04 juin 2008
le "point du mari"
Puisqu'on serait tenté, un peu rapidement, de croire que je participe volontairement à la diabolisation d'un groupe social et religieux à la suite de mon précédent article, je vous laisse "savourer" (beurk) la "version BCBG de l'hymen recousu" qui se pratique en France dans les maternités (et quelques commentaires ici).
Pour moi, c'est évidemment tout aussi choquant...là encore, on dispose du corps de la femme, on la coud, on la mutile pour le plaisir de l'homme....est-ce acceptable ? et si on le dénonce, de quoi va-t-on être taxé ? d'être contre les hommes (Chéri, au secours !), contre le plaisir, contre les BCBG ou je-ne-sais-quoi-encore ?
L'obscurantisme, version chic et française.
Mais bon sang, qu'est ce qui pousse ces femmes à accepter ces mutilations sexuelles, ces médecins à pratiquer ces actes...?! est-ce un héritage de l'intégrisme chrétien comme le souligne l'article, ou une méchante dérive et mauvaise tournure des opérations de chirurgie esthétique après la nymphoplastie, opération de plus en plus courante et...demandée ?
Pascale, qui doit se pincer devant le calendrier qui affiche "2008", et reste perplexe devant autant d'artifices de la sexualité
Maman de Théo (05/07/00) et de Roxane (31/07/04)
06 février 2008
Des baffes au menu de l'EN
http://fr.news.yahoo.com/ap/20080206/tfr-eure-parent-eleve-agression-56633fe_1.html
Décidément....
Pascale,
maman de Théo (05,07,00) et de Roxane (31,07,04)
01 mars 2007
OGM : à faire circuler...
Relai d'informations de http://terresacree.org/index.html
Les OGM contre-attaquent
jeudi 1er mars 2007, par Emmanuelle Gaziello / "le Patriote"
Selon les associations environnementales regroupées dans l’« Alliance pour la planète », le gouvernement français se prépare à imposer la loi OGM visant à transposer la directive 2001-18, par décrets. Ces derniers seraient encore plus laxistes et favorables aux OGM que la loi votée par le Sénat en mars 2006 : irresponsabilité civile et financière totale des semenciers en cas de dissémination, et info minimale des populations. Lorsqu’on examine le bilan des cultures OGM dans le monde, on se pose la question : et si l’Europe était la dernière bouée de sauvetage pour une filière OGM économiquement en difficulté ?
Des associations très inquiètes
Devant cette menace, les associations ont jugé nécessaire d’envoyer un courrier, mardi 13 février, aux ministres de l’écologie, de l’agriculture et de la recherche pour réclamer un moratoire immédiat sur les cultures avant les semis d’avril. Elles redoutent que, sous la pression de Bruxelles et du « lobby des biotechnologies », le gouvernement, qui ne pourra pas, d’ici la fin de la session parlementaire, faire adopter la loi de transposition de la directive européenne sur les conditions de culture des OGM, ne procède par décrets. Une inquiétude confirmée, mercredi par le ministre de la recherche, François Goulard. « Sud-Ouest », publiait dans son édition Béarn du 7 février un article sur l’offensive OGM d’Euralis, coopérative Paloise : la demande serait si forte de la part de certains agriculteurs que cette année, on pourrait avoir 50.000 hectares cultivés en OGM, au lieu des 80 actuels ! Selon « Les échos »du 18 février(1), Euralis s’apprête à se greffer sur le maïs OGM pour « trouver de gros débouchés supplémentaires avec l’essor du bioéthanol. Avant l’été, l’usine de Lacq, montée par l’espagnol Abengoa et qui implique Euralis, devrait produire ses premiers litres. (…) Il y a une explosion de la demande de nos agriculteurs et des autres », assure son président, Christian Pèes. « On se doit de l’accompagner. »
Les surfaces de maïs OGM pourraient ainsi passer en Aquitaine de 80 à 3.000 puis à 7.000 hectares.
Selon Libération (2) du 10 Février, le président d’Euralis se sent un tantinet débordé, pris entre ses coopérateurs pro-OGM et le marché du maïs qui y est largement opposé. Euralis serait prêt à faire le saut, « mais dans le respect le plus strict de la réglementation ». Ce qui ne va pas de soi : la directive de Bruxelles qui autorise l’OGM BT pour la consommation animale n’est toujours pas transcrite dans le droit français.
La filière OGM en difficulté dans le monde
Lorsqu’on examine le bilan des cultures OGM dans le monde, on se rend compte que la filière OGM y est probablement en difficulté.
Le Brésil et le Paraguay ont connu des aléas climatiques qui ont fait beaucoup souffrir le soja OGM. En effet, ce soja résiste beaucoup moins bien à la sécheresse que les variétés traditionnelles et les pertes pour les agriculteurs ont été très importantes, de 60 à 90% dans certaines zones du Paraguay. Monsanto a dû réduire ses droits sur les plantes GM dans ces deux pays.
En Afrique du Sud, des milliers de petits paysans se sont endettés pour acheter des semences GM. Lorsque les rendements ne furent pas au rendez-vous, les petits producteurs furent ruinés. Le gouvernement sud-africain, un des plus favorables aux OGM, a mis en place un moratoire sur le coton GM pour analyser la situation.
En Inde, les gouvernements de 7 états cotonniers intentent, depuis 2006, un procès contre Monsanto, l’accusant de réclamer des redevances excessives sur son coton BT. Les faibles rendements de ce coton qui ont poussé des petits paysans à la ruine et au suicide, ne sont certainement pas étrangers à cette démarche.
En Indonésie, le coton BT a été un échec lamentable et Monsanto a abandonné la commercialisation dans ce pays. Autant de pays où l’argent ne rentre plus comme prévu…
Aux Etats-Unis, l’apparition de nombreuses herbes résistantes aux RoundUp provoque une augmentation des coûts et même le Ministère de l’Agriculture vient de reconnaître que « l’adoption du maïs BT avait eu une incidence négative sur les recettes des exploitations spécialisées dans le maïs ». Ce même ministère écrivait toujours dans son rapport d’avril 2006 : « Les produits GM disponibles à l’heure actuelle ne dépassent pas le potentiel de rendement d’une variété hybride ».
L’intérêt général
On comprend donc toute l’importance de l’ouverture du marché en Europe ! Favoriser les OGM, c’est favoriser les intérêts d’une minorité contre l’intérêt général. En Allemagne, sous la Ministre de l’Agriculture Verte, 150.000 emplois ont étés crées pour l’agriculture biologique (à comparer aux milliers d’emplois que perd chaque année, le « modèle » agricole français). Celle-ci serait, en France rapidement condamnée par l’introduction massive d’OGM car la contamination est inévitable. La vraie innovation pour l’agriculture française qui depuis des décennies perd des dizaines de milliers d’emplois, ce serait d’enfin en créer ; certainement pas en introduisant des maïs OGM, sous couvert, comme le dit le Président d’Euralis, dans son livre : « L’Arme alimentaire, les clés de l’indépendance », de pallier aux problèmes alimentaires de la planète ! Tout le monde sait qu’aujourd’hui, 80% des OGM produits dans le monde servent à alimenter les…animaux d’élevage des pays riches !
Emmanuelle GAZIELLO
P.-S.
(1) voir sur http://www.lesechos.fr/info/regions/4537449.htm (2) voir sur http://www.liberation.fr/actualite/economie/234334.FR.php
http://www.le-patriote.info/spip.php?article367
07 février 2007
"La meilleure chose que peuvent donner les parents à leur enfant,
c'est l'indifférence"
oui, vous avez bien lu.
Hier soir, dans l'émission "ce soir, ou jamais" de F. Taddei sur France 3, le philosophe Raphaël Enthoven, (biographie ici) s'est brillamment illustré par cette affirmation hautement...philosophique. Explications de son auteur : "parce-qu'elle prépare à la dureté de la vie, elle apprend à l'enfant à savoir que tout ne l'attend pas tout cru".
Appréciez la leçon d'optimisme ! (rappelez-moi le sens de "philosophie" ? « l'amour de la sagesse » ah ouiiiiiiiiiiiii....)
On applaudit l'humanité de ce type de postulat, hein ?
et dire que ce sont nos "penseurs", ceux qui croient pouvoir nous donner des leçons de vie !
Quel drame a pu se jouer dans la vie d'enfant de cet homme pour qu'il soit persuadé d'avoir raison en énonçant cela ? (sachant qu'il a séduit la femme avec qui vivait son père tout en étant lui-même marié à Justine Lévy - Carla Bruni - il se peut qu'il ait trouvé aisé que ça indiffère son père ou malaisé que ça ne l'indiffère pas ?...).
