10 septembre 2007
L'instruction en famille dans la presse
C'est ici et drôlement chouette de lire un article sans jugement hâtif et réducteur sur ce mode d'instruction !
Pascale,
maman de Théo (7 ans) et de Roxane (3 ans)
15 avril 2007
Position de Ségolène Royal sur la liberté d'instruction
Une information d'importance, à quelques jours de mettre le bulletin dans l'urne, pour tous celles et ceux attachés à la liberté du choix du mode d'instruction, et qui se sont inquiétés de la proposition "d'école obligatoire dès 3 ans" : _Users_user_Desktop_SR
Ca soulage, et ça clarifie quelques peu les raisons de cette proposition, même si dans les faits, cela se soldera par des contrôles à domicile pour des petits bouts tellement jeunes.
Pascale
maman de Théo (05/07/00) et Roxane (31/07/04)
12 janvier 2007
Réactions que j'applaudis
à l'assemblée nationale, lors de la présentation et de l'analyse de la réforme de la protection de l'enfance
Parce-qu'il serait injuste de ne faire que critiquer, et que je déteste la partialité subjective (toujours malhonnête pour moi et que je reproche souvent aux médias), et parce-que certains politiques se sont fermement opposés aux dérives qui me faisaient si peur (cf. les articles précédents sur le sujet) et qu'ils méritent d'être salués, je vous copie-colle les réactions qui m'ont bien soulagée, et quelque peu rendue à ma confiance optimiste.
Concernant la possibilité des grands-parents de saisir le juge, demandée dans le rapport Fenech / Vuilque, V. Pécresse objecte :
" Si le but poursuivi est légitime, lorsque des parents confinent leurs enfants dans des sectes, la rédaction trop générale des amendements, qui ne mentionnent pas le motif de dérive sectaire, donnerait la possibilité à tous les grands-parents de saisir le juge, alors même que notre société se caractérise par la recrudescence des conflits intrafamiliaux et une judiciarisation croissante. La mission famille a souligné la nécessité, dans notre mission de législateur, de pacifier ces conflits. Beaucoup de recompositions familiales se passent mal, et des grands-parents accusent parfois à tort et à travers les parents de maltraitance. La règle doit rester la saisine du procureur de la République, qui peut seul apprécier le bien-fondé des plaintes."
et Monsieur le Ministre délégué (Philippe Bas) : "Du fait de leur généralité, ces amendements vont en effet très au-delà des intentions exprimées par leurs auteurs. Vous venez d’adopter des dispositions qui rééquilibrent les interventions entre l’autorité judiciaire et l’action sociale à l’enfance en faveur de cette dernière. S’il est indispensable d’agir lorsqu’un enfant est en danger, à cause d’une secte ou d’autre chose, rien d’empêche les grands-parents, comme d’autres membres de la famille ou même les voisins, de saisir le procureur de la République, dont le filtrage me paraît garant du bon fonctionnement de notre ordre juridictionnel. Combien de grands-parents, en conflit avec leur nouveau gendre ou leur ancienne belle-fille, ne seront-ils pas tentés de saisir le juge et de l’instrumentaliser, au fond, dans des conflits intrafamiliaux, si nous leur ouvrons cette possibilité ? Je suis pour la protection de l’enfance, mais aussi pour la paix des familles, et je vous demanderais donc de retirer ces amendements, car j’ai peur de cette possible instrumentalisation."
A propos de la restriction d'autorisation d'IEF aux enfants handicapés et "avec raisons valables" :
Mme la Rapporteure – La commission a rejeté cet amendement, qui fixe des critères stricts pour justifier l’instruction à domicile. Or celle-ci peut être motivée par l’état de santé ou le handicap de l’enfant, certes, mais peut aussi relever de la stricte convenance des parents ! La philosophie de l’enseignement à domicile est d’accorder cette liberté, mais en l’encadrant strictement. L’article L. 131-10 du code de l’éducation prévoit ainsi que ces enfants sont, dès la première année et tous les deux ans, l'objet d'une enquête de la mairie compétente, uniquement aux fins d'établir les raisons alléguées par les personnes responsables et de vérifier que l’instruction qui leur est donnée est compatible avec leur état de santé et les conditions de vie de la famille. Le résultat de cette enquête est communiqué à l'inspecteur d'académie. En cas de carence, l’enquête est diligentée par le représentant de l'État dans le département. L'inspecteur d'académie doit aussi, au moins une fois par an, faire vérifier que l'enseignement assuré est conforme au droit de l'enfant à l'instruction. Ce contrôle a lieu notamment au domicile des parents de l'enfant. C’est ici, me semble-t-il, que la proposition de M. Fenech pourrait trouver place. Je propose donc de préciser dans cet article que l’inspecteur d’académie vérifie notamment que l’instruction dispensée dans un même domicile l’est pour les enfants de deux familles au plus.
