, ce n'était pas pour
enrayer l'inceste, mais les assassinats par étouffements qui se
multipliaient dans les foyers où la pauvreté ne permettait pas de
nourrir chaque bouche naissante...le partage du lit était ainsi
présenté comme seul responsable de l'étouffement, un coupable tout
désigné (je rappelle qu'il n'en est rien, et qu'en l'absence de baisse de la
vigilance normale - tels que prise de drogue, de somnifère ou d'alcool,
ou encore de maladie ou d'obésité - l'enfant qui dort avec ses parents
a moins de risque de décéder dans ses premiers mois car la présence
parentale et les bruits liés maintiennent son cerveau en état de
vigilance et évite qu'il "oublie" de respirer).
L'interdiction de dormir avec ses enfants à commencé à être posée par les représentants religieux, pour enrayer l'hécatombe.
La question peut aussi être retournée : dans les personnes qui
présentent des troubles du comportement sexuel ou alimentaire, combien
le sont par partage de la chambre parentale ? c'est peut-être un peu
rapide de mettre ces troubles-là sur cette raison-là, non ? et...bien
pratique aussi pour ne pas rechercher trop loin l'origine de
l'enracinement du trouble ?
On
sait que ces troubles se multiplient touchant désormais des
enfants de plus en plus jeunes...et pourtant, les parents en grande
majorité ne dorment pas avec leurs enfants.
Donc...si les
populations qui dorment avec leurs enfants ne présentent pas ces
troubles, que les populations qui ne dorment pas avec leurs enfants les
présentent de plus en plus....que peut-on en conclure au contraire ?
que c'est multifactoriel, et que le simple partage du sommeil ne peut
pas être à l'origine des troubles...c'est le climat inscestuel qui est
desctructeur quelle que soit la pratique de sommeil ! et combien de
parents incestueux vont plutôt rejoindre l'enfant dans sa chambre bien
à l'abri des regards, hein ?
Il me semble ainsi qu'il est extrêmement important de préciser que
cette pratique familiale est dangereuse, oui, quand les parents n'ont
pas un positionnement parental clair, quand ils ne reconnaissent pas
leurs enfants en tant que tels (donc, quand le lien est défectueux),
quand ils utilisent leurs enfants à des fins sexuelles ou comme rempart
à une absence de vie sexuelle...bref, quand ils sont clairement dans le
positionnement incestueux.
Et ce n'est pas le partage du sommeil
qui crée l'inceste, comme si l'occasion faisait le larron ! c'est
beaucoup plus compliqué que cela : quand un parent glisse vers
l'inceste avec son enfant, c'est qu'il s'est construit lui-même avec.
Un
parent sain, clair, qui a développé un lien fort avec son bébé, qui le
reconnait bien en tant que tel, qui a intégré les interdits de
l'inceste, ne fera pas de mal à son bébé, au contraire, en partageant
son sommeil avec lui, en lui assurant présence et protection même la nuit...comme tous les mammifères le font !
Tout comme la nudité, et j'en ai déjà parlé : http://avancer.canalblog.com/archives/2005/11/09/978054.html#comments, http://avancer.canalblog.com/archives/2005/10/30/944420.html#comments, ce n'est pas le cododo qui détraque l'enfant mais l'intention qu'on y met dessus.
Je regrette aussi qu'aucune nuance ne
soit faite dans le mélange des
termes "promiscuité" et "partage du lit" pour finir par énoncer
"l'enfant dans la chambre des parents est mélé à leur vie
sexuelle"...et que le sommeil soit forcément...un temps où le sexe
s'exprime...(parce-que bien sûr, on ne fait l'amour que dans un lit, le
soir couché, bien sagement ! bien sûr...rentrons dans les petites cases
de la normalité, mes amis, sinon point de salut, vous êtes de dangereux
dépravés).
Pourtant...la
chambre parentale pourrait ne pas être que "sexuelle", elle peut être aussi
un lieu de sommeil partagé, un lieu tout simple dénué d'intentions
autres que celles du partage du repos à protéger.