Si la connerie et la dureté se vendaient en barre, certains seraient milliardaires.
En attendant, ce genre de propos encourageant la maltraitance envers les enfants (car oui, l'indifférence en est une) devrait être condamné.
Heureusement, Edgard Pisani et Eric-Emmanuel Schmidt (bonhommes lumineux et affables autant que Enthoven est froid) s'y sont vigoureusement opposés, le premier arguant l'oeil goguenard en coin que "rien de bon ne sort de l'indifférence" et le second tout sourire "je hais l'indifférence, c'est au contraire le pire chose que l'on puisse apprendre à un enfant, qui deviendra indifférent à son tour". Ce à quoi, Enthoven a répondu "je n'ai pas dit que j'aimais ça" avec un petit regard malheureux d'enfant pris en faute. Allez, gageons que le philosophe devenu a subi cette indifférence qu'il prône et que, par esprit de vengeance, ou besoin de croire qu'elle lui était essentielle à sa construction, il la recommande. Quoi qu'il en soit, c'est grave...
Vous savez quoi ? souvent, je suis complexée de mon manque de savoir, de culture, ma "petitesse"...je me dis parfois que j'en ai tant à apprendre et à comprendre, surtout devant des êtres que je perçois comme brillants. Alors, quelque part, ça me fait du bien aussi de voir à quel point ceux qu'on pare de titres pompeux et qui occupent de hautes fonctions dans notre société - donc, censés être des guides normalement - peuvent se révéler humainement peu intelligents, et si peu admirables.
Au début de l'émission, d'ailleurs, mon mari m'a demandé comment je trouvais le physique de ce garçon (au demeurant fort agréable). J'ai répondu...."euh, je ne sais pas, il est beau mais quelque chose me dérange". J'ai su pourquoi quand il m'a fait bondir de mon siège. Je crois vraiment que la femme / mère que je suis avait senti ce qui se cachait au fond de ses yeux.
Comme je ne vais pas rester sur une colère aussi grande envers la philosophie, je partage avec vous les mots d'un autre philosophe que j'adore, celui-là, Alexandre Jollien : "Du fait de mon handicap, j'ai été nourri par le besoin, mais également le désir de la lutte. Et le bonheur était inclus dans ce combat : il fallait se battre pour être heureux. Et puis, j'ai eu des enfants. J'ai compris qu'ils étaient dans la joie naturellement, et que moi, pauvre philosophe, je ne savais pas. J'ai découvert que la logique de guerre que j'avais appliquée à ma vie depuis toujours m'avait finalement fragilisé, parce-que je ne savais pas par quoi la remplacer. C'est peut-être confortable de vivre dans un combat, parce-qu'il est toujours plus facile de se battre contre quelque chose que d'affirmer ce que l'on veut vraiment". dans "Psychologies Magazine" novembre 2006.
Et s'il vous prend l'envie de chantonner "Quatre consonnes et trois voyelles c'est le prénom de Raphaël, Je le murmure à mon oreille et chaque lettre m'émerveille, C'est le tréma qui m'ensorcelle dans le prénom de Raphaël, Comme il se mêle au "a" au "e", comme il les entremêle au "l", Raphaël...", rappelez-vous qu'il s'agit de lui.
Justine, peut-être que finalement tu peux remercier Carla de te "l'avoir volé"...un père comme ça, ce serait une plaie pour tes enfants. Pauvre Aurélien.
Pascale
maman de Théo (6,5 ans) et de Roxane (2,5 ans)
29 janvier 2007
Le sommeil des français en question
"10 millions de français souffrent de troubles du sommeil"
Gros titre des informations d'aujourd'hui avec la proposition du gouvernement de créer des "centres d'études du sommeil" dans chaque région, y compris pour les enfants !
Et pendant ce temps-là, on continue tranquillement de convaincre les parents qu'on connait la solution d'un "bon sommeil" pour le petit humain qui deviendra grand : l'apprentissage du sommeil solitaire, le dressage par non réponse aux besoins nocturnes de proximité, faim, soif. Tous le martèlent, médecins, pédiatres, spécialistes, les grands-parents, la bonne copine, la voisine...tout le monde croit détenir la Vérité qui fleurit dans les magazines et bouquins : il ne faut pas rendre "dépendant" bébé en lui offrant chaleur et réconfort, en comblant ses besoins alimentaires et affectifs.
Pourtant, elle n'est pas compliquée à trouver notre Vérité : les troubles du sommeil sont en progression constante depuis quelques décennies...depuis l'avènement des chambres individuelles pour bébés, et l'encouragement à l'éducation "distale". Les maisons se sont agrandies, et les bébés ont été mis à l'écart de toute proximité humaine dès leurs premières heures. On appelle ça "le progrès" ou "le confort".
Les bébés n'ont jamais été autant étudiés, analysés, décortiqués...et pourtant incompris par des parents de plus en plus démunis, éperdus d'angoisse quand bébé, hurlant sa solitude, ne fait pas ses nuits à 2 mois, déchirés entre leur coeur et les diktats de l'éducation occidentale, celle qui est censée faire de nos enfants "des êtres heureux et bien dans leur peau". Hum...
ah, mais j'oubliais...bébé, au bout d'un moment de solitude, ne réclame
plus, ne demande plus. Alors, vous en concluez que c'était
effectivement cela qu'il lui fallait. Sauf que bébé s'est résigné à ne
plus rien demander puisqu'il a bien compris que personne n'était là
pour lui répondre...il a ravalé son angoisse, s'auto-réconfortant comme
il peut avec ce qu'il a à disposition (sucettes et doudous en
premier)...il va tenir ainsi cahin-caha pendant quelques années...et
puis l'angoisse, alimentée par la vie et parfois sa dureté, va resurgir
du tréfonds de son petit corps devenu grand. Elle va grandir, grandir,
grandir...et il ne trouvera plus de quoi s'autoréconforter pour
s'endormir. Parce-qu'il n'aura jamais acquis la certitude qu'il n'est
pas en danger quand il dort, qu'il n'est pas abandonné...Direction la
boîte à pharmacies et les jolies petites pilules qui vont remplacer le
doudou d'antan.
Messieurs, vous pouvez créer tous les "centres d'études du sommeil" que vous voulez, brancher des électrodes sur les crânes des bébés et des plus grands, vous ne trouverez rien, vous ne verrez rien...car vous êtes aveugles, de coeur et d'esprit, et avez perdu le simple bon sens qui ne fait pourtant pas défaut aux autres mammifères.
Pour ne pas remettre en question les discours pourtant grotesques des 50 dernières années sur l'enfant et ses apprentissages, vous préfèrerez, sans nul doute, accuser le temps, la pollution, les soucis et tutti quanti. Encore nos deniers fichus en l'air "pour rien", pour des ersatz de solutions, du saupoudrage de tentatives...ou de la poudre de Perlimpinpin pour satisfaire le citoyen inquiet.
Je serais curieuse de savoir si dans les sociétés dites traditionnelles, celles où les bébés dorment à proximité d'autres êtres humains, 20 % de la population a des troubles du sommeil...
Pascale
maman de Théo (6,5 ans) et de Roxane (2,5 ans)
PS : je vous encourage à lire la page "le sommeil de l'enfant" du réseau Morphée (http://www.reseau-morphee.org/page15899.asp). Si, comme moi, vous trouvez qu'elle n'est pas assez explicite, détaillée et n'encourage que trop timidement la réponse aux besoins du petit la nuit (qui l'est encore après 9 mois :-)), contactez-les.
19 janvier 2007
Ainsi va la France (et le monde)
Ce matin, double choc, de ceux qui me rendent pénible le début de journée (oui, je sais, je ne devrais pas allumer cette sacrée radio si tôt).
L'information qui me marque et me révolte : une dizaine de bébés ont été maltraités dans un maternité de Marseille par un infirmier excédé par leurs pleurs.
Dans la colère, mes pensées se mêlent : comment peut-on faire du mal à un bébé à peine né ? comment croire qu'en les maltraitant, ils vont cesser de pleurer ? quel est ce genre humain que les pleurs d'un bébé laisse insensible et ne soulève pas l'instinct de protection, pire rend fou furieux ? et puis...que faisaient ces bébés loin de leur maman en proie aux mains meurtrières d'un inconnu ?