M. le Ministre délégué – Le Gouvernement est défavorable à l’amendement 127 en l’état, mais il est sensible à la préoccupation de M. Fenech. Il ne voudrait toutefois pas aboutir à inverser le principe de liberté, en exigeant de tout parent de produire des raisons réelles et sérieuses. Il est parfaitement concevable qu’une maman, en pleine campagne, apprenne à son enfant à lire, écrire et compter ! Si les cas sont rares où les parents usent de cette liberté, elle a le mérite d’exister et ce n’est pas parce qu’elle est parfois dévoyée qu’il faut la remettre en cause. Pour la préserver tout en veillant à ce qu’elle ne soit pas mal utilisée, la jurisprudence de 1903 que vous évoquez semble une piste intéressante : la liberté de dispenser l’instruction à domicile est limitée aux enfants de deux familles. Au-delà, on a affaire de fait à un établissement scolaire, auquel doit s’appliquer le droit de l’école. La proposition de Mme Pecresse me semble donc la bonne : l’instruction à domicile n’est possible que si elle bénéficie au maximum aux enfants de deux familles.
Pascale,
maman de Théo (6 ans et demi) et de Roxane (29 mois)
11 janvier 2007
Victoire !!!!
Relai d'information : http://laia.asso.free.fr/protenf2.html
Les amendements n°127, 128, 129 et 146 (http://laia.asso.free.fr/protenf1.html) proposés par Mr Fenech et Mr Vuilque (respectivement président et rapporteur de la commission d'enquête relative à l'influence des mouvements à caractère sectaires et aux conséquences de leurs pratiques sur la santé physique et mentale des mineurs) et discutés mardi et mercredi à l'Assemblée nationale n'ont pas été retenus. Mme Pecresse, rapporteur de la commission des affaires culturelles en charge du dossier concernant le projet de loi réformant la protection de l'enfance, a soumis un amendement visant à reprendre l'une des dipositions proposés par l'amendement n°127. Cet amendement n°310 modifie l'article L310-10 du code de l'éducation en légiférant contre les écoles de fait (ajout en rouge) :
Article L131-10
Les enfants soumis à l'obligation scolaire qui reçoivent l'instruction dans leur famille sont dès la première année, et tous les deux ans, l'objet d'une enquête de la mairie compétente, uniquement aux fins d'établir quelles sont les raisons alléguées par les personnes responsables, et s'il leur est donné une instruction dans la mesure compatible avec leur état de santé et les conditions de vie de la famille. Le résultat de cette enquête est communiqué à l'inspecteur d'académie, directeur des services départementaux de l'éducation nationale.
Lorsque l'enquête n'a pas été effectuée, elle est diligentée par le représentant de l'Etat dans le département.
L'inspecteur d'académie doit au moins une fois par an, à partir du troisième mois suivant la déclaration d'instruction par la famille, faire vérifier que l'enseignement assuré est conforme au droit de l'enfant à l'instruction tel que défini à l'article L. 131-1-1.
Ce contrôle prescrit par l'inspecteur d'académie a lieu notamment au domicile des parents de l'enfant. Il vérifie notamment que l'instruction dispensée au domicile ne l'est pas pour des enfants de plus de 2 familles
Ce contrôle est effectué sans délai en cas de défaut de déclaration d'instruction par la famille, sans préjudice de l'application des sanctions pénales.
Le contenu des connaissances requis des élèves est fixé par décret.
Les résultats de ce contrôle sont notifiés aux personnes responsables avec l'indication du délai dans lequel elles devront fournir leurs explications ou améliorer la situation et des sanctions dont elles seraient l'objet dans le cas contraire.
Si, au terme d'un nouveau délai fixé par l'inspecteur d'académie, les résultats du contrôle sont jugés insuffisants, les parents sont mis en demeure, dans les quinze jours suivant la notification, d'inscrire leur enfant dans un établissement d'enseignement public ou privé et de faire connaître au maire, qui en informe l'inspecteur d'académie, l'école ou l'établissement qu'ils auront choisi.