La sexualité
peut aussi avoir lieu dans un autre endroit de la maison ! dans le
salon par exemple, après avoir soigneusement fermé son accès et branché
le baby phone, devant la cheminée, sur le canapé-lit, je ne sais pas
moi !
Cantonner
la chambre à l'activité sexuelle me semble
réducteur, d'autant que jeunes parents ou parents tout court, on est
loin, très loin quand même, de la boulimie des premiers mois de
découverte mutuelle (pour ceux qui l'ont déjà vécu...) quand on vient
d'accoucher ou quand bébé est encore très jeune, n'est ce pas ? Pour
quelques fois par mois, cela peut se faire bien ailleurs...comme au
temps de la jeunesse de notre idylle...
Voilà pour ceux que l'échange de câlins en présence d'un bébé endormi choque.
Bon, et puis ensuite...sans parler de faire l'amour sous les yeux
éveillés de ses enfants bien sûr (chose qui m'horrifierait), est ce si
grave d'échanger des calins alors que bébé dort profondément dans son
petit lit à quelques mètres ? vraiment ? qu'il nous entende dans son
inconscient et son état de "veille", cela va-t-il le détruire vraiment ?
Je ne le crois pas.
Je
me rappelle avoir souri lors de cette fameuse scène de "Danse avec les
loups" où Kevin Costner se réveille et entend le couple d'amis indiens
qui l'a recueilli faire l'amour sous la peau de bizon. Curieux, il les
regarde...alors qu'ils sortent leurs têtes à yeux tout ronds, et lui
sourient, se remettent dessous, et continuent.
Je me rappelle très
bien m'être dit que ça n'avait rien de choquant, que cela devait se
passer ainsi dans tous les foyers, tipis, cases, huttes, igloos,
maisons à pièce unique de la terre !
Je
me rapelle m'être dit qu'après tout, c'était naturel, humain,
logique...ce que j'avais déjà pensé petite, confrontée à la même
situation face à un couple à qui l'on m'avait confiée et dont j'ai
entendu les murmures et gémissements. Ils faisaient le plus doucement
possible, ne m'ont "pas fait partager leurs ébats" le moins du monde,
mais j'ai entendu...et j'avais souri aussi. Je m'étais endormie emplie
de l'idée que ce couple-là s'aimait fort...pas commes mes parents qui
me réveillaient parfois en sursaut dans les cris et la violence d'une
crise de Délirium...à votre avis, quelle est la situation que je
préférais ? j'avais 6 ans.
Sommes-nous les seuls à détenir la vérité ? à savoir "ce qu'il faut faire" pour ne pas déglinguer les enfants ?
Nicolas
Sarkozy a dit il y a quelques jours "les français savent que je dis la
vérité"....oui, mais il y a d'autres vérités que celles qui sont
énoncées comme des évidences par qui veut vous convaincre !
De nombreux écrits viennent contredire le contenu du discours
mélomélique lambda concernant le cododo familial. Parmi eux, il en est
un qui m'a fortement surprise par sa franchise :
"Le sexe et le lit familial
Quand
votre conjoint et vous êtes au lit avec un jeune enfant, je vous
recommande de faire l'amour quand l'enfant dort profondément. Mais vous
pouvez faire l'amour dans le même lit si vous le désirez. Si c'est
inconfortable, placez provisoirement l'enfant sur un tapis, par terre,
pour le ramener dans le lit plus tard. Ou encore, laissez-le dormir
dans le lit et allez sur le plancher vous-mêmes (ou sur le bureau). Un
peu de variété vous ferait peut-être du bien!
Je ne
ferais pas l'amour sous les yeux de l'enfant, mais je ne vois aucun
problème à le faire quand il dort dans la même chambre. C'est naturel,
après tout. Parlez régulièrement à l'enfant à ce sujet, de sorte que
son inconscient soit détendu et confortable. Je n'irais pas jusqu'à lui
expliquer les lois de la procréation. Je dirais plutôt: «Papa et maman
vont faire l'amour; alors si tu entends du bruit, ou si le matelas
rebondit partout dans la chambre, c'est normal. » Cela crée une
impression dans l'enfant, grâce à laquelle il sera expressif en faisant
l'amour, plutôt qu'étriqué et renfermé. Cela pourrait lui épargner des
années de thérapie.