Bien loin des clichés qui commencent à inonder les médias "on fait tout pour encourager le lien mère-enfant", "l'allaitement est fortement soutenu - voire forcé pour certaines -", "nous faisons tout pour le bien des mamans et des bébés", la réalité est toute autre.
Ce sont des milliers d'enfants qui naissent et qui sont séparés de leurs mamans pour des soins alors que l'on sait depuis longtemps - et notamment depuis les unités Kangourou de Colombie observées en 1979 - que le petit humain se remet bien plus vite ou grandit mieux au chaud contre maman ou papa.
Ce sont des milliers de mamans que l'on "décharge" de leurs bébés dès les premières heures au lieu de les aider à prendre soin d'eux et les soutenir dans leurs difficultés. Ce sont des milliers de bébés "pris" et mis à l'écart de la voix, de l'odeur, de la chaleur du corps qui les a créés et portés depuis 9 mois, souvent après le choc immense de l'extraction pas toujours douce et des manipulations diverses "pour leur bien".
Ce sont des milliers de bébés qui hurlent de faim et de solitude, qui appellent maman, quand ils ne sont pas assommés par les médicaments reçus lors de l'accouchement (si, si, ils passent la barrière placentaire...oui, je sais : ce n'est pas ce qu'on nous affirme...et on ment même aux étudiantes sages-femmes voir ici).
Il m'est souvent arrivé d'entendre plaindre les "pauvres" du tiers-monde de ne pas avoir de chambre particulière en hôpital, de rester à la charge alimentaire de la famille durant l'hospitalisation etc...mais finalement, n'est ce pas plus humain que nos belles maternités aseptisées et froides (au passage, je souligne que 74 structures hospitalières de France refusent depuis 2 ans de se soumettre aux diagnostics de maladies nosocomiales).
Qui sont les bébés les plus à plaindre, et les mamans les moins chanceuses, à votre avis ?
Si vous ne voyez pas, je vous offre une piqûre de rappel sur l'aliénation mentale du petit humain juste né :
"Dans les cliniques d’accouchement du monde occidental, il n’y a guère d’espoir de se faire consoler par les louves. Le nouveau-né qui réclame par tous les pores de sa peau le contact originel avec un corps doux et mou qui irradie la chaleur est enveloppé dans un lange sans vie. Il peut crier aussi fort qu’il veut, on le met dans une boîte où il est abandonné à un vide torturant et où il n’y a aucun mouvement (pour la première fois depuis l’origine de son existence physique , depuis des millions d’années de son évolution ou de sa félicité éternelle dans l’utérus). Le seul bruit qu’il puisse percevoir, ce sont les hurlements d’autres victimes qui souffrent les mêmes indicibles tortures infernales. Ce bruit ne peut rien signifier pou lui. Il hurle et hurle tant qu’il peut ; ses poumons qui ne sont pas habitués à l’air s’épuisent sous le poids de ce cœur désespéré. Personne ne vient. Comme, de par sa nature, il croit que la vie est juste, il fait la seule chose qu’il puise faire : il continue de hurler.
A la fin il s’endort, à bout de forces – toute une vie plus tard, hors du temps. Il s’éveille dans l’angoisse inconsciente du silence, de l’immobilité. Il pleure. Il brûle de besoin de la tête aux pieds, de désir, d’impatience insupportable. Il ouvre la bouche pour respirer et hurle, jusqu’à ce que le bruit remplisse son crâne, qu’il soit prêt à éclater. Il crie jusqu’à ce que la poitrine lui fasse mal, que sa gorge soit en feu. Il ne peut plus supporter la douleur ; ses sanglots s’affaiblissent puis s’arrêtent. Il écoute. Il ouvre et ferme les poings. Il tourne la tête d’un côté puis de l’autre. Rien n’y fait. C’est insupportable. Il recommence à hurler, mais sa gorge est trop fatiguée ; bientôt il s’arrête à nouveau. Il raidit son petit corps torturé de dé&sir et il perçoit un soupçon de soulagement. Il remue les mains et gigote. Il s’arrête, capable de souffrir, mais incapable de penser, incapable d’espérer. Il écoute. Puis il se rendort. Brusquement on le soulève ; l’attente de ce à quoi il devrait avoir droit se manifeste à nouveau. On enlève le lange mouillé. Soulagement. Des mains vivantes touchent sa peau. On le soulève par les pieds et on remet entre ses cuisses un autre morceau d’étoffe sec comme du caillou et inerte. Immédiatement, c’est encore comme s’il n’y avait jamais eu ces mains, ni le lange mouillé. Il n’y a pas de souvenir conscient, pas trace d’espoir. Le bébé se trouve dans un vide insupportable, hors du temps, dans l’immobilité et le silence, plein de désir infini et inassouvi. Son continuum essaie les mesures de sécurité, mais elles sont toutes uniquement propres à pallier de petites défaillances dans un traitement par ailleurs adéquat, ou bien demander un soulagement à quelqu’un dont on présume qu’il l’apportera. Pour le cas extrême qui se présente, le continuum n’a pas de solution. La situation dépasse son expérience pourtant immense.
Depuis quelques heures à peine qu’il respire, le bébé a déjà atteint par rapport à sa nature un degré d’aliénation dont même son puissant système de sécurité ne peut plus le sauver. Le séjour dans la matrice maternelle a été selon toute vraisemblance le dernier dans cette atmosphère de bien-être ininterrompu où, selon l’attente qui lui est innée, il aurait dû passer toute sa vie.
Toute sa nature se fonde sur l’idée que la mère se comporte de façon adéquate et que les motivations et les actes qui en résultent d’une part comme de l’autre seront tout naturellement dans un rapport de réciprocité qui les servira l’un comme l’autre. Quelqu’un vient et le soulève délicatement. Le bébé s’anime. On le prend certes trop timidement à son goût ; mais au moins il y a du mouvement. maintenant il se sent à la bonne place. Toute l’angoisse mortelle qu’il vient de traverser n’existe plus. Il est couché dans des bras qui l’entourent ; et bien que sa peau ne retire aucune impression de douceur du contact avec l’étoffe, rie qui annonce la proximité d’une chair vivante, les mains et la bouche lui disent que tout est normal. La joie de vivre, qui est l’état normal du continuum est presque parfaite. Il y a le goût et la structure du sein, le lait chaud coule dans sa bouche avide, il y a ce battement de cœur qui aurait dû être la liaison, garantir le lien avec le corps maternel, ses yeux qui y voient à peine perçoivent un mouvement. Le ton de voix aussi est bon. Il n’y a que l’étoffe et l’odeur (sa mère met de l’eau de Cologne) qui font qu’il manque quelque chose. Il tête et quand il se sent rose et repu, il tombe dans la somnolence.
Au réveil, il est de nouveau dans l’enfer. Pas de souvenir, pas d’espoir, pas de pensée qui puisse lui rappeler dans le dessert de son purgatoire le réconfort de la visite auprès de sa mère. des heures passent, et des nuits, et des jours. Il pleure, il se fatigue, il s’endort. Il s’éveille et mouille ses couches. Maintenant il n’en éprouve plus aucun bien-être. A peine ses organes internes lui ont-ils communiqué le plaisir du soulagement que celui-ci est à nouveau supplanté par une douleur croissante quand l’urine chaude et acide attaque son corps déjà irrité. Il hurle. Ses poumons épuisés ont besoin de hurler pour couvrir cette brûlure aiguë. Il hurle jusqu'à ce que la douleur et les hurlements l’épuisent, avant qu’il s’endorme à nouveau. dans sa clinique qui ne constitue en rien une exception, les infirmières qui ont beaucoup de travail changent les langes à heures fixes qu’ils soient encore secs, humides ou complètement trempés ; et les enfants ont le corps tout irrité quand elles les renvoient à la maison où il y aura quelqu’un qui aura le temps de faire ce genre de choses et qui les guérira. Lorsqu’on l’emmène à la maison de sa mère (on ne peut guère dire que ce soit chez lui), il est déjà tout à fait au courant de la nature de l’existence. A un niveau préconscient qui déterminera toutes ses impressions ultérieures de la même manière qu’il sera réciproquement marqué par elles, il sait que la vie est indiciblement solitaire, sans réaction à aucun des signaux qu’il peut émettre et pleine de souffrance. Mais il n’y a pas encore renoncé. tant qu’il y aura de la vie en lui, les forces de son continuum essaieront toujours de retrouver leur équilibre. la maison ne se différencie guère de la clinique d’accouchement, si ce n’est pour l’irritation de la peau. les heures où il est éveillé, l’enfant les passe dans la nostalgie, le désir et l’inlassable attente de l’état « adéquat » qui selon le continuum devrait remplacer le vide et le silence. Pendant quelques minutes par jour son désir est satisfait et ce besoin de contact, ce besoin qu’on le porte et qu’on le promène, ce besoin effroyable qui le démange constamment est comblé.