Pascale,
maman de Théo (6 ans et demi) et de Roxane (29 mois)
10 janvier 2007
Propositions pour une vraie protection de l'enfance
Ecrit aux mêmes que précédemment et à Valérie Pécresse aussi (Oui, je les harcèle ! et alors ?)
"Une proposition : décrier la violence éducative ordinaire, qui ensemence la violence tout court...80 % des parents français déclarent frapper régulièrement leurs enfants, et ce, avec l'aval, voire l'encouragement, de toute une société qui ne sait plus ce que veut dire le mot "éducation" et le confond, par un revers bien senti de la période laxiste (en fait, indifférence parentale, violente en elle-même parce-qu'elle nie la valeur de l'enfant) avec dressage (pourtant, même le meilleur dresseur pour chien sait que séparer un chiot de sa mère trop tôt, et le battre, en fait un chien agressif et dangereux).
Une étude intéressante pour vous, dont la protection de l'enfance est un souci majeur :
Le sociologue canadien J.Durrant montre que, contrairement à ce que les pessimistes promettaient, des points fortement positifs ont été constatés depuis la promulgation de la loi antifessée. Les statistiques du gouvernement suédois attestent qu’en Suède, aucun enfant n’est plus mort des suites de violence familiale, le nombre de procès pour maltraitance d’enfants a diminué, de même que le nombre d’enfants enlevés à leurs parents suite à une intervention des services sociaux: entre1982 et1995, les «mesures obligatoires» administrées chaque année ont diminué de 46% et les «placements en foyer» de 26% (58).
Le criminologue F.Estrada, qui étudie les tendances de la délinquance juvénile en Europe depuis la guerre, déclare: «les études sur les rapports provenant du Danemark et de la Suède indiquent que les jeunes d’aujourd’hui sont plus disciplinés que les jeunes des années 1970… le pourcentage de jeunes de 15 à 17 ans condamnés pour vol a diminué de 21% entre1975 et1996… le pourcentage de jeunes qui consomment de l’alcool ou qui ont goûté à la drogue a également diminué régulièrement depuis 1971… Les pourcentages de suicides et de condamnation pour viol chez les jeunes ont aussi diminué entre1970 et1996» (59).
58. DurrantJ., Résumé des tendances sociales récentes en Suède, Université du Manitoba, Canada, 1999.
59. EstradaF., European Jal on Criminal Policy and Research, vol.7, 1, 1999.
Tiré du site "ni claque ni fessée": http://www.niclaquesnifessees.org/histoire.html
Parce-que l'éducation se doit d'être respectueuse de l'intégrité physique et morale de l'enfant...et commence par l'exemple ; vous pourrez instituer toutes les consultations pré et post natales que vous voudrez, tous les contrôles, tant que les mamans et papas se sentiront encouragés à frapper et malmener leurs bébés "pour être de bons parents", vous n'empêcherez pas la violence de s'installer dans les familles...violence qui grandit au fur et à mesure avec l'enfant, et que l’enfant répercute à son tour sur les autres. En lieu et place de contrôles toujours plus étendus, créez des maisons de parents, pour renouer un vrai lien social, une vraie culture de dialoguer et pour...éduquer les parents !
Bien @ vous."
Pascale,
maman de Théo et de Roxane.
Amalgame sectes - IEF toujours...
Ecrit à Messieurs Vuilque, Fenech et Brard pour les interpeller :
"Je suis inquiète et choquée de voir que, sous vos instructions, la France s'achemine vers la réduction d'une liberté fondamentale au nom de la protection de quelques enfants enfermés dans des sectes : la liberté de choix d'instruction par les parents (qui, je vous le rappelle, est inscrit à l'article 26 de la déclaration Universelle des Droits de l'homme).
Je précise que je ne suis pas une maman qui a choisi l'instruction en famille. Mon fils est scolarisé en CP dans la ville voisine de notre village...mais il souffre depuis qu'il a intégré cette grande école (merci à ceux qui ont fermé le primaire de notre école de campagne à classe unique si chère à notre coeur pour son fonctionnement humain, citoyen et intelligent).