D'autre part, une fois que l'enfant a
sa propre chambre, s'il a été tenu à l'écart du sujet de l'acte sexuel,
il faut savoir que lorsqu'il entendra sa mère crier comme un diable
(peu importe ce qu'est le diable !), il supposera presque sûrement
qu'elle a de gros ennuis et il aura peur pour elle. Soyez donc
conscients de l'état de veille ou de sommeil de votre enfant quand vous
faites l'amour." - Lee Lozowick in "le courage d'éduquer".
Clair, limpide, naturel et encourageant.
Un jour, j'ai lu le sentiment d'un papa
qui avait vécu toute son enfance sans jamais voir le corps de ses
parents, sans appréhender les choses de corps et de l'amour...il s'en
trouvait terriblement troublé et bien plus mal à l'aise que son épouse
qui avait été élevée avec naturel. Il était heureux que ses enfants
puissent recevoir la même éducation que son épouse, persuadé que ses
difficultés relationnelles et amoureuses étaient dues à l'absence de
toute évocation de ce qui perturbait ses parents eux-mêmes.
Entre
le "trop", et le "pas assez", il y a une autre mesure : justesse et
équilibre dans la réponse à donner aux besoins de tous les
protagonistes en jeu.
D'autres ressources pour continuer :
http://cododo.free.fr/
http://www.femiweb.com/editorial/edito_core_10_11.htm
http://maternage.free.fr/peau_a_peau.htm#peauapeau5
http://allaiter.free.fr/presse/temoignages/sommeil.html
http://www.lllfrance.org/allaitement-information/aa/46-sommeil.htm
et un très beau texte trouvé en surfant : http://www.france-japon.net/modules.php?name=Forums&file=viewtopic&t=2878
(évitez
seulement de lire les commentaires dessous...ils émanent de français
imbibés de psyCHONlogie...pfff, un bel exemple de ses ravages)
et un témoignage d'un papa homonyme vivant au Japon : http://www.france-japon.net/modules.php?name=News&file=article&sid=19
(voir "les enfants")
Pascale
maman de Théo (05/07/00) et de Roxane (31/07/04)
24 septembre 2006
Ma définition du maternage
J’ai
eu l’occasion, à plusieurs reprises, d’assister à des revirements
éducatifs parentaux majeurs : d’une éducation proximale, ils sont
passés à une sévérité brutale…parce-que pour eux, le « maternage » n’a
rien amené de bon.
Pourtant, le maternage n’est pas en cause....quand il n’est pas confondu avec absence d’éducation et de guidance !
Le
maternage, pour moi, c’est accompagner et répondre aux besoins
fondamentaux...et celui de grandir en est un à part entière...grandir
en ayant des repères solides et non fluctuants, dans le respect de
soi-même ET de ceux qui nous entourent, avec quelqu’un de solide et
d’aimant qui nous tient la main et nous montre la voie.
Ne pas
“faire de mal” à un enfant, ce n’est pas “ne pas oser dire non” et tout
lui passer jusqu’en n’en plus pouvoir, ou tout faire à sa place (y
compris penser) en croyant le protéger, mais répondre positivement
autant qu’on le peut, et appliquer la négation avec justesse et
souplesse en tenant compte des besoins de tous les protagonistes en
jeu, expliquer ce “non” pour qu’il l’intègre comme un repère et non
comme une punition ou une décision purement arbitraire (base de la
contestation).
Le
"non sanctionnant" qui se hurle, s'aboie, celui qui est parfois
arbitraire, n'a rien à voir avec le "non éducatif", celui qui pose un
repère, une balise, celui qui est juste et s'explique, celui qui
structure l'environnement de l'enfant.