Sa mère fait partie de celles qui, après bien des élucubrations, se sont décidés à autoriser à l’enfant l’accès à leur sein. Elle aime d’une tendresse encore jamais connu. Au début, elle a de la peine à le recoucher après la tétée, surtout parce qu’il hurle si désespérément. mais elle est persuadée de devoir le faire car sa propre mère lui a dit (et elle est bien placée pour le savoir) que plus tard il serait mal éduqué et lui ferait des difficultés si elle lui cédait maintenant. Elle veut tout faire comme il faut ; et pendant un instant elle sent que la petite vue qu’elle tient dans ses bras importe plus que tout au monde. Elle soupire et le repose tout doucement dans son berceau capitonné de tissu avec des petits canards jaunes, assorties à toute la pièce. Elle s’est donné beaucoup de mal pour mettre des rideaux en coton, un tapis en forme de panda géant, une table de toilette blanche, une baignoire et une table à langer. Il fallait aussi du talc, du savon, de la crème, du shampooing et une brosse à cheveux - le tout dans des tons de bébé.
Au mur, il y a des images de bébés animaux habillés en hommes. La commode est pleine de petites chemises, de barboteuses, de petits chaussons, de petits bonnets, de gants et de langes. Dans l’angle sur le dessus il y a un mouton en laine et un vase de fleurs - des fleurs que l’on a coupées, parce que la maman « aime » aussi les fleurs. Elle tire sur les bords de la petite brassière et couvre le bébé d’un drap brodé et d’une couverture qui porte ses initiales. Elle la regarde avec une certaine satisfaction. On n’a rien négligé pour que l’aménagement de la chambre du bébé soit parfait, même si par ailleurs le jeune couple ne peut pas encore s’acheter tous les meubles qui sont prévus pour les autres pièces. Elle se penche sur l’enfant et dépose un baiser sur cette joue soyeuse ; puis elle se dirige vers la porte alors que le premier hurlement de torture lui transperce le corps. Elle ferme tout doucement la porte. Elle lui a déclaré la guerre. Il faut que sa volonté l’emporte. A travers la porte elle entend des cris, comme si l’on torturait quelqu’un.
Son continuum les identifie en tant que tels. La nature ne donne pas de signe sans équivoque voulant dire que l’on torture quelqu’un quand ce n’est pas vraiment le cas. Elle hésite. Son cœur se sent attiré vers lui, mais elle résiste et s’en va. Elle vient juste de le changer et de lui donner à téter. Elle est donc sûre qu’en réalité il ne lui manque rien, et elle laisse pleurer jusqu'à épuisement. Il s’éveille et se remet à hurler. Sa mère jette furtivement un coup d’œil par la porte pour s’assurer qu’il est couché comme il faut : tout doucement encore, pour que l’attention qu’elle lui manifeste n’éveille pas de faux espoir, elle referme la porte. Elle se précipite dans la cuisine pour faire son travail, elle laisse la porte de la cuisine ouverte pour entendre le bébé « si jamais il lui arrivait quelque chose ». Les hurlements de bébé se changent en plaintes chevrotantes. Comme personne ne répond, le mécanisme qui active ses signaux se perd dans la confusion du vide sans vie, alors que le réconfort aurait dû venir depuis longtemps. Il regarde autour de lui. Au-delà des barreaux immobiles et le mur. Il perçoit des bruits qui n’ont aucun sens, provenant d’un monde lointain. Près de lui, tut est calme. Il regarde le mur, jusqu'à ce que ses yeux se ferment. Lorsqu’il les rouvre, plus tard, les barreaux et le mur sont toujours exactement pareils, mais la lumière est encore plus triste."
"The Continuum Concept", J. Liedloff, 1977
Le deuxième choc m'est occasionnée par une autre dure réalité : à la recherche d'un support écrit à joindre à cet article sur cette sordide affaire de bébés maltraités, je ne vais rien trouver sur le net ! sur tous les sites d'informations, rubrique "France"...on trouve...l'hospitalisation de Samy Nacéri ! c'est parlant quant aux priorités de notre société, non ?
Nulle place au rêve possible : notre société, paraît-il, "change"...peut-être, mais dans quel sens ?
Pauvres de nous, pauvres bébés : nous sommes loin d'égaler les animaux dans leur sens inné de la protection de leur progéniture.
J'en profite pour souligner une bonne nouvelle : le livre de Margot Suderland "the science of parenting" a été traduit en français sous le titre "Un enfant heureux. Faites des choix éducatifs avertis grâce aux récentes découvertes scientifiques" aux éditions Pearson pratique (plus d'infos ici ).
Pour faire un pied de nez documenté aux Rufo, Cyrulnik et tous les détracteurs de l'éducation proximale soi-disant fragilisante.
Pascale,
maman de Théo (6,5 ans) et de Roxane (29 mois).
03 janvier 2007
Y a des limites quand même...
Je suis surprise des remous qui affectent les ondes depuis quelques jours : la France se choque de l'âge d'une toute jeune mère de 67 ans qui vient d'accoucher en Espagne de jumeaux.
Non pas que je sois d'accord, bien sûr, avec cette manipulation de la science qui a permis à une femme si âgée d'être primipare, mais que je m'étonne que l'on soit si offusqué alors que personne ne s'est jamais ému de l'âge de certains hommes (et notamment du show biz) qui deviennent pères très tardivement sous les yeux attendris d'un public prêt à rentrer ses griffes pour mieux les réserver à l'anonyme.
Et puis, dans une société qui encourage les manipulations génétiques, les transformations et recherches scientifiques, qui cautionne l'absence d'éthique, qui ferme les yeux sur les discours de bois, qui avale sans broncher tout et n'importe quoi au nom du "progrès", pourquoi s'offusquer de cela ? cette manipulation maternelle n'est rien d'autre qu'un des mille visages de ce progrès qu'on encense tant par ailleurs....ah, mais me direz-vous, il y a des limites quand même....et qui les posera ? en attendant, qu'est ce qu'on fait ? on continue de mettre en prison ceux qui refusent d'être manipulés "au nom de la science" ?
Pascale,
maman de Théo (6 ans) et de Rxa
29 décembre 2006
Dérives, incohérences, et abus du rapport Fenech-Vuilque

Un article brillantissime de Bernard Bel, pour comprendre les dérives, incohérences, et abus du rapport Fenech-Vuilque.
A LIRE ABSOLUMENT, pour comprendre pourquoi la menace est grave.
Cet article m'a été inspiré par le message diffusé le 26 décembre sur la [lettre-périnatalité]: "Maisons de naissance et dérive sectaire"
http://fr.groups.yahoo.com/group/lettre-perinatalite/message/1118
Il concerne le rapport Fenech-Vuilque :
"Commission d'enquête relative à l'influence des mouvements à caractère sectaire et aux conséquences de leurs pratiques sur la santé physique et mentale des mineurs"
http://www.assemblee-nationale.fr/12/pdf/rap-enq/r3507-rapport.pdf
Voici quelques réflexions.
La rhétorique de l'infiltration
Il me paraît important d'attirer l'attention sur l'effet délétère des accusations "d'infiltration" ou de "dérive sectaire" lancées à l'encontre de groupes de personnes ou de projets sous-tendus par des idées nouvelles - minoritaires face au rouleau compresseur médiatique. Cette technique de manipulation fonctionne à merveille, puisqu'il est par définition impossible d'étayer son accusation, l'idée d'infiltration impliquant que moins on trouve d'indices plus la suspicion est grande.