Il a commencé à souffrir de maux de ventre, de tête et somatise à l'excés une ambiance détestable (il n'y a pas que les petits caïds qu'il faut aider, il y a aussi tous ceux qui les subissent !) où la violence est palpable au quotidien (les faits divers sordides se succèdent pour nous rappeler que l'école n'est pas une chance pour tout le monde...). Je nous laisse cette année encore pour prendre une décision, mais il est évident qu'en l'absence de cours privés dans notre commune (et impossibilité financière aussi), nous opterons pour l'IEF l'année prochaine (sans cours par correspondance qui sont hors de prix !).
De grâce, pensons aussi à tous ces enfants que sortir du système actuel sauve ! eux aussi, il faut les protéger faute de pouvoir leur offrir une école sécurisée et épanouissante. Ce n'est pas l'école qui est un formidable tremplin, mais L'INSTRUCTION.
Je connais des tas d'enfants en danger autour de moi : citons ceux qui sont laissés seuls, surgâtés pour remplacer l'absence parentale, scotchés à la télé coca à la main, abrutis de pubs laveuse de cerveau... et personne ne les protège, ceux-là. Et pourtant, ils vont mal, très mal. Et depuis quelques générations déjà, qui vivent à l’aide de béquilles chimiques et psychologiques pour supporter leur vie.
Cessons l'hypocrisie : 90 % des politiques qui défendent l'école publique ont leurs enfants dans le privé (écoles Alsacienne et Stanislas) et Jacques Chirac a fait sa scolarité primaire dans un cours privé hors contrat (Hattemer)...
J’estime que le médecin scolaire n'a pas à se substituer à celui que j’ai choisi pour suivre mon enfant dans le cadre familial.
J’estime que donner plus de droits de regards aux grands-parents pourrait menacer la liberté de nos familles (imaginez les terribles dérives que cela donnera en cas de mésentente familiale avérée pour d'autres sujets...!),
Je crois qu'on continuera de ne pas réellement protéger les enfants maltraités (pourtant scolarisés !), pour focaliser sur ceux dont les parents s'occupent le plus, au prix parfois de sacrifices que la majorité est incapable d'assumer…parce-que la maltraitance a de multiples visages dont certains ont l’apparence de l’enfant parfaitement « bien ». J’en étais un exemple flagrant : excellente élève, sage et docile pour éveiller l’intérêt et l’amour d’une maman tabassée depuis le début de son mariage à 16 ans par un père alcoolique et schizophrène qui savait si bien sourire devant tout le monde. Personne ne nous a jamais tendus la main, parce-que « je n’avais pas l’air »….il n’y a que quand nous nous sommes enfuis de la maison (alors que j’avais 13 ans) pour intégrer un foyer de femmes battues que les services sociaux « ont su ».
Je suis choquée qu'on en profite pour légaliser la fermeture des portes des écoles aux malades et handicapés, alors qu'ils auraient plus que tous les autres, besoin d'une place.
Je suis aussi choquée de l'obligation soulevée de s'inscrire à des cours par correspondance alors qu'ils sont bien souvent hors de prix, alors même que les parents continuent de payer des impôts pour une école que ne fréquentent plus leurs enfants.
La réalité sera, encore une fois, de taper sur les petites gens pour ne pas regarder ce que font les plus riches (qui pourront se payer les cours), les plus influents (qu'on n'osera pas déranger sous peine de se faire taper sur les doigts), les plus simulateurs sous des airs cordiaux et bien intégrés (combien d'enfants de "bonne famille" sont extrêmement maltraités sans que personne n'intervienne ?)
Parce-qu'être parent, c'est aussi se préoccuper de la qualité de ce qu'avalent nos enfants, au propre comme au figuré,
Parce-qu'être des citoyens impliqués, c'est aussi lutter contre un état qui supprime les libertés au nom d'un certain "bien"...
Parce-que la liberté est le fondement d'une démocratie, et qu'en votant ces lois, la France se mettra hors les lois européenne et internationale.
Parce-que vivre libre et responsable, ce n'est pas être mis sous tutelle, et parce-que la France meurt à petit feu de légiférer sans arrêt pour toujours nous "prendre en charge".
la laicité supprimeuse de liberté d'être, de faire, et de penser, n'intervient plus dans le cadre d'une démocratie.
Pour moi, ceux qui n’acceptent aucune différence, aucune alternative, aucune liberté, sont sectaires à leur tour.