Et puis...le "non" juste et libérateur s'apprend,
nos enfants apprennent par nous comment l'utiliser pour se défendre et
ne pas accepter de se soumettre à ce qui ne leur convient pas.
Je ne vois pas en quoi nourrir un bébé
quand il
a soif ou faim, ou lui donner accompagnement, tendresse et présence
contre le corps et le coeur de ses parents, fait de lui un monstre
insupportable.
Je n’ai pas de recul
par rapport à Théo puisqu’il était à la crêche à 7 mois (mais allaité
longtemps et porté à la demande, bisouté, câliné, protégé), mais j’en
ai avec Roxane, et franchement, je ne me/nous reconnais pas du tout
dans les galères familiales de certains parents. notre vie est
chouette et nous sommes tous heureux...et je materne, j’allaite encore
à la demande, je porte toujours, et je n’éprouve pas le “besoin” de
laisser ma fille à un tiers “pour être bien”.
Je dévie de mes
ambitions de parentalité respectueuse un peu chaque jour, je crie, je
me mets en colère, mais 90 % de notre temps est ensoleillé.
Je
pense que la lecture du "concept du continuum" pourrait aider un grand
nombre de parents à éclaircir ce que l'on peut mettre sur l'expression
"respect des besoins" et sur le mot "maternage".
Les "difficultés" se retrouvent chez tous les groupes de parents : les maternants comme les autres.
Ce
n'est pas le maternage qui est en jeu donc, mais ce qu'on essaie
d'obtenir avec, non ? Il ne suffit pas d'allaiter, de materner et de
porter pour respecter un enfant et lui donner une éducation qui lui
permettra de grandir sereinement. Ce n'est pas un "pack magique" !
Si
le maternage est utilisé comme un but en soi, un sorte de méli-mélo de
trucs et astuces pour avoir des "enfants heureux" (sous-entendu
non-opposants et obéissants)...le mur est droit devant ; la déception
est alors grande, profonde, immense, au point parfois de virer de cap à 360° et adopter une éducation répressionnelle, quand l'enfant se
révèle sous son jour le plus évident : humain.
Mélangeant tout, le "trop" et le "pas assez", ils cèdent alors aux sirènes des défenseurs de l'éducation occidentale lambda qui leur crient depuis que le petit est né qu'ils le "gâtent" trop. Ils remettent en cause l'allaitement à la demande, le portage, le cododo, l'absence de violence morale et physique, évidemment pointés comme responsables...en oubliant qu'il s'agit de réponses à des besoins fondamentaux et en occultant un de ceux qui leur a fait cruellement défaut à tous : le besoin de donner et de recevoir une éducation.
Si, par contre, le
maternage est utilisé comme un moyen de respecter la nature du petit
voie-lactien qui vient d'attérir ; de lui offrir un accueil chaleureux,
de l'apprivoiser tout doucement ; de le remercier de nous avoir
choisi comme parents ; de l'habituer lentement mais sûrement à notre vie
terrestre en lui permettant de partager à son rythme notre vie et nos activités quotidiennes ; de l'éduquer par le moyen le plus facile et le plus évident : regarder, observer, prendre exemple ; de lui éviter solitude et isolement qui brisent son coeur et
la confiance naturelle qu'il porte en lui ; de ne pas gâcher le
potentiel énorme qu'il a en venant au monde, tout en se facilitant
notre vie de parents....alors, oui, le maternage sera vecteur de paix et
de confiance au sein de la famille.
En répondant aux besoins
physiologiques de l'enfant, il lui permettra de ne pas être à la
recherche continuelle de ce qu'il était destiné à recevoir en naissant
en tant qu'être humain.
Il aidera au tissage d'une relation forte,
souple et vivante entre les parents et l'enfant. Il aidera le
tout-petit à se construire sur des fondations solides, et à y ériger la
maison qu'il aura librement choisie.
Pascale
maman de Théo (6 ans) et de Roxane (2 ans)