Dernier argument des personnes en panne de légitimité ou d'autorité, la rhétorique de l'infiltration permet de clore d'avance tout débat contradictoire sur un pied d'égalité. L'été dernier, pendant la préparation des Etats généraux de la naissance 2006, nous avons eu droit à un joli concert de caquettements dans ce registre. ;-)
Voici un cas parmi bien d'autres dans le rapport Fenech-Vuilque: page 37, le site <http://majorite-sexuelle.org> est désigné comme un "l'un des sites raëliens" alors qu'aucun indice, ni dans le texte ou le vocabulaire, les liens, le code source des pages, ne jutifie une telle accusation. À supposer que les enquêteurs aient eu des informations complémentaires sur ce site, ils ne les ont pas communiquées dans le rapport. Or l'évocation de ce site sert à renforcer la thèse (déjà vérifiée par des témoignages) que la secte de Vorilhon "Raël" autoriserait ou encouragerait les relations sexuelles entre adultes et jeunes adolescents. Cette thèse n'apparaît nulle part sur le site ni dans son extrait mis en exergue dans le rapport. De fil en aiguille, on pourrait soupçonner Mme Janine Mossuz-Lavau, directrice de recherche au Cevipof, dont l'ouvrage fait office de référence chez les ados libertaires, d'appartenir aussi à cette secte... et pourquoi pas d'encourager la pédophilie? Faudrait-il aussi demander qu'elle se soumette à un test ADN au nom de la loi Sarkozy sur la sécurité intérieure? Tout cela sans rien connaître de ses écrits et de ses engagements? Je force volontairement le trait pour rappeler qu'il n'y a aucun garde-fou de l'approximation à l'amalgame, de l'amalgame à la rumeur, et de la rumeur à la dénonciation publique.
La légalité, une valeur universelle ?
Les rédacteurs du rapport parlementaire sur les mouvements à caractère sectaire sont souvent tombés dans les pièges qu'ils entendaient dénoncer. Exemple : l'assimilation maladroite, pages 61-63, de l'obligation vaccinale à une vérité scientifique universelle, sans aucune comparaison avec la législation et les données épidémiologiques des pays voisins. Faut-il interdire aux touristes allemands, danois, espagnols, non soumis à cette obligation, de venir en France ?
Je crois qu'il y a matière à s'inquiéter pour le respect des libertés fondamentales quand les auteurs d'une étude sur des sujets aussi graves se croient dispensés de toute démarche intellectuelle rigoureuse. Sans aucune sympathie pour les idées du député Christian Vanneste, j'ai trouvé pertinentes la plupart des objections qui justifient son refus de signer le rapport (pages 201-203).
Dans le même registre, il me semble que la recommandation "d'imposer le principe d'un contrôle médical obligatoire annuel PAR LA MEDECINE SCOLAIRE" aux enfants placés sous le régime de l'instruction à domicile (page 59) bafouerait un droit fondamental de la législation sanitaire (article L 1110-8 du CSP sur le libre choix du praticien). Je crois pleinement fondé, enfin, le communiqué publié par le Collectif Pour la Liberté d'Instruction soulignant l'inefficacité des propositions liberticides de ce rapport dans la lutte contre les "écoles de fait":
http://fr.cpli.eu/articles.php?lng=fr&pg=9
Une évolution plutôt encourageante
Au risque de choquer les âmes sensibles, je suis presque rassuré par le recours aux arguments d'infiltration et de manipulation sectaire au chapitre de la périnatalité (page 71). C'est le signe que les autres arguments - les seuls qui pourraient avoir quelque crédibilité dans un débat digne de ce nom - ont été épuisés. Autrement dit, la naissance, la périnatalité, ne sont plus enclavées dans le champ sémantique de la médecine. Aujourd'hui on ne peut plus brandir l'étandard de "la sécurité" pour justifier les usines à bébés ni fustiger les pratiques des sages-femmes à domicile ou en maison de naissance, puisqu'aucune étude épidémiologique n'est jamais venue à l'appui d'un tel argumentaire. Il faut trouver autre chose. De même, les 70% de Françaises qui subissent encore une épisiotomie à la naissance de leur premier enfant finiront bien par savoir que ce n'est plus un acte médical (justifié par les données factuelles de la science) mais un simple geste rituel inscrit dans les us et coutumes des sages-femmes (et les programmes de formation de leurs écoles). :-(
Pendant le débat qui a suivi la présentation de la plateforme de propositions du CIANE, le 9 décembre 2006, des sages-femmes ont convenu que, si seulement 10% des femmes inscrites dans une maternité rédigeaient un projet de naissance - comme les y encouragent les textes officiels - et si la majorité des professionnels de santé décidaient de respecter l'article L1111-4 du Code de la santé publique, par exemple en informant leurs patientes des risques d'un déclenchement "de confort" (environ 10% des naissances en France), ce serait la panique générale dans les services d'obstétrique. Une des rares usagères qui ait osé aborder en toute naïveté la question du projet de naissance à l'Hôpital Tenon a été redirigée vers un autre établissement. (S.L. est venue témoigner sur place. Ecouter le "jeu de rôles" à partir de la page des enregistrements référencée sur <http://www.ciane.info/article-4670455.html>)
On est donc passé de la naissance "acte médical" à la naissance "fait social", ce qu'il conviendrait de saluer comme une première victoire si l'on pouvait absoudre l'obscénité des statistiques précitées. Le combat pour améliorer ces statistiques périnatales se situe aujourd'hui sur le terrain du social, du culturel, du politique, là où tous les citoyens peuvent se mesurer à armes égales. Mais quelles armes ?
Dépasser le stade de la dénonciation
Jusqu'ici j'ai parlé "d'infiltration" mais pas de "mouvements sectaires" ni de "dérives". Le rapport Fenech-Vuilque reconnaît qu'on a perdu "beaucoup de temps et d'énergie intellectuelle", en France, à tenter de "définir la notion de secte, pensant que cette définition était le préalable à toute politique d'action, [...] à lister des groupes pouvant être classés comme sectes à travers la définition de leur objet" (page 122). (Ce qui revenait à trier les "bonnes" et les "mauvaises" en évitant de citer celles qui ont fait leur place en tant que religions ?) Tout cela au détriment de la lutte contre les "comportements sectaires".
Ces comportements ne sont pas l'apanage exclusif de groupes cultivant des croyances religieuses. Le présupposé du rapport est que le développement harmonieux d'un enfant et son accès à la citoyenneté impliquent l'éveil de sa capacité d'abstraction et de son esprit critique, rendus impossibles par son immersion "dans la certitude d'une vision unique du monde" (page 31). Je partage entièrement ce point de vue, mais je m'étonne que l'analyse qui en découle se focalise exclusivement sur les groupes (subjectivement perçus comme) marginaux. Il n'y a aucune raison de feindre d'ignorer que les groupes dominants cherchent aux aussi à imposer des formes de pensée unique qui garantissent la cohésion sociale.
Le mouvement altermondialiste s'est construit sur une dénonciation de l'hégémonie de la doctrine ultralibérale imposée comme seul modèle "scientifique" de l'économie. Dans son ascension (il fut majoritaire dans l'électorat français au moment du référendum sur le TCE) il a attiré vers lui d'autres formes de pensée unique propagées par des idéologues intégristes ou des régimes totalitaires. Ce qui montre que toute dénonciation est contreproductive quand elle ne sert pas de nouveaux outils pour affiner la pensée critique. Je vais essayer de développer ce point à partir des réactions suscitées par le rapport Fenech-Vuilque.
Pensée unique en obstétrique
Dans le domaine médical, la pensée unique peut s'immiscer dans un consensus (cf les conférences du même nom) visant à gommer toute trace de controverse ou de débat scientifique. Les praticiens de santé doivent s'appuyer sur des règles de bonne pratique et les équipes médicales ont besoin de protocoles pour intervenir dans l'urgence. En obstétrique, la pensée unique qui domine le modèle français consiste à poser comme principe que tout accouchement est pathologique jusqu'à preuve du contraire. L'urgence est la norme, de sorte que la seule manière de minimiser le risque (médical et juridique) réside dans l'application de protocoles, au détriment de l'écoute et de l'accompagnement des parturientes.
Le groupe de travail de la Haute Autorité de Santé chargé de rédiger des recommandations de pratique clinique autour de la "grossesse physiologique" ouvre, à mon avis, une brèche dans ce mur de la pensée unique, ce qui explique peut-être la rudesse des discussions... On peut suivre la progression du débat à travers l'évolution de l'intitulé de cette RPC: à l'origine (24/5/2005, sur proposition du CNGOF) "Critères de sélection des grossesses à bas risque", renommée, à la demande du Comité technique périnatalité de la HAS, "Définition de la grossesse physiologique et critères d'orientation des femmes enceintes". Il serait maintenant question, après la réunion du 21/11/2006, d'adopter l'intitulé "Suivi des grossesses et repérage des situations à risque" qui ose enfin exprimer clairement que l'urgence n'est plus le seul point de référence et que les femmes enceintes ont besoin d'un suivi de grossesse plutôt que d'une "orientation" (comme dans un triage de marchandises). Voilà une approche qui, si elle se confirme, pourrait constituer une ouverture vers la diversité des formes de suivi ou d'offre de soins (pôle physiologique, plateau technique, maison de naissance, accouchement à domicile), un leitmotiv de la politique périnatale au Royaume-Uni.