Si un jour Théo devait recevoir son instruction à domicile pour ne pas faire capoter son plus beau projet (devenir pédiatre) par dégout de l'école, il ne sera pas pour autant coupé du monde ! très sportif, il joue au rugby et pratique la natation. il fréquente aussi le club ACE (action catholique pour l'enfance) de notre paroisse, afin de lui donner le gout de la participation active et citoyenne à sa vie. C'est un petit garçon doux et merveilleusement gentil, dont l'agressivité positive est canalisé par le sport. Il est élevé et éduqué dans la non violence et le respect de valeurs qui, je suis sûre, sont chères à votre coeur.
Vous le voyez : il est urgent de ne pas tout confondre ! l'instruction en famille n'a rien à voir avec les mouvements sectaires.
Alors, je vous le demande : qui va défendre notre liberté ? qui va protéger nos enfants quand ils sont écrasés par des évènements se passant dans le cadre scolaire (allons dire droit dans les yeux aux parents dont le petit s'est fait tabasser par 2 camarades de 11 ans et qui est mort d’une crise cardiaque récemment, ou la petite s'est fait violer pendant des mois dans les toilettes de son collège, ou encore ceux dont les enfants ont un peu trop joué au "foulard" ou subi le "happy slapping" que l'école était "une chance pour eux") ?
Je ne suis pas sûre que vous me lirez. Croire en l'intelligence de ceux qui nous gouvernent n'est pas être naïve...mais j'espère quand même.
Cordialement.
Pascale".
Si ça peut vous inspirer :-)
http://www.georgesfenech.com/nous-contacter/
http://www.depute-brard.org/html/intro5.htm
Vuilque.Philippe@wanadoo.fr
Pascale,
maman de Théo (6 ans et demi) et de Roxane (29 mois)
Merci de le dire !
En ce moment, à l'Assemblée Nationale, est discuté le projet de réforme de la protection de l'enfance, dont j'ai abondamment parlé, craignant les amalgames, la "normalisation" à tout va.
Parmi les interventions, une a retenu mon attention, et je l'applaudis :
Claude Leteurtre (groupe UDF) : “Deuxième sujet de préoccupation, le risque normatif de ce texte : on peut en effet y déceler une volonté, plus ou moins avouée, d'uniformisation des comportements, trait caractéristique de nos sociétés contemporaines, qui s’efforcent de nous faire tous entrer dans des petites cases et de considérer comme anormaux ceux qui échappent à cette tentative. Comme je l’avais déjà observé à l'occasion de la discussion du texte réformant la loi de 1975 sur le handicap, la norme prend de plus en plus de place dans notre société. Le tout sécuritaire et le principe de précaution le montrent bien : hors la norme, point de salut !
L’article premier de ce texte fait ainsi référence à « l'équilibre de l'enfant », d’ailleurs nullement défini puisqu’il est multiforme – physique, mental, économique, mais aussi social… Il est également question de « bien-traitance », notion destinée à nous donner bonne conscience au risque de dissimuler une réalité extrêmement complexe. À intervalles réguliers, il est prévu de vérifier la normalité de l'enfant, puis de l'adolescent et enfin du jeune adulte.
Il est vrai que les règlements départementaux des écoles exigent déjà, à l’instigation du ministère, un « certificat d'aptitude à la vie scolaire » pour l’inscription en maternelle de tout enfant âgé de moins de 6 ans en maternelle, et cela sans aucune base légale : selon l'ordre des médecins, aucun critère n'a été notifié aux médecins généralistes, qui se bornent à délivrer des certificats de non contre-indication à la vie scolaire, ce qui est bien différent ! Il n'en reste pas moins que ces certificats sont une première tentative de normaliser les comportements infantiles…” http://www.assemblee-nationale.fr/12/cra/2006-2007/104.asp
Parce-que ça a le mérite d'être dit !
Il est à noter que selon Valérie Pécresse (groupe UMP), rapporteure du projet, l'accouchement à domicile est un indicateur de possibles maltraitances !
Jugez plutôt : "Deux enfants meurent encore chaque semaine dans notre pays du fait de mauvais traitement infligés au sein même de leur famille. Nous avons tous en mémoire le procès d’Angers et ces 45 enfants victimes d’un réseau pédophile. Singulier par son ampleur, ce drame ne doit pas occulter la réalité préoccupante de la maltraitance ordinaire. Si le nombre d’enfants maltraités se stabilise aujourd’hui autour de 20 000 par an, ils sont 250 000 à faire l’objet d’une mesure de protection, et ce nombre ne cesse de croître. Comment de telles situations peuvent-elles se nouer alors que notre politique familiale est enviée dans le monde entier ? La mission d’information sur la famille, dont notre collègue socialiste Patrick Bloche était le président et dont j’étais le rapporteur, a constaté que si, dans 95 % des cas, les mécanismes de soutien familial et social jouaient pleinement leur rôle, ils se révélaient inadaptés dans les situations les plus graves, celles où les parents maltraitants choisissent des stratégies d’évitement des services sociaux. Dans la plupart des cas, plusieurs personnes avaient pourtant au moins des éléments d’information – un accouchement à domicile, des absences scolaires répétées, des soupçons médicaux – mais elles ne se sont jamais parlé."
Vous pouvez réagir en lui écrivant sur son site : http://www.valeriepecresse.net/wordpress/
Personnellement, je souhaitais accoucher, et non "me faire accoucher", être libre, responsable, autonome...à l'exemple des 40 % de mamans hollandaises et 20 % de britanniques qui font ce choix parfaitement éclairé. Je vous encourage à vous documenter sérieusement sur la question, et à ne pas rester sur des impressions, et on-dits rapportés, indignes d'une enquête sérieuse. Lire les écrits de Michel Odent (célèbre obstétricien) qui relie la violence des générations naissantes actuelles à leurs conditions de naissance et d'accueil dans notre monde devrait fortement vous interesser au vu de votre intérêt pour la protection des enfants. Deux autres ouvrages de références pour vous documenter sur la question : "choisir son accouchement" de Barbara Harper, et "vivre une naissance heureuse" d'Isabelle Brabant. Parce-qu'une maman heureuse, un couple uni, sont les meilleurs parents pour un bébé accueilli respectueusement.
Cordialement.”
On n'est pas sortis de l'auberge...mais merci quand même Monsieur Leteurtre pour votre bon sens.
Pascale
maman de Théo (6 ans et demi) et de Roxane (29 mois NEE A LA MAISON POUR NE PAS ETRE MALTRAITÉE PAR DES INCONNUS !)
08 janvier 2007
URGENT : signez la pétition contre la suppression d'une liberté fondamentale
Mr Fenech et Mr Vuilque (commission d'enquête sur les sectes) ont déposé pas moins de 22 amendements vendredi dernier dans le cadre de la proposition de loi réformant la protection de l'enfance. Leurs propositions reprennent textuellement les propositions énoncées dans le rapport de cette commission d'enquête parlementaire.
Comme annoncé, ils proposent de limiter l'accès à l'instruction en famille : http://www.assemblee-nationale.fr/12/amendements/3184/318400127.asp
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AMENDEMENT N° 127
présenté par
MM. Fenech et Vuilque
ARTICLE ADDITIONNEL
APRÈS L'ARTICLE 17, insérer l'article suivant :
Le début du premier alinéa de l'article L. 131-10 du code de l'éducation est ainsi rédigé :
« Les parents dont les enfants sont soumis à l'obligation scolaire doivent pour bénéficier de l'instruction à domicile, justifier d'un état de santé ou d'un handicap de leur enfant, d'un déplacement de la famille ou de toute autre raison réelle et sérieuse. Cette instruction ne peut être dispensée au même domicile à plus de deux familles. Les enfants concernés sont l'objet dès la première année et chaque année d'une enquête de la mairie compétente…(le reste sans changement). »
EXPOSÉ SOMMAIRE
Cet amendement a pour objet de préciser les cas où l'instruction à domicile est possible, sans remettre en cause la liberté de l'enseignement.
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Il est à noter qu'ils proposent que l'enquête sociale ait lieu chaque année.