Pensée unique et "package alternatif"
Un comportement sectaire peut s'immiscer dans toute forme de vie sociale à partir du moment où celle-ci n'est plus structurée par une hiérarchie de compétences techniques. C'est inévitable dans le domaine de la périnatalité, en raison de l'ouverture sur la diversité que je viens de saluer. La mauvaise compréhension des enjeux de cette ouverture pourrait expliquer, sinon excuser, les réactions corporatistes face à l'apparition des doulas, ou contre les initiatives des usagers en matière de démocratie sanitaire :
http://www.ciane.info/article-3872218.html
http://www.quellenaissancedemain.info/images/stories/presse/communique.pdf
Là où le pouvoir médical s'efface, il libère un espace de prise de pouvoir qui peut être occupé par d'autres, à commenser par les thérapies "alternatives" vu que l'empreinte médicale reste prédominante sur la périnatalité. En remplacement de la pensée unique du corps médical, il s'est construit une pensée unique dans laquelle coexistent des croyances disparates. L'amalgame est possible, quelles que soient les contradictions logiques, à partir du moment où le "liant" principal du package alternatif est la réfutation de tout esprit critique, réduit au "cartésianisme" par souci de simplification. Ainsi on peut faire cohabiter une théorie qui prétend qu'il n'y a aucun lien entre VIH et sida (Peter H. Duesberg) avec une autre qui affirme que le VIH n'existe pas (Stefan Lanka) :
http://yarchive.net/med/aids_heresies.html
http://www.righto.com/theories/nohiv.html
Les contradictions ou réfutations par les faits observés sont "digérées", assimilées au corpus de croyances pour éviter tout effondrement des repères dont les croyants ont besoin pour préserver leur statut - autrement dit, la place des leaders d'opinion, personnalités charismatiques ou "gourous". Je trouve qu'Alison Lurie a brillamment exposé le problème dans son roman "Des amis imaginaires", étonnant par son actualité, car, publié en 1967, il anticipait les grandes impostures mystico-thérapeutiques de la fin du 20e siècle: Vorilhon (Raël), Castaneda, Odier etc. Ce roman montre tout simplement qu'on n'a rien inventé de nouveau et que le New Age est presque aussi vieux que le monde... Les lettres hallucinantes publiées par Biocontact (N°143) en janvier 2005, suite à la mort de Mark Griffiths, gourou du sida-négationnisme, en sont la preuve affligeante.
Lutte contre les sectes ou protection du "médicalement correct" ?
Il est intéressant que le rapport Fenech-Vuilque ne se soit pas limité aux formes de manipulation "classiques": scientologie, Témoins de Jéhovah, ni à l'exemple de Tabitha's Place - scandaleusement surinterprété, par paresse intellectuelle et recherche de sensationnalisme. Il y est question de décodage biologique, de rebirth (sans oublier la "thérapie intra-utérine"), de bio-psychogénéalogie, de faux souvenirs induits, d'enfants indigo (y compris les "enfants étoiles" des anthroposophes), de communication facilitée... Au chapitre de "l'enfant artefact" (page 70) on reconnaît enfin la connivence entre OMAEP, ANEP et Fraternité Blanche Universelle, reconnaissance étayée par la lecture d'Aïvanhov que j'avais signalée fin 2003 :
"Infiltration de mouvements religieux dans le milieu naissance-périnatalité"
http://bioethics.ws/society/religion/omaep/infiltration.htm
Mais la lucidité de ces observations est de courte portée. En effet, les parlementaires mandatés pour proposer de nouvelles dispositions dans la lutte contre les sectes ont saisi l'occasion pour régler d'autres comptes. Une lecture attentive du rapport permet en effet d'observer un glissement sémantique annonciateur d'un agenda qui n'a plus grand chose à voir avec son titre.
On apprend pour commencer (page 22) que les sectes auraient tendance à se disperser en "groupuscules de vingt personnes au plus". Autrement dit, l'ennemi est partout, attention à vos colocataires et aux familles nombreuses ! (Voilà qui rappellera aux plus âgés des moments sombres de notre histoire. Je crains que nous ne soyons de nouveau dans un moment sombre si nous n'exerçons pas notre vigilance en gardant les pieds sur terre et la tête froide.)
Puis les enquêteurs - qui visiblement se sont contentés d'aller prendre "une tasse de thé ou de maté et des biscuits" à Tabitha's Place (page 13), mais il fallait bien justifier les frais de mission par une "enquête de terrain" - découvrent que les enfants élevés en milieu sectaire ne bénéficient pas des bienfaits de la vie moderne: obligation vaccinale, scolarisation, références culturelles (Zidane et les Rolling Stones...) etc. Élevé dans un pays étranger - une secte d'un milliard d'habitants - mon fils nous a avoué récemment qu'il avait été la risée du collège car il était arrivé en cinquième sans avoir jamais entendu parler de Napoléon Bonaparte !
Un témoignage plus inquiétant (page 40) révèle que les enfants de Tabitha's Place sont aussi victimes de châtiments corporels. Puisque la protection de l'enfance est, à juste titre, le principal souci des rapporteurs, il serait judicieux de se demander si cette violence éducative est le seul résultat d'une vie "en vase clos", ou si au contraire elle ne fait que refléter une tendance générale à réhabiliter la "pédagogie noire" (selon le terme d'Alice Miller) en réaction à la "permissivité" et au "laxisme" de l'éducation "soixante-huitarde". Autrement dit, les "valeurs" de soumission inconditionnelle à l'autorité, que cultivent les mouvements sectaires - à commencer par les extrêmistes religieux qui ne fonctionnent pas en vase clos mais bénéficient de la même impunité - ne sont-elles pas "distillées" par la culture même dont on reproche à quelques illuminés de vouloir s'isoler ?
Le glissement sémantique se poursuit par une attaque frontale contre les thérapies alternatives. Puisque les sectes se sont pour la plupart diluées en "groupuscules", puisqu'elles participent à une défiance envers la médecine allopathique au bénéfice de thérapeutes qui jouissent d'une aura charismatique, il devient facile de décréter l'équivalence entre secte et n'importe quelle technique "de développement personnel" qui se targue de contribuer à l'amélioration de la santé sans que l'industrie pharmaceutique ne touche de dividendes. (Ne pas oublier la très forte présence du lobby pharmaceutique parmi nos élus !)
Il était important, comme nous l'avons vu plus haut, de tirer la sonnette d'alarme sur l'utilisation de certaines techniques aux fins de manipulation. Mais les auteurs du rapport vont bien plus loin en n'hésitant pas à dresser une liste de "tous les procédés censés apporter du bien-être" en concurrence avec les pratiques de psychothérapie officiellement reconnues. Ces procédés sont qualifiés de potentiellement dangereux - principe de précaution oblige. L'artefact qui aboutit à une liste quasiment exhaustive (pages 171-173) est que les personnes qui en vivent se sont longtemps déclarées en libéral dans la branche professionnelle des "psychothérapeutes" pour laquelle n'existait, jusqu'en 2004, aucune régulation. Certes, il est souligné (page 170) que cette autoqualification peut leur ouvrir les portes d'interventions lucratives dans le cadre de la formation professionnelle, en concurrence donc avec des professionnels armés de diplômes officiels. Il est aussi permis de s'insurger contre l'usage abusif du qualificatif "thérapie" en association avec tout ce qui peut "faire du bien" au corps ou au psychisme. Mais où est le rapport avec les sectes ? Quand on trouve sur cette même liste les "massages de bébé", la "préparation affective à la naissance" et les "ateliers d'écriture" ?
Une des mesures proposées (page 173) est "l'évaluation de ces techniques par les pouvoirs publics"... Retour magnifique d'une pensée unique qui, il y a quelques mois (loi n° 2006-11 du 5 janvier 2006 d'orientation agricole) s'essayait à interdire toute publicité ou recommandation de produits "non homologués" comme le purin d'orties ! Imaginons, pour rire, une brigade d'inspecteurs mandatés par la DGS débarquant dans un stage de Tai Chi Chuan ou de Tantra (pris au hasard page 173) pour "mesurer" l'efficacité de ces pratiques !
Où sont les sectes ?