Ils souhaitent également que ces dispositions (modifications du L131-10) soient appliquées dès la rentrée prochaine : http://www.assemblee-nationale.fr/12/amendements/3184/318400129.asp
Ils ont déposé d'autres amendements reprenant les propositions de la commission d'enquête sur les sectes, notamment :
- l'obligation d'avoir recours à un cours par correspondance :
http://www.assemblee-nationale.fr/12/amendements/3184/318400128.asp
- la visite médicale imposée et effectuée par un médecin de l'Education nationale :
http://www.assemblee-nationale.fr/12/amendements/3184/318400146.asp
http://www.assemblee-nationale.fr/12/amendements/3184/318400145.asp
- l'action des grands-parents favorisée s'ils jugent les conditions de vie de leurs petits enfants néfastes à leur épanouissement : http://www.assemblee-nationale.fr/12/amendements/3184/318400126.asp
Si vous êtes attachés au respect de la déclaration universelle des Droits de l'Homme dont je rappelle quelques articles fondamentaux :
"L'éducation doit viser au plein
épanouissement de la personnalité humaine et au renforcement du respect
des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle doit
favoriser la compréhension, la tolérance et l'amitié entre toutes les
nations et tous les groupes raciaux ou religieux, ainsi que le
développement des activités des Nations Unies pour le maintien de la
paix.
Les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d'éducation à donner à leurs enfants." (Article 26)
et
"Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit." (Article 19)
et encore :
"Aucune disposition de la présente Déclaration ne peut être interprétée comme impliquant pour un Etat, un groupement ou un individu un droit quelconque de se livrer à une activité ou d'accomplir un acte visant à la destruction des droits et libertés qui y sont énoncés." (Article 30)
- Si vous estimez que le médecin scolaire n'a pas à se substituer à celui que vous avez choisi pour suivre votre enfant dans le cadre familial et en votre présence,
- Si vous estimez que donner plus de droits de regards aux grands-parents pourrait menacer la liberté de vos familles (imaginez les terribles dérives que cela donnera en cas de mésentente familiale avérée pour d'autres sujets...!),
- Si vous vous choquez qu'on continue de ne pas se préoccuper des enfants maltraités (scolarisés et pourtant non protégés !), pour focaliser sur ceux dont les parents s'occupent le plus, au prix parfois de sacrifices que la majorité est incapable d'assumer,
- Si vous vous choquez qu'on en profite pour légaliser la fermeture des portes des écoles aux malades et handicapés, alors qu'ils auraient plus que tous les autres, besoin d'une place,
- Si vous vous choquez de l'obligation soulevée de s'inscrire à des cours par correspondance alors qu'ils sont bien souvent hors de prix, alors même que les parents continuent de payer des impôts pour une école que ne fréquentent plus leurs enfants,
- Si vous soupçonnez que la réalité sera, encore une fois, de taper sur les petites gens pour ne pas regarder ce que font les plus riches (qui pourront se payer les cours), les plus influents (qu'on n'osera pas déranger sous peine de se faire taper sur les doigts), les plus simulateurs sous des airs cordiaux et bien intégrés (combien d'enfants de "bonne famille" sont extrêmement maltraités sans que personne n'intervienne ?)
Alors, signez la pétition contre ce projet de loi violeur de liberté fondamentale, et diffusez l'information le plus largement possible avant le 10 janvier : http://fr.cpli.eu/petitions/index.php
"Les parents n'ont pas démissionné, ils ont été licenciés."
Alain Touraine (sociologue)
Lire aussi :
http://avancer.canalblog.com/archives/2006/11/22/3241399.html
http://avancer.canalblog.com/archives/2006/11/24/3255237.html
http://avancer.canalblog.com/archives/2006/12/29/3547541.html
http://avancer.canalblog.com/archives/2006/11/26/3270061.html
http://avancer.canalblog.com/archives/2006/12/06/3355584.html
http://avancer.canalblog.com/archives/2006/12/15/3433966.html
http://avancer.canalblog.com/archives/2006/12/21/3483752.html
http://avancer.canalblog.com/archives/2006/12/22/3494310.html
http://avancer.canalblog.com/archives/2006/12/29/3547779.html
http://avancer.canalblog.com/archives/2007/01/04/3591632.html
Parce-qu'être parent, c'est aussi se préoccuper de la qualité de ce qu'avalent nos enfants, au propre comme au figuré,
Parce-qu'être des citoyens impliqués, c'est aussi lutter contre un état qui supprime les libertés au nom d'un certain "bien"...
Parce-que la liberté est le fondement d'une démocratie, et qu'en votant ces lois, la France se mettra hors les lois européenne et internationale.
N'oubliez pas, non plus, que ces mêmes députés évoquent la possibilité de fermer toutes les écoles privées qui ne rentreraient pas dans ce qu'ils ont auto-proclamé politiquement correct. Et ne vous laissez surtout pas abuser par le couvercle "lutte anti-secte" ! la laicité revancharde et supprimeuse de liberté d'être, de faire, et de penser, n'intervient plus dans le cadre d'une démocratie.
Pascale,
maman de Théo (6,5 ans) et de Roxane (29 mois)
04 janvier 2007
«Apporter des preuves avant de stigmatiser»
Relai d'information : http://www.liberation.fr/actualite/societe/224356.FR.php
Raphaël Liogier, sociologue, critique les méthodes pour lutter contre les dérives sectaires : «Apporter des preuves avant de stigmatiser»
Raphaël Liogier, sociologue, professeur à l'IEP d'Aix-en-Provence, directeur de l'Observatoire du religieux et auteur d' Une laïcité «légitime», la France et ses religions d'Etat. Selon lui, les méthodes utilisées pour lutter contre les dérives sectaires en France sont «arbitraires» et inefficaces.
Les auteurs du rapport parlementaires s'inquiètent du sort des enfants dont les parents appartiennent à un mouvement considéré comme secte. Qu'en pensez-vous ?
Il n'y a pas de secte qui soit a priori dangereuse en France. Toutes les études sociologiques ont prouvé qu'il n'y a pas plus de dérives dans ces groupes-là que dans d'autres groupes qui ne sont pas religieux. Et les parlementaires ou la mission interministérielle n'ont mené aucune enquête sérieuse pour démontrer le contraire. S'ils recensent 40 000 enfants parmi les témoins de Jéhovah, ils en concluent que 40 000 enfants sont en danger. Or, s'il y avait un vrai problème, on observerait des cas de maltraitance, de sous-éducation, etc. On aurait des remontées via les assistantes sociales ou l'Education nationale. Je ne dis pas que cela ne peut pas arriver, mais, quand ils existent, ce sont des cas particuliers qui n'ont rien à voir avec le fonctionnement général de la secte.
Dans ce cas, pourquoi lancer une mission pour étudier l'influence des sectes sur les mineurs ?
Parce que les sectes représentent le bouc émissaire idéal. On les imagine tentaculaires, incontrôlables. Après avoir tenté sans succès de les coincer sur leurs finances, on tente maintenant de dire que leurs enfants sont manipulés, car c'est un sujet ultrasensible d'un point de vue émotionnel.
Comment repérer les dérives ?
En cessant d'être dans le vague, en réagissant de façon plus rationnelle. Il faut être vigilant sur les associations qui pourraient vraiment dériver, comme celles avec un projet fondé sur le racisme ou bien celles qui concentrent le pouvoir sur une seule personne et dont les adeptes sont dans un abandon total à leur chef. Pour les repérer, il faut des enquêtes scientifiques et sociologiques. Il faut apporter des preuves avant de stigmatiser, et cesser de s'appuyer sur des dénonciations tous azimuts, sans enquêtes à charge et à décharge. Sinon, on plonge dans l'arbitraire, on aboutit à des mesures discriminatoires, et on crée des problèmes de liberté publique plus importants que ceux qu'ils sont censés résoudre.
Libération du mercredi 20 décembre 2006 par Julie Lestrade
"Nous avons besoin de boucs émissaires : la théorie du bouc émissaire (...) permet de comprendre pourquoi nos sociétés éprouvent le besoin irrépressible - "et inconscient" - de désigner des boucs émissaires, victimes que l'on charge de tous les maux pour résoudre la crise mimétique universelle. Pour apaiser les tensions de la société, le sacrifice du ou des "coupables" est soudain exigé. Dans une forme ultime et catastrophique, ce sont les juifs qui furent attaqués dans une Europe en crise. Mais il y a aussi les boucs émissaires "partiels" : un élève fragile dans une cour de récréation, un immigré, une femme enceinte au bureau et même...les hommes politiques sur lesquels on projette nos désirs de vengeance privés, faute de les assouvir réellement." René Girard - Psychologies Janvier 2007
Interessant, n'est ce pas ? pourrait-on donc penser que tout ce remue-ménage autour de sectes présumées et le pointage des enfants descolarisés en France correspondrait au besoin de se défouler sur un bouc émissaire choisi pour cacher l'incompétence de la société à protéger les milliers d'enfants maltraités chaque année, ou à faire véritablement changer les choses pour eux ?
Pascale
maman de Théo (6 ans) et de Roxane (28 mois)