Serait-il donc plus dangereux d'inscrire un adolescent à un stage de méditation Zen ou à un atelier d'écriture, que de le laisser se joindre à un groupe de hooligans sur les tribunes d'un stade ? Le hooliganisme n'est-il pas un comportement sectaire caractérisé, destructeur de l'intégrité psychique de ses adeptes quand ce n'est pas de vies humaines ? Pourquoi n'est-il pas cité dans ce rapport ? Serait-ce parce qu'il est le produit de cette société lisse et consensuelle que l'on voudrait expurger de toute déviance venue "de l'extérieur" ? Une "secte" de 60 millions de bien-pensants que les pouvoirs publics auront pour mission de protéger en vérifiant la conformité de tous leurs actes avec des protocoles érigés par les experts: naissance hypermédicalisée, dépistage précoce des déviances, pédagogie standardisée, fichage systématique, surveillance policière, etc. jusqu'à la mort en unité de soins intensifs ?
Les carences de ce rapport sont inquiétantes. Alors qu'il y aurait beaucoup de travail à faire sur le fond, afin d'éveiller et de revaloriser cet esprit critique qui, si l'on en croit les auteurs du rapport, ne ferait défaut que chez les enfants prisonniers de mouvements sectaires.
À aucun moment les parlementaires ne se sont interrogés sur les philosophies, systèmes de croyances et visions du monde qui circulent entre citoyens instruits dans des établissements scolaires contrôlés par l'Etat, actifs professionnellement ou inscrits à l'ANPE, vaccinés et exposés à la "réalité du monde" - avec un bonus pour les abonnés aux chaînes cryptées - bref, des gens normaux qui seraient les premiers surpris de s'entendre dire qu'ils ont adopté un comportement sectaire. Pas un mot sur la négation du hasard (retour en force de la superstition), le fatalisme karmique (alors que l'Intelligent Design domine la culture nord-américaine) et la pensée magique ("mieux vaut être dans l'erreur que dans l'incertitude") qui constituent le fond de commerce inépuisable des nouveaux marchands de vérité.
Retour critique sur la périnatalité
Il est certes regrettable que les insinuations d'infiltration sectaire servent à repousser aux calendes grecques les projets de maison de naissance, ou à combattre des pratiques (validées scientifiquement) plus respectueuses de la physiologie de l'accouchement et des choix des parents. Mais ne tendons-nous pas le bâton pour nous faire battre en n'utilisant l'esprit critique que pour dénoncer les incohérences de l'obstétrique productiviste ? Si nous n'avons rien d'autre à lui substituer que du "médical alternatif", où se situe l'autonomie des parents et des femmes enceintes ? C'est la question qui était posée en préambule de l'atelier 20 aux Etats généraux de la naissance :
http://www.quellenaissancedemain.info/ateliers/presentation_des_ateliers/alternatives.html
Le débat de cet atelier, et les quelques mises au point publiées par la suite sur la liste [egn2006]
http://fr.groups.yahoo.com/group/egn2006/message/7
laissent supposer que la critique des thérapies non-conventionnelles n'est pas encore d'actualité, la majorité des participants s'étant positionnés comme des clients satisfaits ou des défenseurs inconditionnels du "package alternatif".
Par ailleurs, la lecture de la transcription intégrale de l'atelier 14 :
"Influences à long terme des conditions de la naissance et de la vie in-utero"
http://www.quellenaissancedemain.info/content/view/181/131/
et l'absence d'examen critique des propositions des intervenants et participants, me donnent l'impression désagréable d'un retour à l'époque où l'Association nationale d'éducation prénatale (faux-nez, je le rappelle, de la secte d'Aïvanhov) avait pignon sur rue dans le monde de l'éducation et de la recherche en France :
http://nouvellescles.com/article.php3?id_article=799
J'espère que ces commentaires susciteront quelques réactions. Ce n'est pas le moment de s'endormir !
Merci de ne pas copier d'extraits de ce texte sans en mentionner la source :
http://fr.groups.yahoo.com/group/Re-Co-Naissances/message/4335
Bernard Bel
Auteur de "Cultural facets of medical power", in (Bel, Brouwer, Das, Parthasarathi, eds.) "Communication Processes, 2: The Social and the Symbolic". New Delhi/London: Sage, 2006, à paraître, p.79-120.
Secrétaire de l'AFAR <http://afar.info>
Collectif interassociatif autour de la naissance <http://ciane.info>
Webmaster du portail « Naissance » <http://naissance.ws>
Semaine Mondiale pour l'Accouchement Respecté
World Respected Childbirth Week
7-13 mai 2007
http://smar.info
11 décembre 2006
Carton rouge à Pascal Sevran
« Le Niger. Safari-photo insoutenable. Des enfants, on en ramasse à la pelle dans ce pays - est-ce un pays ou un cimetière ? - où le taux de fécondité des femmes est le plus élevé du monde, neuf enfants en moyenne par couple. Un carnage. Les coupables sont facilement identifiables, ils signent leurs crimes en copulant à tout va, la mort est au bout de leur bite, ils peuvent continuer parce que ça les amuse, personne n’osera leur reprocher cela, qui est aussi un crime contre l’humanité : faire des enfants, le seul crime impuni. On enverra même de l’argent pour qu’ils puissent continuer à répandre, à semer la mort » Pascal Sevran dans son dernier ouvrage.
Atterrée, je le suis.
Effondrée aussi.
Honteuse maintenant.
D'être née sur ce sol où se répandent ces idées et paroles nauséabondes.
Triste à pleurer, envie de serrer très fort dans mes bras la marraine malienne de ma fille, qui a tant lutté, si fière d'obtenir la nationalité française.
Les propos de Pascal Sevran n'en finissent pas de faire des remous : la teneur ici.
Certains disent que ce n'est pas "grave", d'autres que c'est une réalité qu'il faut dire (et là, je suis encore plus honteuse), mais beaucoup réclament des sanctions : pétition ici.
Je vous laisse juge, je ne reviendrai pas sur l'absurdité, le manque de recul et de réflexion profonde, le jugement et le racisme qui en émergent.
Là, où je me permets de mettre mon grain de sel, c'est sur l'affirmation que seules la stérilisation et le contrôle des naissances pourront sauver l'Afrique et le Tiers-Monde.
Car, pour ma part, loin d'accuser "la b*** des noirs" (c'est fin et élégant, n'est ce pas ?) et "la copulation à tout va" (parce-que les occidentaux sont exempts d'envie et besoin sexuels, n'est ce pas ?), je pointerais un responsable particulier à la multiplication des naissances : la raréfaction de l'allaitement naturel, exclusif et prolongé.
Pourquoi ?
Parce-que l'allaitement exclusif et prolongé, conduit naturellement (entendez sans entraves sociologiques, économiques, ou de morale) permet l'accès à une contraception naturelle sans artifices. L'allaitement permet de bloquer l'ovulation et modifie la glaire cervicale empêchant l'acheminement des spermatozoïdes et la correcte nidation (des détails ici).
Toutes les études ont prouvé que même en France du temps où notre chère pilule n'existait pas, et où les mères allaitaient encore, l'écart entre les enfants étaient d'au minimum 3 ans !
Alors, plutôt que de stériliser d'office (quelle horreur que ce discours !...comme les animaux...), d'offrir si généreusement la pilule, ou de contrôler les naissances (on voit ce que ça donne en Chine : ça provoque l'avortement des seconds-nés ou de toutes les filles à naître), pourquoi, dans le cadre des campagnes contre la faim, ne pas nourrir les mères qui pourraient allaiter en toute tranquillité plusieurs années le même enfant ?...plutôt que de nourrir les bébés, provoquant ainsi l'arrêt de l'allaitement maternel précocement ?
ah, mais faudrait d'abord se rendre compte que Nestlé et consort ne sont pas si généreux que ça....se rendre compte que l'Afrique et les dons pour la nourrir sont un formidable marché...et puis, il faudrait cesser de voir le lait maternel comme pas assez nourrissant, ce lait qui justement est toujours disponible, et toujours bourré de bonnes graisses et de protéines (rappelons que lors de la dernière guerre, les seules personnes en excellente santé et ne souffrant pas de famines, étaient les bébés allaités, même en camps de concentration...il en allait autrement de leur mère, bien sûr).
Je m'étonne aussi qu'un type qui a dû longtemps lutté contre les préjugés sur sa vie amoureuse et sexuelle différente de la sacro-sainte "norme" des bien-pensants, puisse se faire ainsi le porte-paroles de la bassesse humaine, celle du jugement, de la peur, des a priori...qui n'ont finalement que peu évolué au cours des siècles.
Et plus encore, qu'un homme sans enfant puisse juger ceux qui en font
ou ont l'envie - voire le besoin - d'en faire...il est évident,
pourrait-on rétorquer, que ce n'est pas lui qui risque de "faire trop
d'enfants".
Désolée de faire la relation entre ces propos et les orientations amoureuses de Monsieur Sevran, mais je trouve bien plus choquant de telles paroles dans la bouche de celui qui connait pourtant parfaitement la discrimination, l'exclusion, la bêtise de ceux qui ne tolèrent pas la différence. Non qu'en tant qu'homosexuel, il n'ait pas le droit de s'exprimer bien sûr, mais que son expérience devrait lui avoir apporté plus de mesure, de justesse, de tolérance, de bienveillance et de compassion.
La preuve que non. Faudrait-il un électrochoc plus fort alors ? Que diriez-vous, Monsieur Sevran, si on vous balançait ce qu'on entend trop souvent encore : que les homosexuels (et je suis gentille...en rapport avec l'utilisation très délicate du mot "b***" j'aurais pu en utiliser un autre beaucoup plus diffamatoire et destiné à salir et méjuger) précipitent la fin de notre monde, avec leurs moeurs honteuses et dissolues, génératrices du sida, extinctrices de l'espèce humaine par non reproduction justement ? avoir "la mort au bout de la b***", certains le pensent des homosexuels (à ma grande colère, je l'ai entendu quelques fois)...et c'est terriblement honteux et diffamatoire, hein ? C'est bien vous pourtant qui êtes partisan pour que l'on dise tout haut ce que soi-disant beaucoup pensent tout bas ! ceux-là ne valent pas mieux que vous, Monsieur.
Enfin, ouvrez les yeux bien grands et regardez autour de vous, ici, en France...combien de parents ne pourraient pas nourrir leurs enfants sans les allocations familiales, sans le RMI, sans l'allocation jeune enfant, sans la rémunération du congé parental, sans la rémunération du chômage, sans les aides sociales diverses ? combien de parents pourraient soigner leurs enfants de leur poche ? en l'absence de sécurité sociale, ne serions-nous pas aussi démunis qu'eux pour prendre soin de nos enfants ? est-ce la "copulation à tout va" qui les fait crever de faim, ou le pillage de leurs ressources savamment organisées (y compris par leurs dirigeants), les guerres intra et extra-ethniques, les guerres de religion, de pouvoir et de territoire, l'absence d'organisation d'une sécurité sociale minimale ? Non, Monsieur, 90 % des français ne pourraient pas survenir aux besoins de leurs enfants en l'absence de l'état providence...et même pas pour 1 ou 2, voyez-vous. Et pas besoin de faire des "safari-photos" à prix d'or pour constater la misère.
Pascale, maman de Théo (6 ans) et de Roxane (28 mois).
PS : http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=38513
L’Association de la Presse Panafricaine (APPA), qui regroupe les journalistes africains basés à Paris, tient à rappeler que, dans les années 2000 / 2002, le nombre total de personnes sous-alimentées dans le monde a atteint la barre des 852 millions : 815 millions dans les pays en développement, 28 millions dans les pays en transition et 9 millions dans les pays industrialisés.
D’après les statistiques 2004 de l’Organisation pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), sur le nombre total de personnes sous-alimentées : 519 millions vivent en Asie et dans le Pacifique, 221,1 millions vivent en Inde, 203,5 millions vivent en Afrique sub-saharienne, 142,1 millions vivent en Chine, 52,9 millions vivent en Amérique Latine et dans les Caraïbes, 33,1 millions vivent au Proche-Orient.
Aujourd’hui, une personne sur sept environ n’a pas assez de nourriture pour être en bonne santé et mener une vie active, ce qui fait de la faim et de la malnutrition le risque numéro un pour la santé mondiale, un risque plus important que le SIDA, le paludisme et la tuberculose réunis.
26 % des médias étrangers enregistrés en France auprès du Centre d’Accueil de la Presse Étrangère (CAPE) sont d’origine africaine. Ces journalistes sont regroupés en Association de la Presse Panafricaine (APPA). L’Association de la Presse Panafricaine (APPA), qui est membre du Conseil d’Administration du Centre d’Accueil de la Presse Étrangère (CAPE), administre une liste de diffusion comptant plus de 1.900 abonnés, parmi lesquels une majorité de médias africains francophones et anglophones et de journalistes chargés de l’Afrique dans les médias occidentaux.
06 novembre 2006
du lait pour les Africains : ou comment Yoplait a trouvé un nouveau marché sous couvert d'humanitaire
Relai d'information depuis l'excellent site de Thierry Souccar (ne pas rater la lecture de son célèvre "santé, mensonges et propagande", on en sort plus pessimiste mais moins crédules !)
http://www.lanutrition.fr/Un-vrai-progr%E8s-du-lait-pour-les-africains-a-696-90.html
"Un vrai progrès : du lait pour les africains !
Faire boire du lait aux Africains : 7 millions d'années d'évolution n'y étaient pas parvenu. Mais Yoplait et les banquiers d'affaires ont décidé de corriger cette anomalie.
Il y a quand même des gens qui ont des idées formidables. Comme faire boire du lait aux Africains, qui ne le digèrent pas et n’en ont pas besoin. Il fallait y penser, c’est fait. Ce matin sur France Inter, un certain Lionel Zinsou a soulevé l’admiration des journalistes de la station en exposant son projet d’abreuver de laitages 60 millions d’Africains de l’ouest. Un projet, explique ce monsieur avec des accents lyriques, qui permettra de créer des emplois et d’apporter un revenu au producteur de lait noir. Mais bon, (z) un sou est un sou et Lionel Zinsou, banquier d’affaires de son état, admet que ce projet est quand même « un peu industriel, un peu marketing ». Si peu d’ailleurs qu’il est porté par le groupe laitier Yoplait.
Il faut dire que les laitiers sont confrontés dans les pays occidentaux à une érosion de plus en plus nette de leur marché. Les consommatrices sont de moins en moins nombreuses à croire à leurs arguments éculés, et en particulier celles qui ont lu Santé, mensonges et propagande, le livre que j’ai publié l’an dernier avec Isabelle Robard. Les laitages, soutiennent les Danone, Nestlé, Yoplait, rendraient les os solides, mais alors comment expliquer que les pays les plus gros consommateurs battent des records d’ostéoporose ? Commet expliquer que les études publiées sur le sujet ne font apparaître aucun bénéfice chez les consommateurs ? Les laitages, ajoutent les producteurs, font maigrir. Mais alors comment expliquer que les seules études ayant mis ce phénomène en évidence sont précisément celles qu’on financé les producteurs de lait ? Et puis il y a tout le reste, les soupçons de plus en plus lourds sur les risques de diabète de type 1 chez l’enfant, le risque de cancer de la prostate et des ovaires chez l’adulte, le risque de Parkinson chez l’homme, le risque de sclérose en plaques, les maladies cardiovasculaires liées aux acides gras saturés et aux acides gras trans du lait.
Ce sont toutes ces joyeusetés que l’industrie laitière va maintenant apporter aux Africains, un vrai nouveau marché juteux à conquérir. Peu importe à Yoplait si les Africains ne digèrent pas le lait, puisqu’ils n’expriment plus après l’enfance l’enzyme lactase qui permet de métaboliser le sucre du lait, le lactose. (1) Pour eux, le lait, les yaourts, les desserts lactés seront forcément tendance puisque ça vient d’Europe. Peu importe s’ils n’ont besoin ni de lait, ni de calcium laitier pour avoir des os solides. L’ostéoporose est inconnue dans les pays africains, avec pourtant des apports en calcium jusqu’à 4 fois moins élevés que dans les pays occidentaux. Avec l’arrivée prochaine des laitages, nul doute que cela va changer : je suis prêt à prendre les paris sur une montée prochaine des fractures du col du fémur (un nouveau marché s’ouvre du même coup pour les médicaments de l’os, les ostéodensitomètres, etc…)
Pour Lionel Zinsou, probablement gagné par l’enthousiasme de Yoplait « les produits laitiers, c’est la chose la plus universelle dans la consommation mondiale. » Sauf que les Africains jusqu’ici étaient épargnés. Les Asiatiques aussi. Plusieurs milliards d’estomacs à conquérir, cela donne le tournis dans les multinationales laitières.
Sur France Inter, ce matin, les journalistes ont trouvé cette initiative vraiment « intéressante. » Vraiment, en effet.
(1) Solomons NW : Lactose and its implications in gastroenterology. Nutrition and food sciences. Rev Invest Clin 1996, 48 S:1-13"
Thierry Souccar - 30 novembre 2005

